LIVRE VII. — LETTRE VINGTIÈME
point nécessaire : nos affaires appartiennent au tribunal de Dieu : si Dieu réprouve nos actes, la faveur mensongère du monde ne saurait effacer la tache très-réelle qui les ternit au jugement divin. ,
Avant toutes choses, appliquez-vous à rendre voti*e ministère conforme à la raison divine, à n'agir que par l'inspiration de Dieu, à ne vous attribuer qu'une gloire légitime et approuvée de lui : or jamais Dieu ne saurait nous approuver de prolonger sans fin nos différends, et de troubler ainsi grièvement les esprits des hommes, lui qui commande aux siens de donner un intervalle à la colère, d'apaiser les esprits agités, de vivre dans le calme , d'être pacifique avec ceux-là même qui sont ennemis de la paix (1).
Et non-seulement je vous recommande instamment de vouB conduire ainsi dans toutes les circonstances , mais je vous le prescris et l'ordonne par autorité ; je le répète, vous ne plaiderez pas vous-même votre cause, si vives et si manifestes que soient les attaques , mais vous aurez recours au seigneur évêque, et vous solliciterez sa justice , le conjurant avec instance de ne pas hésiter à rétablir la paix, dans la terre où l'homme ennemi sème la discorde.
Enfin et surtout, je vous recommande à vous-même, ayez soin de vous rappeler toujours que vous êtes un membre de la Compagnie de Jésus. Que cette pensée vous inspiré la conduite que vons devez tenir en toute occasion ! Adieu.
De Goa, le 15 avril 1552.
François.
Ah F. Gaspard parzée ^ r^cte^r du c<»llésc de Goa-
Afin que vous puissiez dignement accomplir, pour votre îivantage spirituel et pour celiii des autres, les fouctions de
(1) PS. CXTX, 7.
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