LIVRE VIL —LETTRÉ DIX-NEUVIÈME
entre vous et les autres religieux quelque différend, gardez-Yous, sur toutes choses, d'entrer en discussion avec eux devant le gouverneur ou l'intendant des finances, ou en la présence d'aucun séculier. On ne saurait concevoir à quel point, de voir et d'entendre des hommes consacrés à Dieu s'abandonner ainsi dans leurs paroles, scandalise les gens du monde. Que si ces religieux se sont élevés contre vous du haut de la chaire, ou vous ont diffamé dans des conversations publiques , vous irez trouver le seigneur évêque, et vous le prierez, s'il le juge convenable, de les appeler devant lui, et après avoir entendu les deux parties en présence, de prononcer selon sa sagesse, afin d'apaiser le différend, et de faire cesser un scandale funeste parmi le peuple. Vous direz au prélat que je le prie moi-même de vouloir bien donner ses soins à cette œuvre, et d'assoupir de bonne heure les divisions de cette nature, de crainte qu'elles ne soient évoquées par les magistrats séculiers, et surtout qu'elles ne se divulguent parmi le peuple, ce qui doit être évité plus que tout au monde.
Au surplus, je vous défends d'une manière absolue, alors même que ces religieux auraient déclamé le plus vivement contre vous en chaire , de faire entendre à votre tour du haut de la tribune sainte vos apologies -et vos défenses, afin de rétablir votre droit. Il doit vous suffire , ainsi que je vous l'ai dit, de porter l'affaire devant l'évêque, et d'obtenir de lui qu'il veuille bien faire appeler vos adversaires et les entendre en votre présence , et qu'après avoir pris une connaissance approfondie du litige, il le termine de quelque manière, et prévienne, par l'effet de sa sagesse et de son autorité, les scandales qui en pourraient naître et qui causeraient un mal infini parmi le peuple. A cet égard vous devez considérer que l'honneur de la Compagnie ne consiste pas à défendre énergiquement notre droit devant le monde, à faire triompher notre cause par des arguments appréciés des autres hommes, à recueillir les applaudissements de notre auditoire, dans le temps et le lieu où ce n'est
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