LIVRE VU. — LETTRE VINGTIÈME
ainsi naissance aux fruits spirituels que l'on s'en promet. La durée de, ce Jubilé a été étendue à toute la présente année 1552, afin d'en faire jouir sans difficulté toutes les personnes qui résident dans les places des Portugais disséminées partout dans les Indes , et qui éprouvent souvent une grande pénurie d'occasions pour purifier leur âme par le sacrement de Pénitence ; ce long délai permettra de servir leui's intérêts spirituels, en faisant passer nos Pérès de place en place, selon les besoins. C'a été le motif qui m'a fait demander l'extension, pour toute cette année, de la faculté de conquérir une grâce aussi insigne.
S'il arrivait que parmi les Pères qui viendront cette année du Portugal, il s'en trouvât qui fussent doués d'un talent plus qu'ordinaire pour la prédication , je suis d'avis que vous en envoyiez un à Diu avec un coadjiiteur laïque, et vous lui remettriez les avis que j'ai écrits anciennement pour les Pères d'Ormuz. Il en existe, vous le savez, deux éditions différentes ; c'est-à-dire qu'aux préceptes étendus que je vous ai donnés, lorsque vous êtes allé pour la première fois dans cette place, j'en ai ajouté quelques autres, pour celui qui vous a succédé dans votre mission. Je sais qu'il est demeuré des exemplaires de ces deux instructions. Vous les mettrez à la disposition de ceux qui iront à Diu, en leur recommandant vivement de les lire sans cesse et de les accomplir à la lettre. Parmi nos Confrères qui doivent arriver du Portugal par les premiers navires attendus, si vous reconnaissez en quelqu'un, je ne dirai pas une pratique consommée de la prédication, ou des espérances légitimes d'un succès remarquable dans la chaire, mais une instruction profonde, et des facultés évidentes de l'esprit et du corps qui le disposent à endurer de grands travaux, vous l'enverrez à Malacca par le départ qui a lieu de Goa dans la mousson d'avril, afin que, de Malacca, il fa^e voile pour le Japon, par la première occasion, et vienne associer ses efforts à ceux de Cosme de Torrez. Mais vous aurez le soin de lui faire porter avec lui une petite somme
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