‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 655 sur 759 · LIVRE VII. — LETTRE VINGTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — LETTRE VINGTIÈME

vance les récits des œuvres qui s'accomplissent dans les différents lieux, et vous en extrairez la substance pour en composer un mémoire, dont la lecture puisse, dans votre opinion, agréer à sa majesté et aux seigneurs du royaume.

Dans d'autres lettres, vous recommanderez au roi les intérêts matériels de votre collège, et vous lui exposerez tout ce qui manque, afin qu'il suffise aux charges dont il est grevé. Vous rappelerez la somme à laquelle s'élèvent ses revenus certains de l'année, la valeur et l'époque des dons extraordinaires qu'il a reçus. Il importe que ces détails soient énoncés avec précision ; je crois, en effet, savoir que le roi commande quelquefois que certaines rentrées extraordinaires soient attribuées, par les officiers des finances, au collège de Goa, et j'ignore si la fidélité des ministres a toujours exactement rempli les intentions de sa majesté. Le roi, connaissant par vous tout ce que vous aurez reçu, prendra le soin de vous faire verser le complément des sommes qu'il vous avait assignées.

Vous ajouterez que les Pères qui, de ce collège, sont envoyés en différentes contrées pour annoncer l'Évangile, rencontrent souvent, à leur arrivée dans la mission qui leur est confiée , les difficultés les plus graves , provenant de la pénurie des choses les plus nécessaires, et qu'ils ne peuvent ainsi remplir parfaitement leur ministère ; vous exprimerez cette idée qu'il vous parait digne de toute la religion et de la munificence de sa majesté, qu'elle daigne vous adresser un diplôme en forme authentique , ordonnant que , dans toutes les places portugaises où se trouvent des établissements de la Compagnie, nos Pères reçoivent, des deniers publics ou sur le fonds royal, les aliments et les autres subsides qui leur sont nécessaires. Que sa majesté daigne encore faire expédier un autre diplôme, afin d'ordonner formellement au gouverneur de Malacca de faire parvenir à nos Pères qui résident au Japon, une somme tirée du trésor royal, suffisante pour les faire exister. En effet, ils n'ont lieu d'attendre de la part des indigènes que peu ou

LiyÇE |ll.— -LETTRE VINGT-ET-UNIÈI^E.

point de secours en ce genre, à cause de la stérilité du pays, et de l'indigience des naturels qui en est le résultat.

Vous reconamanderez , d'une manière très-instante , par une lettre de votre main, au P. M" Simon, ou au recteur du collège de Lisbonne, ces trois différents articles : les revenus du collège de Goa, l'assistance des Pères qui demeurent dans les citadelles portugaises, et le soutien de l'établissement du Japon, afin que ces Pères, de vive voix et par leurs démarches assidues, les fassent valoir et réussir auprès de sa majesté.

Je vous avertis de nouveau et je vous prie de vous souvenir, que les;; lettres surtout que vous adresserez au roi doivent être écrites avec prudence et maturité ; car elles seront vues et jugées par un grand nombre (le personnes.

Adieu. Goa, avril 1552. *

François.

LETTRE XXL

Au P. Gaispnril Barzée.

Je vous ordonne, en vertu de la sainte Obéissance, d'accomplir après mon départ les recommandations qui suivent, à l'égard de deux des nôtres. Si Antonio Gomez, durant le cours de cette année, sort de la résidence de Diu, où il se trouve, et se rend ailleurs, sous quelque prétexte et par telle circonstance que ce soit, vous ouvrirez 1^ première des lettres ci-jointes, et vous accomplirez ce que j'y prescris, en ayant soin d'envoyer audit Antonio Gomez une copie de cet écrit; vous conserverez par devers vous l'original , et vous intimerez h Gomez dans votre propre lettre les ordres que je lui adresse dans le pli que j'indique, et qui deul^tire fermé dans vos mains.

Après que les navires se rendant en Portugal auront mis

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