LIVRE VJI.— LETTRE VINGT-OEUXIÈME
lessiver les habits, plutôt que de livrer le linge de la maison à des blanchisseurs étrangers.
Ne convient-il pas également d'entretenir un Frère qui soit spécialement chargé de notre jardin, et qui entende parfaitement la culture des légumes, plutôt que d'employer une personne du dehors : ce sont des frais dispendieux que la nourriture et le salaire d'un jardinier et des Éthiopiens (1) qui le servent. On pourrait confier ce ministère à l'un de nos Frères coàdjuteurs, en lui donnant pour le seconder deux esclave^s achetés pour ce service.
Dans ces décisions et dans les autres du même genre, considérez avec attention ce qui est préférable; étudiez par vous-même, et prenez les avis d'étrangers doués d'expérience, craignant Dieu, et prenant intérêt à votre coUége.
lia été fait remise à Alvare Alphonse (2) de 500 pardams sur le payement qu'il avait à nous faire : et cela même vous donne plus de droits à réclamer de lui le payement très-prochain des 500 autres qu'il doit encore. Craignez d'être prodigue des fonds qui ne sont point les vôtres ; souvenez-vous de la faim et des privations qu'éprouvent nos Frères, qui portent le poids du jour et de la chaleur, avec des sueurs infinies, dans les maisons dépendant de la nôtre; souvenezvous de nos autres Confrères qui au Japon , aux Moluques, et au cap Comorin, sont exposés aux plus dures épreuves, sans recevoir aucune consolation.
Je vous engage à envoyer chaque dimanche à Choram (3) Dom Augustin (Zi), prêtre séculier, en lui attribuant
(1) Dès la plus haute antiquité, les fils de l'Afrique paraissent voués à l'esrlavage, avant les autres races. Nous retrouvons, sur ces populations, déshéritées ainsi, pour une série de générations, du privilège de la liberté, le sceau de Ja justice de Dieu, envers celui des fils de Noë qui apeuplé celle partie du monde.
(2) Alvare Alphonse de Gama, gouverneur de Malacca, qui s'opposa d'une manière si déplorable au voyage du Saint dans la Chine-
(3) Petite île située à une demi-lieue de Goa.
(4) D. Augustin était un de ces prêtres séculiers qui s'associaient avec joie au ministère des ouvriers apostoliques.