LIVRE VII. —LETTRE VINGT- DEUXIÈME
un honoraire convenable. Je n'approuve point qu'un de nos Frères demeure en celte place : vous rappellerez donc celui qui s'y trouve, et le ferez revenir en votre maison.
A l'égard de ceux qui seront admis dans cette maison, vous vous appliquerez à connaître, dès le temps de la première probation, quel, genre de vie ils ont mené dans le monde, quelle profession ils ont exercée ou connaissent, afin que vous soyez instruit de la fonction administrative , de l'office ou du ministère qui peut avec sécurité leur être confié. ■ ' vvÇ^"^ i
De temps en temps, vous prescrirez à Manoël de Moralez de prêcher au peuple, dans la métropole, après l'avoir averti de se rendre digne de parler dans cette chaire et l'avoir fait s'y préparer. Vous pouvez encore, si vous le jugez utile, partager cette œuvre avec lui, et l'accomplir chacun pendant une semaine. Décidez, après avoir tout bien considéré, ce que vous jugerez préférable.
Surtout n'oubliez point ma recommandation au sujet de Balthazar Nunez, et ainsi qu'elle me paraît d'une souveraine importance, je vous ordonne, en vertu de la sainte Obéissance, de l'accompMr dans sa plénitude, en faisant pratiquer à Nunez les Exercices spirituels, et en l'appliquant aux ministères les plus humbles dans l'intérieur, et non pas au dehors.
Je vous recommande très-vivement les Japonais qui résident en votre maison ; vous aurez soin de les faire passer en Portugal, sur un navire sûr et commodément disposé.
11 me parait d'un intérêt essentiel que vous exerciez en personne, par les méditations ascétiques, les Frères qui subissent l'épreuve pour entrer dans la Compagnie, et qu'après les avoir ainsi profondément étudiés et connus, vous conserviez ceux que vous jugerez convenir à la Compagnie, et que vous renvoyiez ceux que vous aurez reconnus ne lui point convenù\ Ne vous laissez jamais séduire par aucune prière, ni par les sollicitations les plus réitérées, afin
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