‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 675 sur 759 · LIVRE VII. — LETTRE ViNGT-QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — LETTRE ViNGT-QUATRIÈME

capable de recevoir cette destination. Si vous trouvez un sujet de ce genre, ou si vous avez à votre disposition un des Pères de qui j'ai parlé, vous veillerez à ce que l'occasion de passer de Malacca au Japon ne lui fasse point défaut. A mon passage j'y aviserai moi-même, en priant le gouverneur de Malacca de daigner seconder en ses desseins celui de nos Frères qui arrivera de Goa à la destination du Japon. Dans l'examen pour l'admission des sujets qui demandent à entrer dans la Compagnie, vous étudierez avec un grand soin les qualités de l'âme et du corps dont ils peuvent être doués : et vous ne vous permetirez jamais de surcharger la Compagnie de sujets inutiles pour l'intérieur et pour le dehors. Après avoir admis des sujets pour le noviciat, si vous reconnaissez, après une étude approfondie de leur caractère, qu'ils sont dépourvus des dons de l'âme ou des facultés du corps, dans la mesure qui serait nécessaire afin que la Compagnie pût espérer d'eux quelque utilité, empressez-vous de les renvoyer chez eux. Quant aux novices que vous exercerez dansla maison â ces ministères qui exigent des rapports fréquents avec les étrangers, et des allées et venues en liberté, comme les offices de pourvoyeur, de dépensier, et autres de même nature, veillez diligemment sur eux, et observez avec le plus grand soin quels exemples ils donnent au dehors, en fait de sobriété, de continence et de modestie ; voyez avec quelle fidélité ils administrent les affaires et emploient l'argent dont ils sont chargés; s'ils rendent avec exactitude le compte scrupuleux de la recette et de la dépense ; car vous n'ignorez point combien est déUcate la gestion de pareils offices, et combien il est imprudent d'en investir des personnes qui ne sont point solidement affermies dans la tempérance, la fidélité, la sainteté des mœurs, vertus qui font à la fois leur sécurité et notre garantie contre tout péril de chute (ie leur part ; en effet leur chute serait à la fois un souvelain déshonneur pour la Compagnie et un préjudice immense pour le prochain.

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