CHAPITRE IX
l'AITS POSTKBIEURS À LA MORT DU SAINT, SA CANONISATION ET SON CDLTE.
Le vaisseau la Sainte-Foi était sur le point de reprendre la tnér, lorsqu' Antonio de Sainte-Foi pria le capitaine de faire ouvrir la sé-
(1) Dans l'Appendice n" XVI, nous donnons une notice élendue sur l'île: de San-Chan, et sur le lieu de cette première sépulture.
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pulture du Saint, et de faire vérifier l'état de ses reliques. Ce fut le 17 février 1553 que cette reconnaissance eut lieu. Le corps fut trouvé tout entier, frais et comme animé par un sang vivant. La chaux n'avait point altéré la substance du corps ni les tissus qui le recouvraient. Enfin, l'odeur la plus suave s'exhalait du précieux cercueil (1).
Le navire mit à la voile, emportant les saintes reliques : et la tradition rapporte que, durant plusieurs années, les typhons ne s'élevèrent point pour désoler ces parages.
Le 22 mars 1553, la Sainte-Croix jeta l'ancre à Malacca, et toute la ville s'empressa d'aller recevoir le corps du P. Xavier. Le vicaire épiscopal fit ouvrir de nouveau le cercueil et trouva le corps dans une conservation parfaite. Un fléau pestilentiel qui avait reparu dans Malacca, cessa dès cette heure d'une manière absolue; et d'autres guérisons individuelles , produites par l'attouchement du cercueil, rendirent également témoignage à l'Apôtre.
Le Saint fut enterré , pendant quelques mois , dans l'église de Notre-Dame-do-Outeiro (de la Colline) , vers la porte de la Sacristie.
En août de la même année 1553, le P. Joam de Beira, qui venait de Goa pour passer aux Moluques, désira voir le corps de son bien-aimé Père, et s'entendit à cet effet avec Diogo de Pereira, Guilhenne de Pereira, un autre sécuUer, le gardien de l'église, et le F. Manoël da Tavora. Ces personnes se rendirent secrètement et de nuit dans l'église, et elles trouvèrent le corps aussi sain, les membres aussi flexibles, et la même apparence d'un sang vermeil, après cinq mois de sépulture dans un sol très-humide, que si le P. François venait d'expirer. Diogo de Pereira fit fabri-
(I) Un historien raconte que les Portugais enterrèrent un des leurs, qui venait de mourir, dans le lieu même de la sépulture du Saint : espérant, dit l'ancien écrivain, que ce sépulcre aurait la vertu de le délivrer des peines du Purgatoire, comme autrefois le tombeau d'Elisée eut la vertu de ressusciter un mort.
Au sujet de cette odeur suave qui s'exhalait du corps, et dont nous voyons des exemples dans un grand nouibre de vies saintes, le P. Lucena fait d'édifiantes réflexions. Dan.s cette récompense de la pureté virginale de Xavier, il voit le sceau divin, par lequel l'Époux des vierges honore dans leur chair ceux qui sur la terre ont vécu comme des anges.
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