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CHAPITRE NEUVIÈME. — FAITS POSTÉRIEURS. CXXXIII

quer uii cercueil magnifique, doublé de damas et recouvert de brocart : on y renferma le corps, afin de le transporter dans les Indes à la mousson prochaine. Le P. Joam de Beira poursuivit sa route vers les Moluques, et laissa le F. Manoël à la garde du vénérable dépôt. Vers la même époque revint du Japon à Malacca, le F. Pedro de Alcaceva, qui partagea l'ofiice du F. Manoël. Tous deux s'embarquèrent avec les saintes reliques , sur le navire de Lopo de Noronha qui les conduisit à Goa.

A cette heure,, dit le P. Francisco de Souza, dans le livre intitulé : 0 Oriente Conquistado, et où nous avons recueilli d'admirables détails, à cette heure commencèrent d'être sanctifiés les mers et les ports de l'Inde. Le vaisseau de Noronha, vieux et délabré, éprouva dans ce voyage la plus heureuse fortune, et les vents le respectèrent jusqu'au port. A Cochin, où l'on s'était arrêté, le corps fut visité en présence du P. François Perez et de tout le peuple, et de nombreux miracles y furent opérés. D'autres miracles eurent lieu dans Baticala. ^ '^ - -

Au port de Goa, le vice-roi D. Alphonse de Noronha fit faire une réception magnifique aux reliques du Saint. Ce fut le 1 5 mars 155^, que l'évêque et son clergé, et les Pères du collège de Saint-Paul, au chant du cantique: Benedictiis Dominus, Deus Israël , allèrent recevoir le corps, et le transportèrent dans une chapelle située à une demi-lieue de Goa. Le lendemain, 16 mars, vendredi de la semaine des Rameaux, eut lieu l'entrée solennelle.

Nos écrivains sont remphs des miracles qui signalèrent l'arrivée du cortège et la présence du glorieux cercueil dans la métropole des Indes.

Nous ne voulons point nous étendre sur tous ces prodiges, dont les principaux se trouvent exprimés en la bulle de canonisation, et qui sont aussi infinis qu'extraordinaires : l'Apôtre des Indes, qui convertit plus d'un million d'infidèles, qui ressuscita plus de cinquante morts (1) , qui guérit des milliers de malades, et qui fut l'objet des privilèges les plus prodigieux de la grâce, n'était-il pas l'un des plus grands thaumaturges de l'Église catholique?

A la vue de toutes ces merveilles, le F. Joam d'Eyro, alors

(I) Le procès de canonisation constate vingt-quatre moi^^|^MÇScités et quatre-vingt-huit miracles. Depuis il a été constaté juridiqueméîiVqùe vingtsept autres personnes avaient été ressuscitées. ,:'^

VIE DE SAINT FRANÇOIS-XAVIER

religieux franciscain, et qui avait été le compagnon du P. Xavier à Méliapour, à Malacca et aux Moluques, éleva la voix et raconta devant tout le peuple tout ce qu'il savait touchant l'homme de Dieu, les secrets de sa propre conscience que Xavier lui avait révélés, et les événements futurs qu'il lui avait prédits : et ses discours furent le plus éclatant panégyrique prononcé dans cette grande fête. Le corps fut exposé durant trois jours dans l'église de Saint-Paul, et reçut enfin sa troisième sépulture au pied du gtand autel, du côté de l'Évangile. On en fit une translation nouvelle en 1560, lorsque l'égUse fut démolie pour être remplacée par tiûe autre plus magnifique, et on le mit dans sa place actuelle. ^ Le bras droit fut séparé du corps, par ordre du P. Général, Piodolphe Aquaviva, le 3 novembre 16l5 : la partie supérieure fut transportée à Rome en 1615, et l'inférieure, divisée en deux, fut partagée entre les collèges de Malacca et de Cochin ; une petite portion fut envoyée à Macao.

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Aussitôt que la mort du Saint fut connue en Europe, on commença à parler de sa canonisation, et en l'année 1556, D. Jean III, roi de Portugal, ordonna au vice-roi, D. Francisco Barreto {Appendice, n° X, Lettre 2") de faire faire une enquête sur la vie et les mii'acles du serviteur de Dieu. Les principales informations dans les Indes furent accomplies à Goâ, à Cochin, à Baçaïm et à Malacca ; on entendit h Lisbonne de nombreux témoignages, et la catholicité tout entière s'associa par ses,vœUx à la Béatification du nouvel Apôtre. Le pape Jules III avait lui-même versé des larmes en entendant le P. Ignace lui raconter les œuvres héroïques du P. François-Xavier. ;w

Après un examen juridique des vertus et des miracles de Xavier, le pape Paul V, dans une bulle du 25 octobre 1619, prononça la Béatification.

Le pape Grégoire XV, qui succéda à Paul V, canonisa le Saint âféc tous les rites de l'Église cathohque. La cérémonie solennelle en eut lieu à Rome le 12 mars 1622. Mais la mort ayant empêché le vénérable pontife de faire pubUer la bulle de canonisation, ce fut le pape Urbain VIII qui la fit rédiger et publier.

N(Wi donnons dans notre Appendice (n° XVII) celte bulle datée du^ août 1623.

Parmi tous les miracles qui attestèrent au monde la sainteté du

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