‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 685 sur 759 · LIVRE VIII. — LETTRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. — LETTRE QUATRIÈME

Au p. Criîè^àrd Èarzée, recteur du êcillége de tiroa.

Que la grâce, etc.

Vous aurez peine à croire quelles épreuves m'étaient réservées à Malaccà. Trop languissant poiir vous écrire, j'ai chargé François Ferez de vous en tracer le récit : vous pouvez ajouter foi à ce qu'il écrit , quelque incroyables que les faits vous paraissent.

Je me rends dans les îles dé la Chine qui avoisinent la cité de Canton, dénué de toute assistance humaine, et me fondant uniquement sur le secours divin. J'ai conçu l'espérance que des païens m'ouvriront, vers le continent chinois, l'accès que m'ont fermé des chrétiens, au mépris de la sentence de ï'Eglise et dé ïa côïèrè de Dieu, qu'ils ont, les malheureux, attirées sur leurs têtes (1).

Vous ferez donc toutes vos diligences afin que le seigneur évêque adresse à son vicaire à Malacca le décret d'excommunication, en vertu duquel le gouverneur de Malacca et les autres personnes qui ont fait échouer un dessein si utile à ïa religion chrétienne, seront publiquement et nominativement retranchés delà communion de l'Èglisë. Je désire qu'il soit exprimé, dans le décret, que j'ai été envoyé dans les Indes par Sa Sainteté Paul fil, avec le titre de son légat, titre dont le prélat lui-même a vérifié les bulles, j'agis ainsi, afin qu'à l'avenir nul iie s'oppose à la propagation de la religion chrétienne et aux entreprises dirigés par le zèle de la gloire divine. Je ne voudrais appeler sur personne, dé la part dès supérieurs spirituels,

(I) Cutillas. — Dans la ville de Malacca, dont le gouverneur a refusé de prendre en considération l'édit 'du vice-roi qui m'était octroyé , et n'a point craint les analhèmes de l'Église, prononcés par les souverains pontifes contre ceux qui s'opposent à leurs nonces et h leurs légats. ,^, ■ j h;-;

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l'excommunication de l'Église; mais je dois élever la voix, et faire tous mes efforts, afin que le monde connaisse ceux qui ont encouru l'excommunication, par l'effet implicite des décrets et des bulles des saints pontifes, ■■--:i"s^-

Je ne consentirai jamais à ce que leur crime demeure dans le silence, afin qu'un jour à \cnir ils puissent rentrer en eux-mêmes et solliciter le remède à leurs blessures. En même temps, ils n'auront plus la témérité de s'opposer aux membres delà Compagnie, qui, dans l'intérêt de la religion, devront par la suite se rendre aux Moluques, en Chine ou au Japon. *

Des quatre Confrères qui m'avaient accompagné, j'en ai fait partir trois pour le Japon, Balthazar Gago, Edouard da Silva et Joam d'Alcaceva. Ils étaient sur un bon navire, et le temps s'annonçait d'une manière favorable. Je prie Dieu de les faire arriver heureusement à Amanguchi, où se trouvent à cette heure Cosme de Torrez et Joam Fernandez.

J'ai conservé l'un de nos Confrères, avec le Chinois Antoine. Tous deux sont malades gravement, et demeurent dans l'épreuve avec moi. Que Dieu soit béni !

Souvenez-vous d'envoyer l'année prochaine au Japon quelqu'un de nos Confrères; il doit être déjà prêtre, et posséder une science éminente. En effet, pour le Japon et la Chine, on doit choisir des sujets d'une science parfaite, Si vous n'avez point de prêtre, envoyez un sujet d'un esprit vif, et capable d'apprendre la langue japonaise. En même temps, vous pourrez faire passer à titre d'aumône, à nos Confrères du Japon, une certaine somme tirée des fonds donnés par sa majesté, ou de ceux de la Confrérie de la Miséricorde, ou encore des libéralités des personnes pieuses , afin de secourir , au moins en partie , nos Frères qui souffrent, dans leur dénûment de toutes choses.

Vous enverrez sans retard Joam de Beira aux Moluques, où sa présence est si nécessaire, avec un prêtre de la Gouipagnie, s'il est possible, qui soit plus recommandable encore par les vertus que par la science. Aux Moluques, une vie

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