LIVRE VIII. — LETTRE CINQUIÈME
prie de ne communiquer à personne au monde les saintes leçons de l'ordre spirituel qui vous ont été révélées de Dieu : je veux parler des inspirations qu'une lumière céleste a fait pénétrer en votre âme , sur les matières où le salut et l'avancement spirituel des chrétiens des Moluques et des îles du More, ou des autres dont la direction vous a été dévolue , ne sont point intéressés. Les affaires concernant l'avantage et le progrès spirituels des chrétiens, vous les traiterez avec le seigneur vice-roi , et vous vous efforcerez d'obtenir de lui les ordres et les diplômés ;;gnje vous Jugerez nécessaires à cet égard. Que si vous présumez devoir réussir plus aisément, grâce à l'autorité et au crédit du seigneur évêque, vous irez lui présenter votre requête, et vous l^ conjurerez , aûn qu'il inspire au seigneur viceroi d'étendre la protection royale sur l'église des Moluques, et qi^'il en demande pour gage, en faveur de cette église, les expéditions authentiques qui seront sa défense contre l'injustice et la perfidie du roi des Moluques , selon vous si hostile à la religion. ..
Vous aurez soin de mettre à fin , dans le délai le plus court, cette affaire qui vous appelle à Goa, et de vous disposer à revenir bientôt auprès de nous. Je voudrais que vous fussiez en mesure de prendre l'occasion des navires qui; font voile en mai de Goa vers les Moluques : vous y conduiriez avec vous quelques-uns de nos prêtres. Si vous n'aviez point de prêtres à votre disposition, vous pourriez emmener d'autres Confrères, ayant seulement une teinture des lettres humaines et se destinant au sacerdoce, ou même de simples laïques. En effet ces derniers, s'ils ont un bon naturel et de l'intelligence, se laissent plus aisément conduire, en raison de leur humilité plus grande; et en quelque sorte ils me paraissent préférables, pour la conservation de la paix et de l'union entre nos Frères de cette résidence.
Déterminez aussi avec le P. M* Gaspard que, tous les ans régulièrement , un prêtre au moins ou un laïque de