LIVRE VIII. —LETTRE ONZIÈME
pore! S , nous préférons affronter ceux dé la vie iiiortelle à encourir la mort éternelle. En vérité, nous voulons, et nous y sommes résolu, pénétrer dans la Chine. Que Dieu daigne affermir nos pas pour la dilatation de sa religion ! et, dans le même temps, que les démons et leur armée déploient toutes leurs forces , j'y consens de grand cœur ! Si Dieu est avec nous, f/ui sera contre nous (1)? »^'3' v
J'espère que les navires qui feront voile incessamment pour les Indes, vous porteront des lettres de notre part, vous annonçant mon entrée dans la ville de Canton. Mes compagnons sont éprouvés par des maladies continuelles. J'avais amené jusqu'ici un Chinois pour me servir d'interprète; j'ai reconnu qu'il avait oublié sa langue maternelle; mais j'en ai rencontré un autre qui possède bien la langue ainsi que la littérature de sa nation, et qui s'est offert de lui-même pour m' accompagner dans mon voyage. Que Dieu l'en récompense dans cette vie et après la mort î Priez Dieu, je vous le demande, afin qu'il le confirme dans «es intentions. Tous les Chinois estimables, qui nous connaissent, se plaisent dans notre compagnie et désirent vivement nous voir pénétrer dans l'intérieur de la Chine. Ils ont déjà conçu l'opinion que les livres qu'ils nous voient porter en tous lieux avec nous contiennent une doctrine préférable à la leur,:^ et bien que ce soit peut-être l'effet dé leur amour pour lel nouveautés, ils aimeraient à nous voii: pénétrer dans leur: pays. Cependant j comme je vous l'ai dit, des motifs dé crainte ont empêché ces Chinois de nous y introduire eux-mêmes. J'attends de jour en jour le marchand avec qui je me suis accordé. Plaise à Dieu qu'il ne nianque pas à mon attente! Si ce malheur aitivait, j'ipaore ce que je devrais faire, de retourner dans les Indes f ou de me rendre à Siam et de me joindre à l'ambassade que le souve-
lain de Siam enverra prochainement, dit-oa, vers celui de
la Chine.
(0 Rom,, viii, 31.
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