‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 708 sur 759 · LIVRE VIII. — LETTRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. — LETTRE DOUZIÈME

gnez surtout et singulièrement, qu'en jetant vos Tègar4i| à l'entour de vous et considérant toutes les œuvres que Dieu daigne opérer par vous et par tous nos Confrères , vous ne veniez à vous oublier vous-même. Il me serait infiai-f ment agréable, à cause de ma très-grande charité vi^-^â^ vis de vous , que vous considériez tous très-profondément en vous-mêmes, combien d'œuvres Dieu n'a point opérées par votre propre faute : et j'aimerais mieux vous voir occupés de cette pensée que de celle des grandes œuvres doat vous êtes les instruments. La première pensée vous causerait de la honte et de l'humilité, en vous rendant sensibles vos imperfections et vos misères : la seconde peut avoir cet effet de vous faire tomber dans des péchés de présomption et d'orgueil, par la confiance en des biens qui vous sont étrangers , et en des merveilles de la grâce qu^^nt l'œuvre de Dieu seul. Considérez, je vous prie, combien de périls a suscités pour un grand nombre cette pernicieuse erreur, et combien ce serait fatal pour la Compagnie entière si jamais une contagion pareille venait à s'y répandre.

Je vous le recommande encore : n'admettez dans la Compagnie qu'un petit nombre de sujets : choisissez-les capables de s'adonner aux études littéraires ou de vaquer aux offices de la maison. Je vous le déclare : il serait plus avantageux , c'est mon opinion très-sincère , d'acheter des esclaves pour être employés dans les fonctions domestiques, que de choisir, pour être de la Compagnie, des sujets indignes d'elle. ' v*. <

Si quelques-uns de ceux que j'ai renvoyés se trouvent à Goa, gardez-vous de les recevoir de nouveau, sous aucun prétexte , car ils ne conviennent point à notre Institut. S'il arrivait que l'un d'entre eux, s'étant complètement réformé, et l'ayant suffisamment prouvé par des pénitences publiques , acceptées volontairement et continuées durant longtemps, ait, d'après votre propre jugement, fait une entière satisfaction, vous pomTez l'envoyer en Portugal au supérieur de la Compagnie , avec une recommandation de

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