‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 95 sur 759 · LITRE I. — LETTRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LITRE I. — LETTRE SIXIÈME

avait faite, de leur faire entendre pour la première fois' par notre ministère un grand nombre de choses nécessaires au salTit de leurs âmes.

Il y a quelques jours nous vous avons adressé des lettres du roi pour le souverain pontife , et pour son ambassadeur à Rome (1) : il y recommande les intérêts de notre Compagnie comme ses intérêts propres. Pour obtenir à la cour de Portugal des recommandations de ce genre, nous n'avons plus besoin de protection étrangère, nous pouvons nous suffire par nous-mêmes. A cette heure, le roi, s'il n'était dans un deuil profond à cause de la mort du prince Edouard, aurait écrit de nouveau à Sa Sainteté et au cardinal des quatre Saints Couronnés (2), ainsi qu'à d'autres personnes de qui la faveur peut être nécessaire ou utile pour nos affaires à Rome. Mais il est, ainsi que je vous l'ai dit, si profondément enseveli dans la douleur et pénétré d'une telle affliction par la mort du prince son frère, qu'il s'est renfermé dans son palais, où personne n'est admis. Ces douloureuses fériés interrompent le cours des affaires. Il faut laisser à ce deuil légitime un certain intervalle ; mais après quelque temps, lorsque la première douleur sera calmée, nous nous efforcerons d'obtenir de cet excellent prince des lettres en aussi grand nombre qHie vous désirerez et pour les personnes que vous aurez désignées.

Une personne, qui a terminé à Paris le cour sentier de ses études, vient d'embrasser l'existence de notre Compagnie. Il se nomme Maître Gonzalve Medeiros (3). Il n'est point encore entré dans les ordres. Au nom du service de Dieu Notre -Seigneur, nous vous prions d'obtenir et de nous envoyer un bref du souverain pontife qui l'autorise, sans

(1) Dom Philippe de Lancastre.

(2) Les quatre saints couronnés étaient quatre frères , martyrs sous Dioclétien. Une église de Rome leur fat dédiée et devint un titre cardinalice.

(3) Gonzalve Medeiros, l'un des premiers Pères admis par le P. Simon Rodrlguez, n'alla point dans les Indes, et seconda le P. Rodriguez dans la fondation des établissements de Portugal.

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