QUARANTE-NEUVIÈME LETTRE
Situation de P Europe après le Congrès d^
JLaybach.
(Je Bai point y Monsieur, cûmineU Tasse, de héros à chanter. Je n'ai k vous offrir que la sérieuse analyse de l'histoire du temps, travail que les événeaiens m'ont forcé à retoinmen'cer chaque aiinée. Cette histoire ab^ sorbe» à la vérité^ votre unique intérêt, parce que nous vivons dans un temps où toutes les existences individuelles sont engagées dans ta destinée pu'* hlique, et où personne n'est maître de lui soustraire la sienne •
Cest le caractère des révolutions; elles attachent par les dangers mênies auxquels elles exposent tous les genres d'intérêts.
Le Congrès de Vérone vient de se disperser j^ sans avoir rempli le but quïl s*était proposé ; car il avait annoncé comme tel l'intention de raffèrniir l'union qui existait entre les Cabinets^ et par conséquent le statu quo de l'Europe , qui devait en être la suite 1 il na fait ni Fun ni l'autre.
Les Cabinet^ sont moins unis qu'ils ne Tétaient auparavant, et le statu que de TËurope s'est brisé dans ses mains, contre le gré des Cabinets ^ l^ëiit-ètre, mais par la force de circonstances qulls semblent n'avoir ni calculées , ni prévues , quoiqu elles ïi'ayent été que la suite naturelle du système politique qu'ils ont suivi. '
Une telle assertion a besoin de preuves, et ces Lettres sont destinées à vous les donnen
, Quelle était en effet , Monsieur « la situation politique de r£urope à la suite du Congrès de Liaybach?
Quelle est cette raême situation à la suite de l'entrevue de Vérone ?
Rien dans cet intervalle ne paraît Tavoir ostensiblement changée. Aucunes révolutions, nouvelles n'ont éclaté ; aucune PuissaniÇe n a cherché 4 empiéter sur une autre, et. nulle plainte ni rupture n ont troublé leuç concert. Cependant cette situation est toute autre » et, loin d'assurer le repos public^ ainsi que Vivait promis la^ Sainte- Alliance y une inquiétude funeste agite toute l'Europe, et fait prévoir des événemeus que personne ne peut définir. •
Avant d'en examiner la cause, ie suis obligé, Alpnsieur,. de retracer^ piais en peu de mots ^ le tableau que Je vous ai fait Tannée dernière de la situation ou TËurope était alors.
La Sainte- Alliance avait rempli sa
tâche et atteint son apogée à liaybach:.
€av après avoir vaincu la révolutions, en Italie,, il ne lui restait plus rien à ^fe poà^ seft préserver. Elle avait complété le cercle iiu système défen-t sif qu^ellé avait adopté.
Elle était arrivée à ce terme , parce que les Puissances semblaient avoir v par un accord secret» replacé tes colonnes d'Hercule sur les Pyrénées ^• et laissé ainsi TËspagne en dehors de( l'Europe* Elles avaient par cette pru^ dente mesure affermi leur système répressif^ sans l'y comprendre, et sa révolution était . devenue par cette* conduite aussi étrangère à la Sainte* Alliance, que le sont de fait à TEurope la péninsule elle-même et les peuples qui l'habitent* ' L'Angleterre^ rassurée sur son état intérieur par la mâle attitude que son aristocratie avait gardé dans ses dei^ niers troubles, l'Angleterre réparai!
fentemerit le déficit de ses finances^
( 9 ) et r^sàic dâtis li^s mains d'un Mi^
nistre courtisan, qui, satisfait d'avoir brillamment terminé la guerre que lui avait légué M. Pitt, laissait faire à ses Alliés oe qui leur semblait bon. Elle se trouvait être ainsi près-?
qu'étrangère aux affaires du Conti-* nent
La France, uniquement occupée dd soin de teiiir la balance entre les fâc^ tions qui s'y disputaient la posses^ tion dé Pinfluence politique, laissait ta direction des choses de ce mondé à la disposition de la triple coalition; et de cet acôord parfait Semblait de-»
voir résulter une entière sécurité.
La Sainte-Alliance n'atait pltts d^ souhaits à former^ et paraisisait n'avoîf plus de danger à craindre. C^r après avoir vaincu la révolution, elle se flattait ^d'empêcher son retour en goitver^ liant les peuples dans un système plus propre à les assoupir qu'à leîs offenser. Système par lequelelle sévissait
contre les individus , en ménageait i'intérêt et la tranquillité des masses^^
G# concert merveilleux a manqué d'être troublé par un événement inattendu* Les Grecs, auxquels personne" ne songeait, les Grecs se soulevèrent contre la Porte , et toute FEurope en fut agitée, parce que cette entreprisa menaçait en eifet de rompre le sJiatu quo qu'on sefForçaît d'y maintenir^ et avec lui tout le repos dont les Souverains s étaient flatté de jouin
Le soulèvement des Grecs ouvrait aux Russes les portes de la Turquie;^ Il était naturel de croire qu'ils pro-; fiteraient d'un tel avantage ^ et qu'ils deviendraient les Protecteurs de la Grèce» s'ils n'en devenaient pas ]§^ Maîtres, '
Mais une telle conquête, ea ronsi:^ pant les proportions qui exîstaien|:
entre les Puissances ^ aurait offensé à la fois les intérêts positifs de TAih triche et de r Angleterre , et les întérets politiques de la Sainte-Alliance^
suie aùFait offensé les intérêts d« TAutriche, en détruisant le contrepoids que la Turquie met en Orient en tr elle et la Ruissîe.^
Elle aurait offensé les intérêts de l'Angleterre , en livrant à la Russie des côtes maritimes , et en la privant dés avantages commerciaux dont elle s^était assurée par le traité qu'elle avait conclu avec la Turquie. -
Elle aurait offensé jles intérêts de la Sainte-Alliance, en ébranlant le système d'union par lequel seul cette Alliance existe; système qui lie peut subsister quautant que les Saints-^ Alliés sacrifient leurs intérêts, personnels à l'intérêt commun de TAUiance.
'Or% cette entreprise, en portant dans rOrient les forces de la Russie; aurait laissé rOccident dégarni de eeUes qu'il ét^t nécessaire d'y conserver pour contenir la révolution, car cette charge n'eût été confiée qu'aux armées autrichiennes seules ,* fonctions
pour l€;squ6lle$ Fexpérîeiice a démontré quelles étaient insuffisantes.
: Le danger était donc grand, et Icr monde allait être remis au hasard do cejt événement » lorsque par l'effet d'une générosité, jusqu ici sans exem^^ pie,, le. Cabinet russe a renoncé de lui-même à déployer ses forces pour $on propre avantage, afin de les laisser au service d'autruL
Aubun obstacle , aucune crainte personnelle n'ont influé sur cette dé« termina tion : car personne ni au de^ dans , ni au dehors deTËmpire n'était «a mesure d'arrêter ses. mouvemensfc C'est de plein gré que ce Cabinet à renoncé , par ménagement pour ses Alliés et par ;^cspect pour kitr union, aux avantages que lui promettait la conquête de l'Orient II a renoncé à plus encore , il a renoncé à ce qui séduit le plusJe cœur humain, à puer - h beau rôle de Protecteur de* op-^ primés*
(«3) ' H a fait ce noble sacrifice aux iti»* térêts commerciaux de là Grande*- £retagne , à la peur de TAutriche et â la sécurité de la Sainte-Alliance.
CeCIabinet a renoncé à faire la guerre 4ians un moment où elle lui offrait loccasion défaire une facile ^ conquête et d'immenises profits , et cette paix a jété k plus grande victoire qu^ait tem-»
porté la Sainte-Alliance, puisqu'elle lui a valu Soo^ooo hommes.
Il est permis de croire aujourd'hui^ Monsieur^, qu'un autre motif avait secrètement porté le Cabinet russe à prendre cette détermination. Ce motif était dans l'importance même du rôle qu'il s'attendait à jouer dans la Sainte - Alliance , pour prix du sacrifice qu'il venait de lui faire.
Nous avons vu, en effet , que la tendance de ce Cabinet a été del^uis long- temps celle dé figurer d'une manière saillante , et même inattendue, sur la scène politique «
et danç le choix des lieux où il au* raît pu exércei; sa prépondérance r il a préféré TOccident à TOrient. Tel est; je crois, tout le mystère de ce qui s'est passé vis-à-vis de la Grèce ^ et de ce qui se passe aujourd'hui en Occident
CINQUANTIEME LETTRE.
De la Sainte^Alliance want k Congrès de
Vérone.
\jK fut une grande joie parmi les Royalistes, lorsqu'ils apprirent que l$i Russie n'attaquerait pas les Turcs.
Ce sentiment était naturel, car le6 Grecs leurs étaient indifferens, tandis qu'il leur importait de conserver entières les forces d'une Alliance, qui fait leur seul point d'appui. Cette joie fut partagée par cette classe nombreuse d'un public y qui, sans appartenir à aucun parti; redoutait les chancjes de cette guerre, par cela seul quelles auraient pu troubler son repos ou ses
affaire^, sans songer que dans le choix, ^ â aurait mieux valu pour elle voir la Russie s'occuper dans l'Orient plutôt que dans l'Occident.
LesLibéraux, au contraire, en parurent affligés ; car ils avaient bien senti que laffaiblissement de la Sainte- Alliance leur était favorable ^ et Tintpatience mal déguis^ée avec laquelle ils attendaient la déclaration de guerre de la Russie , n'a pas été un ^s moindres motifs entre ceux qui l'ont -empêchée.
Mais la conduite du Cabinet russe e produit un effet plus positif dans 'la situation de l'Europe , que celui d'y exciter la douleur ou la joie des -factions. Elle a modifié la position de la Sainte-Alliance, en. changeant *la place qu'y occupaient les différentes Puissances, et par conséquent l'ordre 'dans lequel elles y étaient rangéefe.
lies rapports dans leisquels ces Puissances figuraient dans l'Alliance ont
ionc été autres quils n'étaient, et il en est résulté une nouvelle combinai^ son politique entr elles.
L'Angleterre, qui paraissait n'avoir plus rien à démêler avec les affaires du Continent, s'est vue forcée d'y reprendre une part pour s'opposer à l'envahissement dont la Russie avait menace la Grèce. Je vous en ai dit les motifs , et par ce mouvement ^lle a repris ^armi Jes Alliés Une place qu'elle avait abandonnée. Cette place l'a portée à la tête d'une opposition ccmtre la. Russie. . .
. L'Angleterre a mis ainsi un nonv.eau poids dans la balance politique »
et le succès, qui a cauronné ses desseins lui. a rendu une influence, que les circonstances lui avaient ôtée. :
V La Sainte-Alliance I a trouvé ainsf dans le Cabinet anglais un contre-^ poids à sa, Toute-Piiissance j contre-^ poids dont l'effet devait se montrer pins, tard, et d'une nxanière bien au- 4-' P^ a .:
08) trenaent sérieuse ; mais n'anticiponi»
pîas.
L'Autriche s'était hâtée de se joindre à rAiîgléterre, pour s opposer à une guerre qui blessait aussi évidemment ses intérêts positifs. Ces deux Puisssinces ont donc agi ensemble , dans cette circonstance , pour leur intérêt eômitiun^ et partagé Thônneùr d'un Succès^ qui sans être uniquement leut dUYtagei ne leur en a pas moins été attribué.
. Ce rapprochement entré l'Autriche et TAngleterre a formé de la sorte une Scni3*Alliahcé dans la Sainte-Alliance, au moyen de laquelle TAutTiche, qui bY tenait que le second rang , parce que la Russie occupait le premier, a changé de place avec elle. Changement que l'Autriche n'a dû qu'à ce qu'elle a "trouvé dans T Alliance de l'Angleterre un point d appui étranger à la Coalition^ point d appui qui a. doublé >ses forces en leur donnant une liberté d'action qu'elles avaient perdues.
^ X^ Russie a feculé au seCotid raiî^r Ingratitude politique, dont la seule ex* cuse est que ce monde est fait de sorte que tout en rendant justice à la généfo* aitéet à Tabnégation de soi-^mêine> il est malgré lui déduit par la hardiesse qui pousse aux grandes entreprises , fus-*"
senl-^elles «ième contw ses Intérêts^
Et ce monde est plus charmé par ki succès dHm héros que pai" les vei^tui qui assurent son bonheur^
Loin, d ayoîr été récortipejisée des $acrifice3 que la Kussie semblait avoilf fait au repos deTËurope, elle a ainsi déchu d^ns^ son ôpiQiôn, et reculé uun pas devant une nouvelle A1-* liance politique , dont le. but était précisément de s'opposer k ses, des-* seins.
L* Au triche, pat, ieftet d^ cette coîîi-!
binaison^ se trouvait être placée dans deux Alliances : spéciales ^ dont la nàr tore ^t l^objet étaient également diflfé-*
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rens, et dont elle pouvait invoquer k secours suiyant le besoin- du mo*» ment. Partie intégrante d'une triple Coalition, formée dans le but politique de s'opposer à la révolution »
elle pouvait compter sur son appui dans tous les cas pu cette révolution l'aurait menacée d'un danger politique. Alliée avec l'Angleterre, elle pouvait également compter sur ses secours lorsqu'il aurait fallu s'opposer à un envahissement d'Etat, contraire à leurs communs intérêts.
Par cette double Alliance le Cabi-net autrichien s^étaît rendu invulnérable y puisqu'il était défendu contre les deux espèces de périls qui menacent aujourd'hui les Monarchies.
Combinaison heureuse , en effet , pour cette Puissance, comme pour VEurope, dont ces contre-forces semblaient devoir maintenir le statu quo, et qui aurait été le cKef-d'œuvre de la politique , si elle n'avait pas été
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fe, produit dur hasard , et si elle avait pu être, durable. Mjdiis les fils qui 1% tenaient étaient trop déliés pour ne pas rompre , et les évenemens de^ vaient la briser aussi inopinément qu'ils rayaient formée.}
Ainsi , Monteur , à l'époque où: s'est ouvert le Congrès de Vérone , la Rus- $ie était blessée dans ses intérêts , comme daiis sa position politique > par le déclin de la prépondérance quelle s*attèndàit à exercçr. EHé avait donc besoin d'iiri mouvement dont la nature lui permit de ' reprendre la placé et la prépondérance politique' quelle avait laissé échapper. L'action est d'ailleurs un besoin pour elle» et rien dans soa état social ne s'y oppose.
L'Autriche a'axaiteix. revanche rien à désirer, si ce nest de conserver une situation à laquelle elle avait dû Finftuence dont jouissait soa Cakin0t« et la stabilité d'un statu quo^
4ant hn conditions, étaî^t: toutes en sa faveur*
Un seul principe d'opposition se montra dan* réloignement contre la Sainte- Alliance. Ce principe avoif; sa source dans les intérêt» de 1'Aq-« gleterre ^ qu'offensait le système <l'u^ iiité politii^ue auc^uel tendait le Con^, linent
Oppositioa à laqv^Ue les AUiés ont paru ne s'être pas, attendus ^ et dont l'ignorance \es a poussés à eon^ çerter un plan* dont V^xécution der vaît réyeillejr cette opposition , et brir sev un statu quo aii<j[iii«l rËufOi» 9k ^^ sejpt ano^s d« repos.
téim^immmA
CINOCANTE-XJNIÈME LETTRE-
De la Fremce want le Congrès de Vérone^
jLiA Samte^AHiAiicè n^avait pas com-»
|»m P£spagne dans sa jurisdic^D.
C'était sans doute line anomalie dkos son système, puisque les piîneipes quelle avait émis à Toecasiofi ^^ ïé^ voluitiûqs dlt^e étaient ou menson^ gers ou iœméfliatement appUcables à
celle fie l^Ësp^gnev
0.B ni^ peut donc attribuer le long •âeat^ queks Saint&rAUiés ont ganft| vis-à-vis de cette révolution qu'à des ipûson» de fait, et ouUeoieiit à ce qu'ils eu avaient conçu une opinio|i f lusiavocable q^ue de toutes, les auJtrea
La preuve en est qu'ils commettent encore aujourd'hui la même anomalie , en gardant le silence avec la ré-' volution du Portugal, parce qu'une force étrangère Içnr a commandé . ce respect.^
Les raisons de fait qui avaient jus-^ qu'ici préservé l'Espagne, contre k Saiute^Alliance sont faciles ^ déduire..
La Sainte-^AUiance était une ligue ^s$!çntielleQienit défensive. Elle avait donc rempli son oh^et lorsqu'elle avait( vaincu et désarcaé la révolution daii»
le çadrç^ qu'elle s'était réservé , et sxm tous le& point§. d'où cette révolution pouvait kxnenacèr.Or, TEapagne^ 4tait en dehors de ce cadre^ et ne la me-»
Jiaçait d'aucun danger > parce, qu'elle était' trop étrangère par sa .positioi^ physjk^uç et morale au.reste dfi Çkmn tinent r
Il fallait ainsi pour» aller l^attaquer^ qu^ k Sainte^ Alliance, quitta/son at^ titude défensive pour prendre uft ç*^ rdctère offensif
^ On ne pouvait enfin attaquer là péninsule qu'au travers de la France :
car les Alliés, dépourvus de vaisseaux; ne pouvaient pas passer ailleurs. H fallait donc être sûr. de sa coopéra-* tion , puisqu'il aurait été impossible quelle gardaHia neutralité et periiut ce passage.
Mais la situation politique de ce Rbyaume était alors trop opposée à un pareil projet pour qu'il pût s eicécuter. La raison en est que cette entreprise ne pouvait pas entrer dans les vues du parti qui dirigeait les af-* faires , attendu que la politique de ce parti n'avait pas pour but de. détruire la révolution , mais dç la gou*verner.
Un singulier concours de cîrcons-;' tances âviait mis ce parti à la tété des affaires, au lieu des Royalistes^ que les victoires des Alliés semblaient îiv^ir dû y appeler.
I^ea Royalistes en auraient recueiUi
tout le fruit, sans doute « si ces lio toires avaieiift été remportées vingt ans plutôt /parce que les ÂlUés n é^ talent alors que leurs au^uliaires ^ et De faisaient la guerre que ppur le$ rétablir dans leur ancien pouvoir; Mais les AUiés n avaient fait les ^er-^ nières campagnes ni dans le i^étti^ but, ni dans Tintérèt d'un parti qui 9'était dispersé depuis long*^temp$; Ils ne les avaient fait^ que^d^ns çey lui de se défendre , et d'opéfer U 4çr livrance de leurs propres £tats. Le ré^ tablisseofient des J^oy^listes en Fr^i^f) n'fi donc été qu'une cpnséqqeçoe v Hfit tur^lle.il^st yrai> i;r)pis niUleppe^rt le
motif pour iequelçU Çç^iypi>> çt^wt porté ses victoires. . r
4e *on triompbfi a ^t^ une yéfi^bl^
Ji^ d'Etat i jptf^t: cfi^la Téyol^t^aJft t^t encore alfjfs une Pu^s^^i^ce ^r^ mée^ et la Charte |a ^(^ ^e tf ^é; p^
Les stipulations de cette ()aix nt furent en effet que des conditions aor i^rd^s dans ce but à la riévolutionb Elles n'en contenaient aaçune.^ en fat yeur^ des Royalistes , ils ne furent appelés qu'an titre commun à jouiv »yec la multitude des bienfaits de la fsàs^i 11^ ^^ pouvaient l'être à rieo de plus; parce qu'ils n étaient rénnii en corps nulle part, et que nulle part |ls n'offraient unQ Puissanoe poUtiqu^ au nom et pour k compte de laquelle il. fut possible de traiter. - ; i
avait seulement désarme, là fadt opposée k la louri^ iet rétabli un Gou^ememeoit ^u& laa auspices: du^ quai leurs opinions devaient ^aocpié^ rir devrinfloence^ pâme quHly avai| eu communauté de malheur et.idedet vouement entr'eux.
Mais les Alliés na pavent pcendM aucuiie ppnfi^HOce^daiB las B^yalisteS4 par kt raison <pi']Ss ne connaissaient m hoiè liaroei|> ni iews mofens. I|
filait les mettre à Tépreuve pour savoir quelle serait la Puissance que leurs opinions pourraient exercer ea France.
La ridicule incapacité du Ministère qu'ils avaient formé en i8i4 et Téchec du 20 Mars, loin de donner cette confiance aux Alliés^ leur inspira I0 sentiment contraire. Mais cette épo-^ que malheureuse a servi aux Royalistes à reconnaître pour tels ceux qui gardèrent leur couleur et suivirent^ leur /bannière. Leur parti s'organisa; Aussi à dater de ce moment^ il a compr té comme une forcée politiqt^e danis l'Ëtat. Force réunie par une commua Haute d'opinions etdUntérêts, et mue par conséquent dans une même di-i rection. . ;
Ce parti fut appelle par les drcpnsT tances, du moment à former la majorité de la Chanûlire des députés de 18 15. Mai» cette majorité: ne. fiît qu'a?
}Quter à la défiance .que lesi
(^9) avaient conçue de la capacité politique des Royalistes; parce qu'elle agit .
hors de saison, et sans aucune connaissance de la position réelle des choses en Europe.
Emportée par rexçès de son zèle pour les intérêts de son parti, cette Chambre avait devancé de beaucoup la marche que 1» prudence dictait encore aux Alliés.
' La Sainte-Alliance n'était pas oi^ ganisee, aucune direction ne lui avai( été donnée. Au lieu d'agir d'après un système , elle ne présentait alors qu'un assemblage d'Etats , liés entr'eux par Imtérêt d'une défense commune contre une révolution, avec laquelle ils aVaient fait un traité qu'ils étaient à cette époque bien éloignés de vouloir rompre.
Tout était donc sur la défensive en Europe; la Chambre de i8i5 prit seiïle l'offensive. C^tte Chambre ne s'appuyait par conséquent sur rien^ e|;
(1 îtf >
s'aventurait en aveugle sur iin terreîtf que la révolution avait mine.
Cette marche parut exposer la Franee et les Alliés à' un péril trop imminent pour ne pas larrêter, et lé Roi cassa ^^tte Chambré le 5 Sep-* tfembre i8i5. ?
Mais ce n'était pas pour remettre Ift Rranee <lans le^ ittaiilsdes révo-* lutionnaires qu'on lenlevait au^Roya*^ Usfes^ Le plan du Ministère était de k ^6uvei*ner à 1 aide d'un tier^ parti; formé par les fonctionnaires publicâ^ et par éeuK qui, de quelque part qu'ils Vinssent, s'étaient dévoués-aux Bourbons , iîomme au gage de la stabilité publique, et aux institutions comme à Tuniqtie traité que Ton put faîré avec la révolution. *
D'après ce système d'un tiers parti , qu'on a appelé de bascule, les Minis--' très ont eu constamment à lutter con* Iré deux oppositions ; mais ils incli>^ naiait vers celle^-des révoiiidonnairesV
< Si >
l^iFce qu^Hs savaient bien que cène se*»
rait pas dans leurs rangs qu'on choiâi* raît leurs successeurs. Aussi a-t-on va constamnient.les Royalistes attaquer leur personnes , parce qu'ils voulaient avoir leucSplaces; tandis que leurs adversaires attaquaient leur système, parce qu'ils auraient voulu leur eu faire adopter lin plust^onforme à leurs principes.
Une telle marche ne pouvait durer qu'un temps, car il était presqu'im^ possible d'empêcher que la balance ne fiiirt par pencher de l'un ou de l'autre côté. Ce fut évidemment du côté des révolutionnaires quç cette balance s'inclina , parce que le système électoral leur promettait d'avoir bientôt pour lîtrx la 'majorité de la ChRmbre.
Mais tandis que cette tendance politique s'annotiçait en France /la Saintes-Alliance s'était organisée. EUô ftyait mesuré ses fprçés , et actjuîs la certitude de leur puissance. Aussi
avaît-^elle, en connaissance. de cause ^ réduit sa défense en système, et adopté pour réprimer la révolution une marche régulière.
Or, cette marche était directement contraire à celle qu avait suivi la France. Les révolutionnaires s y trouvèrent donc dans la même situation où les Royalistes y avaient été en 18 1 5»
Ils avaient débordé comme ceux-ci la position générale de choses , et s'avançaient en sens inverse.
Il aurait donc pu résulter un nouveau choc du froissement de ces deux forces marchant en sens contraire. 11 n'est ^as probable que, dans ce choc , ce fut la Sain te- Alliance qui dût reculer ; car le système qu'elle s était fait,' ainsi qu'on a pu en juger depuis ,
n'était le résultat ni du hasard, ni
d'une combinaison fortuite. Ce système s'est fondé sur le plus puissant de tous les motifs: sur la sûreté personnelle des Souverains et de leurs Ministres. Au»^
(35) si ont-*ils associés sans, retour toutes les farces dont ils disposaient pour garantir non-seulement leur pouvoir^ mais leurs personnes , des périls d^ane révolution qui n avait respecte ni les unes ni les autres.
Ce sentiment la emporté sur toui^ les raisonnemens avec lesquels on à essayé de prouver aux Souverains qu'ils jouissaient d'un bonheur plus complet sous le régime constitutionnel que sous tout autre. Ils n'en ont point été persuadés, et les mesures qu'ils ont prises contre lès progrès de ce régime sont devenues chaque jour plus en^ tières , mieux combinées , et propres à agir de près coinme à distance , pour le présent comme pour Taveiiin
11 fallait donc s'attendre à ce qu'on enlèverait à son tour au parti révolu-^ tionnaire l'influence croissante qu'il exerçait en France. Cette tentative a été le premier acte que là Sainte-* Alliance ait fait , d'après sa nouvelle 4.* P. 3
législation politique. Aussi a-t^-ellé opéré en, secret, et comme à Finsçii d'un public , auquel elle n'osait pa^ encore faire layeu des droits qu'elle comptait s arroger sur Findépendance politique du Continent.
( Q^tt? tentative échoua. Le Ministre qm lavait préparée, au Congrès d'Aix^ ]^-Chapelle fut obligé de se retirer* Chacun sentait cependant qu une crise ét^it inévitable ; mais personne n'osait en prendre l'initiative.
:, Un événement funèbre opéra cette 6risê> et ramena le parti royaliste au poste oi^ lea. oirponatances l'appe-^ Igient. .
L'horreur qu^javait inspiré le crime de Louvel changea subitement la situation politique de la France. Un nouveau système éiectarai permit de ramener % par une adroite combinaison, une Epajorité royaliste dans la Chambre des, députés». I^eur parti reprit cou- ]:^ge 9 et il avait raispn ^ son moment était venu/
Son influencé s'est accrue aVec sk tnajorité, car le succès a, qomrne à son ordinaire, conduit à sa suite ceiist qui attendent leur fortune du pouvoir»
ceux qui en attendent leur ^sécurité / et m^me ceux qui, sans 9 Voir neo à lui.deEnander^aiinçntla puissanoç pp^i; elle--mêroe > et par cela seul qufiU .s0 plaisent à obéir;
Mais le parti royalistjâ,. tout yictq-; rieux qu'il était ^ i^.di^oa^itj^s eja^-:
fcore du Ministère; Ce pouvoir lui avdit été soustrait par Unei qombitiaisoa incompatible àveC; les lois naturelled du sy$tèii)e représentatif $ et il ea résultait un froissement qui tiévait briser ou la. Chambre ou k Minis-^ tère;
Ce fut le Ministère i et cëld dev^ifr être , puisqu'il avait contre lui lé inouvement général du dedans et du dehors. Les deux oppositions se réu^ nirënt pouf labattre par un accouplement monstrueux , et personne n$
chercha même à le défendi'e, parc^ que chacun sentait intérieurement que la combinaison du tiers-parti était épuisée, et qu'il fallait avancer sur le terrein des événemens.
Les Royalistes ont agi dans cette crise à priori , afin de se donner sans retard tous les avantages qu'il leur était permis d'attendre de leur posi-^ tion^et les révolutionnaires à posie^ noW; car ils savaient d'avance qu'ils allaient donner ce Ministère à leurs ennemis. Mais ils ont vu dans ce triomphe une des phases que la réformation politique devait inévitable- ' ment traverser , et ils ont cru qu'en se hâtant de l'accomplir , elle s'épuiserait d'autant plus vite.
Un Ministère royaliste fut donc installé au commencement de Tannée 1 822. Par l'effet d'un heureux hasard, ce parti put mettre cette fois à la tête du Ministère un homme qu'un rare mélange de capacité et de mesure ea
( 57 ) fendait (Bgne. Aussi a*-t-il gagné daii»
le public une popularité qu'aucun| de ses prédécesseurs n^avai^t obtenu*
Popularité qui a été le fruit d'une confiance que ce Ministre n'a dû à son tour qu au dessëitf qu'il avait annoncé de gouverner dans les intérêts du pays. Il avait fait naître ainsi Fespérançe de voir le parti royaliste devenu maître du pouvoir, coilfondre ses intérêts spéciaux dans les intérêts généraux de la France ; en, sorte que le début de son Ministère^ s est fait sious d'heureux auspices.
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Ç5[NQU4NTE-pÉUXIÈME LETTR^^
De V Espagne et des Rpycdistes^^
WIaitre dfes trois pouvoirs politîqu^Sî giravàit institué la Charte , le parti royaliste n'a pas tardé à l'être également des autorités civiles et judiciaires^ ainsi que d'une armée dont la, nature çst d'aimer dans le pouvoir tout ce qui le rapproche de Tunité.
Ce parti se trouva pourvu ainsi dès l'abord des élémens qui donnent la prépondérance politique. Elle paraissait lui être également assurée par la concordance de sa situation avec celle de l'Europe , puisque ses opinions étaient en harmonie avec la tendance
jtionarchique^que la Sainte- Alliance y avait si fortement imprimée.
Maïs pendant que ces cbangemens s'opéraient . en France» la révolution était restée en possession de lËâpagne, et le silence qu'avait gardé envers elle la Sainte- Alliance y a^'ait inspiré nn€^ sécurité qui, au lieu de servir la révolution , lui devenait au contraire funeste.
Placée entre deux furetions, à l'exeria^ pie de toutes les autres révolutions , eelle d'Espagne était en proie aux réactions quy ont suscité tour-à-tour celle des Royalistes ou celle des Dé-* mocrates« Obligés de nïarcher entre ces deox écueils , les' hottmies quie la révolution plaçait à sa tête étaient tour-à-tour abattus, parce que chaque faction les accusait de favoriser* la faction contraire , dès l'instaadt oii ib voulaient gai*der le milieu ett'tr'elïes, en sorte qu elles dépo^ularîsaient à flAe^ siurc tous ceux qui aui^aient pa tég\et
et conduire la révolution : aussi TEtat était-il dans une complète anarclHe.>
Anarchie bien moins sanglante, il est vrai , qu'on n'aurait pu le craindr^t «t dont les résultats n'ont eu aucune influence siir le reste de l'Europe.
Ils n en ont eu auçun^ , puisque c'est en sa présence même, et pendant se^T plus violentes crises, que les Roya-*' listes , au lieu d'en être atteints , ontfait, aii contraire, la conquête dû pouvoir en France, et que la puissance' monarchique s'est afferniie dans le> reste du Continent, t
Mais cette anarchie, après avoir mis> les armes aux mains du parti démo^ cratiqUe contre un Ministère qu'il ae-^ cusait de ménager les Royalistes ^ a permis à ceux-«ci de prendre à leur; tour les armes contre une révolution ilont ils sont ies ennemis, '-
Les Serviles , c'est-à-dire les Roya^ listes, avaient choisi ce moment, parce.
aue le Gouvernement était dépourvu
des forces nécessaires pour les réprimer v et parce que leur cause devait trouver un appui naturel auprès de rAllianee monarchique qui dominait 3ur le Continent.
Bs demandèrent ainsi au dehors une protection; ressource ordinaire des partis vaincus, et mesure de leur faiblesse.
C'était à la France qu'ils ont dû.
s^adresser ^ puisque sans elle on né pouvait rieA pour eux, et que c'était d'elle qu'ils attendaient ou des secours ou un asile pour s'y réfugier.
Les Royalistes, déjà maîtres du pouvoir en France , n'ont pas été sourds à cet appel > et ne pouvaient pas Fêtre, parce qu'il y avait eritr^eiix et les Ser viles d'Espagne une communauté dé position, de principes et d'intérêts, faîte pour les rapprocher.
De grandes conséquences devaient résulter d ailleurs pour les Royalistes, de l'appui qu'ils promettaient au parti «ervile ; car ils ne s'engageaient à rien
^loins par cette promesse , qu à détruire la révolution d'Espagne, contre laquelle les bandes de la Foi s'étaient armées.
Or, le succès d'une telle entreprise aurait enlevé à la révolution le dernier des territoires qu elle possédait encore en Europe. Extirpée de l'Espagne »
comme elle lavait été de l'Italie , le»
Royalistes auraient rendu par cette victoire la totalité du Continent au système d'unité politique et sociale auquel la Sain te- Alliance travaillé à l'amener.
- Par cette victoire aussi » les Royalistes auraient changé la place que U France occupait dans cette Alliance »
puisqu au lieu de n'y figurer que so^s le caractère passif que les évéi»etnens lavaient forcée à> prendre, elle en- serait devenue tout d'un coup un membre actif. Elle n'aurait plus été dans cette Alliance pour en être défenduir, mab pour ajouter une paltf^ à ses« tro^ phées»
Les Royalistes auraient ainsi gagné leurs épe/oiis, et pi^ouvé à TEuropé que la prépondérance de leur parti était assez puissante dans le Royaume pour le pousser dans une guerre éga-^ lement contraire aux opinions des ré-^ volutionnaires , et aux intérêts gêné-*faux du pays auxquels cette guerre de-^ ^ait nuire, et ne pouvait servir en rien.
Un motif plus secret engageait les Royalistes à tenter cette guerre : c'é* tait Je grand intérêt qu'y prenait lé clergé romain é
La révcJution est incompatible avec ia nature du pouvoir que ce clergé avait exercé' dans la vieille Europe, parce qu'ils partent des de»x points opposés de l'horiîson » puisque Furt Çynàa, soii autorité sur la foi et lautre ^ul- laraison.
Le pouvoir du clergé avait été uï* bienfait pour lés peuples èù mfoyen^ ^ge, parce quit avait adouci' les mi-»
(ières que la barbarie de ce temps fat-
Sait; peser sur eux. Puissant par là supériorité de sa civilisation , le dergé s'était rendu indépendant des autorités civiles , par la possession des hiens qui assuraient son existence, et par lefiet d'un célibat qui séparait de la société les individus qui entraient dans sa corporation. Il avait acquis enfin une indépendance politique en plaçant au-dessus des Souverains le Pontife , qu'il avait reconnu pour lé chef visible de la hiérarchie *à laquelle • îl prêtait le vœu d obéissance.
Cette hiérarchie, indépendante des pouvoirs civils ^ avait embrassé rEu* rope entière comme un vaste réseau,:
et rien ne semblait devoir attaquer son empire v parce qu'il était invi-^ sible , et n'avait placé sa Puissance que dans la conviction du genre hu^ main. ^
. Mais l'homme n'^a qu'une manièfe de croire, et il se persuade avec une égale conviction du faux comme dut
yraî ; car la vérité n'est pour lui que ce qu'il croit être tel. Une partie des peuples de l'Europe changea de croyance, et se persuada que la révélation <îhrétienne navait institué ni hiérarchie sacerdotale ni pouvoirs ci-vils, et que^ loin d'être, comme celle de 1\Ioïse, une législation théocratique»
cette loi divine avait voulu rendre, 9U contraire, rhojnfiM à son libre arbitre
. dans l'ordre social ^et poUtique de ce monde.
Ainsi, la réformation religieuseavait
; brisé la hiérarchie sacerdotale en cessant de reconnaître la souveraineté du Pontife qui en était le chef. Elle a séparé par là les deux pouvoirs civils et religieux qui s'étaient confondus.
Elle a rendu au premier la plénitude de Isa Puissance, en réduisant les prêtres à n'être plus que les pasteurs de leurs troupeaux.
' La réformation politique a voulu arriver au même point par un autre chemin. Elle n'a point entrepris de
laîer les dogmes religieux , ni de con-= tester le pouvoir hiérarchique du souverain Pontife en fait de doctrine ; mais elle a voulu séparer ce pouvoir lîelîgieux de toute autorité civile. Elle a voula détruire Tindépendance du clergé en le privant de ses biens ^ et en l'astreignant à ne reconnaître oomme pouvoir civil que celui des Gpuvejrnemens. . ^
. Là révolution a youlu accomplir; pour m'expliquer d'un seul mot, non îd déformation des Protestans, mais celle d^s Grecs: car c'est précisément au même point qu'elle aurait amené leaystème religieux.
. Ce, projet s'est intimement lié avec celui de 1^ réformation politique, et ils ne pouvaient guère en effet s'accomplir l'un sans Vautre. Or, tous ceux qui ont combattu contre la réformation politique ont dû nécessairement combattre aussi en faveur d'une hié^ rarchie sacerdotale^ qui prétait son ap^ pui au pouvoir monarchique.,
(47) Le système de là Sainte- Altîan ce marche donc dans ce sens, et il faut s en souvenir pour expliquer l'intérêt que le Cabinet prussien vient de témoigner pour le maintien des couvens de l'Espagne ; intérêt qui sans cela né serait que ridicule, et qui même avec cela l'est encore beaucoup.
Mais quelque soit la ferveur qu'ayent pu mettre les coalisés de tous le^ cultes à défendre le pouvoir de la hiérarchie romaine, ils n'ont pas pu lui conserver les élémeris ni de son indépendance , ni de sa puissance mo- Irale, parce que la révolution avait vendu ses biens et ébranlé la croyance à laquelle tenait son Empire.
Cet Empire n^était resté dans son entier qu*en Espagne. Il était donc d'une haute îriiportancé pour le clergé romain, pour les Royalistes qui pro^ fesaent leur soun)issioii envers lui et pour les Saints Allies en général, d'arriver en Eipagne assez à temps pour
empêcher qu'on n achevaiÊâ'y détruire le pouvoir sacerdotal ; car s'il peut s y maintenir , il pourra s y conserver comme dans une citadelle, pour re- > conquérir son domaine dans des temps plus opportuns.
Une circonstance heureuse favorisait ce dessein. La peste de Barcelone avait autorisé la France à établir un cordon de troupes sur sa frontière , sans que l'Espagne en prîl d'ombrage, et sans que l'anarchie qui la dévorait lui eut permis d^opposer des forces à cette armée.
La France avait porté ainsi d'avance des troupes vers les Pyrénées , tandis que la frontière d'Espagne en était dégarnie. Cette position avait^tliardi parti servile , jusqu'à y rassembler quelques bandes sous le nom d'armée de la Foi.
Ces bandes ont tenu la campagne tant qu'elles n'ont point eu d ennemis à combattre. Elles avaient donc établi
ïk guerre civile en Espagne, et i*ai^tîife française pouvait y éhïrét k titre d'auxiliaire d'un parti qui avait déjà jJrîs les armes.
Le moment favorable ^ôtiir Cette éii* trepme a donc été Vers le MiHeti dé V^té dërnief, et Wsqu'uile éspëôe dô cbrijuratîon royaliste était Suirlfrpôîiit d'éclater à Madrid : car oti âtii^aît pris dors TËî^pagnef an 4èpôtfii^li\ âahs Gouvernement, san& tnlité^'^Hs cda^ fiance^ sans argent, sàhs armée < sattié^ alliés, et en proie à toutes le^' foc-* tioiib qui la déchiraienC. ^
; L'attitude de là Fi'fcnCe iparaisaaifc annoncer cette résolution , à en jùgef du moins par ses armemcfn^i ses démarches, les insultes quon permet-^ tait de prodiguer à TEspagne, et Fo-^ pinion enâa du parti puissant ^ qui ne cachait plus ses in tentions.
^ Le moment favorable s'est pout-* tant écoulé , sans que Ton en ait pro^ fité. L'Espagne s est raffermie « l'arméft