‹ Lettres de Saint-JamesChapitre 3 sur 7 · JP · texte numérisé non relu

JP

( 6o ) âe la Foi s'est sauvée en France et 1* péninsule a trouvé des appuis au de*hors.

La France en a fait ainsi trop ou trop peu. Trop peu en perdant l'instant propice. à son entreprise j trop en Fan- Donçaât si haut y quelle a fait naître jpar cette imprudence les obstacles qui ^ devaient Farrêter.

Cette inconséquence a été la suite du partage des opinions qui s'est fait ch^ les Royalistes à l'ocoasion de cettép guerre#

Ce partage est venu de ce qu'un grand nombre d'entr eux ont cru qu'il était imprudent d'aventurer sans né^ ' ceàsité tous le» avantages de leur po^ sition dans une entreprise si contraire aux intérêts du pays ; car ils ne se ^dissimulaient pas que la France devait y sacrifier ses conscrits, ses finances et le reste de ses vaisseaux , sans en retiror d'aiitre fruit qu'un résûkat po*^

es.)

liftiquè très-indifférent aux intér^tâ du Royaume 4 et dont leur cause pouvait se passeK puisqu'ils avaient établi leur pouvoir Sans que cette révolu tiori y eût apporté le moindre obstacle.

On a donné lé nom dé politiques à Ceux d'entré les Royalistes qui ont, cotisidéré SOUS ce point de vue l'entreprise sur l'Espagne.^ On a désigné par celui de fanatiques ceux qui; loia 4e partager ces craintes; n'ont vu dafis cette guerre que les résultats qui pouvaient être favorables à Fintérêt spécial de leur faction;

Ces dénoîninatiôps déônissent eà efiet les deux {]^îtrtis qui se sont formés:

dans lé sein dés Royalistes;

Les . fanatiques ^ éoÉnme rindiqué/ leur noiï>i sont domines par une seuleV idée, la bainé dé la iévolution.lkiié Calculent ppur la détruire ni leur po-aitioD, ni leurs moyens; ni lés risques^ qu ils cotirént ; et, pour Satisfaire sa j^assioHy que ce parti croit être ist

iîa»8cîencé\ il se précipite en aveuglé ail milieu du danger , plus indifférent qu^un autre sur révénement qui peut en arriver , parce que le martyre, dans ce cas , le dédommagerait de sa perte.

Le parti politique se compose, au Contraire, de ceux d'entre les Roya- Ssteâi, qui tiennetit plus de compte des faits que des doctrines; de ceux 4uî, chargés de régir Tespèce humaine^ sont Fortîés de la prendre telle que lès circonstances Tont faite, et de ceux enfin qui n ont vu, dans le dogme de là royauté légitime , que le point cenfrai de Funité des peuples et le gage de là stabilité publique.

A ce parti s'est réuni la foule de ceux qui s'étaierit attachés au parti royaliste , parce qu'ils avaient cru que son triomphe leur promettait une éternelle paix, mais qui cesseraient de le isuivre s'il devait en être autrement.

Ainsi 9 Monsieur, lés fanatiques ont

ufgmàé \3. guerre d'Espagne comme une nécessité pour leur parti. Les po« litiques n'y; ont vu qu'une convenance pour ce même parti , et dès-lors iU en ont calculé les risques, et balancé les avantages avec les dangers.

' Mais quelqu'ait été le résultat ûer ce calcul , les politiques n ont poini osé se prononcer nettement sur cettet ^question > parce qu'ils ont craint ^ et d'encourir l'indignation d'un parti que ses principes rendent intolérant^ et de montrer au public la division qui s^ formait entf'eux. Ils se sont bornés à^ gagner du temps, dans Pespoir qu'un événement quelconque viendrait \lk tirer de l'embarras oh ils s'étaient placés, et ils ont compromis ainsi leur parti , la France et les Alliés, faute de cette franchise qui tranche les questions.

Celle de la guerre d'£spagtie était le plus grave, sans doute, de celles qui fooraamt «^agiter en Europe i puisque

(son premier effet était &en rompre W &taturquo; au maintien duquel fer Ru»v sîe Yenait de sacrifiar /ses prétentipDS sur ia Grèoe. ' Elle- de.vait rompre ce, ^atu qua y ^t cette <^igue une fois rompue^ pardonne ne pouvait savoirjaiS(}u'oîl pourraient àllef les ravages de la^ gneiffe , ni queUe|i seraient ie& Puissances qui s'y trouyeraîenfe ehr:»

gft^éeii,

L'gifâiif^ dct VË^p^Eie. était doyac>^ enropéenoe, et soit çomn» tèlk, soit pour s «n oter la responsabilité ^ lei parti politique ^\k lieut de la hâter a.

uetardé la guerre^ et çn a coniié k déa çisio^ a].\ Congrès ^ft Yérone,

CINOUANTE-TROISÈME LETTRi;.

JL/A giierre (f Espagne n'était ni une guerre politicjue, ni une guerre dé conquêtes. '' ^

Elle n'était pas faîte dans les înté^ rets politiques du Gontineiït, puisque par Tefïèt des sages mesures ' que 1* Sainte-AlUance avait prises, la révo* lution d'Espagne ne ^offensait en rien,:

Tous les résultats^ que cette Alliance avait attendiç^ sons^stème s'étaient réalisés sans que cette révolution s'y fut opposée. Elle pouvait donc à sott' choix la détruire ou la laiisser subsis-^ ter„ diaprés le mode de vivrte qui

s ejtait établi depuis trois ans , sans eQ épFQuvef d^n^onv^eiis.

Cette ^uerrç n'était pas faite dans des intérêts de concjuêtes , puisque la France était la seule des Pûi^nces qui pi(t empiéter sur TEspagne, et elle ne s'en promettait assurément ni conquêtes, ni dépouilles. Elle y (lurait ^ au contraire, sacrifié et beau^ coup d'hommes et beaucoup d'argent^ , Ç'éÇîiit donp um g^W^rpe de *en^ tinn^Ht. Or^ pi^ Couvres» poipçosç d'hojnmçs^ d'é|at» blasés. cbpvÛ^ Iwg^

il s'ç^t prêté pi(v\8, f^çilefliîfi^it <jil'pn ^^ soïih^tî^it cette gviçn:cs ^çm W y^>>*

9%ia îiyaçii 4^ ce 44çi(Jçr pow oi^ 99i;itre la gpwrç, U Ffapcç 3^ 4(i 9ou>

5k«il <^^J,\?^ ^\a\% àjSih fWvC'est-H*»

dire celle du droit d'intervention. Car TËspagne n'ayant fourni contre ellç aucun| des motifs qui donnent au)ç nations, d'après le droit public de l'Europe, celui d'en attaquer unç jiutre, on ne pouvait lui déclarer, l^ guerre qu en vertu du droit d'intervention«

Or, ce droit loin d'être inscrit danç les archives de ce monde est encore contesta» et T Angleterre 9 jusqu'ici r«iusé formellement de le reconnaître, r

La question était donc grave, et surtout daiis ce cas, parce qne c'était le preifûer ok le droit d'intervention fl^t être appliqué 4'uw njanière aln fiotue. Dans toutes le$ autres circoo^ir tances oji on lavait invoqué, c^ « é^ taît que d'une inaniève s.u|psidsiaire ♦ ^ ce; qu'il avait toujours ejcisté si-^ v^uUanémeri; un^utre nootîf, qui au* rait à lui seul Jiégkimé la guerre , c'est^ ^ti^ipi qu^ les choses se seraient pasW

( 58 ) sées de même, s*il n'avait jamais ét^ question du droit d'intervention^ et tquon ne Teût point invoqué. '

Ainsi ce n'est pas en vertu du droit d'intervention que la coalition de Pil-^ nilz a voulu attaquer la révolutîori française, mais en vertu du droit que ces coî^lisés avaient de se défendre contre les suites qu'un si grand évé-* nement allait avoir en Europe/ et qu'il était facile de juger d'avance, '

Ainsi l'Autriche aurait pu envahîiç le royaume de Naples sans invoquer le droit d'intervention ; mais celui que personne ne lui aurait contesté, de prévenir par cette attaqué la perte de ses provinces transalpines , que les révolutions d'Italie devaient lui «nle*^ ver tôt ou tard.

Il n en était pas dé même envers l'Espagne; elle ne menaçait en riert le bien d'autrui^ elle n'exerçait, je le répète, aucune influence au dehors ^ ainsi que l'avait fait la France. Elle

lie donnait donc contre elleaucunVdei inotifs qui légitiment la guerre. Il fallait TatlaGjtier en vertu du droit d'intervention réduit à son principe et dans son entière nudit^.

Audlèl motifs n'ont été en effet allégués ni par la France, ni par le Congrès, pour exercer ce droit contre TËspagne, si ce n est f i) « qu'elle (ivaiù <i cherché le bien dans des voies où <( il ne se trouw jamais. )> Phrase' trop vague pour motiver une guerre, et démentie par lexemple de- l'An-*' gleterre , qui a trouvé le bien dans 4çes mêmes voies, ce dont le Rédacteur de Vérone aurait pu se souvenir.

. Le cas qui se présentait était donc' nouveau, comme le langage dont on s^st servi pour TexprimeTi et l!Eu-*' rope apparaissait devant le tribunal' «chargé de dicter la sentence qui de*^

(0. Qîx^tt^îre 4^? Cabinets à lei^rs Anil^^afadçiirs.

yaît mettre fin à l'indépendance de §es peuples.

Le droit public, tel qu'il avait existé depuis le traité de Westphalie» était le plus beau présent que la civilisation eût encore fait à la politique, puisqu'il n'avait pour but que de protéger le ^faible contre le fort. Ce droit ii'a point été illusoire tant qu'a subsisté l'équilibre , que la paix de Westphalia ^vait établi entre les États de l'Europe. Il Test devenu, sans doute, lorsque la pu;is$auce de la révolution eut rompu cet équilibre, parce qu'un équilibre seul permet au faible de trouver un appui contre un plus fort que lui.

L'indépendance . des peuples trouve sa seple garantie dans les, réactions que produisent entr eux le j^u de ces a(ttaques et de ces défenses.

Çest ainsi que l'Angleterre a protégé la Hollande contre Louis-le-Grand , que la France elle-même a protégé TAlIemagne contre TAutriche » et que

'( 6i ) le Piémont n'a dû son existence qu-à la protection quil a reçue alternativement dé la France et de PAutriche.

Mais le droit d'intervention , tel qu'on le suppose aujourd'hui , agirait précisément en sens inverse du droit public que l'Europe avait admis , puis^* qu'il n^a d'autre but que de mettre le faible à la merci du fort, ce qu'il était inutile d'établir par iin droit.

Celui-ci aurait cet effet, en ce qu'il ne pourrait y avoir aucune réciprocité du faible au fort , en ce que le faible ne trouverait d'appui nulle part, puisque les forts se seraient tous engagé»

à lie point agir contre lexercice d'Un droit qu'ils auraient reconnu ; enfin , Monsieur, en ce qu'aucun tribunal ne peut être établi pour jugeï* du ràs où le fort peut appliquer au faible Pexercice du droit d'intervention , parce que ce droit' est nécessairement indé-^ £ni, et qu aucun juge txe petit appr4-

Qter la valeur des allégations sur lés-»

quelles le puissant se fonderait pour l'exercer coritre le faible^

Le but auquel avait tendu le droit public était de ranger en échiquier le territoire de TEairope, et le domaine de SCS diIFérens peuples. Le droit d'intervention rangerait, au contraire, ces peuples sur une seule ligne < et les obligerait à se mouvoir dans la même direction; direction qui serait imprimée à la ligne par celle d'entre les Puissances dont la prépondérance serait la mieux établie. Dôù il résulté que ce droit tendrait évidemment à former de tout le Continent une véritable ^nité politique , soumise en dç*finitive à une seule action, et rniie par une seule volonté.

. Un téi ordre de choses exciterait tôt ou tard contre lui la réaction qui avait arrêté la toute-puissance du sacerdoce, les conquêtes de Charles- Quint i ceUes de Louij^ XIV , et quif

( 63 J û détruit sous nos yeux là puîssance^ iiriperiale, parce qu'il tendrait comme elle à perdre dans le gouffre d'une immense communauté, ce que les peu-^ pies ont de plus cher , savoir : leur in-* aépendance , leurs lois et leur caraotere. , 1

Des circonstances sans exemple ont forcé 4 sans doute, les Saints- Alliés à faire une législation si contraire à Pîntérét particulier de chacun d'eux.

La nécessité de se défendre contre une révolution, dont les élémens étaient répandus partout, les a porté à faire entrWx une ligne défensive < et à lui donner le droit de s'iogérer partout aussi , pour y poursuivre et y détruire ces élémens.

Mais comme les révolutions se passent sur des territoires et se font avec des hommes^ on ne peut les poursuivre et les étouffer sans envahir en , même temps la terre et le peuple où elles ont pris naissance. £t qpel que

soit le scrupule avec lequel la Sainte-* Alliance ait cherché à séparer le moral de la révolution d'avec le matérîel du pays oil elles ont eu lieu* en e5^pliquant dé son mieux que ce nest pas au pàys^ niais à l'esprit du pays qu'elle entend faire la guerre/ c^tte distinction est trop subtile pour ^re, admise par leS peuples, et d'une application trop difficile pour être exécutée;

L'etirahissemeiit d*un Etat^ quoiqu'opéré dafls un but moral ^ n en met pas moins le matériel à la disposition du vainqueur^ ainsi que son indépendance politique. Croit-on que dans l'état d'envahissement moral oîi se trouve aujourd'hui lltàlie , il fut' possible à un seul de ses Gouverne-* mens d'^avoir une action quelconque à lui ♦ et de donner le moindre si^ne d'indépendance ?

L'impossibilité dé séparer dans l'application l'effet matériel de l'effet po«'

(^5 ) ikique du droit dlntervention est la cause de mort que la Sainte-Alliance porte dans son sein; car si les Alliés s accordent sur son effet politique, à raison de l'intérêt commun qu'ils ont tous à spours'uivrè la rérolution^ ils se diviseront nécessairement sur les effets matériels qui en résulteront* Division dont la cause viendra de ce qu'ils ne peuvent pas faire un partage égal entr'eux des bénéfices réels que lenv-ahissement d'un pays apportera à celui des leurs qui s'en sera empar.é. •

Cette cause de division n*a point été sensible encore dans la Sainte-»

Alliance. On a vu les Alliés s'empres-* ser, au contraire, de s'ofïrir entreux des pays en partage, sans en éprouveif la moindre jalousie. Ainsi Ton a donné la Pologne à la Russie ^ pour empè-» cher qu elle ne devînt le théâtre d'une révolution , et lltalie à l'Autriche par le même motif«

Mais ces ^nérosités n'ont eu pouf motif que T^mence du péril , où des révolutions opérées dans le centre de son domaine exposaient la S^nte- AUiance»

n n'en sera plus de même lorsque c^te crainte se sera affaiblie par Tef--^ fet du temps, et du triomphe même dfi cette Alliance. £lle a déjà re« fnsé le territoire de la Grèce à la Russie , et n a accordé ^ à la France ccdui de TEspagne, que parce quelle a cru que cette conquête lui serait Inen plus onéreuse qu'utile»

I 'i" i f ' ÉiV ' i i i JTrBBBftafHrtga Éaea

GtN(^UÀNtE-QUÀTRIÈ.\ÎÉ LËtTftfi.

È^u éôhgrès ifc Féwriéx

B Congrès dé Vérone à évil4 pout' tîétte fois encore» de rédiger lacté qav devait définit le droit d'interVentionv il à regardé te droit comnie un fait^^ (|uon pouvait appliquer à r£spagne ^ à raison de leCat d'anarchie oui elle se trouve;

Il ne lui à pas déclaré la jgu<etrre^ Soit parce que rien n'était encore prêt chez lés Alliés pour rentrepi?endre ^ «oit parce qu'ils n\>nt pas voulu prendre cette initiative sur euK, préféranti peut-^êtte, ainsi que l'avait fait la Goa- ÛtioQ de Pilnitas à l'égard de la France i

qu& cette déclaration vint de la part de l'Espagne plutôt que de la leiir.

Cette marche évitait , en effet , de mettre en avant le droit d^intervention, puisque la guerre serait motivée dans ce cas par la déclaration de l'Espagne.

Les Saints- Alliés se sont bornés à rédiger des notes, dont le stile ressemblait peu à celtji qu'ont les actes destinés à statuer sur le sort des nations. Ces notes^ évidemment destinées au public européen » lui apprenaient ce qu'il savait déjà. Leur esprit tendait à montrer que l'Espagne devait mettre fin à sa révolution d'une manière quelconque»

pourvu quelle fut agréable aux Alliést et quelle fit cesser l'anarchie à laquelle ils étaient affligés de voir l'Espagne en proie.

Les souhaits que contenaient ces notes étaient donc bienveillans. Les menaces qui les accompagnaient se

jbornaient à rompre toutes relation»

avec l'Espagne , dans le cas où. ces souhaits ne s^acCompliraient pàsi.

L'Angleterre ne s'est jointe à aucune des démarches du Congrès, et n'a signé de notes dans aucun sens*

Elle n a participé ainsi en rien aux actes publics de ce Congrès.

Quel pouvait donc être le bufc deces notes Z ■ r ' ■

Celui de gagner le temps nécessaire^ pour faire les préparatifs de la guerre»

et de forcer FEspagné à prendre une attitude qui la motiva. Car les Cabi- Bets devaient savoir qu'en adressant' de loin des injonctions à rEspagne\ G était l'obliger à les rejeter ou à' se reconnaître vaincue d'avance. Ignominie qu'un peuple fier ne saurait supporter ^ parce qu'il ne s'en relèvejamais.

La conséquence deoes notès^taitdone de provoque^; à posteriori un^ g^uerre^ entre l'Espagne et la. Sainte- Alliance ;

Ifuerre cÂi la Fnmce deyait nécessâï-f« rement faire Tavant-garde, et pour la^ quelle ses AUiés lui eut promis une çoopératÎQn, dont Us ;iopt pas çx-^ ^Uqu^é la nature.

Je dis. que la conséquence de ces^ fiotes^ çtait de proyoquer la guerre , quoiqu'elles^ fussent rédigées de manière ^ pouvoir servir de prélude à des négociations ^ parce que si les Alliés avaient voulu réellement né-^ gocier avec quelque espoir de suQcès , Ds ne devaient pas, cdmtnencer par ^e déclarer partie contre l'Espagne , ma.is charger le Cabinet anglais d'une çiédiation , qu'il était seul à même de rempU? ÇA r^on ^e sa heutra-r îité,

La, Sainte-^Alliance a donc changé de système ^ legprd de VËspa^ne, quoique rien de ce qui s'y est pass^ p mç motivé ce changement. Sa révp^ ji'efit ni cire ^ ^li meilleure

qu^eWeneVétsàt à son début, elle mé* rite aujourd hui ou les mêmes repro:* ches ou la même indulgence.

De passive qu avait été la conduite de la Sainte-Alliance envers cette re- Yolution, elle est devenue offensive, et <|ette Alliance , après avoir laissé l'Espagne étrangère à son système pendant trois ans , veut la faire rentrer aujourd'hui sous sa jurisdiction^

Cette marche est la suite natarelle de Taccrdissement des forces de FAUiancei Tout lui est soumis dans le cadre quelle occupe, elle n'a plus besoin de se défendre , puisque rien ne la menace; elle devient offensive , par cela seul qu une telle force HjP peut pas rester statiônnaire.

Toutefois , Monsieur , Tafïiaire d'Espagne peut avoir de si grandes conséquences J Elle embrasse tellement tous le& mtérêts de TEurope et en 4étruit si brusquement le statu quo^ ^^Qa 9t lieu d'être surpris de la

pKWjptîtude avec kquelle ce Gongrh, i'a décidée.

fl estiroportant d'examiner les mo-.

tife qui Vy ont engagé.

On conçoit sans peine comment lé Ministère français, composé de nouveaux débarqués dans le domaine de k politique, accontumés qu'ils étaient à n'envisager ks affaires que dans l'intérêt spécial d'une faction avec la-»

quelle ils n'ont pas voulu rompre. On conçois, dis-je, conftnent ce Minis-i tère a pu être poussé par cette faction dan& une guerre, que des motifs du»

grand j^ids la portaient à désirer.

On conçoit mieux encore comment le Cabinet russe a dû entrer, dans leu même système. Pressé par le besoi»

de jouer un rôle , libre dans le choix de ce rôle, ce Cabinet avait sybi une déchéance réelle et morale par l'effet de la conduite qu'il avait tenueenvera.

l'Orientj conduite dictée par une ma# gnanimité dont il n'avait pas recueilli de fruits.

Mais^ tandis que ce Cabinet en était encore à attendre la réponse aux fameux ultimatums qu il avait adressés au Divan , FafFaire d'Espagne vient lui offrir un nouveau champ. Ce ne sont plus des Grecs qui lappellent»

c'est rOccident qui s'ouvre devant lui , c'est le . centre du monde où le sort le ramène , et les forces qu'il avait gardées en réserve peuvent main*tenant agir sur un théâtre digne délies.

Certes , en arrivant sur ce théâtre, le Cabinet' russe contente les intérêts de son pays^ en le mettant en communication directe avec la civilisation qui lui manque , quitte à retourner plus tard conquérir le Bosphore*

Il contente ses intérêts autant qu'il blesse ceux des États sur lesquels ses forces feront peser leur énorme poids.

La politique naturelle du Cabinet russe devait donc le porter à favoriser les vues du parti qui souhaitait cette guerre.

On eonçoît aussi comment la Prusse, dont le rôle est d'être aujourd'hui la cinquième roue de la Sainte- Alliance , a signé de confiance ce que ses Alliés avaient concerté à l'égard de l'Espagne , bien décidée quelle était à ne pas donner de suites sérieuses 'et] ses démarcties.

Mais aucun/ de ces motifs n'exîstai^t pour l'Autriche. £lle en avaitt au contraire, de puissans pour faire Iç contraire de ce qu elle a fait. Le premier de tous, c'est que du moment oi!i cette entreprise a cotivenu à là politique de la Russie , elle devait dis^ convenir à la. sienne. I^s événe-»

mei qui amènent les Russes dans l'Occident ont des conséquences bien plus inquiétantes encore pour TAu-triche que ceux qui les portent ea Orient; car la prépondérance qu'elle acquiert par ses expéditions dé l'Ouest^ rendent toujours plus faciles à 1% Jiussiç celles qu'elle voudrait tenlec-

du côté oppose , par cela même que ces expéditions détruisent les contrepoids qui pourraient l'arrêter.

L'Autriche, d'ailleurs, grâce à son alliance avec F Angleterre , avait atteint le zénith de sa puissance.

ÉUe n'avait donc plus d'autre poli-* tique à suivre que celle de rester ata-* tionnaire ; ce qui ne pouvait qvoir lieu qu'autant que l'Europe garde^ rait le plus en tier statu quo ; tout ce qui doit le briser devant tourner en effet au profit de la Russie , par la raison que les forces de cet Empirq 8ont^ plus grandes , plus disponibles « et surtout plus ^audacieuses que les tiennes,

Ç est-à-^dire que l'Autriche doit au-f îpurd'hui prospérer par la paix, coinme la Russie par la guerre. Leur politique pe devrait donc pas se rencontrer.

Le Cabinet autricl^eo aurait, en fffet, çoiifirmé (ous Içift avaptage* is

l 7« ) &a position , en se joignant au Cabinet anglais pour maintenir, par leur prépondérance, un stalu quo quon n'eût point osé rompre; tandis quHlcédera ces avantages à la Russie , en se détachant de l'Angleterre , comme il vient de le faire.

Quels motifs a donc eu ce Cabinet pour sortir de la route que sa vieille prudence lui traçait , et suivre celle que les Royalistes avaient si légèrement Jalonnée?

Il a dit dans sa note qu'aucune crainte personnelle n'avait influé sur sa détermination, et on peut l'en croire, parce quen effet l'Autriche et l'Espagne sont trop distantes et trop étrangères l'une à l'autre ^ pour qu'il pût en redouter la contagion. Elle ne pourrait être dangereuse que pour l'Italie; et l'Autriche s'en est assuré de manière à n'avoir plus de risques à y courir, tant qu'aucun événemeixt ne Tobligera à disperser ses forces*

Le Cabinet autrichien aurait -it pu croire que le parti servile , aidé d'un corps auxiliaire français^ suffirait pour rétablir la Monarchie espagnole dans son intégrité?

Mais ce Cabinet pouvait-il croire si légèrement aux espérances que conçoivent les factions, et aurait-il si promptpment perdu le souvenir de toutes celles dont on la bercé pendant vingt ans ? ne savait-il pas , enfin , qu il trouverait l'Angleterre au-delà de l'Espagne, et qu'une telle opposition devait changer à son détriment toutes les combinaisons de la politique euro-péenne?

Il est trop difficile de supposer que l'Autriche ne sût pas à quoi l'engageaient ses démarches, et quelles devaient en être les suites.

Il faut donc admettre que ces déiparches se lient à un plan généraU Plan dont le but est de termiiier l'œuyre que les Alliés avaient laissée

incomplète, après avoir reteporté leùré premières victoires. Plan 4ont le résultat serait de délivrer pour toujours les Souverains et leurs Ministres des.

craintes que la révolution leur â fait si rudement éprouver, en remplaçant son système par l'unité d'un système monarchique, qui ne laisse-^ rait sur le Continent aucune solution de continuité, ni aucune brèche par laquelle il fut possible de Fattaquen

Certes, uïie telle œuvre serait la réaction la plus complète de la Monarchie sur la révolution , puisqu'elle effacerait jusqu'au moindre vestige des principes sur lesquels cette révo-.

lution setait fondée- Son immense puissance politique, après avoir été si près de s'emparer du monde social^ disparaîtrait, sans y laisser d'autres traces de son passage que celle des récits qui en parviendraient aux âged à venin

Chose qui semble être encore pi os

( 79 ) difHcile à croire , c est qne les circonstances sont telles , que cette réaction est devenue {los&îble, et que les Cabinets peuvent se flatter de réussir.

Gir les faits nous montrent que Pefti-»

pire de la civilisation n'a point encore prévalu sur celui de la force , et que ceux qui l'ont en main sont les maîtres du monde. La révolution avait encore besoin^ pour triompher, d'un général , et non pas d'orateurs ^ et la chute de celui qui s'en était fait le dictateur a entraîné la sienne.

U faut donc croire que le Cabinet autrichien a été plus séduit par^Tes-^ pérance de voir réaliser ce plan ^ qu'ef-* frayé par le tableau des chances que son exécution doit faire courir à VEur rope , puisqu'il a donné son assentiment à l'entreprise par laquelle devait^ commencer cette exécution.

Mais soit qu'un tel plan existe ou 'pon, soit que l'Autriche ait eu quelque motif secret , que le temps dé voi-r

lera, pour âgîr^en sens inverse de ce que sa politique paraissait demander ^ elle a joint sa note à celle de ses Alliés , séparant ainsi sa cause de celle de l'Angleterre , et s'aidant elle-même à briser le stalu quo du Continent.

Il «

CINQUANTE-CINQUiÈiME LETTRE.

Des difficultés gui se sont opposées à la

guerre*

JyLAis tandis que Ton s'occupait à Vérone de la tédaction des notes , qui devaient rouvrir le champ des combats , le» difficultés qui avaient empêché le parti politique en France d'attaquer l'Espagne ^ n'avaient fait que s'accroître*

Les difficultés ont tenu à la fois à la situation de la France , à celle de VE^ pafgne , et à la mort très-imprévue du marquis de Londonderry. Les difficul-^ tés ^ui ses ùtït opposées en France à la

C 8a ) déclaration de cette guerre ont été eu même temps dans les personnes et dans les choses.

Dans les personnes : en ce que plu^ Csl guerre a paru probable, plus Fopînion publique s^est prononcée contre elle, par cela même qu elle était contraire aux intérêts généraux du pays.

Dans les choses : précisément parce qu'elle froissait ce^vintéréts , attendu que la France ne pouvait la faire quavec de grands sacnfîces de sa part , sans aucun espoir de retour.

Elle devait y sacrifier > eia effet « son repos , ses conscrits , ses vaisseaux, et ses finances, .

Son repos : puisque cet événement devait produire dans toute l'Europe un mouvement , auquel elle devait sei^vir de théâtre, et dont on ne pou* vait calculer les suites.

Ses conscrits : ce sacrifice serait »

sans doute, le plus facile à faire» patce ^ue les Français se plaisent à la guerre^

et n'ont jamais reculé devant elle; mais ce sentiment n'empêche pas les murmures de ceux qui voient partir leurs enfans, et surtout de ceux qui sont appelés à payer des remplaçans , car ils deviendraient fort chers, par la raison que l'Espagne en consomme beaucoup.

Ses vaisseaux : ce sacrifice serait égal au nombre de ceux qui auraient le malheur de se trouver en mer» puisqu'une foule d'armateurs n'attendent que Tinstant oà paraîtra la déclaration de : guerre pow les enlever.

Ses finances : il est difficile d'évaluer ce que pourrait coûter une telle guerre, parce que sa dépense dépendrait de sa durée , du nombre de troupes, tant nationales qu'étrangères qu efle mettrait à la charge de la France.

Elle dépendrait, enfin, du cours où son trésor pourrait emprunter les capitaux dont il aurait besoin.

Quoiqu^ç le budjet de la France en

soît venu à présenter un excédant de recette, cet avantage immense, s'il était employé aux améliorations que favorise la paix^ n'est rien, comparé aux dépenses de la guerre. Il ne faut pas sY méprendre , quelques millions de reste dans un trésor sont absorbés en peu de jours par lentretien d'ar* mées , dont les dimensions sont devenues colossales. On ne peut en solder les dépenses, quau moyen d'impôts extraordinaires, ou d'emprunts onéreux.

Or, la guerre d'Espagne n est pas d'une nature assez populaire pour qu on voulût en acquitter les dépenses par des surcroîts d'impôts , c est avec des emprunts qu'il faudrait les couvrir. • On a dit , à cette occasion , que les écus étaient devenus royalistes, et qu'ils viendraient s'offrir aux besoinà de ce parti. Les écus ne sont i^i royalistes ni libéraux • ils ne sont* que pa-

çifiqucs, parce que la paix seule, en réduisant les dépenses publiques , as»

sure Iq gage des créanciers de FEtat ,

et n'en augmente pas le nombre- Or, les^ écus ont suivi , en effet , depuis quatre ans , les progrès du parti roya-liste, par la raison quUlsont cru voir dans ces succès une garantie de, paix.

Mais si ce parti devient guerrier au lieu d'être pacifique^ comme oh ay;ait tant de motifs de le croire,, les écus cesseront de suivre sa marcIie , et se feront chèrement acheter. /

ersonne même ne peut dire .lusqu ou s'élèverait, dans une telle guerre^ le prix dès capitaux que le Gouvernement serait ^orcp d^emprunter ; car ce prix y dans un cas pareil , n'çst pas proportionnel à^ la concujrretice de ja marchandise , mais se fonde encore sur des aperçus moraux qui ecîiappent à tous lés calcylsi ' .

Ces données, toute? vulgaires quelles sont, Vous feront, comprendre quelles

chances cette guerre doit faire courîf au crédit de la France , même en admet tant que les Royalistes fussent encore assez dévoués à la cause dç l§ur parti , pour faire au trésor l'abandon des indemnités que la France comptait leur offrir pour la perte des biens que la révolution leur avait enlevéf.

Tous les intérêts généraux du pays étaient donc opposés à la guerre , et par conséquent la multitude de ceux dont l'existence est comprise dans ' ces intérêts. Je ne veux pas dire qu'il en serait toujours de même , ni que la France soit condamnée à une étemelle neutralité, il s'en faut de beaucoup ; mais la paix est , si je peux le dire , la i^éaction de la guerre. Or, après vingtcinq ans d'une guerre sans exemple, il en' faut plus de huit pour que la matière première d'une nouvelle guerre ait eu le temps de se reproduire.

Un instinct national av^tft les

( 87 ) (feuples du moment où ces élémeûs

sont prêts. On en reconnaît les signes à une sorte ^impatience, mêlée de fierté, à la fièvre qui agite un peuple saturé de repos« Ces signes ont été assez évidens au début de la précédente guerre poiur qu'on ne puisse plus s'y méprendre ; mais ces mêmes indices, loin de se montrer aujourd'hui, donnent la preuve du contraire, comme pour avertir qu'il est trop tôt pour recom^ mencer ces scènes de victoires et de revers qui ont épuisé notre imagination et lassé notre constance.

La guerre d'Espagne ne se présente d'ailleurs au public spus " aucuni^ ào^ aspects qui pourraient lé séduire. Les souvenirs qu'il a gardé de la guerre précédente , au lieu d'offrir à l'espoir des guerriers une moisson de gloire à Recueillir, ne leur promettent, au contraire, que le spectacle des sanglantes horreurs qui accompagnent nécessairement les guerre^ où les peuples preniient part.

Dans de telles guerres, en effet, ce n'est plus à son armée que le peuplé confie sa défense , il s'en charge luimême , et dès-lors elle n'a plus de règles ni de limites. Elle se fait partout à la fois, et partout elle amène d inévitables représailles , (jui ne res-, pectent ni le sexe ni l'âge, parce que l^s assaillans ont trouvé des armes, non - sçulemçnt dans les mains de$ soldats, mais dans c^les des enfans, des femmes et des vieillards.

C'eht pourquoi les guerres de la Vendée, de I9. Suisse, de l'Espagne, et cjelles que font aujourd'hui les Grecs »

ont eu tant de férocité.

Les armées régulières avaient été sous ce rapport un bienfait de la civilisation., en ce qu'elles avaient mis des armes égales aux mains des com* battans , et permis de donner des lois à ce qui semblait devoir en suspendre l'action et en Jbrîser le frein » c est-àdire à la guerre, qui n'est qu'un appc;!

à la force,

Tels sont les obstacles, que la situation de la France a oppos^à la guerre. ,

Ces obstacles ont été en Espagne daos la prise raênne qu'y a causé rapproche du danger, dont la Sainte- Alliaace Ta menacée.

Cette révolution s'était confiée à la foi du silence que les Saints-Alliés ^yaient gardé depuis trois ans avec elle»

et sur ^a ferme résolution de ne portjçr. aucune atteinte aux intérêts qui lui étaient étrangers. Cette sécurité avait %i4; q^u'aucan ensemble n'avait réuni les révolutionnaires. Aucuns eïFqrte n'avaient été faits par eux pour défendre une révolution qu ils avaient cru être à l'abri de tout péril

Ils. n'avaient fait aucun* sacrifices m ahommes ni d'orgeat, ijis n'acquittaieiijt pas même les impôt» v et le pays dépourvu . de toute force publique a pçrnû&au^ diyers partis d'ii^surgés de le parcourir sans obstacles. Ces partis

ne s'en sont pas em parés ^ parce qu^ils étaient les plus faibles ; mais ils en ont désorganisé Tordre public, et y ont détruit la confiance.

L'expérience nous a montré que les révolutions ne se font pas à si bas prîx« Il faut pour les accomplir sacrifier des trésors et des générations, et même avec ces sacrifices , il est difficile de les défendre contre Iniaction dans laquelle retombent les peuples, dont l'enthousiasme s'épuise par un trop long effort. .

Mais la crise de FEspagne y a rallié, et ceux que leur enthousiasme porte à sacrifier à leurs sentimens politiques leur personnes et leurs biens, et ceux qui veulent faire les mêmes sacrifices À l'indépendance et à l'honneur de leur pays. Or , il est permis de croire que le nombre de ces derniers est encore grand en Espagne, quoiquait pu dire de contraire un général fugitif.

Placée âi^jourdliai vîs-à^îs de Ia Sain te- Alliance , comme Pavait été là France, en 1792, avec la coalition de Piliiitz , cette situation a produit en Espagne des effets pareils. Les divers partis révolutionnaires s'y sont réunis pour résister à un péril qui leur est commun; car les modérés petivent savoir comme les autres:, qu'il ne s'agit plus dans cette affaire de nuances politiques ^ mais d'abattre également lé& partis pour les mettre à la disposition de ceux qui veulent anéantir à la fois îindépendance et les lois qu'ils ont données à leur patrie.

Aussi remarque -t -on déjà que Ift Gouvernement espagnol , au lieu d'être isolé, comme il l'était il y a six mois , s appuyé maintenant sur une opinion publique, et il en a donné la preuve par la force qu'il a prise, et par le mouvement qu'il a imprimé à la nation.

Ce qui semble prouver la réaliti.

( 9^2 > 4ff C^ njÇpy^.MÇïit,, et pprÇer à croire que la^cof^cUiite de l'Espagne ne sera pi^S| cû^iQq à Naplçs, une simple brayade, c'est l'^dhésipa que l'Angleterre a donnée cette conduite. Il est pro- ^)able. ^(JUie ,sion envoyé • n'aurait pas gp^té.aifssiloin cjB^ jip^rques d'assen- 4jraçpt^. s'il avait cru que l'Espagne abandonnerait dès le premier revers 6.on p^s ,^ letr^nger. . .

. Cea rdivers gyinptôngies ont dti être fi^s^i ,cQnnL>s de la. Sainte- Alliance, qa'fk r.ont été à^e l'Angleterre.' Elle à pu , copçiprendre ,• ainsi que l'état de l'Espagne pouvait offrir à ses projets sur. jelie^ up^ ré^ist^nce qui demanderpît quelque effort, et rendrait par conséquent l'exépution 4^ ses projets plus diffi^^^ :

. Le. parti servile a été, malgré les Bçcours qu'il a reçus, beaucoup trop faible pour pouvoir rien opérer par lui-même. Il faut donc que la Saînte- Alliai)ce fasse k P^u près seule la con-

qiiête de TEspaghe; c'est ce qjo&Mê faits ont appris à là France t dans la temps même oà le Congrès s^ocxHipail de cette affaire. i

Le sort de l'Espagne tient donc à l'union qui existera entre ses différens partis révolutionnaires^ à l'influence qu'ils exerceront dans le pays , et surtout à la constance qu'ils mettront à défendre leurs opinions et leur patrie.

Car les chances de la guerre ne peuvent devenir heureuses "pour eux» qu'en raison du temps que durera cette guerre, parce qu'ils ne doivent pas s'attendre à vaincre leurs ennemis « mais à rendre nuls les fruits de leurs victoires.

Nous jugerons bientôt de la contenance de ce peuple. Il faudra plus que dès paroles pour nous persuader de sa résolution , car nous avons appris à nous en défier , et le temps n'est plus où elles ont exercé tant d'empire sur nous. Mais, d'après son carac-

tère , <f après 1 experience^et d'après le mouvement qui s^est opéré chez lui, on est fondé à croire qu il employera dans M défense plus que des discours. .

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