CINQUANTE-SIXIÈME LETTRE
Des secours étrangers qiûa trouvé
tEspagne.
jVIais quelque soit le concert et la résolution des Espagnols, il était dift ficile de croire qu'ils pussent résistt^r seuls pendant long-temps ss^ns argent^ sans marine et sans armée, à la désorganisation que le parti servilc oc^ casionnera dans TËtat, combinée avec Tattaque des forces de la Sainte ^ Alliance.
Triste eflfet des guerres politiques»
qui donnent toujours letranger pour auxiliaire au parti le plus faible , et souille sa victoire d'une tache que le
( 96 ) temps n'efface jamais. Triste effet des
guerres politiques , en ce qu'il porte une partie du peuple à se réjouir de ses propres désastres , et flétrit ainsi * sans retour^ dans son cœur^ le prertiîer de tous les sentimens , celui de la nationalité.
Mais des secours étrangers à TEspagne sont venus' du dehors donner à sa situation politique un appui, sur lequel il paraît que les Alliés n'avaient pas compté , et dont l'effet doit compliquer les chances et les suites delà guerre , , de manière à lui donner un caractère tput autrepaent sérieux.
. Le Gouyernement espagnol a conclu ujue alliance avec le Portugal, par laquelle cçs deux pay^ ont confondis leur cause, et nnié leurs forces pour leur défend. communa - .
.Si, ce traité ne faisait qu'ajouter les fqrcejs du Portugal à cellçs de l'Espagne., il suffirait pour, les^ vaincre d'augmenter dans les mêmes propor-
^!»is lès sacrifices â'hoiârnes 6t êi^t* igenit. Mais la position du Portugal est trèS'-difféTerité de ùellè de TEspagne , <en ce qiie le Gjabinét ;anglais a dé-* "claré qutl le {irènait sous sa protec-^
tîOD.
VAti^ëtëtte à marqué ^msi sur sa frontiëre les limites de la )iirisdictioâ de la Sain te^AllÎÂnce , ^ garanti à la fois de rexei*cîce du droit d'intervention le ïwritoire et k^ révoliition île ^Royaume»
Le Congrès àe V^onè à rêèonnii tacitement lé veto de l'Angleterre> par le scrupule aveo lequel M a évit^ de prononcer le mot de PortogaL
Lamoitda Enarquis de Loiidonderry; Mns laquelle il est probable que I« Cabinet anglais eût laissé la Sainte^ Alliance disposer à son gré du sort de )a péninsule ^ a produit ainsi une nou*^ velle combinaison dans la politique de l'Europe. La masse que formaient ses
4* P» • if
ruissances s est brisée, et t Angleterre s'est {)lacée au front, des Alliés dont elle avait «uîvi la marche ; tandis que la France se trouve à Tavant-rgarde d'une aIiiàiK}e quîviie aelàit faite gué contré elfe.
L'Angleterre et la Franee se l^elrbu- Vent ainsi bien vîfeen préèeooe, et Certes à un posté où personne BeVétàît attendu à les voir.
L'alliance de l'Espagne avcfc le Por-^ tugal multiplie par cette' oombinaisoii ittiprévùe, et lés ditfictiltés de cette entreprise» et ^eàc&nséqlienGés.
-Les Portugais 4 en efiet^ peuvent faire aujourd'hui la guerre pour lé compte de l'Espagne, sans avoir de représailleis à craindre^ puisque leur sol a été déclaré invulnérable; éeiiorte qu'après avoir été vaincus^ il suffirait aa%. ornées de la péninsule de si rétirer sur la terre de Portugal, pour éviter les. poursuites de là Alliance^
Ce n'est jpas le hasftrd tjaî » fn^o^ duit cette confibiiiaisoii , ^car i'AngliH* terre connaissait ett les kitentioùst du CSongrès^ et le traité qui Veamtd'iHiir fËspagne au PortagaL^^ lorscf ot'elk : a donné la déclaratioû qdi a misieveÊo -sur ice dernier Royîuiiiie. .^ :*
Le Cabinet ajnglais avant de 'faire içet. act^^a.H^nc;. su. t^^ut ^ce 'jà; guoj il pouvait TeTig^g^^ çt {1 n'a .pas^cylé 40vapt ses jcouseqpcfnçesj^ e^9^ .^ .grandes cçpe|K^nt^>: c^. el|e$i)p ;\Qnf; à riç» nripins q^:à, reijgfagçr ^P^u If défense, d'un pays , i^pur^laquelle, il sera vraisemblablement aj^pelé à^ prendre les armes.
ii'attitude qu'il a choiçîe^, cellg qu a tenue son ambassadeur 4 Madrid, l'enyoi d^ ses escadres ayx Antilles pour ^ prendre possession 4e,Çuiba, Içs pré* j>afatifs qu'il fait dans ses ports,, annoncent assez que ce Cabinet n'ignoré pas que les éyénemens peuyent l'obliger k suivre avec TËspagne la mêmd poli-
tique qù-avec le Portugal. Là sîtûa^ tîon de ces deux pays est, en effets là même; un né peut défendre utile* ment lun sans défendre anssi Tautrè, et les motifs qui ont portél Angleterre à protéger le Portugal doivent, à plus ferte raison, Vengager à protéger rEspâgne/
Ce motif est celui dé sauver, non Jes principes révolùtionnaircfs qu'à proclamé>la péninsule, iii^s l'indé^ pendance de son territoire, dé Fempire politique que veut y exercer la Sainte- AUiance , 4ifin de pouvoir y détruire la révolution,
L'Angleterre Yeut sauver de cet em* pire rindépendahce de la péninsule , comme elle a défendu naguèrcs c^tfe même indépendance, <îontre œltti auquel la France avait voulu îa soumettre; parce^ qu'elle sait qu'un envahissement étranger,-quelqù'eh puisse être le motifs détruit là liberté des
«atîôns, et leur, enlève toute spontanéité. \
L'Angleterre entre ainsi' dans un autre horii&on politic[iie ^, et se prépare à suivre iHie carrière de laquelle va dépendra la- destinée du. monde.
Mais avant Centrer dans cette carrière* le Ministre que vient de choisir l!opinion. publique de l'Angletetre a fait ses efforts pour conjurer lattaque qui se préparaît contre la péninsule » et ses efforts, combinés avec les difficultés réellçs, qu'offi'ait cette entreprise, ont suspendu pour un moment Fexééutîen du planque les Cabinets avaient ooncerté^ à Véronei
Le^partV politique en France, fort 5es obstacles que-ca plari.rëncoritrait> ipquiet de se trouver tellement eh opposition avec TAngleferre, a changé les mesures q^ie son Gabmet siétait engagé à suivre-, et. modifié la note ^'ila^ait dû-, adresser à TEsgaiignew
Ce cbliiiginiienl^t^uM^a» léger <:|a!il fut, a nécessité la retraite du Mifàs/tto 'qAii a^«il çopoonru à îd^tisrniiRfet la «oardwdii €)opgf è^.,Mais^t|e<retfaiyt« à étéfb seo} JTjésyJta^ dii i^ftô^^^roent rétrogr^4e;qMVait. opgri \fi. ^ti pô-.
litiqiie,.et ce résviltat a été nul ensoi, parç^ç^ije le p^i;t^ na changé ni d opinion, ni de système. Il n'a point osé soutenir le changement de direction que 3on mouvement rétrograde avait paru annoncer, Les eVéx^eraens subsé- 'ont entraîné , et les choses ont repris leuç première directioç.
|L';4ngleterre a offert^ pçùr la seconde fois, une méd||atji9a, gue s^ neutralité lui a permis de proposer aux Alliés, et dont le refus prouvt que leurs projets vont bien Iqin, et fort au-delà de ce qu'ils en ont confié au public.
Apcès.aypjlr épuisé, ainsi tous^ lea moyens dçj conqiliatiqn ,. l'Angleterre
( 1^3 ) est Mbre de suivre , la directioik que
sa politique lui demande , et de prendre une part quelconque à la défense de la péninsule. -
Cette déftnse i lors même qu^eUe y conct>ui*ait activement, ne liii coûte-* Tait que peu d'efforts^ et ne l'exposerait à aucun danger. Les Puissances du Continent ne peuvent attaquer l'Angleterre sur aucun point de ses possessions» parëe que TEtat oîi la dernière guerre a laissé leur marine ne leur permet paS' de tenir la mer en présence des flottes miglaises ; tandis que celles-ci achèveraient au contrairededetruire le peu de Vaisseaux que possèdent encore ces Puissances^
liintérêt industriel de TAngleterre^ Wa d'ailleurs plus rien à. perdi-e, par leflfetd*une rtjpture entr'elleetieCôn- , tinent^ parce que le systèhae prohibitif auquel ses grands^^Etats sont demeurés , fidèles f la prive dé tous les débouchés qu'elle y avait autrefois. Il y a donc * au contraire de l^avantagjs pour eUe à '
ypijr cl>anger un ordre de chosos^ qui lui esJt aussi éyidempient nuisible.
La guerre, a obligeraiit aiftsi V An-:
gleterre^ o^X ni^ttre ses. escadres en liner , et 4 donner des. subside^, aux.
Espagaplsu, !Çilç* lui Cournirait en retour: une occasion facile d'anéantir
à. Taxançe ^ojut ce qiji pourrait lui taire owndre uine rivalité maritime^ Qt de. s'assujrer stinsi poujr long-teinps.
(Jç l'empire çxplu^if dps m^rs,
. Le Çabinpt anglais s'est placé de^ njanière à prendre ses, ayaiit^es. visi?
^-vis du, Con^injent» et à. nç se çom- Pï;piTiettrç en rien dan?^ les, afiaires de la péniqsuJe. Certain. ^^}\ ^st d'avoir ses. flpttes, prêtes, long-ten^p^^ avant cçlles des SIM très. ^ U. n'a nul besoin, de se prononce?: ayant d'ayoir jugé de la marche (?es événeniçns.
llenfernié dans sa neutralité; il peujt la conserverv s'il pen^ que Tflspagne e§t hors d'état de prolonger sa, dé-, fçnjse. comnie il peut la romprç 4
( ioB ) instant oh il croirait que son secours ne serait pas inutile^ U peut toujours^' eiifÎD,^ servir di& médiateur entre la péninsule et la Sainte^Aliiance , parce que Tavantagede sa position loi donne lîette faculté*
Cette pfiisition est telle^ que l'Angleterre a le choix de ses roouve-^ mens , et n'a d'autre direction à suivre que celle qui lui est imprimée par seA intérêts généraux; mais ces intérêts l'ayant porté à protéger Tindépea* dance de la péninsule, FËspagne a trouvé un appui qui lui sert dans tous les cas à faire craindlre aux Alliés^ .
que sa défense ne soit plus longue et son attaque plus dangereuse potier eux qu'ils ne lavaient orux
Ji
( iq6)
ONQUiVNtE-SEPTràlSlE LETTML
Se la âirectim potUique éÊ^ VÀnghterr^
JLiJi^ iatérét* généraux ^ TAngletwreàravaient forcée à, s'unir aux Puissances da.Gontioeiit^ pour résister à renvahisseDMUt dont la révcJution bs^.
a^ait menacés. CeSrroémes in téréts l'engagent aujourd'hui va s'opposcir à Tan- .
vahissement {Kïlitique» . donjices niémes > Puissances menacent^ leur tour le Continent.
L'Angleterre en cela na point ëhangé de politique ; elle suit, au contrairejnvariablement celle qui^ depuis le rè^ne d Henri VIII, Ta engagée sans
{ ^^1 ) relâcha à ^'opposer à tous les systèmes, comme à tous les conquét'ans qui ont tendu à faire du Continent un s^ul corps politique , parce que l'unité d'une telle niasse est nécessairement contraire à ses plus chers intérêts. .
Cette opposition est pour elle une nécessité, qui lui est imposée à la fois par sft' position géographique et par les élémens industriels et commerdaux dont sa liature se compose.
La> position géographique de T An-^^ glel^re^ en la séparant du Cbntjnehf, fornàc dé son empire un tout à part/ comme le Continent en forme un de soft cètév mais ce dernier étant d'uii ' volume infiniment plus grand^fomne*-»" rtiit une jouissance- eiitièreraent dispitopOFtiônnée d'avèo la sienne, s'ilélaît* réuni en une seule masse; et s'ilétait régir par une même* autorité , soit qu'efiè &ppai^liénne à un seul ; ou' qu'elle provienne de Mliànce de plu-
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( li»> )
£/ëiiipire de Baonaparte jm. a.^ «ntrevoir de quel danger serait pour* elle s cette masse* unique ii loârsquelle^ tournerait, oontre elle la totalité éetses fwees, et lui fe^iwrait; la. totalitéde ses ports» .
. La sûreté^et par oonséqu^it/, la^po* litique de rAnglet erre , demande d(Hic:
que le Contiseot soit- (ti viséi. au , contraire/ ea ua nombre qudJ^çanque de Puissances JF^depeiidaEQtesH et par c^la^ même rivales les^. unœ < des autres « afin que,. dana*toute£t lès contestations^ qui peuvent s^ékver entr'elle/ et le^ Continent, elle- trouva une partie d^ cçs Puissances disposées à «se; joindjMi^^ av^eceUei ,
, Cette division^ .eiv ran§ea|ib de sonn côté une partie da. Continent^ . em-^ pécbe qu'iL ne fbfme par- uneagglo-mératioii'Un tout opposé au çien, et* disiproportioi^né d'avec lui» Ce partagedu Continents, ajputaiït touiourg ufter de ses: parts au vdiume de VAnglçlfipre,:
dans la balance politique î rendainst^
«e volutye iégâl à celui de là {>oftii»fiL MJu Continent qui im est opposée.
Tel est, Monsietir, 4'ordre de choses ^ue le traité de Westphalîe avait éta^ l^li en Europe. Cet ordre était en même temps nécessaire à PAngleterre , pour ^ue S€>n ândudtrie^ et son <x)mmerGe -soient assurée <le trouver sur les côtes "da Goadneik des ports ^t-des déboii- ^hés ouverts pour recevoir leurs pro^ «doits, La prospérité inouïe ^u avait atteint l'Angleterre sous àe régime •prouve à quel point il lui a convenu.
Cest aussi dans cet esprit que le ^ «narq^s -de Londonderry avait fait donner pas- les derniers traités l'Ëtài ^eGénës au Piémont « et la Belgique à la Hollaiijje; mais Ces Royaumes, liors 4'état de défendre leur indépen-* ^dance plus d'un seul )oûr, ne doUnept en réalité aucune garantie à l'Angle- '4erre. Il en faut de tout autres pour lui assurer sur le Continent un con^ ^repoids au pouvoir id'une alliance qui
( IJO )
SB prépare à embrasser ià totalité d^ ses peuples. ' ,
. Toute tendance quelconqiïe qui lui iniprinrie ainsi un caractère dïinité po*litique est donc contraire au)i; intérêts prioiordiauK de FAngletefre , qiiel-qu'en puissç ètm le motif e( le bflt Ofi cette tendance a été consta^mr ipent imprintée au Gotitinentpar Taur torité à laquelle les oireoiistances ont donné la prépondérance politique, soit que cette autori{é< ait appartenu à une personne ou à un système. lue carao^ ihre de la puissance étant comme celui des fleuves de s'élargir eans cesser* parce qu'ils absorbent cç qui bord^ leur cours , J'Anglçterrc'a .eu sans rer lâche à lutter contre des autorités, dont la prépondérance a toujours travaillé à placer le Continent 6ous une influence unique.
Sa première lutte a été. contre le système du pouvcnr sacerdotal,- qi]i s'était en^paré de r£urope matière, et
avaîl donné Rome polir eapkale^ i/ Angleterre a fait une longue et sanglante révolution pour s affranchir de l'autorité que ce pouvoir avait eK>ercé 'ohez -elle j mai» de n'était pas assez/.
11 fallait encore qu'une partie du Continent brisât l'unité religieuse, afin d« <liviser î^mpire que éette unité exer-^ çait sur la totalité du Continent.
C'est à quoi l'Angleterre s est laîdee^ et par cette rupture elle avait fait deux moitiés de ce Continent > dont l'une a fait pendant long-temps un seul corps politique avec elle;
EHe a combattu plus tard conti^e l'envahissement dont les goûts belliqueux de Louis XIV avaient épou-»
^anté l'Europe/
L'esprit^ pacifique des Sotiveraîns ^ui lui ont succédé avait permis à l'Angleterre de déposer les armes , lors^ -que la révolution est venu l'alarmer de , nouveau ^ sur l'indépendance deS £tats voisins. ^ ^ ^
L^^mpîré de celte révolc|tion était .^'autant plus à craindre pour eUe« qu'il avait à la fois la puissance d'un système propre à séduire les peuples^ et celle d'un homme que le ckl avait créé pour être conquérant.
Jamais aussi le Continent n'a-t-il
été si près d'être absorbé par Tunité politique { jamais aussi l'Angleterre n'a vu de dangers si pressans , ni fait de plus grands efforts pour les pré^ venir.
La révolution est tombée avec le chef qui l'avait élevée si haut. La ré-^ action monarchique, dont les armes l'ont abattue, a formé une ligue entre les Monarques du Continent,» pour se défendre contre le retour du mènie fléau; ligue nouvelle dans l'histoire i comme Tétaient aussi les circonstances qui iont fait naître»
L'esprit, de cette ligue était donc essentiellement défensif^ et tant qu'il est resté tel, T Angle terre, sans f
Bëhéf ér , ne s'en est pas séparée , parce qu'elle na rien vu (Uns ison carao-^ tère qui lui parut être hlostile contre rindépendancè dû Continent;
Mais lorsque lé Cabinet anglais à Vèc6nnu à des indices certains; que Tespril de la Sainte -Ligue avait changé avec lé cours d^ évéïiemens ; lorsqu'il â Vii qu'elle né se bornait pins à résister àiix révolutions, mais qu'elle allait au-devant d'elles pour les détruire juâques dans leur dernier aôilé i ce Cabinet a compris que cette ligue, en se proposant de réduire à l'unité monarchique, la totalité du Continent, le soumettrait en même temps à l'unité politique qu'il redoute avant tout;
L'envahisseirient de l'Italie n'avait pas fait cràihdre le rtiêmé résultat ail • Cabinet anglais, par lat raison qu'à cette éjpôque la révolution se montrait encore redoutable, il fallait la vaincre sur
(ii4)
ce théâtre» ou risquer de la revoir attaquer de nouveau TEurope.
Je le> pensais moi-même alors , et ne vous cachai pas jusqu oà pouvait s'itendre cette réaction.
La révolutipn; de Tltalie a]:lait doiic à^ la rencontre de la Sainte-Ligue , et la guerre qu'on lui, a faite n'était qpe le dernier acte de la longue guerre de la révolution. C'est pourquoi l'Angleterre, sans vouloir y figurer,, ne s'y opposa point.
Mais avec elle s'pst terminé le cours des envahissemens dont la révolution avait menacé le Continent; aveq elle, apssi s est terminé celui de la résistance que leur avait opposé rAngleterne* BUe na pu concevoir aucune crainte de eçWe de TËspagnç, parce que les forces ni la position de ce pays ne lui per^ mettaient pas de rien tenter de pardll.
Elle a vu, au cori traire, dans l'attaqjLie; qu'on méditait, contre lui* en vertu d*un drpit que son Cabinet n a jamais reconnu; elle a vu^ dis-je, dans cette
allaque une înténtïoiV de niveïler les systèmeis politiques qui régissent le Cotiânëiit.
Ce ilîvelTément ne peut &e faire sans que la Sanite-Ligue n exerce suf Ce Contiirtent une prépondérance àskez immense ; pour le réduire k nette plus qu'une seiilë massé politique. Masse?
iôrit le pouvoir souverain serait Concentré dans une alliance, des actes de laquelle aliiciin^ des coiifrapfans ne Gérait péi'sorihellèmént responsable^ mais dont le levier serait riécéssaîreitient dans la ihain dû plus' puissant d'entr'eùic;
L'indéjpcndàricé du Gonîîheiit serait ihisè ainài de proche en proche , niais en entier, dans la main dé celui quf e'^erCeValt là plus grande preponderance dâiis" lé' sèili de cette alljarice.
Aiiisî' Tâtitorîtié y serait coiicëiitréô cbnimè' dans une monarchie, la puissance afesti-aite; comme Test celle cf un.
système, et pour agetisf elle ' aurait d'innombrables armées.
Certes , jamii^is force pareille n'a existé depuis celle des Romains; jamais corporation si formidable et si serrée n'a . disposé d un tel . pouvoir ; jamais aussi le Continent n'a-t-il été si près de perdre son indépendance politique; car lorsqu'une semblable puissance se fait législateur des peuples , elle devient nécessairement leiir
maître.
L'Angleterre oppose sa résistance à Tempire que ce système donnerait à la Sainte-Ligue.
Cestà tort qu'on accuse sa politique d'inconséquenae, parce qu'elle a changé de direction^ et qu'après avoir combattu avec tant de vigueur contre la révolution, elle se tourne aujourd'hui contre les Puissances dont elle avait été l'alliée.
C'est, au contraire, Monsieur, parce que. la politique de l'Angleterre est conséquente avec elle-même, qu'elle combat aujourd'hui la réaction monarchique» attendu que cette réaction^
( "7 ) en dépassant le but qu'elle s^était assigne, prépare au Continent un asservissement pareil à celui dont elle avait voulu le sauver.
Ce nest pas, sans doute, pour y faire dominer ni des principes anarchiques, ni des opinions funestes au repos dés Gouvernemens^ que la Sainte- Ligue prépare cet asservissement.
Mais quelque soit le principe, en faveur duquel on attente à Findépendance des peuples, on n en détruit pas moins tout équilibre entr'eux.
Or, l'Angleterre demande cet équilibre , parce que son existence en dépend. Il ne suffit pas à sa sûreté que cet équilibre soit garanti par la générosité des Tout-Puissans , il faut qu'il soit réel, c est--à-dire qu il se ' fonde sur légalité des forces que cet équilibre met en balance, parce qu'entre nations, il n'y a que là force qui assure les droits. \
li'Angleterre luttera avec le Conti^
eijjjâfJbjrç Pf;opre à jia vjs^sixrer sur b.
^aOj^pr 4^ yçir s^y former ujii? ^ule masse politique. Oa pe^if^ 1^ P^^flff*^ 4'ay9Jïce, j^f pF^écispncien^ paricpgife la
poljjtjgu^ de VAagletiçrr^ pst jinya-» riablg.
pette j^itiqiH^ e§t tpjle ^ par ia raî-so^ (^u'^Uç i;t est pa^ à la disposition du Cc^fi^ctère ou des posions 4 ^p^eiiik booii»;^, ipajs 9u eUe ne peijt êtr^ f^ie l'expression publique des iiUéréts ge-néraux de F£tat.
Leçiio^mes n y otit de crédit qu'dn-^ tant qu'ils sont habiles à connaitre ses.
intérêts et à les e^fprimer. Aussi la polj.-^ ^ tique 4^ l'Angleterre est-^eUe toupurs publiqu^, et dégagée de ces )$i^age fas-v tidieux^ par lequel on attribue ailleurs., aux, Ga^vernemeos les sjiHQitjipen^ f t les impressions fies, iïidividqs , sa^s.
songer qu ils ne sont qii'i)i)ç ^bstrac-^ tion, et ne doivent agir q^a^ ^ intérêts publics.
adressé à TAn^leterre qae par un public, qui s'est coiis(aiii»e]it mépris sar les motifs qui IVmt dirigée daïis la précédente guerre.
Je suis foncé de répéter ici ce quefe Vous ai dit autre part «
L'Angltterre a combattu ht révxAtttioi) « mais ce n'était ni par eraiiife: ^ ni par haine. £i)e redoutait peu la révolution pour »elle^mêteie < attendu qu'elle s'était accomplie cheïi feH[é.d€^puis long-temps , et quelle âvftk Mi le temps de déveioppisr les démens conservateurs de son nouveau système- S^le n a^ait pas non plus de haine contre elle^ car les kilérêts qut diri;gent sa politique n'éprouvent m h^né, ni amour\ parce que ce^ tie sont p^ des personnes», mais di»s ^aoêei^ dont ia direction ne se' guide quë^^%|^ès le ^louL
La guerre que L^ÂngleteriNi^ fatig^la iévoluti0nnadûQo été qjjf^mie lutte 4
: ( ii»<* )
mort, oontee un pauvoir envahissant ;; 'poftKvok dont le but final aunaijt été de ;^étcaire(î tout équilibre sur le Cpnti- ;Sieat,:en le çomneitant à une influence
unique et à un seul système social et
polifi<jae> ;.:..:•.; .
Cette lutte devait avoir pour résul- -^^/xioshmvàésmnt dVrapêçher Vas-
§q«MisseiBçnt du ; Coniînent , ipais de
(loBBi^r fti'Aiigkt^réi Iç moijiopole des rl*ï^§ , ;ep lui pffrânt rpcçasion de dé-u tjfuii;ç.]eis marine qui fàMaiçnt cpv-.
ferage è la .§içnpe, et dp «'emparer^ ^ieg jcolpqi^s qu'eUe â, jugé être, à sa
Ti^lh^ aomti I^nisiiBur, tes Iléons qiii;
<?n% piî^cç aujouçd'Kui l'Apglf terre en
94>P9?itiQn4»v,eç la Sai.nterAlUaaçe j op-
, position dçpl les. «ffets; se fçat sçn.tii: a
Ja fojsMaux deux ex<<rç«nités.di?.l'^'^^" ropç; cai: le même, motif l'a décidée, à protéger le. despotisme des Tui^çs,»
çQiDine.JUs révolutions, d^. ta, péain- §ul$., , pi)£«^i qu'ils .o<3oup»if!iit l'iu» et
( lai )
lâutre un territoire quelle ne voulait pas céder à l'autocratie européenne. '
JW. la*
CINQUANTE-HUITIÈiME LETTRE.
Politique de V Angleterre à t égard de
FEspagne.
JLjks motifs généraux que je viensde vous exposer ont dirigé la conduite que TAngleterre a tenue au Congrès de Vérone ; mais elle en a eu d autres plus spéciaux pour suivre avec la péninsule une politique particulière,
La dernière paix avait donné à l'Angleterre les dépouilles coloniales de la France et de la Hollande ; mais elle avait respecté celles de TËspagne , parce qu'à cette époque cette Puissance était son alliée.
^ ihes colonies espagnoles étaient d'ailleurs révoltées contre leur métropole; il fallait laisser finir ce débat, afin de savoir dans quels rapports TAn-^ gleterre pourrait se placer vis-à-vis de ces vastes Etats.
. Son but n'était pas de se les approprier , car elle possède assez de territoires erotiques, et ne tient plus qu'à peux qui ont une importance commer^ cinle ou militaire.
Mais il lui importait d'établir avec ces colonies un mode de vivre, par lequel le monopole de leur approvision-^ nement et les avantages dé leur cominerce lui fussent assurés. U fallait donc, avant tout, reconnaître leur in^ dépendance, pour faire de ces peupjle^ des nations avec lesquelles on put traiter.
Cependant FËspagne , par Vefk% d'un ^mour-propre mal entendu , ^é^ tait refusée jusqu'ici à reconnaître l'indépendance de ses colonies. Elle
a pef du ainsi les ressources qu'elle aurait pu obtenir par un traité fait en temps utile; et quoi qu'elle n'eût aucun moyen de la soumettre, elle n en a pas moins livré ÎAmé-r rique au désordre inséparable de letat d'un pays, dont la nationalité même est contestée^
I4' Angleterre , plus Ipyale envers TËspagne que ne lavait été jadis la France avec elle , a attendu pour reconnaître ces nouveaux Ëtats que la métropole eût renoncé à ses droits sur eux.
Les Etats-Unis y ont mis moins de scrupule. Us ont reconnu ces Etats; et profité du dépérissemeiit de TEs-* pagne pour lui enlever l'importante position des Florides. Le même esprit d'envahissement faisait craindre qu'ils pe s'emparassent paiement de celle de Cuba et de Porto-Ricco , d'où ils auraient dominé suiftout le. vast^ golfe du Mexique. .
" '■ La situation de TAngleterre devenait donc pressante , car il ne lui Convenait pas d'être devancée par les EtatsrUnis, ou même par la France , qui aurait pu, en cas det guerre, s'emparer des Antilles espagnoles , si personne ne lavait prévenue.
C'est dans cette position des choses que la crise suscitée par la Sainte- Alliance a surpris l'Espagne. L'Angleterre, en se séparant du Congrès, a pris vis-a-vis d'elle une attitude de protection qui lui a nécessairement valu de grands droits sur elle. Car si l'Espagne peut trouver un moyen quelconque de salut, cène peut-être que par la médiation de TAngle terre , et par la crainte qu'aurait la Sainte- Alliance de voir leurs f9rces se reunir contre elle;
. Les Espagnols, en revanche, obligés de résister à l'Europe, peuvent sans déshonneur abandonner de vaines prétentions et de$ territoires lointains
pour sauver ce qu'ils ont encore qiièlquespoir de défendre, savoir, leur sol; leur indépendance , leur honneur et leur liberté.
> lies Circonstances ont fait d'ailleurs qiie r£spâgne peut céder à TAngleterre , en échange de sa protection »
des avantages qui sont imnr^nses pour celle-ci, tandis qu'ils n'ont plus au-* cune valeur pour elle, puisqu'elle n'ani les capitaux:., ni les forces néces-^ saires pour exploiter, ni pour soun^ettre son immense domaine colonial. - En conséqu/&nce , Monsieur, FEs^ pagne a autorisé l'Angleterre à faire flotter son pavillon à la Havane et à Porto-Ricco , sous prétexte de les dé-' fendre contre l'attaque que la France ou les Etats-Unis pourraient y faire.
Les conditions secrètes de cette occu»pation ne nous seront xlévoilées que plus tard; nOus pouvons seulement soupçonner qu'il en existe de telles*
( 127 ) L'^Angteterre s est ainsi prémunie contre lâ prépondérance que les Etats- Unis cherchent à prendre t!ans ces régions.
• L'Espagne a propAsé de même à ses colonie» de leur accorder une trêve pour traiter dans rîntervallie avec elles.
CTest avoir tacitement reconnu leur iùtiépendance , et* autorisé ainsi l'Angleterre à la reconnaître elle-même, etk traiter avec ces Etats. Traité dont les conditions seront dictées par le service que leur aura rendu F Angleterre^ en servant de médiateur entr eux et leur, métropole.
L'Espagne offre encore de céder* à l'Angleterre le monopole de son approvisionnement, et de se placer vis-à-vis d elle dans les mêmes rapports oit le Portugal Test depuis longtemps.
Ainsi sa neutralité a déjà valu à TAiigleterre tout ce que la plus heureux guerre aurait pu lui donner;
Elle peut donc conserver.cette neUtralité, à moins que ses intérêts généraux ne la poussant à la rompre.
Dans ce cas même, elle n a point à cçaindre de se voir ravir par les chances de la guerre ce qu'elle a déjà obtenu.
Ces chances ne pourraient la priver que du monopole de l'approvisionnement de l'Espagoe, après qu'elle aurait été conquise par l'étranger.
Mais la Sainte- Alliance ne peut em- , prêcher son pavillon de flotter sur les Antilles, ni son commerce d'approvi- sionner l'Amérique, parce qu'encore une fois la Sainte- Alliance n'a pas d'escadres pour l'en empêcher.
ÉlNQtfÀNTÉ-MÛViÈîâÉ LÈttRË.
^Uùaiiùn de fEurope te 28, Jitmikr iSaS»
.V eus Veinez de vôïr. Monsieur^ coniment T Angleterre ^ soit qu'elle gardé oja non sa neutralité^ a été placée par le concours des circonstances dé manière à recueillie l'héritage de l'Es-
i^âgne ^ après avoir eu celui de la
.France et dé la Iloilande. >
Ces dépouilles sont pour elle le complément des avantages qu^elle avait dû retirer de la précédente guerre. G est à ce point et non plutôt que devait s'arrêter et finir le système qu'avait
. embrassé M. Pitt j car ce système né 4.^ A ^
devait être à son terme qu'après avoir livré à l'Angleterre les trois^ quarts du
monde.
Jamais aucun Gouvernement n« s'est trouvé mieux placé que le sien, et jamais la position d'un pays n'a été meilleure que celle qu'occupe aujourd'hui l'Angleterre.
Inattaquable sur tous les points, de son vaste empire , elle peut de cette forteresse diriger sa politique sans obstacles, et choisir ie parti qu'il lui conviendra de prendre dans les événefliens auxquels le €bhtinenl va servir de
théâtre. , *
La force de FAngleterre tient à ee qu'elle possède des armeà qui manquent à la Sairite-^Alliance , et dont l'avantage est tel, qu*elle peut la coml»ttr« pendant long-temps , sans avoir ds l^présailles à craindre. Ces armes sont des vaisseaux et de l'argent. ' '
L'Angleterre peut donc garcfer «la iieutralité , précisément parce qa'^
( .'3i ) est forte, et qu'elle n'est obligée ^'al?
1er au-devant d aucun danger personnel.
Elie peut de même rompre cette neutralité 9 l'instant qui lui paraîtra propice, pour raniener sur le Conti^ nent Téquilibre qu'il a perdu.
C'est-à-dire qu'aucun intérêt spécial n'oblige l'Angleterre à faire aujourd'hui la guerre ; elle n'y est appelée que par les intérêts généraux de s^ position.
Intérêts qui l'ont déjà placée en opposition avec le système de la Sainte* Ligue.
Ainsi, l'Europe s'est partagée au Congrès desVérone en deux masses politiques opposées l'une à l'autre, savoir, d'un côté, la péninsule et l'An** gleterre; de l'autre, la Sainte-Alliance.
Partage inégal sans doute, et qui le serait bien plus encore, si la Sainte- Xigue n'avait pas à combattre, outre 59^ ennemis visibles^ celui quelle ne
peut ni saisir' ni (détruire, parce qu^il n'est pas de la nature des personnes, mais de celle des choses. Cet ennemi, c'est l'esprit d'une réformation politique que la Sainte-Ligue a désarmé et vaincu , sans avoir pu Panéantir. Cet esprit est partout et nulle part ; car il na plus d'autre existence que celle d'une puissance morale.
Mais cette puissance se montrera partout comme un auxiliaire mystérieux de ceux qui chercheront à défendre l'indépendance et la liberté des peuples contre la Ligue qui veut les asservir.
Cette Liguie, à son tour, faute de pouvoir détruire cette puissance secrète , a voulu du moins aller la désarmer dans le dernier asile où elle fut restée dominante, afin de lui ôter avec son dernier soldat sa dernière force matérielle.
La Sainte- Alliance ne pouvait rien de plus ,]* car son^ empire est de ce
inonde, et elle n'exerce aucun pouvoir sur les esprits ; mais en achevant de détruire tout ce qui n'est pas semblable à elle, en renfermant ainsi dans^ un seul cadre « et en plaçant sous ses lois la totalité du Continent , elle ne fait qu'en donner l'autorité suprême au plus puissant d'entre les Alliés.
Il est évident aujourd'hui que k ' Russie n'a renonce aux grandeurs qui rattendaient en Orient que pour exercer , dans la Sainte-Alliance, cp pouvoir à qui tout se réf^e^ et* de qui tout dépend. *
Tel est le point oii devait tiécessâîrerhènt aboutir le système d'une Alliance^ qui, après avoir absorbé tous lés Etats du Continent, n'en laisserait par conséquent aucun/ dalibire^ pour faire un cœitre-poîd^ à sa prc^re piiis^ siance;' " ^- . ••. '^- ^ ' ' . ^ ',-?. ^'
-tas deux, nia»es politiques que^je^ ywtis de* définir st>nt maintenant 'en présence sur k Siàmmèt des» Pyrénéen
et. sur le rivage des mers ,• seuls points dont la Sainte- Alliance ne se soit pas encore emparée.
L'attaque qui se prépare doit, ou compléter, le système de domination de. la Sainte-Ligne , ou coinmençer là réaction que la force dies choses doit provpqueir iXïntre sa toutfr-puissânce.
i Vsonne ne ^'>eut savoir lequel de ces de'ux résultats JseVa celui de^a pro-.
chaîne guerre, ei la solennité du moment tient à ce m/stère. Les ci^is de joie que poussent les fk'ctions ne sussent pas^ pour dlissiper la tristesse universelle que caose l'appro^^"® ^^ ^^ ment ^lui dent en décider.
Les GouvernemeiM «emblcffl% • *^ ^^*.
douter, et oomjESie s'ils ca-dyaiepteiK"^^^ que ; le Ciel peut conj ui Ter une. guer^' "^ qu'ik ont provoquée, ils en ont tellc^^ ^ ment retardé le6 préparatitVt qu ou ne sait pas encore d'où, doivent venir Iro armées destinées à la faire.
: Cependant le Congrès avait adressé ses notes à FËspagne ; elle y a répondu sans circonlocutions et sans flatteries t se bornant à refuser sans autre explication . leâ demandes ambiguës ^'on lui avait adressées. Elle a ainsi rejeté Tintervention des Saints-Alliés, et entamé le combat.
La France a reçu cette réponse la première^ et l'attitude queJJe a dû prendre ne pouvait être que guerrière»
Telaété aussi le discours queleTrôa^ a adres9é aux représentans de 1^ na*^ tion.
Ce discours n'a fait aucuae mes^tîi^Ki des alliés de la France. £^e figure ainsi seule à lavant-scène^ et il y a dans ce rôle unej dignité; qui, sans doute, e^ propre, à captiver l'esprit public éi'im peuple dont Tamour pour ses alliés nHest pas la première vertu«
Mais comme les nojtes adressées ^ FËspagne sont le résultat des mes^rçs qui avaient été arrêtées .à Vérone | m^
^ttFes pour lesquelles les Alliés avaient promis leur coopération à la France »
]^ est évident que rien ne^ se passe ni Ile peut même se passer sans le con-»
ifçrt de la Sainte-» AlHarice,
Ce l^ui paraît être également évî;-^ dent r c'est qu avan t de se séparer les Cabinets avaient négligé de concerter ehtr'éux lesi mesures réglementaires qiie cette entreprise nécessitait. Négli-igénçe qui retarde le début de la cam-r pàgnè, et ouvre un champ aux intrï^ gùes. cottmfe au?& négociations.
L'initiative qua pris l'Espagne a^ iéutïÀ de nbuveau en France les fahatiques aux politiques. Ceux->ci ayant échoué' dans les mesunos dilatoires; Hont ils avaient fait l'essai , <mt été forcé de se décider en faveur de lai Çuerre.' . i
£lle a donc été dédarée^ du moins, fn apparence, par l'unanimité des^ Royalistes. 11 est heureux que la que&^ tiK9) se soit çnfin trgtichée^ ^arçe. qu ^
(iS7) ne s'agit plus aujourd'hui de faire intervenir la Sainte-AUiance dans leS:
affaires de l'Espagne, en vertu dun droit qu'elle ne pouvait reconnaître, sans se déshonorer.
Ce qui existe maintenant çntreu3ç c'est la guerre, et dès-lors il n'y a, plus que detîx choses possibles , faire, cette guerre , ou de traiter de la paix.
Or, il est beaucoup plus simple de, traiter de la paix, que d'intervenir à distance dans les affaires intérieures d'jun . peuple ; car traiter de la paix « crest agir d'égal à égal , et quelqu'aît été le vainqueur , le vaincu peut sans honte accorder dçs conditions qu'il aurait refusées 4 s'il n'avait dû les ac-^ cepfeer ^ que pour éviter la guerre.
Il était donc impossible de négocier avec J'Ëspagne en. vertu du droit d'in-, tervention , il est aujourd'hui possible de négocier avec elle sur les mêmes articles , en traitant de la paix ^ parcq qu'ils auraient perdu par cette forme ce qu'ils avaient d'avilissant«
Quels qae soient les liens qu'ait con« tracté la France avec la Sainte - Alliance, sa position géographique lui donne dans cette obcafsioii la kberté dé faire la guerre ou la paix;» sui** rant ses propres convenantes: parce que son territoire et sa coopération sont nécessaires à ses alliés pour qu'ik puissent faire la guefre à J'Ëspagûei Cest la France qui, dans ce cas , «st appelée à leur faire la loi.
sa lui convenait , en effet ^ de faire la ^aix avec l'Espagne « ce ne pourrait être qu avec la médiatioil de FÂngie terre ^ parce que la neutralité qu elle a gardée dàtis cette affaire n'a dohiié (|u'à elle Àfeulë lé crédit néces* saire j^our éiï régler. Iè6 dôndfCioiis, et à elle seule aussi lé drdit de garantir aux Espagnols leut stricte exéca*^ lion.
Lès Alliés iraient cotifraitits d'ao^ céder à la p'àïi qUe li Fhlrièe aurttit conr cldé; car s'Hs Vdulaîèht s'y opposer, c^
ne serait plus alors à l'Espagne qulls auraient à faire , mais aux trois Puis^ sances qui auraient signé cette paix « c'est-à-dire a FAngleterrc, à la France et à rE{>pagne.
La France a donc encore le choix de faire la guerre qui s est déclarée entr'elle et TËspagne, ou de traiter de la paix avec elle sous la médiation et la garantie de TAngleterre.
Telle est dans le moment actuel la position des choses; mais elle ne peut pas rester stationnairè, et il n'appartient qu'à la France dé statuer sur line question à laquelle tient la destinée dé VEuropè.
Le sort veut même que , dans cèéte circonstance unique « les projets de la Sainte -Alliance soient soumis aûk pouvoirs representatiis de larrance^
d'est au vœu qiii va se niiânifëstër dans là majorité de ces coàseits, que tient la décîsioh de la grande question qui sVgite; car aiicun Ministère, dâné
un cas pareil V ne peut agîr\ contre la majorité ^e ces pouvoirs , parce que la guerre met les Ministères dans la dépendance de ceux qui peuvent seuls décréter les impôts dont ils ont besoin, çu donner du crédit à leurs emprunts.
U y a , sans doute , encore dans les pouvoirs représentatifs de la France un plus grand nombre, de leurs membres, aux opinions ou aux •intérêts desquels la paix convient, que de ceux à qui elle déplaît; et s'ils osaient voter ensemble; d'après ces opinions et ces intérêts, il est probable que lama)orité déciderait la question dans ce
sens.
^ Mais les forces du parti qui demande la guerre sotit bien grandes ; car il a pour lui, dans cette occasion, les jeunes militaires qui souhaitent la guerre ', parce que c'est leur métier, les prêtres, parce que ce n est pas le leur , les généraux novices qui dé-^
( i4x ) §irent avoir aussi des cicatrices à montrer, et le^ femmes, qui aimetit la guerre et ne yoîent dans les conséquences des événemens que celles qui leur sont agréables. Ce parti à surtout pour lui la crainte qu'inspire son* intolérance.
C'est une arme bien plus terrible dans ses mains que le glaive dès Espagnols, parce qu'elle déverse Tinsultè et lé mépris sur la moindre dissidence qu'un Royaliste peut montrer dans ses opinions , et lui fait porter ainsi dans la société tout le poids dé la déconsidération publique.
- Or, il en eât peu qui soient doués d'un caractère assez fort pour braver la sentence que prononce sur lui ce tribunal invisible, qu'on appelle Popînion de la société.
Cette timidité a déjà poussé si avant le parti politique sur le chemin de la guerre, qu'il est difficile de croire qu'il veuille mettre quelque vigueur à s'y opposer. Les choses^ d'ailleurs, ayant
été arrangées de manière à ce que ce^ pouvoirs, au lieu de voter d'après les intérêts du pays quUls doivent représenter, ne se décident,, au contraire, que d'après les opinions et les intérêts spéciaux des partis qui les divisent ; personne > à moins d'avoir le secret de ces partis , ne peut préjuger leur décision.
Je ne puis donc, Monsieur^ vous donner siir ce point qu une conjecture^ et vous en connaîtrez le résultat ayan( que cette lattre ne vpus parvienne; mais comme il reste encore des chances pour la paix, comme il en restera encore / même aprèsavoir commencé J|aguerre, il me semble important d'en examiner les conséquences. .
SOIXANTIEME LETTRE.
De la pais.
JLja péninsule pourrait résister à la Sainte- Alliance, si la défense du pays était assez nationale pour que la tota*^ Ijté de la population voulfil y prendre p^rt L^histoire nous a montré trop d exemples des succès d'une pareille défende pour ne pas la croire possible^ et TËspagne elle-même en a donné la, preuve.
Mais alors aussi le concours de la nation était universel, et les armées régulières , malgré leurs victoires I n ont pas pu vaincre une r^r
sjstance qui détruisait leur ouvrage, à mesure qu'elles se flattaient de 1 avoir achevé.
La même unité ne régnera pas aujourd'hui en Espagne, parce que des forces opposées luttent dans son sein.
L'armée de la Foi, quelque peu respectable quelle se soit montrée, soit , " ' •
par ses faits , soit par la nature des reproches que ses chefs viennent de s adresser, publiquement à Toulouse, cette armée ne laissera pas d'occasion^ner de la désorganisation dans la défenise dii pays; car avec de Fargent, et Tespérance d'y recevoir des grades et des titres, elle pourra se recruter au moyen des laz.zaronis et des chouans 'qui abondent dans la péninsule.
Les révolutionnaires sentiront alors,
^mais trop tard, la faute qu'ils ont
commise en négligeant de détruire
ces bandes par un grand et sévère
déployerqent de leurs forces, puis
qu'en les alimentant comme ils Vont fait par la faiblesse de leurs mesures ^ ils ont donné au parti . sérvilé une consistance qui leur devient funeste.
Mais une puissance morale, bieii
plus redoutable encore pour ,eux« est celle que le clergé doit exercer dans cette gUérrë contre la défense de àon propre pays; car ce clergé doit savoir que cette gUërra se fait principalement dans le but de le rétablir dans la gloire et l'autorité dont il jouissait.
Le Gouvernement espagtiol semblé d'ailleurs avoir voulu pousser le clergé à prendre parti contré lui, par Fineplié avec laquelle il vient de rompre avec la cour de Rome, pour uliê cause qui « dans un tel moment, n'était que pué-»
rile.
Il est dbtié probable qile eés forcer agiront contre la défense du pays. Je dis , Monsieur , qu^il est pix>bablë quelles agiront ainsi; car 'en fait dé sentimens nationauiii, on ne peut rieri 4/ P. io
préjuger d'avance ; ces sentimens sont , la suite des impressions que reçoit la ' multitude^ et personne ne peut assi-^ gner la cause qui les excite ou les 1 flétrit. Une parole suffît pour les ré- : veiller, une autre pour les éteindre »
V ft nous avons vu ces œémes Espagnols supporter paisiblement chez eux, . pendant plus d'une année, la.domi-^ nation française « avant de commeni cer une résistance , qui pour avoir . été tardive nen a pas été moinsf . terrible.
Il est toutefois . probable qu'il y aura»
: âans^ cette occasion , un partage dans ' les sentimens des Espagnols , et par r conséquent division dans leurs forces* • Cette , division doit, fairç prévoir au Gouvernement qu'il sera vaincu un ^ peu plutôt ou. un peu plus tardv Mais il t jdoit sentir aussi qu'une défaite totale aurait pour lui le danger de le placer ' au point oh I9 Saintes Alliance se propose de le réduire, c*est-à-^ire ^ de
* metti-e lé Roi dans là îk>sitioti
* de donner à ses peupileS les insr ^< titutibns qu'il croira leur , être ^ utiles. »
Telle fut aussi la position qii; la Sainte-Alliance avait mis le rpi de Naples , et il a cru alors utile à ses pçuples de ne point leur donner dms^
titutions;
Je conviens qu'ils ne a'ié trient pas
, montré dignes d'eu avoir; mais il
n'en est pas de même des Espagnols;
La noble vigueur avec laquelle ils se
, sont relevés de.ravilissement où leur
ancien régime les avait plongés ^
pour défendre leur indépendance con^
tre 1 asservissement' impérial V téfnoi-
gne qu'il y a dans ce peuple un éaràc-
" tèreètdes sentimens riatiôhàûx/qu on
Jie salirait étouffer *sans exercer utiÉf
dangereuse contrainte;
Il est donc daris rintérêtffénëral de»
, Espagnols d'obtenir des institutions
conformés au caractère qu ils ont dé^ Veloppé. Mais, d après les termes que je viens dé citer , ils doivent com-* prendre que s'ils éprouvaient une en-' tièré délaite , il y aurait un moment à la suite de ces revers , pendant le^ quel il se ferait une solution de continuité entre leurs institutions actuelles et celles qu'on aurait mis le Roi à même de leur donner.
Or, ils peuvent craindre, diaprés le |)eu de goût naturel que Ferdinand VII a montré en 1 8 14 pour les constituations , qu'il ne leur donne aucune institution quelconque.
Alais les Espagnols peuvent éviter ce danger, qui serait grand pour eux, en traitant de la paix, d'après les conditions qu'on leur a fait sous* entendre.
Jjes conditions qu'on leur demande sont qu'ils séparent le pouvoir re^ (Mrésentatif en deux Chambres « et
(^Or'ik donneni: au Roi linîtiative des lois , et leur uetd absolu. Si les aâPaires De Yont pas beaucoup mieux ea Es-:
pagné avec cçs changemens , elles n en iraient p^aè beaucoup pluamal«.
et jsi à çé prix les fiispagnols conîu-^ raient Torage, ils auraient gagné toute la différence q^ui. existe pour un peu-^ pie entre la liberté et rasserylssement.
Ils on t çnpore le cbpixentre les deux propos» tipns qui le ar ont été taitej$« savoir, d'éviter la guecre en. se donnant à eux-mêmes de nouvelles ins^ titutipns, ou de courir la cbanpe des hostilités q^ui ne, cesseront que lorsque le Roi aura été mjs dans la po>iti9a de leur donner ces institutions.
Les Espagnols,, ijpusl'avonsvg, né.
pouvaient pass;an$ s avilir accepter, en, vertu du droit d'intecventian, lapre-^ niière dg ces propositions.;, mais après avoir choisi la guerre, 4insiq^u ils Font fait, ils peuvent offrir pour gage de I». paix les conditions mêmes (^u'qjI^
voulait leur imposer» Il serait difficile auGouveroement français de se refuser à le^ accepter après leur en avoir Jui-mêïtie offert le choix.
'L Espagne gagnerait par cette yoie 1 avantage de joindre, par. un traité sy-
naliagrnatique ;, ses institutions actuelles à ses intitutiotis futures. Ce passage immédiat est aujourd'hui la seule manière dont elle puisse s. assurer d'obtetiîr ces institutions futures ; en ce c^ue le traité qui en ferait la stipulation serait garanti par la. signature de la France comme partie contractante , et par celle de V Anglç^ ^erre cpmipe médiatrice.
Ce tfâité est donc à peu près TuliiqUe espoir qui reste aux Espagnols de sauver leur pays de la dopriinatîon dé Tétrangèr; mais ils ne peuvent Pob tenir que par la fermeté de leur attitude ; car on ne traite qu. avec les puissances arnaées, et l'on dédaî-r gne celles qui ont déposé leurs arrnes d'avance.
ifi5i)
La nature de leur pays petihèt àirit Espagnols de traiter encore de la paixi; lors même que leur Gouvernement se serait retiré dans Tilé de Léon , parce que pour assiéger cette île » les armées étrangères seraient obligées de s*éohëlonnei* sur une ligne de .200 lieues. Ligne sur laquelle elles pour*raient être partout attaqjnées, puis-»
qu'elles y seraient partout faibles.
Cette position disposerait nécessai^ remént la puissance à laquelle àppar*tiendrait cette armée , à traiter de la paix, pour ne pas prolonger une situation qui, dans un tel pays et dans de telles* circonstances^ pourrait devenir à chaque instant' périlleuse', t II y a ainsi dans ce moment encore H^e possibilité pour les Espagnols de traiter avec la France. Cette possibilité »
existera même encore après îenvahis-»
çementdel»ur pays; grâce âfea confi-^ \ guratîon >et'à lappui que lui prête»* rAngleteçre, Mais il faut qti'ils ne t^
^(jîignmt ni lâcheté, ni faiblesse^^ et que le Gro.uYerneoîent puisse entraîner ]a majorité, du peuple dans la défense ip^tioiiiale^ car saps çel^ tous ses moyens sont n,uls. ,
Cet j^Qtrainemçnt .parait être U grande difficulté qu'il ait à vaincre « préçis^Gnent pajcç quç, la yévoluîîon .
n'a rien fait pour le peqple. EUe né :
lui a. .donné ni $9^^ à répandra, ni trésors à partager { et si çUe lui en avait donné , elle jurait h iuste titre amassé i*
contre eUe l'iodjgpfitipn publique. H . faut donc que. h, révolution win^ ce peupj^e malgré Tiafluence. opposée du .
clergé , sajaç, ^utre mobile que. celui de son ai^our ppur nndépeQdançe de ; sop pays.
SIes moyens de. défense étant ainsi cQnfié$ AU hasard, to.ut doit porter le (j^ouvevnejnent espagnol à profiter des ofFrçs de VAoglçterrç , pp.ur obtenir »
$QU$ la garantie, de sa médiation « un traité quelconque çntr'elle. et 1^ .
france.
Un tel traké aurait également pour celle-ci de gi*andes conséquences.
Je suis fondé à admettre , d'après tout ce qui s'est publié, que par ce" traite^ la France se contenterait de donner à TEspagne uiie constitution semblable à la sienne. Il servait assez difficile d'ailleurs que^ traitant en son .
nom , elle ptSt lui demander davan- , tage; car ce serait renier ses propres institutions.
J'admets au^si que les Alliés, trop réparés du théâtre des évéoemens , donneraient une adhésion tacite ou' patente au traité qu aurait conclu la France. La situation politique de ce .
Royaume et celle de l'Europe n'en Seraient pas moins cKangées. .
£n signant cette paix, la France con-* solidçtr^it un régime constitutionnel .
en Espagne, et par un effet inévitable, .
elle se rapprocherait en même temps de la péninsule et de l'Angleterre , par, cela sêulcjue ces trois Puissances fiuraient fait ensemble un acte dans
leurs intérêts communs ; acte opposé aux vues de la triple coalition.
Le résultat de cet acte d'indépen** dance serait donc d'écarter la France de cette coalition « et de la ramener par cela même à sa place naturelle ; c'est-à-dire, à celle de métropole de la masse que la communauté de na-ture et d'intérêts politiques doit former à l'occident de l'Europe , par (a quadruple alliance d'elle avec l'Angleterre 4 la HoUande et la péninsule.
Cette quadruple alliai^e servirait de contre-poids à la triplé) coalition, etrétabKraitsur-le<;hàmp,en Europe, l'équilibre que les révolutions et leurs réactions y ont achevé de détruire.
Les forces de cette alliance pourraient balancer celles de la coalition ; si ce n est par leur capacité matérielle , du moins par celle que lui donnerait la supériorité dé sa civilisation.
Les quatre Puissances qui formée
raient la masse occidentale de TEurope possèdent seules, en effet, les leviers* qui triplent la force des Etats, Seules, elles possèdent la marine, le commerce»
les capitaux et les matières sur les-^ quelles reposent les finances et le cré^ ^ dit des Etats. ,
Avec ces leviers, la quadruple al- ^ liance pourrait balancer pendant long-temps le pouvoir dé la triple coalition, et résister à ses invasions.
Elle donnerait ainsi , po\ir garantie à lindépeildance du Continent, un équilibre, fondé sur la réalité des forces qui doivent le défendre.
XJn tel résultat peut être obtenu aujourd'hui par un simple mouvement que la France ferait sur elle-* même. Par ce mouvement, que les circonstances lui permettent d'ojpërer dans ce moment sans efforts ni dangers, elle passerait du (|uàtrièîhe'râng qu'elle occupe dans la Sairtte-Lfgûe au premier de Ig quadruple alliance;
Ce choix lui est offert et ne dépend que délie, lËspagne en attend son salut, l'Angleterre sa sécurité^ TËurope son indépendance, et, pour la seconde fois, la France serait ainsi l'arbitre de son sort. Jamais choix pareil n'a été offert à une nation; mais elle n'a qu'un iQornf nt pour choisir , car les t vénemens vont renvelopper,et bientôt en- lacée par la guerre dans la Sainte-, Alliance, elle sera forcée den suivre la marche , et d'en subir les lois.
La place que la France occuperait 4ans la quadruple alliance exercerait^ il faut la vouer , une grande influence sur son i:égime politique. £lle. serrait irrévocablement dévolue, par leffet.
même du choix quelle aurait fait^ 9U régime constitutionnel ; car ce régime, y serait consolidé, non*seulement par des institutions et par des sermens ^ mais par la force des choses..
Ce ne serait, en effets qu'à titra^ d'£tat çpnsti^utionne^i quç i^ f rsu^oç:
( 15? ) attrait traité de la paix, et qu^à Ce titre quelle aurait formé une alliance avec des Etats auxquels elle ne pourrait sans cela inspirer de confiance.
Telles sont. Monsieur, les consé-* quènces qui suivraient un traite fait aujourd'hui par la médiation de TAn^ gleterre entre TEspagne et la France.
Ces conséquences s'étendent bien loin^ puisqu'elles changeraient toutes les combinaisops de la politique qu'on dierche à faire dominer en Europe »
et fixeraient les destinées de la France, eh confondant , par un fdit irrévocable, l'ancien avec le nouveau régime»
et le parti royaliste dans le corps national.
Aussi la grandeur de t:es conséquences est telle, qu'elles dôiveiit effrayer ceux qui les envisagent 'sans s'élever au sommet du monde poli^ tique, et c'est pourquoi il ne faut ^ . se flatter de les voir s'accomplir. Il est ^ donc permis dexamisreit* oeiies que doit avoir la guerre.
4SÔIXANTE-UNIÈME LËtTRE.
De la guerre^.
Xl manque anjourd'liuî en, Europe, deux grands élemens de guerre^ sa-
\ voir, d'ua côté Biionaparte , de Tautre les trésors de l'Angleterre.
Un général, seul entre tous , avait balancé dans la précédente guerre les succès de celui qui avait eu le pouvoir 4'éiever et de détruire les Empires t et ce général appartient à un pays
^ dont. les armées ne sont pas appele;çd à combattre. -La guerre qui se pré-
. pare ne sera donc conduite que par des chefs qui ne peuvent inspirer, iii
- t i59 ) confiance à leurs soldats , ni enthousiasme au public.
Ce défaut de vigueur guerrière est déjà sensible^ en ce que les actes civils r de la guerre pnt devancé de beaucoup l'ouverture de la campagne. Il n'en était pas ainsi, naguères, et ' Ton peut s'apercevoir que ses rouages se sont affaiblis.
Les grandes armées de la coalition avaient été mises en mouvement par . les subsides de l'Angleterre. Les som- . mes qu'elle y a destinées ont dû dépasser plusieurs milliards, puisquellQ ^réclame auprès de l'Autriche seule 21 paillions sterl. pour des prêt» rem- • bpursables , et en. dehors de tous les .subsides qui nel'étaiefit pas. Il faut ., ipin^dre ^ ces valeurs , celles qu'elle a
dpiinéesà la Russie et à la.Prus$e> afin .^ de pouvoir sç figurer, à cjupi lïionteut
les dépenses de ces grandps armées,
et çQÇibien il cfst imposisible que la ^triple cc^ition fasse noQUVoii^ >fes
siennes sans secours étranger.
Le crédit de l'Angleterre a ^u fout-* nir à ces énormes dépenses , parce que ce crédit s'alimente par 1-irhmeri-' site d*un capital nfiobilier qui dépasse»
proportion gardée ^ i3 fois 5 celui tjue possède la France. Or , le crédit d^uil Etat ne tient ni à sa richesse térritorialej ni à celle de son industrie ou de son commerce ^ mais à l'étendue du capital libre qui s y est accumulé et qui cherche à $e placer, parce que ce capital fournit seul au trésor public la matière empruntable dont il a
besoin.
Les Etats compris dans la triple coalition ne possèdent à peu près poini de capital mobilier disponible, et leur premier emprunt épuiserait le crédit que leur a prêté depuis la paix la caisse de Rothschild; caisse sur laquelle a pivoté depuÎA lors tout le crédit de ces Etats.
^ La France possède^ seule un capital mobilier^ et un crédit qui l'appelli^ràit
( iSg )
à^jojaer dans cette nouvelle giierfe le ràl^ que l'Angleterre a ifempli dans I9 première^, c'est-à-dire celui de tré-î»
sorier de la Sainte- Alliance.
{ Mais $es moyens ne $ont pas les m^^nles; il s'en faut de toute la différence que î'ai citée. La France d'ail**.
Ifi^rs ^ epu^isé son capital libre dans.
les appels quelle a été obligée de lui^ fairjç^ppi(r remplir les emprunts qu'elle ^ a dû contracter^ soit pour solder se$/ dettes ^ soit pour acquitter celle qu'oit lui avait imposée.
L'ordre public et celui des finance^ a permis à la. France de payer les in-* tér.êts de sa dette avec ses ressources.' ordinaire^ «, et sans en contracter de^ noi^yelles. Elle n'a donc t'ajtdepuis sa; libération aucun appel à ses capitaux, libres, e\. la paix, taisait présumer qu elle ne serait pas appelée de long* temps à leur en faire auouii.
. £)^s4ors les prêteurs n'ont eu qu'à ft^çûhanger .entreux vin capital dont 4. F. li
les fbnds ét^nt déjà faits « et la valèars'en est élevée en raison delà con* fianee^ puisque' et de T^etivité de ce»
échanges*
* Mais av^c une guerre dont la France supporterai! les dépenses , elle sTerait obligée dé faire des appels à de nouveaux capitaux ; capitaux que la paix n a pas eu le temps d*aecumuler .^ eUe depuis le^ dernkrs emprunte, et qu'elle serait forcée de eherchei^ au dehocs en leur offrant un intérêt usuraîre.
' Vu doit donc résulter du défaut des deux grands levier» qui ont agi si puissamment dans la précédente guerre, que celle*ci se fera avec plus^ de lenteur et dte moindres ressorts; er qu'annoncen t déjà les retards qu'elle prouve, et le peu de monde qui se met en mouvettient.
Si Ton ne préparait pas d^atitres^ forces , en effet, pour ciHiqaérir l'Espagne , que celies dantonra fait Vao^
nonce, k révdutiôn poiÊrmît 3? re* prendre Côumgèf; esLt lôo^ooo, hoîm mes ôcmt Wetï' peu pour s'ém^rer cfe toute une population/ ^ II faut d'ciiiiêurs admettre (jite^mai^ gisé la dédlarafiion de neuf falfté qu'elle vient de foire;, rAngfeterre^ arinsique ïa dit lord Liverpoôl; peut être aippe- U^ par lès événement à preiiKJve p»rt à la guerre ; e'est une chance dont hi l^obdbilité s'éât aeerUô ehrfq«ë j^rtir i él qui demanderait srcét Alliée Ufi^ noo^ veau dépioyemènt d* Ifciirs forcés^ ^ II' faut admettre endure -que ht Sainte- Alliance aura ôotttre elle; sur •toute la» surface de l'Europe; les opî^ ^ioîii, et les choses; qui eoustittient là révolutibn.; et qu'elle s^ra par éoa*- «^quènt stppeléie èè ièe doâËemr par tin appareil de for<^^ capable dfd l^s intimider. *
• La Sainle-AUiancè â vaincu lôs arittéës» de dette révcàution ; mais elle ii^a fài pu Êsûro^ue aequie^tnè s^.
Cest en vain qu'elle a voulu la personnifier, en supposant qu'elle s était concentrée dans une secte, afin dé pouvoir, en détruisant la secte, anéan-?
tir du même coup la révolution. Cette fiction n'atteindra pas à son but, parce qu'encore une fois la révolution H est pas de la nature des personnes ; c'est une puissance d une autre espèce^qui^après avoir passé des opinions dans les lois, est aujourd'hui dans les 'mœurs. Les sentimens^ les habitudes»
qui tiennent lieu de caractère à ceux gui n'en ont point , le mode de vivre enfin des peuples ^e TOccident, ont été transformés par cette révolution ♦ au point que ceux qui la baissent en •sont eux-n)êmes imbus , et ne savent comment rétablir ce quils regrettent»
parce qu'ils en ont perdu jusqu'à la trace.
Le mouvement offensif delà Sainte- Alliance va faire renaître les forces morales de cette révolution» que son
système défensif avait abattues ) en lui offrant des chances inattendues ; celle de la guerre , qu'il n'est donné à personne de calculer.
Fâcheuses pour les Alliés , ces chances réveilleraient l'espoir des amis de la révolution. Heureuses , elles les porteront à se prémunir contre l'approche d'un système de monarchie militaire , aussi contraire à leurs opinions qu'aux mœurs générales de l'Occident.
Ils se diront , et le: monde entier sentira que cette guerre, si elle n'est arrêtée à son principe , doit être une guerre à mort entre la réformation politique et le système monarchique de la triple coalition ; sans quoi cette coalition n'aurait point trempé dans cette guerre, parce qu'elle n'avait rien à démêler avec FEspagne* Cette guerre est donc la suite d'an plan d'attaiqûe coiQtre.toUt ce qui était repté de bout
tie U révQlttti^ft. Plan ^^ 4^it absor--
ber du même coup rindépehdancë du Goiitniirat , et par oonséquent la li^ berté dé ses peuples comme de sœ Gouvernemens. î
Une telle entreprise demande uit déploj^ement de forces tout antre que cebi^ qu^on nous montre ; car il faut; non-^^ulement aHer au-^evatit d^ Fennemi qu'on connaît, mais se pré-»
munir encore contre ceux qui restetit invisibles.
n faut contenir tous les .genres de mécontentemens que oètte ^ entreprise fera naître; ceux des amis <le la ré-^' volution , ceux' de& Etats secondaires dont on attaque déjà les institutions ; et ceux auxquels on va faire sentir le poids 4^ la dépendance qu'on leur prépare.
Il faut même aller plus loin ; il ne faut pas ouvrir la campagne qu'on n'ait placé' isur le Continent les forces qui doivent contenir ces divers mé^ contentemens» U ne ^siiit pas l'ouvrir
( rCfc ) -^
Bcm plus avant de s'être assuré 4e B'éprou ver aucun re vers« Je . nVnteiids f as par ce mot la perte d'une bataille^ parce que les Espagnols n'ont rien de ce quîl faut pour les gagner ; mais des échecs de détail ou des retards â!e:^ér cution; car les moindres événemens de cette guerre retentiront dans toute l'Europe, comme dans un coips so* nore, parce que toute l'Europe est in*^ téressée à ses résultats^ . ^ »
n faut donc que toutes lesf précaur tions soient prises par ceux qui la provoquent; car s'ils ne sont pas sûrs de leurs moyens , ils verront au moindre doute apparaître des résis^ tances qu'ils pensent avoir détruites, et des ennenûs qu ils croient avoir anéantis^ parce qu'ils sôntinvisibies^ ' Cette entreprise eidge donc que beau« coup de forces se mettent en meuve* ment, et il faudra y employer daatres troupes que celles de la Francç.
Les armées de l'Autri(^ ne passe*^
roui pas les Pyrénées. Ce mouvement Mrait trop audacieux et trop excentrique pour elle, dans un moment oi| letat de l'Orient Toblige à surveiller ces régions; n^ais elle placera des fidrces de manière à les mettre à la fois à portée d'observer le théâtre de la guerre et les Ëtats de Tltalie. L'Autriche enverra donc une armée sur les fron-^ tièrés qqi séparent le Piémont, àe la, France. . ^ / ;
£Qe placera une seconde armée vers les limites du Rhin, d'où elle pourra facilement agir sur les Ëtat^ de TAUemagne. Rhénane, dont les insr titutions doivent être absorbées dans Je système monarchique de l^iiSainte* Alliance. £Ue partagera ce soin,avçç la Prusse , à qui rien n'empêche de, faire avancer ses troupes sur le Bas-
RbUi.
I41 flus^ie. sçule peut , sains, popor.
prom.ettre sa sûreté, envoyer Ues forc^^ *tiHie|à.4e§ Pyr^ijéçs, ^% e^ é^\, ^
«bra , parce qu on peut prendre â volonté des armées dans cet arsenal tf hommes , sans nuire aux ' intérêts de l'Etat , moyennant qu'on acquitté leurs dépenses.
Cet envoi est au choix de la France; car il ne dépend (|ue délie d empi >yer à cette guerre, suivant ses convenances , ou ses propres conscrits, ou des soldats riisses , puisqu elle devra également solder les uns ou les auti^es.
Sans ddute qu'avec ce'déployeipent de forces la Sain le- Ligué peut se j^àt-^ ter de réussir , cVst-à-dire de mettre le roi d'Espagne en position de donner à ses peuples les institutions quil croira leur être utiles. Sans doute qu'avec cet appareil elle se rendra maîtrç de tout le Continent, et pourra y éta-* blir l'unité d'un système monarchique, dont les Souverains attendant une entière sécurité et un long repos. Système dont les forces seront dans
( i68) les vastes Etats qui bordent l'Asie^ et qui exerceront de cette extrémité de rEurope une entière suprématie sus elle.
La France aura ainsi combattu à ses dépens en faveur d'un système qui n est pas le sien « et pour établir un ordre de choses qui doit soumettre Toccident de l'Europe au régime do peuples dont le nom même y était inconnu il y a moins de deux siècles^
U nous reste à voir quelle est 1^ nature de ce régime, et quelles pçur vent être les conséquences de rempirç qu il doit exerceif sur le Continent.
m^f^mm^mmi^
S01XANTE-DÈtIXI$;ME LETT^iE.
Dif .t^thne de la SabUa-X^pte.
Kje 9'est paiS parpe que les Tar-^ tares et les Kalmoucks sont b^rbare^^ que VBifrope doit les .crsav4^^i ^'^U au CQPt^t^re, parç^ qu'ils ont cessé dq l'être. S'ils rétaieat encore, en effet, 1^ supériorité de ^ civilisation ^)^itaiw lui dqnperait, pour les vaincra , d^^ l»oyeHs que les, RpffWÎps n pflfpopïÇ eu.
Mm <m fev^hp disposent »wpuJ»> druides mêines npçjens, et réiL^iis^r sent ainsi Us forp^^ ^ l^ civllf^tioii ^ çe$lf$i de >« bvl>wie.i c>st pourquoi
ils exercent sur le Continent une in-
fluence, qui n'a pas encore été appréciée, parce qu elle ne date que de peu d^années.
La. partie orientale de l'Europe, de Trieste à Archangel , et de la Bohême à la Mer-Noire « est habitée par un peuple dont le caractère porte une empreinte asiatique. Ce peuple qui a pris le nom de S^lave est divisé en deux castes, Tune de maîtres, lautre d'esclaves attachés au sol oà ils sont nés. Le trait dominant de sa race est^ conmme chez lès Asiatiques, une âxité de mœurs et d'habitudes qui lui donne tm stupide respect pour le mode d'exis* tence qu elle a reçu du passé.
' Divisé par des circonscriptions de domaines seigneuriaux, ce peuple était soumis à deux ordres de pouvoirs, ce^ lui du seigneur de la terra ou il reçoit le )0ur, et celui du Gouvernement que ces seigneurs reconnaissent.
' Ce vaste territoire était^ à son tour.
divisé entre trois Puissances v savoîi:, l'Autriche, la Pologne et la Russie.
Elles se sont fait ainsi pendant long-" temps contre-poids entr'elles ; et le voisinage de la Turquie, qui était alors formidable , les ayant obligé à porter pendant . des siècles leur défense en Orienf:^ cette grande masse navait^ eu aucune action sur l'équilibre du reste de rÈurope; elle lui était même, à l'exception de l'Autriche, totalement étrangère.
Mais le voisinage de sa civilisation a fait découvrir , il y a maintenant uii siècle , à ces Gouvernemens barbares, les ressorts qui la font mouyoiir • et la force qu'elle pouvait leur don-r ner. Us ont eu seuls ainsi le secret de cette force, et ils ont acquis , par son secours», une immense autorité sur des peuples q^i.ii avaient rien de ce que donne cette ipême civilisation pour balancer la puissance. . L'autorité des Gouvernemeris s'est
iûttdéë ainsi à la fais dans céi ËtafI éjar le respect qlie Tordre castaire inspire aiax peuples pour eétix ^uî les régissent, et sûr la su^riôrité réelle que la civilisation doMié suir la bar^
hommes qàî én^oAt possédé lés isécrefs ont formé un collège spécial tf hommes- d^Etatl, aiixquek le SouVe^ raiiia^ confié Fexefcice de riatutorité.
liront en même temps ci^ jiour leur défense une arnfiée reguKère; dent là force s'est actei'ue dé fous lés moyens qu^ar découtertlà civilisation mihtairé^ en sorte que toute la force du pays s'est eoneentrée dans un collège d*homraes d'Etat, et dans l'artnée qui e:técutft «es otdres , parce qu'il n'y a que 45es deux corps* qui sachent faire fnouvpir ies ressorts de la châlisation.
^ £ieur puissance nie peut dond êlrt ba^ncée par nulle autre^ attendu qu'il n'y a point dc^ihîori publique qui fHxisse occasionner de réaction con-
( 173 ) treeUe àe la paErt du peuple ; car cette opinion est le produit de la mobilité des mcËurs et d'une civitisaftion qui' il'existe paa encore chez lui.
^ Cet ordre de choses a constitué des^ monarchie militaires dont les rouages* sont si: simples qu'ils tournent sànst le moindre frottement.
Mais entre les trois Etats que j'ai* cité, la Russie est celui qui a porté la simplicité de ce système- à sa perfee-^ lion. £ile a dû cet avantage à ce que la caste -supérieure n'y a opposé aii-*^ ciine lésistance ; elle a été absorbée ; a^ant de s'en étrfe aperçu ^ par k su-* périorité que la civilisation • a donn^ siir elle au pouvoir souverain , et son office se borne à répondre auprè» d^^^ hii delej^écution des ordres qu^il donner à la caste inférieure. '
^ L'Autriche îî'est arrivée que par de-' ^s à' constituer une monârchie-à pei* près semblable ; itoaid^ les - rouages enf
ont été plusr oompliqiiési'parce qu^ou"^
ire Ifls pays èsclavoi^is qui sônt^eiltresi datjs sa domination , elle en possède.
(Jpiit la race et les mœii4:s sont eurpr péennes. Pendjint long-temps aussi la caste supérieure de .ses £tats , barbares Hi lutté, pour défendre ses .privilég<>s^ oontre^on pouvoir monan^hique, et ils en ont ménae conservé quelqu'apr- ^atence. Cependant, la rvéalité du pouvoir s'est concentrée deauis trente ans*, dans le rgrand collège, de? hornines.
d'Ëtat et dans larmée. Ce collège est salement plus nombreux % et. il est obligé de consulter l'opinion des.
gi*fipd§ de lËtat, ce dont ,en Russie^ ii n-a pas, même bfesoin.
I .La Pologne; n'avait pas, suivi U naenfte marche; leà seigrieurs, jaioujç dp. leur pouvoir, avaient voulu i exercer entr eux sous la forme républi^^ c^inek La force publique s était ainsi.
4^yisée entre les grands, au lieu de se çpiicentrer, entre le Souyeraui , ie^ hommes d Ltat et Tarmée.
L'ànarbhié a dévoré ce pays, et il U été- livré à la Russie dont il a aug*mente la puissance d'une manière disproportionnée d'avec celle^de toUs lés autres £tats de l'Europei i L'immense portion du Gontittént que j'ai désignée plus haut n'appar*^ tient donc plus qu'à deux monarchie^ militaires /qui ne sont autre chose que des peuples et des régimes asiatiques perfectionnés par faction du temps et de la civilisation. '
Ces' régimes ont reçu de grands (£^ ydoppemens par l'exemple de la di(^ tature militaire que la révolution avait instituée pour leur résister. Ces monarchies ont appris par le mo^ dèle qu elle leur a fourni à organiser^ leurs armées. Elles ont fait de ces armées une puissance^ qui est à la fois nationale par la' gloire qu'elles ont acquises, et qui par cela même servent d'autant mieux à raffermix* le pouvoir
^monarchique dont elles sont Tinâtm^ «lent.
. La nature sociale et politique de ces JEtats ^tait donc contraire en tout à l'esprit dune révolution dont le but :était précisément d!ôter le pouvoir à -esux qui lexerçaient dans ces mo** ftàrcluies militaires^ pour le donner .aux représentans des intérêts géné-^ TOUX et de ropinioh publique.
Maïs telle était la. faiblesse du rôle i]ue jouait encore la .Russie au début 4Ïe cette révcdution, que la grande Ga-»
-therine se borna à donner une épëe à la €ontre*TéTolution, et n'osa pas lui en«- ,^ôyer un seul bataillon; l'Autriche ^en soutint s»eule le poids avec la Prusse et le soutint. mal* <
r Cen'aéfeé quWn 1799 que Tapparatioil idejSouvarow^ en Italie, amionçalexis^ tence politique delà Russie, et la part jqu'elk. aUait prendre aux affaires de l!£urope«. ^
Cert^»^ elle a été grande; cette part ♦ puisqu'elle a condint ses armées jUs^
4ues d^ns la 0âpitale ae l'ËcÀpiriè qu'elle a détruit. t
. Qe fut un spectacle imprévu que Celui de Voir le scrupule avec lequel cette puissance sauvage isut re^peqter, et lennetni qu'elle avait vaincu., et la Riétrppplë de la civ^isatioij qu'elle avait conquis> comme pour lui jendt^ hornmage d^; tout c^ qu'èlljé en iàvait appris. ^ : ' > . ^
» Placée, par <a grandeur ^et par. ses succès k la têtet c|èï> Et;ats de TEiu'op?, la Russie conçut le pla;Bl 4e rAllianoé .qii'elle noijima Sainte > ^et donfc le but i^tait de maintenir la paix, par je coiïcçrt q^i'eUe devait, faire régner entré ces Ëtats^ La Sainte- AH iancQ a rçm* pli, en effet, ce. but {>0ndant Jliuit an^.
[Mais ce monde est ay&vé àe paix 4 .^ Ja (liême Alliancçi qui devait la cooserv^er a cherché, à la coropré^ Elle ii^ti 4;roîivé de gi-iéfs contre awîiine piiisr sauce, si ce tt'est contre l'Espagne., qu'elle a accusée de troilblex son re-^ •pos., ^arceqU'elleîiitftit livrée aii^dé-
isordre inséparable d'une révolution qui n'est point achevée.
Il aurait dépendu alors de P Autriche dWrêtier ce mouvement. Il aurait suffi pour cela que sa politique restâhmiè à celle du Cabinet anglais, parce que }eur influence aurait été assez forte *pour contenir chaque puissance à sa place, et conserver par conséquent la paix qu'elle devait souhaiter; mais l'Europe s est montrée isous un nouveau point de vue aux deux Cabinets de Russie et d'Autriche.
Ik ont vu qu elle était divisée au^ jourd'hui par la nature des choses^, comme par leurs derniers traités , en deux parts entièren>ent distinctes^
L'une^ composée de cette vaste sur- Tace qu'habité le peuple Selave, et qui appartient à ces deux monarchies militaires; l'autre, placée à TOccident^ •renferme des peuples dont le caractère et les Gouver nemens sont totalement différens.
Théâtre dèj ré volution^s, cette joioi-
( n9 > tié de VEurope a' menacé Vautre (Futt danger qiw ses Gouvertiemens n'ont point oubliç. Théâtre des révolutions qui l'ont bouleversée, cette moitié de l'Europe est partout divisée en deux factions, dopt Tune a fait^ et dont Tautre* a combattu ces révolutions. La première a été vaincue piar les forces des monarchies militaires,, et la seconde n'a dCl soa salut qu'aux succès, de ces forces. ,
. Réunies par lacommimauté de leurs intérêts, cette faction a trouvé des Alliés naturels dans ces monarchies, et ces monarchies, à leur tour, prêtent leur appui à ua paitti qui combat a^vec elles contre^ une révolution, dont ils rexiDutent également le retour. .
. Mais s'il y a une^ communauté di^ position et d!intér^s entre le parti Royaliste de l'Occident et les monariphies militaires de l'Orient, il n'y en a point dans leur natuce , leur situation et leurs espérances..
Ces monarchies reposent sur une
( i8o ) ^Kttè dé mœurs nationales qui ne per-/ met le développement: d aucuni? opi-^ riion publique , ni par conséquent d'aucune spo^itanéité dans les peuples^ Leur action n'employé pour levier qu'un collège d'hommes d'Etat et linè armée, leur gouvernenient est ^onc simple , silencieux: et immuable,
La faction royaliste dans l'Occident appartient, au contraire, à Une nature' mobile, et qiii long- temps avant la iHîvolution avait appelé l'opinion publique à diriger le pouvoir par la louange ou le blâme, quelle distribuait à son choix.
Ix>ui$ Xiy ^en développant là civisation dans l'Europe occidentale, a créé lui - mênje , pour jôuîr de ses louanges , les élémens de cette opinîon, qui li'es^ autre chose que la' part d'influence morale quef chaque individu exerce dans l'Etat, en raisoi¥ de ses facultés personnelles, et les affaires publiques ont été régies par
eette ofsihion penikiït h ùôari di^ i8 *• siècle.
Lest ëcrivaio^, te publie, leâ div^rfe ordras^ de l'Ëtat étaient égalemérit a£K pelés à formel! pai^ leur coucou rs.cette inâuefice morale à laquelle le régime:
social a^aît confié la dirèétiôn des affaires. Les, grands de PEtàt n'in— fluaient point snr cette direction en.
¥ertu de l'autorité'' qu'ils aulraient dû.
y exercer*,, mais, en icertu des dpi-^ nions Qu'ils émettaient, jusqu^à ce/ que cette Hiême influence,, grossie comme^ Un torrent, ait entrakié dans la révo-^ kition fo GouTem$nt>est^ le Trône éC les générations..
La coalition^ a réfeblile Trôtie efe h parti- Royaliste , mais avec dé nou-^ vselles. institutions ; et au. lieu de léâ:.
fonder , sut Taristberatîe de fait qui pouvait se cônstittfer aVecles inlérêtSv réels exîstans dans le pa^s- , on néleur a; donné pour appui que Eopinipa^ du parti opposé à la révolution, e^
ixYorfA>h à. U. monarchie légitime*:
^ lies Royalisles^ appeliez ainsi à^ prçndre possession du pouvoir eii ver- 1;u de leurs., opinions , ont été par cela même co^istitués en faction. Ces opi-^ »
nions faisant leur seul droit, font aussi ^ leur sçule^fprce. Qettç force est par celît iTiênjefri^gile^c aussi les a^-t-oa ^u s^^ div%r, se rapprocher pour se diviser:
Çe^l;Têtre encore. Le pouvoir qu'ils exercent n^a 4onc nulle garantie ni de s^ fof ce , ni <Je ^ durée, puisqu'un partie entr'euxpu telle autre çirçonstantce, qu^ cha(|ue éven?ine|ij;'> peut faire naitre,^ suffi^^^it pour le lewjp enleyçn Uçi tel pouvoir i^e peut.dôu-^.
ner par conséquent aucune gari^tie à des, pnonarçhies^ qui^ fondées, sur Jie principe 4'un^ it^m^uablip^ fixité « ne peuvent prendre çonf^^nœ daps un ord^-ediÇ, choses, qui ne repose que sjur ^es opinions^ (xesbrii-rdire sur çç ^u'U y a de^ plus ^o^jle ^u mpnde.
. Mais, cette fragUit^ ^.'est pas si^ule^ nn^nt le irésultat des circonstances, file est £^ussi celui de la nature menpip^
d/sB hommes et des choses qui cens- ' tituent 1 état des peuples occidentaux. .
Elle est le produit d'une civilisation , ^uî» je le répète, avait créé les élé^ néens de l'opinion, et lui avait confié la direction des affaires.
Il y a donc oppositioti totale entre la nature du régime et des choses qui gouvernent l'Occident, et celle des mo- narchies Sclaves qui occupent l'Orient ' de l'Europe. Ces deux masses se sont pourtant alliées, non-seulement potif vivre en état de paix entr elles, ce à quoi rien ne s oppose , mais pour Se garantir mutuellement leur régime po- ' litique et leurs institutions. Gesr deux natures hétérogènes ont voulu se rendre ainsi juges l'une àe Tautre.
Placées dans de tels rapports, il est facile de comprendre comment lès mùnarchies Sdaves ont dû concevoir de Fombrage, en voyant le mouvement prodi^eux que le débat des opinions a excité dans l'occident ^e l'Europe.
Ce débat ne les rassurait point , lors
même qu'il était produit par celui dwT ' partis qui était leur allié,
La fragilité du pouvoir dont étais revêtu ce parti hixr a inspiré une juste défiance; ejleà demanwiaient k l'ordre social de meilleures garanties de sa stabilité ; elles devaient les' lui demander au. moment, surtout,. oà ces monarchies semblent avoir reconna, quelles avaient poussé beaucoup trop ^ loin chez ellesrroêmes la , marche (fe * la civilisation , et qu'elles tâchent de l'arrêter.
Il était donc naturel que les Gouvernemens dç ces monarchiescchBrchassent , en vertu de 1 alliance polidqiie^ qu'ils ont signée* à ramener lÔccident yprs un système plus fixe ,v et^ des habitudes plus propres «à garantir l'ordre public ,. afin de retrouveir eux-ro%ies unje sécurité et ixne confiance: qu'ils ont perdues».
. Cestce qu'ils <mt déjà feît en Italie^, ils y ont détrtât fes foye^rs ou s^aHu-^ ment les passions^oiitiques^, ethtioù^
lés'vwes par où la dvilisation se propage , afin dé rendre aux Gouvernemens la plénitude de Fautorité que lés opinions partageaient avec eux.
L'exécution de ce plan demandait avant tout que Ton renversât la révolution d'Espagne.; car c'eût été faire ûrie anomalie trop frappante de laisser gouverner un pays par le systènre qu'on voulait universellement détruire.
Jbe mouvement qu'il fallait opérer pour ' attaquer la péninsule passait d Orient* en Occident, et* devait rappeler par iionëéqueftt les forces et raltention de^ la coalition ver^ cette partie de l'Europe.
Elle pourrait y agir alors dans lel sens monarchique, c'est-à-dire? qtf elle* enlèverait les GouVerneniéiïs à Im- Huenceqiiexefxîe sur eux Topinion dur piiblic, et deis partis pour la côncerïti*€fjtf dans les pouvoirs institues , et dans les) forcés régulîèîres: qui doivent les feîre Respecter. -
^ignoi'e oîi s'arrêterait cette ttnJ
dance; sans doute quelle ne pourrait pas détruire Tensemble des institutions qui régissent la plupart des Ëtats oc-* cidentaux, parce que la Piiissanee mênie qui les a donnée s'y opposerait ; mais là où ces institutions A ont pas de profondes racines , là où elles ne sont que faiblement défendues, comme dans.
les Etats de T Allemagne. Rhénane, la coalition pourrait y faire suspendre »
c'est-à-dire abolir leurs petites constitutions.
Dans les Etats dont les institutions., représentatives seraient défenvdues par^ la force des choses , on peut en ralentir au lieu d'en précipiter Faction.
Le régime impérial ayait bien su y pourvoir.
Je Ile peux pas dire quel serait le régime que la coalition donnerait à POccïdent de TEurope, après y avoic établi sa domination; je sais seulement qu'il serait de nature k dégager entier rement le pouvoir des entraves dcj
ropmioB et h ïinB^osncR du PubUci,
Tel doit donc être le résultat ge^ néral d^tine entreprise, dont la guerre d'Espagne est le premier acte ; ce résultat donnerait ainsi toute Tinfluence politique du Continent à la coàlition> puisqu elle y aurait fait dominer ses vues et son système, elle y exercerait donc une prépotidérance totale.
Cette prépondérance naurait paë un caractère hostile, puisqu'elle serait acquise à la coalition par uâ consentement mutuel, et par la suite des traités et des circonstances mêmes^ dans lesquelles on se serait volontairement placé, La prépondérance de la coalition fondrait ainsi en une seule masse politique les deux nloitiés ai distinctes du Continent. Cette fusion contre nature n^aurait lieu, sans doute, que dans le seul but de maintenir le repos et le bon ordre chez des peuples amis ; inaiis ces peuples n'en épraù viraient pas pioins la contrainte que leul^r imprinie uiie dominâtioivmorale étrangère à leur nature; car rien n'of{ens4?
et ne froisse pluç péniblement les naticHis, que dêtre régies par unp civilisation inférieure à la leur , par la raison que la supériorité morale souffre d'être soumise à la supériorité physique; l'Italie en offre aujourd'hui le plu^ triste exemple. ^
Cette espèce de souffrance serait sentie par les Royalistes , comme par les Libéraux , parce qu'ils Sie sont jaccoutumés, depuis plus d*un siècle, ^ faire une puissance politique de leurs opinions , et ils ne conçoivent aujour^ d'hui la monarchie que comme étant le règne de cette puissance ; c'est ainsj, du moins, que Font exprimé leur^ écrits , et c'est ainsi qu'ils réalisent;, en effet, le pouvoir qu^ils ont recoi^quis. ;
On s'est servi de leurs passions pour les porter à attaquer la révpjlution d'Espagne, comqae on s'était servi jadis des Cortès de cette même Espagne pour la pousser contre la
mt w
France (i). Maïs au lieu de retirer de cette entreprise le fruit qu elle semblait leur promettre , elle aurait pour conséquence de les placer sous l'influence d'une coalition qui préfère, .
sans doute, leurs opinions à celles d^s Libéraux ; mais qui ne veut d'opinions d aucune espèce , parce que les opinions sont les élémens dont se composent les factions , et les factions , qudies quelles soyent, détruisent le pouvoir monarchique qu'elle voudrait rétablir.
La conséquence de cett^ entreprise sera donc d'absorber la puissance morale qu'exercent les Royalistes, avec le régime politique de l'Occident, et par conséquent avec l'indépendance de ses' Etats.
L* Angleterre a jugé cette marche , et en a connu le but, malgré la prudence avec laquelle les Coalisés ont
(i) Journal des DébaU \ remarquas sur la lellrt âa général OHOBiiel.
( tgo ) pris leurs mesures, et proportionné . graduellement l étendue de leurs projets à celles de leurs forces.
Cest lorsque ces projets sont près d'atteindre à leur terme, qu*elle s'oppose à leur exécution , et se prépare à : combattre de nouveau pour la liberté
publique.
Certes , il faut que ces projets soyent bien réels, et leurs conséquences bien évidentes, pour que le Cabinet anglais se soit résolu à s'opposer à ces mêmes Puissances, à la tête desquelles elle a renversé la révolution. 11 faut.que ces projets soyent bien réels pour que .l'unanimité du Parlement ait sanç- . tionné cette opposition , le monde n'a pas besoin d'autres preuves.
Il n'est pas trop tard , et l'Angleterre a été avertie à temps, puisqu'il ..dépend encore de la France d'accepter la paix qu'elle lui propose » pour assurer avec sa propre indépendance celle de toute l'Europe.
Encore une fois, iHonsîeur, la France
à le choix ; elle peut suîvfè la bannière de la coalition , et sera bientôt alprs ajpH pelée à combattre contre, F Angfelerr^.
Seule d'entre les Alliés; elle supporte^ rait les hasards et les perces de .cette guerre;, parce ^qu'elle est la sçiile qui possède ieincorfe çé qufe TAngletefré peut détruire. , . ;
Epf s'alliant avec elle^ au rcbntirâite^ leurs forces réunies sont trop redoutabks aujourd'hui, pour que la^coalir tîon nepuisse ni ne yeuille les attaquer; jet c'est précisément du respect que s'inspirent mutuellement des forcée .égaies que résultent réquîlibre et 1 mdépendance des nations.
C'est à ce point que la question me semble être arrivée ; elle n'est plus dans le domaine des factions, et ce Il est plus de. révolutions qu'il s'agit £tU]ourd'hui. . L'Angleterre l'a placée plus haut; elle en a fait une questioil
d'Etat: car c'est, de la liberté ou dé
i asservissement du monde qu H s agi^-
( ï9^ ) :et ^r^nt de telles questions , les pe* tites passions politiques s'effacent pour ne voir que ce qu'il faut décider avant tout, savc4r , Tindépendance des peuple*.
Arrivée à ce terme, la France n'a ^ki8 à consulter Tintérêt des partis qui la divisent, mais les grands inr /térêls qui doivent décider de son sort à venir. Eux seuls, dans une circonstance aussi sérieuse, doivent lui ap-»' prendre s'il lui convient mieux de rompre avec F Angleterre, pour suivre 'la carrière qui lui sera tracée par là trif^le coalition , ou d arrêter les pro^ jets de cette coalition , en foi*mant la quadruple alliance , qui peut seule , après tant de révolutions , rétablir uri équilibre propre à garantir la paix et la Hberté de l'Europe.
Si la France se refuse à donner à l'Angleterre le point d'appui qu'elle lui dbmande sur le Continent, elle sera forcée de le chercher ailleurs.
Son Cabinet trouvera ce point d'appui dans les mécontentemens qui existent, et dans ceux que la guerre fera naître. L'Angleterre est trop riche pour ne pas trouver d'Alliés, il ne lui en a jamais manqué, et par cette alliance , quelle qu'elle puisse être ^ elle causerait une diversion qui rendrait la guerre générale en Europe»
jusqu'à ce qu'elle finisse par y réta-blir l'équilibre, qu'un seul acte de la France peut lui donner aujourd'hui.