‹ Lettres de Saint Pie VChapitre 1 sur 50 · BRUXELLES · texte numérisé non relu

BRUXELLES

H. TARLIER, LIBRAIRE-ÉDITEUR,

RUE DE LA MONTAGNE, N® 3o6.

Priùtêd lo Belgluatt '

INTRODUCTION

HISTORIQUE

Les lettres que nous offrons au public, sont d’un pontife fameux dans l’histoire par la franchise , pour ne pas dire l’impudeur avec laquelle il a manifesté les principes professés par le Saint-Siège, depuis l’époque où ceux qui l’occupent se sont crus par l’opinion les maîtres du monde, ou ont espéré de le redevenir un jour.

Elles sont adressées au roi que la France ne nomme qu’avec horreur ; à sa mère , à qui le pays alors le plus corrompu de l’Europe , l’Italie , et la maison régnante la plus lâchement perfide , celle des Médicis, avoient donné naissance pour le malheur des François et la honte de l’humanité ; au duc d’Anjou, dont la funeste versatilité et le dévot libertinage ont signalé d’une manière si odieuse la fin de la race des Valois; au cardinal

INTRODUCTION

Prothée de Lorraine , comme on l’appeloit de son temps 1 , le valet de la maîtresse de François I* r , et le dresseur des femmes de sa cour ’ , orthodoxe brûleur des calvinistes de France, et luthérien en Allemagne, dans le seul but d’élever sa famille sur la ruine de celle des héritiers légitimes du trône; enfin , au sombre tyran Philippe II , de sanglante

1 Ce prêtre perfide et sanguinaire s’étoit déclaré luthérien dans une entrevue avec le duc de W urtem— herg à Sa verne , afin de ne pas aigrir les protestans d’Allemagne, et de pouvoir continuer sans obstacle à faire assassiner et massacrer les calvinistes de France. — Varillas, Histoire de Charles IX , lom. i , p. 122 ; Cologne , i684.

* La duchesse de Valentinois, maîtresse d’abord de François I er , puis de Henri II, son fils, traitoit avec tant de familiarité le vil prince de l’église, « qui , dit » Mézeray), avoit gagné cet esprit par de très ab— » jectes soumissions , » qu’elle ne le nommoit que maître Charles.. « Quel dresseur, s’écrie Brantôme!... » H n’y avoit guères de dames ou filles résidentes à » la cour ou fraîchement venues , qui ne fussent dé— » bauchées ou attrapées par la largesse dudit mon— » sieur le cardinal; et peu ou nu lies sont-elles sor— » ties de cette cour femmes ou filles de bien... Son » roi le vouloit ainsi , ajoute-t-il , et y prenoit plai—

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mémoire, etau bourreau qu’employoit ce monstre, au duc d’Albe

Ces lettres expriment toutes le même désir:

elles n’expriment qu’un seul désir; celui qui enflammoit le pape de l’extirpation de l’hérésie et de l’extermination des hérétiques s . Hors de conti -

» sir; et pour complaire à son roi, Ton est dis- » pensé de tout, et pour faire l’amour ou autre » chose. » — Mézeray, Histoire de France, Règne de Henri II, tom. 2, p. 674; Paris, i643. — Brantôme, dise. 7 , Qu il ne faut pas mal parler des dames , tom. 3, p. 386; La Haye, 1740.

* Ces lettres ont été, avec un grand nombre d’autres , recueillies à Rome, par François Goubau, d’Anvers, secrétaire du marquis de Castel Rodrigo, ambassadeur du roi d'Espagne, Philippe IV, près le Saint- Siège , il y a environ deux cents ans. Il les publia à Anvers , chez les Plantins, l’an i64o , en un gros volume in-4°.

Elles demeurèrent cependant généralement ignorées en France , et elles y sont encore inconnues , puisque , meme en dernier lieu , M. Lacretelle qui , dans son Histoire des guerres de religion, auroit pu si utilement s’en servir pour le but qu’il s’étoit proposé , ne les a pas seulement citées.

2 Nous ne nous permettrons qu’une seule réflexion

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nuelles et fastidieuses redites, hors quelques phrase^ bannales de congratulation et les précautions oratoires d’usage , saint Pie V se borne à dire , et il le répète jusqu’au dégoût ; il l’écrit tout à la fois au roi , à la reine-mère , au duc d’Anjou , au cardinal de Lorraine, et à plusieurs reprises, en un

de détail sur le contenu des lettres de saint Pie V : ce seroit faire injure au lecteur que de chercher à lui inspirer l’indignation et Phorreur, que les sentimens exprimés dans ces lettres doivent naturellement et nécessairement faire naître chez tout homme non dégradé par le fanatisme.

Elles n’invoquent que ce fanatisme. C’est toujours le Saint-Siège, la religion , Dieu offensés , qu’il faut secourir , soutenir , venger. Cependant , dans la seconde lettre , lorsqu’il s’agit d’envoyer en France de l’argent que le duc de Nevers avoit demandé directement au pape, celui-ci répond naïvement , que la religion riétoit pas sérieusement attaquée (V oyez lettre 2, p. 5). 11 est vrai que saint Pie réprima bientôt ce petit mouvement d’égoïsme , et que , ne se ressouvenant plus de l’aveu qu’il lui avoit arraché, il n’aida ensuite que trop le roi de France à ravager son royaume et à égorger ses sujets. Il appelle cela, dans ses lettres , une rigueur , non pas seulement salutaire , mais nécessaire.

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même jour : Point de réconciliation avec les hérétiques : il ne saurait jamais y avoir une paix sincère entre les enfans de Véglise romaine et ses adversaires. Combattez ceux qui ne se soumettent pas ; poursuivez-les sans relâche ; égorge z-les : mettez le royaume de France à feu et à sang, pourvu que vous vengiez le Seigneur et que vous me vengiez de nos ennemis qui sont les vôtres.

Que le lecteur se rappelle la situation de la France à cette malheureuse époque.

François I er y avoit attiré de toutes parts des hommes célèbres , dont il espéroit que la réputatation auroit fait la splendeur de son règne. Mais ces hommes, poussés par l’examen vers la réforme religieuse que leur siècle venoit de voir éclore, proclamèrent le besoin d’un changement quelconque, d’une amélioration ; cherchèrent, au milieu de tant d’abus, à innover pour en diminuer le nombre; et François I er les lit brûler comme hé rétiques , avec les partisans que les progrès de la raison humaine ne cessoient de leur faire.

Plus désireux d’une réformation que réfor-

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inateurs, ils n’avoient pas encore de chef et pas même d’unité dans leurs vues, lorsque Calvin fixa les hésitations. Devenu , par la trempe de son caractère ferme et vigoureux, le pape de ceux qui ne vouloient plus de papisme , il donna une forme et un corps à un parti jusqu’alors vague et incertain.

Depuis François I er , la maison régnante avoit constamment travaillé à l’abaissement de la branche des Bourbons , les plus proches héritiers du trône, dont elle craignoit la puissance et la popularité : les Guises, princes de Lorraine , s’étoient élevés à leur place, et Catherine de Médicis, mère de François II, s’étoit fortifiée de l’influence de ces étrangers pour dominer son fils et gouverner la France.

Les Guises demandoient l’application rigoureuse des cruels édits contre ce qu’on commençoit à nommer huguenots ; les parlemens et les tribunaux, interprètes de l’opinion nationale, s’y opposoient. L’amiral Coligni , ennemi de la maison de Lorraine, conseilla aux Bourbons de se servir des religionnaires pour soutenir leurs droits et

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combattre les Guises : le prince de Gondé, déjà dévoué à la nouvelle réforme , et Antoine de Bourbon, roi de Navarre, époux de Jeanne d’Albret, zélée calviniste, préparèrent la guerre civile qui, pendant quarante ans, ravagea la France.

Des injustices criantes, d’innombrables abus,, d’intolérables scandales l’avoient rendue inévitable.

Il n’y a voit pas un demi siècle qu’ Alexandre VI avoit mis le comble à l’avilissement du Saint-Siège. Des mœurs infâmes , exposées sans cesse aux yeux des chrétiens qu’il outrageoit dans ce qui jusqu’alors, caché derrière le voile du temple, avoit été l’objet de leurs aveugles adorations ’ signalèrent un pontificat dont l’inflexible histoire a recueilli les crimes.

Léon X, par ses exactions sacrées, avoit excité l’indignation générale. Le paradis mis à l’encan par le vicaire de Jésus-Christ, fit regretter le royaume des cieux promis par Jésus lui-même aux affligés de la terre , comme une compensation qui leur étoit due dans une vie à venir. Le cri de réforme se fit entendre : une révolution religieuse fut entreprise au nom de l’évangile , et le christianisme?

INTRDOUCTION

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dans la moitié de l’Europe, renversa le nouveau culte de Rome , aussi facilement que , dans le vaste empire romain, il avoit renversé l’ancien paganisme.

A l’époque du pontificat de saint Pie V, le cardinal de Ferrare étoit légat du Saint-Siège en France. Ce fils de la fameuse Lucrèce Borgia, fille j belle-fille et femme du pape Alexandre VI ' , rappeloit continuellement au peuple ce que les nouveaux zélateurs lui répétoient sans cesse , concernant les abominations de la Babylone moderne. On ne voulut plus confier le salut de son âme à ceux dont on détestoit les actions ; et le schisme fut consommé. Tant il est vrai que ceux qui se vantent d’une mission divine , doivent avoir une conduite angélique ! La religion des papes est tombée avec le prestige qui avoit si long-temps caché leurs vices et divinisé leurs foihlesses. Dès que la foi eut cédé à l’examen , dès qu’au respect

1 C’est le second vers d’nn distique bien connu de cette époque sur Lucrèce :

Alexandri filia , sponsa , nurus.

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professé jusqu’alors pour d’anciens dogmes eut succédé le mépris qu’inspirent de vieux préjugés; les pontifes , redoutables tant qu’ils avoient été vénérés , disparurent , et l’on ne vit plus que des prêtres éhontés , abusant eux -mêmes , ou permettant qu’une cour ambitieuse et avare abusât en leur nom , des sentimens religieux d’hommes crédules, à qui il ne manquoit que d’ouvrir les yeux pour cesser de croire , et pour vouer à l’exécration ceux-* là mêmes que, peu auparavant, ils adoroient.

Les passions une fois excitées ne connurent plus de bornes , et le fanatisme religieux pris pour auxiliaire par l’ambition , souilla de nouveau l’histoire par d’affreuses pages.

Les massacres des huguenots à Cahors, à Toulouse, à Tours ', à Amiens; le massacre religieux de Sens a ; le massacre de Vassi; les édits royaux,

1 A Tours, les catholiques remplissoient des bateaux de calvinistes, et les noyoient dans la Loire : tout fut tué , hommes , vieillards , enfans.

1 On y tua pendant trois jours , et on ne cessa que parce qu’il n’y avoit plus personne à tuer , dit Michel Eyzinger. Le cardinal de Guise étoit évêque de

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ordonnant à tous les François « de courir sus à » ces impies , au son du tocsin ; de les poursuivre » vivement partout et de les attaquer par toutes » sortes de voies; de les exterminer sans miséri- » corde, comme autant de bêtes féroces, de chiens y> et de loups enragés qui désoloient le royaume ; » de les assaillir dans leurs maisons sans égard » pour l’âge, le sexe ou la qualité; de porter pary) tout le fer et le feu *; » la France livrée aux Allemands et aux Anglois par les calvinistes ; aux Espagnols > aux Savoyards et aux Italiens par les catholiques ; les exécutions militaires de Montluc

Sens. — De leone belgico , p. 3 i ; Coloniæ; i 588 . — Voyez aussi d’Aubigné , Hist. univ. 1 . 3 5 chap. 4 , t. î, p. 1915 Amsterdam , 1626.

1 Le père Maimbourg, Hist. du cal vin., p. 2^5 et suiv. Paris, 1682. — Varillas, Hist. de Charles IX, . t. 1 , p. 1 70 et suiv.

a Quand Montluc faisoit des prisonniers huguenots , il disoit au bourreau , dont il marchoit toujours accompagné : «.Frappe , vilain. Ma parole et son » coup étoient aussitôt l’un que l’autre , nous avoue- » t-il lui-même, avec une atroce naïveté, dans ses » mémoires. » Un d’eux lui paroissoit trop jeune

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du duc de Montpensier , du baron des Adrets 1 ; les sauteries de Mâcon 1 ; les horreurs , les atro-

pour lui faire trancher la tête ; il le fit rouer de coups : le malheureux en mourut dix jours après. — Montlue , Mémoir. 1. 5 , tom. 2 4 de la collect. générale , p. 208; Paris, 1786.

Il se vante de ce que les huguenots , oyant parler de lui , croyoient avoir le bourreau et la queue , et de ce qu’ils l’appeloient le tyran . Il semble tenir beaucoup a la réputation que Dieu lui avoit donnée en ce J ait comme aux autres . — Ibid, j p. 256.

* Ce calviniste cruel forçoit ses prisonniers à se précipiter du haut d’une tour , et il jouissoit de leurs angoisses. — Varillas , Hist. de Charles IX , tom. j , p. 211.

a C’étoient des noyades de huguenots que Saint- Poinct , gouverneur de Mâcon , faisoit journellement jeter dans la Saône, à l’heure de sa promenade, en présence des dames avec lesquelles ilplaisantoit sur ces exécutions. Les catholiques les appeloient la farce

de Saint-Poinct. — Th. de Bèze , Hist. ecclés. des églises réforrn. , 1. i5,tom. 3, p. 429 j Anvers, i58o.

Ce n’étoient pas les huguenots seuls qu’on noyoit : « le maréchal de Strozzi, voyant ses compagnies par » trop embarrassées de garces et de p...... de soldats,....

» en fit jeter pour un coup, de haut en bas, plus » de huit cents pauvres créatures, qui piteusement

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cités de Serbelloni, général des troupes auxiliaires pontificales 1 : ce furent là les honteux , les san-

» criant à l’aide, furent toutes noyées par trop grande » cruauté. » — Brantôme, cité dans les Observât, sur le 4° livre des mém. de Monlluc, n. i5 , tom. 24, p. 432.

1 Les soldats du pape conduisoient partout avec eux leurs maîtresses qui éloient des chèvres; ils s’emparoient de toutes celles qu’ils trouvoient : la chèvre du général avoit les cornes dorées , étoit couverte de fleurs et attachée avec des rubans de soie. Les paysans françois appeloient ces Romains les tueurs de femmes et cVenfnns et les amoureux de chèvres : ils brùloient toutes les chèvres des endroits par où les Italiens avoient passé. — Anacreont. et Sapplion. carm. cum notis Tanaquilli Fabri ; vide in epist. ad Gu il lelm. de Bautru dédie. ; Salmurii, 1660 . — Varillas, Hist. de Charles IX , t. î , p. 225.

Lors de la prise d’Orange , Serbelloni fit précipiter les huguenots sur des pieux, des hallebardes, des épées et des piques; il en fit pendre aux cheminées et brûler à petit feu. Ses soldats « prirent plaisir à cou- » per les parties secrètes ; leur rage ne pardonna » ni aux enfans , ni aux vieillards , ni aux mala-

» des Les femmes et les filles n’en furent pas quit-

» tes pour la perte de leur honneur et pour être » ensuite abandonnées aux goujats; car ou les mit

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glans épisodes de cette infâme guerre de religion.

Après les batailles de Jamac et de Moncontour , saint Pie ne se lassa plus d’exhorter les catholiques vainqueurs à tout égorger, à tout détruire. L’ancien testament à la main , et le nom du jaloux Dieu des Juifs à la bouche, il réprimanda, comme un autre Samuel , le roi de France, pour l’humanité qu’à l’exemple de Saül , il montroit envers les coupables. Dieu clément !.... La pitié du roi-bourreau, de Charles IX 1 ! Bientôt, la fidélité avec la-

quelle ce monstre remplit les ordres du saint pon-

» en butte aux arquebusades , et on les pendit aux » fenêtres. Les garçons furent réservés pour servir » au comble de Pabomination.... Les dames qui avoient » mieux aimé mourir que d'assouvir Pimpudicité des » vainqueurs, furent exposées nues à la risée pu- « blique , avec des cornes enfoncées dans les parties » que la pudeur défend de nommer. Et il y en » eut de Pun et de Pautresexe, lardés avec des ti- » rets de papier coupé des bibles de Genève. » Ce sont les propres expressions de Varillas, historien contemporain et très catholique. —Voyez la Vie de Charles IX , tom. 1 , p. 2o3.

1 Cette épithète de roi-bourreau , si propre pour

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tife, au moment où Pie alloit réclamer devant Dieu la récompense de son zèle féroce, ne permit

désigner Charles IX , nous rappelle une anecdote récente qui n’est pas sans intérêt. La voici: Lebrun, le lyrique , s’en étoit servi dans une pièce de vers sur le meurtrier des huguenots, avant que la révolution n’éclatât en France. Le comte d’Artois (le roi de France actuel) , curieux de voir un poète dont on parloit tant , a voit arrangé cliéz un de ses courtisans un petit dîner , où , Lebrun ayant consenti à respecter Vincognito du prince , celui-ci crut ne plus trop déroger en s’asseyant à la même table avec lui. Après le repas, le comte d’Artois parla des vers de Lebrun et delà manière admirable dont, dit-il , on prétendoit qu’il les déclamoit ; il témoigna le désir de lui entendre réciter une de ses odes. Lebrun choisit le morceau de Charles IX. Arrivé au roi-bourreau , il remarqua chez le prince un mouvement de surprise , plus encore que d’indignation : car comment supposer que ces deux mots pussent jamais être accolés l’un à l’autre!... La lecture fut momentanément interrompue} mais le courtisan, maître de la maison, rassura bientôt le comte d’Artois , en lui apprenant qui étoit ce Charles IX. « Monseigneur, lui dit-il à l’oreille , ce ri étoit » qu’un Valois. A cette confidence, lefrontdu prince se rasséréna ; et , le sourire sur les lèvres , il ordonna à Lebrun de terminer sa pièce.

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plus de lui adresser les mêmes reproches. Saint Pie V mourut le i er mai 1672 ; le 24 août de la

Napoléon connoissoit mieux la famille des rois : il savoit qu’ils sont tous d’une race ; et, quoique bien moins cousin de Charles IX que ne le sont les Bourbons , il ne voulut pas souffrir qu’on vouât à la juste horreur du genre-humain les forfaits d’une tête couronnée.

Nous ne pouvons nous refuser au plaisir de citer ici une partie des vers que Lebrun déclama devant le comte d’Artois.

L’huile sainte a coulé sur des têtes profanes *.

De Charles IX encore on déteste les mânes.

L’inexorable histoire exhumera ces rois ,

Vainement échappes à la rigueur des lois.

O Charles ! il est temps que ton crime s’expie.

De ce tombeau royal sors , sors , cadavre impie ! Oubliois-tu ce jour exécrable à jamais,

Et ce deuil éternel de l’empire françois?

Aux accens de l’airain sonné par les Furies ,

Toi-même déchaînas toutes leurs barbaries.

Vois ce Louvre encor teint d’un massacre odieux,

La Seine regorgeant de meurtres sous tes yeux ,

Et ce tube enflammé, complice de ta rage,

Et ton affreux sourire insultant au carnage.

Roi-bourreau! criminel de lèse-humanité ,

Qu’oppose à ce forfait ta vaine majesté?

Te3 gardes , tes flatteurs , ta couronne est en poudre :

Rien ne peut te défendre, et rien ne peut t’absoudre. Contre la nation lâche conspirateur ,

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même année, se fit le massacre de la Saint-Barthélemy

On a vanté en saint Pie V sa piété sincère, son incorruptible équité, ses mœurs pures : on lui a su gré de n’avoir pas été ouvertement athée , de ne

Devant tout l’avenir, mon vers accusateur Traîne sur l’échafaud ta mémoire insolente ,

Du meurtre de ton peuple encor toute sanglante ; Et sur ton trône affreux je grave de ma main : De ses propres sujets Charles fut l’assassin.

1 « M. le cardinal , dit Charles IX , peu avant la » tuerie royale des huguenots, au neveu de saint » Pie V et son légat en France , qui vouloit détour— » ner ce prince de l’alliance projetée entre sa sœur » et Henri de Navarre ; M. le cardinal, ne craignez » rien : ayez pleine confiance en moi. La France » long-temps accablée sous de grandes calamités in— » testines , relèvera finalement la tête avec fierté : » la prudence et l’autorité reprendront à la fois leur » place ; et ceux que la contagion de l’exemple avoil » entraînés dans la démence générale , cesseront de » faire éclater leurs fureurs. J’avoue que la néces- » sité m’a forcé d’endurer d’indignes affronts ; mais » je jure que je perdrai la couronne et la vie , » plutôt que de ne point venger les injures faites à » Dieu même. Ce que je prépare pour parvenir à

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pas avoir dépouillé les autres pour s’enrichir luimême, de n’avoir pas fait égorger ou empoisonner

» ce but, est un secret qui ne peut être révélé. » Le roi termina cet entretien , en disant au cardinal, auquel il glissoit au doigt un gros diamant :

« Acceptez , M. le légat , acceptez ce gage irrécusable » de ma fidélité envers le Saint-Siège apostolique,

» auquel je serai toujours humblement soumis , et » de la scrupuleuse exactitude avec laquelle je rem- » plirai amplement ( cumulate ) ce que j’ai promis » de faire contre l’impiété des infâmes hérétiques.

» Plût à Dieu que je pusse tout vous dire ! vous » connoîtriez bientôt , ainsi, que le souverain pon- » tife, que rien n’est plus propre que ce mariage » pour consolider la religion en France et exterminer » ses ennemis. Je n’ai que ce moyen pour attirer » dans ma capitale , et pour frapper à la fois tous )) les rebelles, tous les ennemis de Dieu. Oui, la » suite le fera clairement voir. Je veux punir ces » perfides, ces scélérats : je les ferai tous égor*

» ger, ou je cesserai de régner en France ( O io vo- » glio punir questi malvaggi e felloni facendogli ta - » gliar tutti a pezzi , o non esser re , perdendo affatto , » la corona ). JE NE FERAI EN CELA qu’obéir a pie » lui-méme , qui m’excite a chaque INSTANT , A » SOUTENIR DE CETTE MANIERE L’HONNEUR DE DIEU » et celui de ma couronne. C’est la seule voie qui

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ses ennemis personnels, de n’avoir été ni incestueux ni adultère, en un mot de n’avoir point été

» me reste à tenter ; tontes les autres ont été tentées » inutilement. Je ferai cp qu’on attend de moi. Croyez- » en ma parole : encore un peu de temps , et le Saint- » Père lui-même sera forcé de louer mes desseins , » ma piété et mon amour pour la religion. »

Le saint pontife ne vécut pas assez pour jouir de ce bonheur. Lorsque le cardinal Alexandrin eut appris le massacre de la Saint-Barthélemy , il s’écria : « Voilà donc ce que préparait le roi de France ! » Loué soit Dieu , il m’a tenu promesse ! » Le pape Clément VIII , alors auditeur du cardinal Alexandrin, avoit entendu ces paroles; il sa voit que le cardinal avoit, dans le temps, consigné cette anecdote dans ses écrits, et qu’elle devoit être conservée parmi ses papiers : il la répéta lui-même à tout le sacré collège , et le cardinal d’Ossat qui la teuoit de lui , nous l’a transmise dans ses lettres. — Vide Ant. Gabut. Vit, B. Pii pap. V, 1 . 4 , c. 5 , n. 245 et 246 , in Act. sanct. Bolland. die 5 maji , tom. î , p. 676. — Girolamo Catena , Vita del gloriosissimo papa Pio V, p. 196 e seg.; Rorna, 1647. — Lettres du card. d’Os— sat, lettre ig 4 , tom. 3 , p. 5 o 2 - 5 o 4 ; Amsterdam,

Est-il concevable qu’après de telles preuves, M. l’abbé de La Mennais ait osé mettre la Saint-Barthé—

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un Alexandre VI. Peut-être, on blâmera notre silence à cet égard ; peut-être on nommera partialité la juste indignation qui nous a fait oublier quelques vertus négatives, si l’on peut hasarder cette expression , et quelques qualités inutiles , au milieu d’une vie qui n’est qu’une suite d’attentats, d’une vie composée de forfaits. Nous évoquerons alors pour nous défendre , les victimes de l’impitoyable pontife : ces victimes qu’il alloit chercher dans toutes les provinces de sa vaste domination spirituelle ; qu’il signaloit aux tyrans qui y dominoient sous lui; qu’il se faisoit livrer par eux, pour les égorger avec le couteau sacré de sa religion 1 :

lemy sur le compte de l’incrédulité? Saint Pie V , l’instigateur, l’auteur de ce massacre , étoit donc un incrédule! — Voyez l’Essai sur l’indifférence en matière de religion , chap. 1 1 , loin. 1 , p. 47 1 ; édit, de Gand, 1820.

‘ Michel Ghislieri nacquit à Bosco près d’Alexandrie ( dite de la Paille ), en i 5 o 4 , d’une famille pauvre. Devenu professeur de théologie et de philosophie chez les dominicains, dont il avoit embrassé la règle, il s’éleva par sa dureté et sa cruauté envers les hérétiques, au rang de cardinal et de grand inquisiteur . j

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ces victimes qu’il trouva rassemblées en France ,

Élu pape, en i566, sous le nom de Pie V, sa vie ne fut plus que l’histoire de son acharnement contre les adversaires de l’église romaine, jusqu’à sa mort qui précéda de bien peu le massacre de la Saint- Barthélemy, si efficacement préparé par ses lettres aux tyrans et aux prêtres de la France. Ses vrais titres à la canonisation sont ses persécutions contre les hérétiques : voici les plus illustres de ceux qui périrent pendant son pontificat.

Le savant Aonius Paléarius fut brûlé à Rome, sous saint Pie V , pour avoir dit que l’inquisition est un poignard qui menace tous les hommes éclairés. Avant de marcher au bûcher , Paléarius fut forcé de reconnoître par écrit , que non-seulement l’église romaine a le droit de faire mourir ceux qu’elle nomme hérétiques , mais même que son chef, le pape, a , dans certains cas , celui de tuer les coupables de sa propre main , comme ont fait le prophète Samuel et l’apôtre saint Pierre ( quod ipsemet summus pontifex , in casu aliquo potest etiam per se hœ-relicos occidere , ut legimus de Samuele et Petro ).

C’étoit à Milan qu’on avoit arrêté cet infortuné, comme on arrêtoit alors en tous lieux les soi-disans hérétiques sur lesquels le saint pontife vouloit faire preuve de sa sanguinaire orthodoxie. Quelques catholiques osèrent se plaindre de cette violation du droit des gens (c’étoit le droit de l’humanité qu’il

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et dont , à sa demande , son très cher fils en

auroit fallu dire ) ; mais le duc d’Albuquerque, gouverneur de Milan pour les Espagnols , « homme chré- » tien et fort pieux, est-il dit dans la Vie de saint » Pie V, répondit que le pape a un pouvoir absolu et » légitime sur tous les états de la terre, aussi souvent » qu’il veut faire saisir et punir des hérétiques. »

Le duc Octave Farnèse qui professoit envers le Saint-Siège la religion d’Albuquerque, accorda au pape l’extradition de François Celaria que saint Pie V fit condamner aux flammes. Celaria dénonça ses complices, reconnut sa prétendue faute, se répentil; mais sa pénitence qui pouvoit être sincère , dit le biographe de saint Pie , arrivoit cependant un peu tard :

le malheureux fut consumé.

Ce fut Côme de Médicis qui livra Camesecchi au pontife, en disant à ceux qui s’étonnoient de sa lâche condescendance, que , pour crime d’hérésie , il auroit livré son propre fils. Carnesecchi fut brûlé.

Gui Zaneti, de Fano, étoit soutenu par le gouvernement de Venise. Mais le pape rappela à la république «qu’il étoit le juge légitime et suprême de tous » les différends, entre tous les peuples, en tous lieux; » que l’autorité civile n’a rien à démêler dans des » affaires où ses droits se bornent à remplir le devoir » que lui impose le pouvoir religieux , savoir celui » d’exécuter les sentences du tribunal ecclésiastique, » et d’appliquer les peines infligées par les juges

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Jésus-Christ > Charles IX , lui offrit cinquante mille en hécatombe 1 ! .

» ^église.» — Voyez l’Essai hist. sur la puissancetemp. des papes , tom. 2, part. 2, p. 278; Paris, 1818. — Vit. B. Pii V, per Ant. Gabut. 1 . 5 , c. 5 , n. i 85 , in Act. sanct. die 5 maji, tom. 1 , p. 661 ; ibid. n. 186 et 187, p. 662.

I Saint Pie V étoit mort. Grégoire XIII, son successeur , célébra le massacre de la Saint-Barthélemy en faisant tirer le canon du château Saint-Ange , en faisant allumer des feux de joie dans tout Rome, en faisant rendre publiquement à Dieu de solennelles actions de grâces dans l’église de Saint-Louis-des— François , en publiant un jubilé pour que tous les peuples de la catholicité prissent part à sa joie.

II fit aussi représenter un sujet si agréable aux catholiques-romains , dans trois tableaux à fresque que Y on voit encore aujourcY hui au Vatican , dans la salle appelée des rois; cette salle précède la chapelle Sixtine , et n’est décorée tout entière que des trophées remportés par l’insolence des papes sur la foiblesse des peuples et de leurs souverains.

Les trois tableaux sont : i° Coligni blessé au sortir du Louvre par un assassin aux gages des catholiques ; 2 0 le massacre général delà Saint-Barthélemy ; 3 ° Charles IX se vantant devant le parlement de Paris d’avoir été lui-même le bourreau de ses sujets. C’est le

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Après tant d’horreurs, d’atrocités, après tant de

second que nous avons fait reproduire et qui sert de frontispice à cet ouvrage.

Enfin Grégoire XIII, pour perpétuer par tous les moyens en son pouvoir , le souvenir de la plus sanglante des victoires du Saint-Siège, fit frapper une médaille qui, sous l’allégorie de l’ange exterminateur, dit le jésuite auquel nous en devons la gravure et la description, offre d’un côté la boucherie horrible (lanienam horribilem) que soixante mille hommes ( il veut dire assassins ) firent des hérétiques de la capitale , pendant trois jours et trois nuits; boucherie , ajoute-t-il , que Dieu avoit conseillée et pour laquelle il avoit prêté sa divine assistance ( Non sine Dei ope, divinoque consilio eam stragem perpetratam esse , in numismate pereusso docuit Gregorius . — Le revers de la médaille est le portrait de Grégoire XIII. C’est la seconde de celles que l’on voit à la suite des Lettres de saint Pie V, telle qu’elle avoit déjà été conservée dans le médailler pontifical de Bonanni , qui loue beaucoup la copieuse émission de mauvais sang que la Saint-Barthélemy avoit procurée. Il termine son panégyrique par la circonstance de l’envoi en France du cardinal Orsini , légat a latere du Saint-Père; Orsini étoit chargé par lui d’exhorter Charles IX à persister dans ses hauts faits, et sur~ tout ci ne pas gâter par de la clémence , une affaire

XXIV INTRODUCTION

sang répandu, au nom de l’ambition et du fanatis-

que sa sévérité avoit préparée si favorablement et avec tant de bonheur (ut cæptis insistât fortiter, neque curam asperis remediis inchoatam prospéré , perdat leniora miscendo). — Nous possédons la médaille décrite et copiée par le P. Bonanni. — Numismata pontif. roman, a P. Phil. Bonanni, soc. Jesu, tom. 1, p. 3 a 3 , n. xxvii, et p. 336 ; Romæ, 1699.

La première des médailles qui précèdent le Catéchisme , a été frappée en France, pour qu’on n’y pût jamais perdre la mémoire du royal carnage de Charles IX. Ce monarque y est représenté « séant » en son trône, paré en majesté , tenant en sa droite » l’épée nue passée d’une palme, et en sa gauche » la verge 'et le bâton de justice; aux pieds de Sa » Majesté se voient quelques corps comme étendus » morts , et plusieurs tètes coupées. » Nous rapportons les expressions du numismatiste françois , Jacques Debie. La médaille dont il s’agit montre Charles IX régnant littéralement sur des cadavres. Ce sont des rebelles, nous dit la légende; et celle du revers, où brillent l’écu et les lys de France sous une couronne impériale , le collier de l’ordre du roi et force branches et couronnes de laurier , nous apprend que c’est la piété de Charles qui a excité sa justice contre ces rebelles , c’est-à-dire contre des hommes qui 11e pensoient pas tout-à-fait comme lui. Si, api'ès

HISTORIQUE

me , la lassitude disposa les esprits à écouter la voix

cela , il pouvoit encore rester le moindre doute sur la signification de la médaille , l’exergue est là pour le dissiper : il porte la date du 24 août 1572 . Déjà publiée dans la France métallique (par J. De Bie, part. 2 , p. 69 , n. 4o et 4i , et p. 2o3 ; Paris, i634), la médaille même de Charles IX nous a été fort obligeamment communiquée par M. le chev. Wautelée, premier président à la Cour supérieure de justice, à Bruxelles : elle n’est pas la pièce la moins curieuse de son intéressante collection. Nous prions cet honorable magistrat d’agréer le témoignage de toute notre reconnoissance.

C’est ici qu’il faut rappeler que Charles IX se plaça le matin du dimanche , 24 août, à la fenêtre du corps de bâtiment au Louvre, la plus avancée sur le bord de la Seine , et que de là il tira sur les huguenots qui fuyoient les autres égorgeurs. La Convention nationale y fit mettre l’inscription suivante : C est de cette fenêtre que F infâme Charles IX , (F exécrable mémoire , tira sur le peuple avec une carabine. Bonaparte, premier consul, la fit efTacer. Il visoit au consulat à vie , à l’empire , à la légitimité héréditaire , au despotisme : Napoléon ne pouvoit plus souffrir qu’un roi tel qu’il vouloit être, tel qu’il étoit déjà, un roi, son prédécesseur , fût déclaré infâme , que l’on crût que sa mémoire pouvoit être exécra-

XXVj INTRODUCTION

de l’humanité : un édit de tolérance acheva alors de calmer les haines , et mit fin à la guerre \

ble , quels que fussent d’ailleurs ses forfaits. Plaignons-le d’être descendu du rang élevé où la fortune et son génie l’avoient placé , pour se ravaler au niveau de ceux qui s’imposent l’iniquité de juger les hommes , non d’après leurs -actions, mais d’après le titre que leur audace leur fait prendre ou que la lâcheté de leurs semblables leur permet de porter.

1 Le gouvernement Médicis-Valois de cette époque, s’adressant à ses royalistes , présentoit le massacre de la Saint-Barthélemy comme un légitime accès de colère du pouvoir; pariant pour ses atrabilaires dévots, il la convertissoit en un pieux éclat de la plus sainte des vengeances. Aux yeux des puissances protestantes étrangères , il devoit chercher à le faire envisager comme un coup d’état contre des rebelles.

Nous avons appris et nous pouvons dire positivement, que M. Barrère a eu en sa possession deux cents lettres autographes de Catherine de Médicis et de son digne fils , Charles IX , écrites à M. de Lamothe-Fénélon, leur ambassadeur auprès de la reine Elisabeth à Londres. Ces lettres a voient été trouvées dans le château de Lamothe-Fénélon près de Xaintes, département de la Charente -Inférieure, où elles avoîent été rapportées d’Angleterre par l’ambassadeur, propriétaire de ce château.

Ces autographes renferment beaucoup de détails

HISTORIQUE. XXVÎj

C’étoient les principes professés par le Saint- Siège et par tout le clergé catholique , qui avoient fait le mal. Ces principes n’étoient-ils que ceux de l’époque ? n’appartenoient-ils qu’au pape régnant alors, dont l’âme féroce en avoit fait un de voir pour tous les ministres de l’église? Aucunement : ces principes étoient considérés comme éternellement vrais dans le catholicisme romain, et ils le sont encore. Us sont l’expression de la volonté de tous les souverains pontifes, de l’opinion de tout le corps sacerdotal, réuni en conciles provinciaux et œcuméniques; ils sont consignés dans le droit canon, le code des lois religieuses encore en vigueur aujourd’hui dans l’église romaine, obligatoire pour tous les fidèles , et dont l’enseignement constitue

inconnus sur la Saint-Barthélemy : on y voit surtout le désir qu’a v oit Catherine de Médicis, que l’ambassadeur Lamothe-Fénélon fît envisager le massacre des protestans comme une conspiration punie , et non comme un acte d’intolérance , et de fanatisme religieux. Catherine insistoit dans plusieurs lettres pour qu’ Elisabeth , protectrice naturelle des protestans, ses co-religionnaires, fut trompée sur le but et les moyens employés si atrocement à Paris contre eux.

XXVÎij INTRODUCTION

l’éducation de ceux que l’on impose au peuple comme les interprètes de la Divinité 1

Ces principes ont été solennellement sanctionnés par l’église , lorsqu’elle a canonisé celui qui les avoit manifestés.

Cette seule preuve suffiroit pour mettre notre

* Ce droit canon , dont la bulle Jn cœna Domini est le résumé , présente une doctrine étrangère à l’évangile, contraire aux droits politiques et civils des peuples et des gouvernemens , opposée à la morale et à la saine raison.

Selon cet absurde droit, le pape est un autocrate dont le pouvoir absolu n’est borné que par les limites de l’univers. Les puissances de la terre sont à ses ordres $ et si sa voix infaillible les déclare coupables de lèse-majesté pontificale, de lèse-divinité , les peuples cessent de leur obéir, les fidèles leur arrachent leurs états , la couronne , la vie.

Il est le législateur du monde : les lois qu’il réprouve , sont nulles 5 celles qu’il porte , sont irréformables.

Il juge , ou plutôt c’est Dieu qui juge par son organe , les sujets et les rois. Les téméraires qui appellent de ses sentences , sont des rebelles , des réfractaires ; sont mis au ban de l’église , c’est-à-dire au ban de l’humanité.

HISTORIQUE

assertion hors de tout doute; mais nous avons, en outre, joint aux Lettres de saint Pie V un Appendice , contenant les lois portées en divers temps contre les hérétiques : nous avons extrait ces lois de la collection des conciles, du bullaire des papes et du corps du droit canonique *.

Des citations scrupuleusement exactes «et minutieusement indiquées, prises dans ces ouvrages qui ne sont, certes, pas suspects, font de ce travail un monument irrécusable pour tout ultramontain même , s'il est de bonne foi.

Les modernes Sociétés catholiques font brûler

‘Les cinq ou six cents autorités que nous produisons, ont été classées en environ cent cinquante demandes et réponses, et divisées en douze leçons : la forme d’un catéchisme nous a paru la plus propre à bien rendre le tranchant des décisions pontificales et sacerdotales , sur la déchéance des droits politiques et civils, la confiscation des Liens, la perte de la liberté, la proscription et la mort, prononcées contre ceux que le code religieux, en les retranchant de la communion des fidèles, prive de tous les droits de l’homme de la nature et de l’homme de la société.

INTRDOUCTION

les livres des philosophes , qui attaquent le système du sacerdotalisme : elles ont tort. Les philosophes ne peuvent rien par eux-mêmes ; leurs clameurs dénuées de preuves n’ébranleroient personne, et leurs raisonnemens ne convaincroient qu’un bien petit nombre d’esprits privilégiés. Ce sont les écrits de leurs ennemis qui font toute leur force : c’est chez eux qu’ils vont prendre les armes les plus meurtrières pour les combattre. Si, depuis trois siècles , des Sociétés catholiques avoient pu brûler tous les documens de l’histoire ecclésiastique , et détruire les archives des conciles et du Saint-Siège, elles auroient rendu un service bien autrement important à leur cause, et retardé pour long-temps ' le triomphe des adversaires de la théocratie.

L’édifice de la domination sacerdotale , si ‘fatal à l’indépendance des gouvernemens et à la liberté des peuples , fut sapé dans sa base , dès que l’on eut exhumé de la poussière des dépôts théologiques , les preuves du vaste plan d’usurpations et de despotisme des pontifes, de l’ambition sans bornes, de l’insatiable avarice , de l’orgueil démésuré, de l’audace insolente et de l’opiniâtreté invincible

HISTORIQUE. XXxj

de ses agens , dans tous les temps , dans tous les lieux j en dépit de tous les obstacles.

C’est aujourd’hui comme c’étoit hier : cela suffit aux moins clairvoyans pour comprendre que , si l’on n’y met bon ordre , ce sera demain comme c’est aujourd’hui.

C’est toujours l’intolérance et la persécution; l’injustice qui rend les innocens comptables des fautes qu’il n’ont point commises; la barbarie qui condamne à la misère, à l’exil, aux tortures, au bûcher, pour des opinions humaines, que quelques hommes ont réprouvées , mais dont Dieu seul est juge.

C’est toujours Pie VII citant saint Grégoire VII , comme saint Pie V avoit cité Samuel : c’est le prophète coupant Agag en morceaux , pour enseigner au prince juif son métier de roi orthodoxe ; et Charles IX tirant sur ses sujets , pour prouver au pontife catholique qu’il sa voit tenir ses promesses, et qu’il étoit docile aux instructions du Saint-Siège.

Si l’on nous disoit que les lois ecclésiastiques contre les hérétiques , que nous avons rapportées , ne sont plus appliquées de nas jours : sans doute ,

INTRODUCTION

xxxij

répondrions-nous , sans doute , elles ne le sont plus, pour l’honneur de l’humanité ; mais ce n’est la faute ni de l’église, ni du pape. Elles existent encore, immobiles comme la puissance dont elles

émanent , et qui persiste à avoir des yeux pour ne point voir, un cœur pour ne rien sentir : nous délions nos adversaires de nous citer une seule bulle qui révoque la législation à foi'mes acerbes , que nous signalons. Au contraire, le clergé et ses chefs, et Pie VII lui-même , notre contemporain , gémissent du rapide progrès des lumières et de la raison, source unique , disent-ils, de la violation de la discipline religieuse, continuellement sacrifiée à la tiédeur des fidèles et au malheur des temps *, ils nous exhortent à hâter de tous nos vœux le retour des bons siècles , où l’on pourra de nouveau faire triompher ces saintes maximes d’une juste rigueur .

Nous dirons plus : les lois contre les hérétiques , quoiqu’elles n’aient été observées que trop souvent dans toute leur affreuse iniquité , ne l’ont cependant jamais été généralement et toujours, dans toute la catholicité. Elles ne pouvoient même pas

HISTORIQUE. ' XXX ÎÎ j

l’être : à force d’atrocité, elles sont absurdes. Si elles av oient été constamment suivies , en moins d’un siècle, il n’y auroit plus eu une seule ville, un seul édifice, un seul homme sur la terre.

Lçs forfaits dont l’exécution du code pénal ecclésiastique inondoit la terre ont cessé d’être à craindre; nous le savons : mais c’est seulement parce qu’on en a retracé les détails aux hommes , sous toutes les formes, et dans toute leur infamie, qu’on est parvenu à ce premier pas de la civilisation. Ne nous lassons pas d’imiter cet heureux exemple. Si aujourd’hui les flammes du hucher ne sont plus ce qui nous menace , redoutons du moins ceux qui jadis les allumèrent , et qui ne cachent pas le plaisir qu’ils auroient à les attiser encore. S’ils n’ont plus la force de nous traîner au supplice, ils prétendent en revanche multiplier les moyens qu’ils ont de se glisser dans toutes les circonstances de la vie , et de compenser par le nombre des petites vexations dont ils nous abreuvent, le coup fatal qu’ils regrettent de ne plus pouvoir nous porter.

Le christianisme , nous ne disons pas seulement

XKXÎV INTRODUCTION

le catholicisme , est évidemment en décadence : il l’est principalement par la faute de ses ministres. Soit qu’on parvienne à le soutenir, soit que quelqu’autre culte le remplace , que les prêtres sachent que la religion qu’ils veulent conserver doit être toujours morale , toujours tolérante, toujours raisonnable; que s’ils veulent se maintenir eux-mêmes , ils doivent avoir bien soin de mettre leurs actions en harmonie avec la religion qu’ils prêchent, ils doivent être toujours modérés, toujours indulgens.

Les lettres de saint Pie V et le recueil des dispositions pénales du code ecclésiastique contre ceux qu’il condamne , devroient ne plus être de nos jours qu’un simple monument historique, qui rappelleroit aux hommes une époque déplorable, et leur feroit mieux apprécier le bonheur de vivre sous la douce influence d’une civilisation plus avancée , plus sociable , plus humaine. Hélas! cet écrit est momentanément redevenu un ouvrage de circonstance. Il est destiné à prémunir le siècle contre les dangers imminens du despotisme théocratique , dont les

HISTORIQUE

efforts désespérés , et les progrès de plus en plus effrayans qui en sont la suite , menacent l’existence des gouvernemens, de la société entière.

Qu’on ne nous dise pas que «juelques cris s’élèvent du sein même du sacerdoce, pour protester contre les envahissemens, contre les abus du sacerdotalisine ; que les catholiques d’Irlande, par exemple, et le haut clergé de France viennent, tout récemment encore , de repousser comme impie et sacrilège , la doctrine qui place le pouvoir spirituel au-dessus de l’autorité des peuples et des rois ; fait des uns et des autres les sujets des papes; dépose les princes hérétiques, et rompt tout lien qui attache le fidèle à celui que l’église a répudié. Ce sont là des voix isolées, que l’église et son chef se garderont bien, à la vérité, de condamner, avant d’avoir remporté, au moyen de la funeste confiance qu’elles font naître, une victoire complète et durable ; mais qui seront hautement désavouées, lors du prochain retour des circonstances heureuses pour la religion , prédites par Pie VH 1 . /

1 L’histoire du monde ne se compose , la plupart

XXXVj INTRODUCTION

Quelle est , dira-t-on alors à ces catholiques abâtardis et cédant à l’impulsion humaine des inté-

du temps, que des succès remportés par l’astuce audacieuse sur la lâche timidité. Cette considération nous empêche , malgré les lumières du siècle , de mettre hors de tout doute que les déclarations mielleuses, sincères ou non, peu importe, de quelques membres de l’intolérante église romaine , ne réussiront plus à l’avenir à séduire des gouvernemens aussi imprévoyans que crédules. Si cet excès d’aveuglement étoit encore possible, et que néanmoins le règne des principes du bon temps , venant de nouveau refouler les trônes sous les autels, ne le fût plus, ces gouvernemens devroient se dire sauvés par la seule force des choses , en dépit de leurs maladresses et de leur nullité.

Voici ce que déclarent les catholiques d’Irlande et les prélats de France. Une légère connoissance des maximes présentes et de la conduite passée du Saint- Siège, suffit pour prédire qu’il ne se croira pas lié par leurs sermens.

Les premiers jurent, sans réserve, disent-ils, subterfuge ni équivoque, sans restriction, ni expresse ni mentale , qu’ils détestent comme sacrilège et impie, l’idée qu’il est licite de tuer ou détruire toute personne ou personnes quelconques , sous prétexte qu’elles seroient hérétiques i ainsi que les principes qu ’ aucune foi ne doit

HISTORIQUE

XXX vij

rèts sociaux; quelle est votre mission? l’église n’a-t-elle pas de tout temps tenu un tout autrq

être gardée avec les hérétiques . Ils jurent en outre, qu’ils croient qu’aucun acte injuste ou méchant ne sauroit être justifié ou excusé comme ayant été fait pour le bien de l’église, ou en obéissance d’aucune

autorité ecclésiastique , . .

. . . . Ils réprouvent et abjurent l’opinion que

les princes excommuniés par le pape el les conciles peuvent être déposés et mis à mort par leurs sujets ou par toutes autres personnes. Ils croient que, ni le pape de Rome , ni aucune autre prince étranger , prélat , état ou potentat, n’a ou ne doit avoir quelque juridiction civile ou temporelle, quelque pouvoir, dans le royaume de la Grande-Bretagne, soit directement, soit indirectement.

Les cardinaux, archevêques et évêques françois se contentent de rejeter la doctrine en vertu de laquelle l’infidélité des souverains à la loi divine annulle leur titre, la doctrine qui accorde à la supré- ' raatie pontificale le droit de priver les princes de leur couronne , et de les livrer à la merci de la multitude. Ils reconnoissent l’indépendance pleine et absolue des gouvernemens , dans l’ordre temporel , de toute puissance ecclésiastique , de toute autorité directe ou indirecte du Saint-Siège. Ils ne trouvent, disent-ils, les principes contraires à ceux qu’ils pro-

XXX Vlîj INTRODUCTION

langage? ses décisions ne sont-elles plus irréformables? de quel droit venez-vous la contredire sur ce qu’elle seule a le droit de déterminer sans appel?.... C’est elle, au contraire , qui , usant de son infaillible et absolu pouvoir, anatliématise votre coupable foiblesse; elle qui ne compose jamais avec les hommes et leurs vains principes d’équité et de raison mondaines; elle qui tient le sceptre de l’univers , parce qu’elle est l’organe de la Divinité , et que c’est à Dieu et non aux hommes qu’il faut obéir.

Nous le demandons aux gouvernemens qui se-

fessent , ni dans les traditions apostoliques , ni dans les écrits des docteurs, et les exemples des saints personnages qui ont illustré les plus beaux siècles de l’antiquité chrétienne (Y oyez les Constitutionnels (de Paris) du 2 et du i 3 avril 1826 , n. 92 et io 3 ).

Peuples et rois ! Rome vous les montrera ces principes, dans le bullaire, dans la collection des conciles et dans le droit canon : ce sont et ce seront toujours là sou évangile, ses traditions et la règle immuable de sa politique et de ses actions. Mais elle ne vous les y montrera que lorsque cela lui conviendra à elle, c’està-dire , lorsqu'il sera trop tard pour vous

HISTORIQUE

roient assez aveugles pour se soumettre à cette puissance anti-sociale, ou seulement pour l’ad- * mettre dans l’état et pour en accepter les conséquences; quels argumens opposeroient-ils à cet audacieux langage? où trouveroient-ils l’énergie nécessaire pour punir ceux qui l’auroient tenu, lorsque, dicté par le fanatisme, il auroit été adressé à l’ignorance prosternée à ses pieds ? Seroit-il encore temps de dire alors, ou ne faut-il pas plutôt répéter à satiété dès à présent, que la religion romaine, par cela même qu’elle est toute-puissante, plus puissante que les rois , que les peuples , par cela même qu’elle est au-dessus de la saine morale , de la vraie piété , doit être repoussée avec une juste terreur par toute nation sage et tolérante , mais tolérante bien entendu pour ceux-là

seulement qui n’érigent pas l’intolérance en dog-

me 1 ? Les législateurs qui menacent les infracteurs

1 Pour ceux-là, et c’est la même chose en d’autres termes , qui ne font pas du recrutement religieux par intrigue , par embauchage , un devoir de conscience.

Nous venons de voir tous les membres catholiques

xl INTRODUCTION HISTORIQUE.

des lois, elles juges qui les punissent, permettrontils l’existence d’une secte tendant sans cesse à inspirer un zèle perturbateur , qui change, pour ainsi dire, la nature de l’homme civilisé, le rend plus fort que les lois, que les tribunaux, que les trônes?

du grand conseil des Grisons refuser de délibérer sur V ordonnance provisoire contre le prosélytisme ; ils n’ont pas osé mettre seulement en doute la prétendue loi de Dieu, qui leur ordonne d’opérer ce qu’ils appellent des conversions , par toutes sortes de voies , par des promesses d’argent et de viles récompenses, par la séduction si facile envers des enfans , qu’ils veulent pouvoir continuer à pervertir pour les arracher à leurs familles. — Voyez le Constitutionnel des Pays-Bas, n. 5 ; samedi, 10 novembre 1826.

Grâces soient rendues à la maladroite confiance du parti - prêtre ! il dévoile sans détour et sans vergogne ses invariables projets, dans toutes les circonstances et de toutes les manières. Puisse-t-il , la dernière fois peut-être qu’il alloit avoir l’occasion de ressaisir une partie de son ancienne influence , puisset-il se trahir entièrement lui-même , et nous sauver ainsi d’un des plus grands dangers dont la perfectibilité sociale ait été menacée dans les temps modernes.

&KTO18

DE

LETTRE PREMTÈRÜJ \ : '0 \ : i

A NOTRE TRÈS CHER FILS EN JÉSUS-CHRIST, PHILIPPE, ROI CATHOLIQUE D’ESPAGNE 1 * 3 .

Notre très cher fils en Jésus-Christ , salut et bénédiction apostolique.

Nous ne doutons pas que Votre Majesté ne soit instruite des troubles qui ont été dernièrement

1 Cette lettre est la vingt-deuxième du livre premier , dans l’édition publiée par François Goubau. Elle se trouve à la page 5o, et est précédée d’un sommaire conçu en ces termes : Saint Pie V exhorte le roi d y Espagne à secourir le roi de France contre les hérétiques et les rebelles .

8 Nous avons traduit mot à mot. Ces lettres étant surtout historiques, nous avons cru devoir préférer un françois purement littéral à un style élégant , qui auroit moins fidèle-

ment rendu les idées, et n'auroit servi qu’à peindre bien plus foiblement le caractère de saint Pie Y.

LETTRES

excités en France à cause de la religion, ou plutôt quelle n’ait appris la sédition des rebelles contre son parent , le roi très chrétien des François. Nous espérons que , même sans que nous l’y exhortions, Votre Majesté secourra ce roi de tout son pouvoir , soit parce que le péril est com-

< mun , soit parcé qu’il s’agit de religion , et que

: vous. êtes allié au prince qu’on attaque. C’est pour ' cela que, plein ‘de confiance, nous avons annoncé à nos vénérables frères les cardinaux de la sainte église romaine, et à toute autre personne, que vous vous seriez conformé à nos désirs : nousmême, nous avons résolu de porter du secours à la France, même au-delà de ce que nos moyens permettent de faire. Nous avons donc cru devoir prier Votre Majesté, et la conjurer de toutes les manières possibles et avec toute l’ardeur dont nous sommes capable, de se prêter généreusement, et sans le moindre retard, à ce que nous avons promis aux autres en son nom , et à ce que

La plupart des personnages à qui saint Pie V a adressé ses lettres , ceux dont il y est fait mention , ainsi que les faits qui y sont consignés , sont trop connus pour que nous ayons cru nécessaire d’ajouter des notes historiques aux passages qui les rappellent. Nous renvoyons pour les détails et les dates à l’Histoire des guerres de religion , par M. Lacretelle.

nous attendons d’elle. Notre cher fils Annihal Rucellaï se rend auprès de Votre Majesté, de notre part et de celle du roi très chrétien, afin qu’elle puisse traiter longuement avec lui de cette affaire.

Donné à Saint-Pierre de Rome, sous l’anneau du pêcheur, le 1 3 octobre 1 567 , la seconde année de notre pontificat.

LETTRES

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