‹ Lettres de Saint Pie VChapitre 23 sur 50 · A CHARLES, CARDINAL DE BOURBON, LÉGAT APOS- TOLIQUE · texte numérisé non relu

A CHARLES, CARDINAL DE BOURBON, LÉGAT APOS- TOLIQUE

Notre cher fils, salut et bénédiction apostolique.

Votre lettre du 5 octobre , par laquelle vous nous témoignez votre joie de l’heureuse victoire que Dieu tout-puissant nous a accordée sur nos ennemis communs, à nous et à tout le peuple chrétien, dans un temps si critique pour la république chrétienne, nous a fait le plus grand plaisir. Ce procédé de votre part pour nous ne nous a pas seulement été agréable, parce qu’il nous fournissoit un témoignage solennel, et d’autant plus cher qu’il étoit moins forcé, de votre attachement à notre personne et au siège apostolique; mais nous l’avons surtout apprécié comme

1 Édition Goubau , livre 3, lettre 47 ,p. 244» — Sommaire : Saint Pie V répond aux félicitations du cardinal de Bourbon , concernant la victoire remportée sur les hérétiques , et il le presse de pousser le roi à poursuivre ceux qui avaient échappé aux combats .

LETTRES

la preuve de la part considérable que vous avez toujours eue par vos conseils et par votre influence , à tout ce qui pou voit contribuer à faire remporter une aussi belle victoire sur les ennenemis de Dieu tout-puissant et sur les sujets rebelles du roi très chrétien. Les travaux que vous avez entrepris , dans votre sagesse , pour la défense de la foi catholique , et les sacrifices que vous avez faits, en préférant, comme il étoit juste , les intérêts de la religion à tout ce qui appartenoit à votre intérêt privé, seront certes payés un jour par les récompenses que notre Rédempteur a préparées à tous ceux qui n’auront pas craint les obstacles , les périls , la mort elle-même pour sa gloire.

Vous attribuez principalement la victoire à nos prières : quoique nous n’ignorions pas que notre premier devoir consiste dans les vœux que nous ne pouvons jamais cesser d’offrir à Dieu pour le peuple chrétien; cependant, nous ne croyons pas que nos oraisons aient assez d’eflicacité pour avoir pu obtenir d’attirer la miséricorde de Dieu toutpuissant sur les affaires délabrées et, pour ainsi dire, désespérées de ce royaume. Nous sommes même assuré que les instances d’autres serviteurs de Dieu auront été plus puissantes auprès de lui pour cet objet.

DE SAINT PIE V. g3

Il reste maintenant à faire ce que vous promettez, dans votre lettre, que le roi très clirétien fera, savoir, à poursuivre les ennemis qui ont échappé aux combats, et à venger, comme de raison, les injures de Dieu et du roi lui-même. C’est à Votre Prudence à faire en sorte , autant qu’il est en elle , que cela ait lieu le plus tôt possible. Comme nous avons encore écrit autrefois sur ce sujet à Votre Prudence, et que nous en avons soigneusement entretenu, dans nos dernières lettres, le roi très chrétien et la reine, nous n’en parlerons pas davantage pour le présent.

Donné à Saint-Pierre de Rome, sous l’anneau du pêcheur , le 3 novembre 1 56g , l’an quatrième de notre pontificat.

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LETTRE XXVir.

A NOTRE TRÈS CHER FILS EN JÉSUS-CHRIST , CHAR- LES, ROI TRÈS CHRÉTIEN DES FRANÇOIS.

Notre très cher fils en Jésus-Chrit, salut et bénédiction apostolique.

Votre Majesté a eu bien raison, dans sa letttre écrite le 7 octobre, de dire que ce n’étoit pas à elle seulement , mais à tout le peuple chrétien , que Dieu tout-puissant avoit , par le plus grand des bienfaits, accordé l’heureuse victoire sur laquelle elle nous adressoit ses complimens de félicitation, et que par conséquent ce n’étoit pas avec nous seul , mais bien avec toute la république chrétienne qu’elle avoit motif de s’en féliciter.

Nous avons reconnu, dans ce procédé à notre

, Edition Goubau, livre 3 , lettre 48, p. 246. — Sommaire : Saint Pie V loue la piété de Charles IX qui V avoit complimenté à r occasion de la victoire remportée sur les hérétiques. Il dit qu’il a accordé la dispense nécessaire pour que le roi pût épouser Isabelle , fille de l'empereur.

égard, l’ancien attachement de Votre Majesté envers nous et envers le Saint-Siège apostolique, dont nous avions déjà eu des preuves si lumineuses : nous lui rendons , pour un si éclatant témoignage de ses dispositions pour nous, les actions de grâces qui lui sont dues. Nous louons surtout, dans le Seigneur , votre piété admirable envers notre Rédempteur , parce que vous rapportez entièrement à la bonté divine la victoire qu’elle nous a accordée. Ce que notre vénérable frère , l’évêque du Mans, votre ambassadeur auprès de nous, nous a exposé, au nom de Votre Majesté, concernant cette victoire, ce qu’il nous a raconté des faits qui avoient eu lieu, tout nous a été, comme il étoit juste, fort agréable.

Nous accordons très volontiers à Votre Majesté la dispense apostolique dont votre ambassadeur a traité très diligemment avec nous en votre nom, et que Votre Majesté elle-même nous a demandée par sa lettre du 2 octobre , comme lui étant nécessaire pour épouser la fdle cadette de notre très cher fils en Jésus-Christ, Maximilien, empereur élu des Romains: nous ne doutons pas qu’un pareil lien , entre les deux plus nobles et plus puissans princes de l’univers chrétien, ne soit à la république chrétienne de la plus grande utilité pour le rétablissement de la paix et l’extirpation

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des hérésies. Nous prions Dieu tout - puissant de permettre, dans sa miséricorde, que ce mariage produise, pour le peuple chrétien, les avantages que nous en espérons , et que nous avons , avant toute autre chose , eus en vue en accordant la dispense demandée.

Donné à Saint-Pierre de Rome, sous l’anneau du pêcheur, le 6 novembre 1569, la quatrième année de notre pontificat.

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