‹ Lettres de Sainte Catherine de Sienne (volume 2)Chapitre 55 sur 160 · Si vous me dites, très- cher Fils : Je suis faible · texte numérisé non relu

Si vous me dites, très- cher Fils : Je suis faible

contre tant d'ennemis ; je vous répondrai : Je Tavoue , nous sommes par nous-mêmes faibles et sujets à tomber pour la moindre chose ; mais la divine Providence agit dans nos âmes, nous fortifie et nous ôte toute faiblesse. Espérez donc, et croyez fermement que lame qui espère en Dieu est toujours secourue par lui , et le démon ne peut lui faire aucune violence, parce que la vertu de la très- douce et très -sainte Croix l'arrête et lui ôte toutes ses forces contre nous; l'homme, par l'ineffable bonté de Dieu , est fortifié et délivré de toute faiblesse et de toute infirmité. Par le souvenir de la très- sainte Croix , nous devons concevoir l'amour de la vertu et la haine du vice. Nous sommes la pierre où est placé l'étendard de la Croix ; mais nous ne pouvons pas dire que nous l'avons, s'il n'est pas affermi en nous. Et sachez-le bien, ni les clous, ni la Croix, ni la pierre n'auraient pu retenir l' Homme-Dieu sur la Croix, sans l'amour qu'il avait pour l'homme; c'est donc à nous qu'appartient le prix de son sang, et ce souvenir fait mépriser les honneurs et aimer les injures, les outrages, les affronts ; la richesse désire la pauvreté , la concupiscence devient continence et pureté. L'àme bannit toute jouissance, tout désir déréglé, et se revêt seulement des vraies et solides vertus ; elle ne se plaît qu'en Jésus-Christ, elle n'estime et ne veut savoir que Jésus crucifié. Elle dit : « Je ne me plais , et ne veux me glorifier que dans mon Seigneur Jésus- Christ; c'est à cause de son amour que le monde me méprise et que je méprise le monde (1). »

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