‹ Lettres de Sainte Catherine de Sienne (volume 2)Chapitre 66 sur 160 · CCLVIII (250). - A BENINCASA, SON FRERE · texte numérisé non relu

CCLVIII (250). - A BENINCASA, SON FRERE

lorsqu'il était a FLORENCE.

De la patience et de ses devoirs envers sa mère. AU NOM DE JÉSUS CRUCIFIÉ ET DE LA DOUCE MARIE.

1. Très -cher Frère dans le Christ Jésus, moi, Catherine, la servante inutile, je t'encourage, je te bénis et je t'invite à une douce et sainte patience, car sans la patience nous ne pouvons plaire à Dieu. Je vous prie donc, pour recevoir le fruit de vos tribulations, de prendre les armes de la patience; et s'il vous paraît bien dur de supporter tant de peine, rappelez-vous trois choses qui vous aideront à être plus patient. Premièrement, je veux que vous pensiez à la brièveté du temps; vous n'êtes pas sûr du lendemain. Nous pouvons bien dire que nous ne soufFrons pas de la peine passée et de la peine à venir, nous n'endurons que le moment présent, et nous devons le supporter avec patience; il est si court. Secondement, vous devez considérer le fruit qui récompense les fatigues. Saint Paul dit qu'il n'y a aucune proportion entre ces fatigues et le fruit , la récompense de la gloire éternelle. Troisièmement, considérez le malheur qui arrive à ceux qui souffrent avec colère et impatience ; le malheur ici-bas est suivi de la perte éternelle de l'àme.

2. Je vous prie donc, très -cher Frère, de supporter tout avec patience , et je ne voudrais pas aussi que vous oubliiez de vous corriger de votre ingratitude et de votre ignorance, au sujet de ce que vous devez à votre mère ; vous y êtes obligé par les commandements de Dieu , et j'ai vu augmenter tellement votre ingratitude, que vous lui avez refusé le secours que vous lui deviez. Admettons pour vous excuser que vous ne l'avez pas pu; mais si vous l'aviez pu , je ne sais si vous l'auriez fait, car vous ne lui avez pas même donné une bonne parole. 0 ingratitude I vous n'avez pas considéré les douleurs de son enfantement, et ce lait qu'elle a tiré de son sein, et les fatigues qu'elle s'est données pour vous et pour les autres. Et si vous me dites qu'elle n'a pas eu pitié de vous , je vous répondrai que ce n'est pas vrai , car elle a eu soin de vous et de l'autre, qui lui coûte bien cher. Mais supposons que cela soit vrai : vous êtes obligé envers elle , elle ne l'est pas envers vous ; elle n'a pas pris votre chair, et elle vous a donné la sienne. Je vous conjure de vous corriger de ce défaut et des autres. Pardonnez à mon ignorance; si je ne vous aimais pas, je ne vous dirais pas ce que je vous dis. Rappelez -vous la confession pour vous et votre famille. Je termine. Demeurez dans la sainte et douce dilection de Dieu, Doux Jésus , Jésus amour.

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