CLXXXV(139) — A MESSIRE MATTHIEU
RECTEUR DE LA MAISON DE LA MISÉRICORDE , A SIENNE
II faut travailler avec patience au salut des âmes.
AU ROM DE JESUS CRUCIFIE ET DE LA DOUCE MARIE
1. Mon très-cher Fils dans le Christ, le doux Jésus, moi, Catherine, la servante et l'esclave des serviteurs de Jésus-Christ, je vous écris dans son précieux sang, avec le désir de vous voir porter le fardeau des créatures avec amour et zèle pour l'honneur de Dieu et pour leur salut. Veillez avec la sollicitude d'un bon pasteur sur les brebis qui vous sont ou vous seront confiées, afin que le loup infernal ne les ravisse pas; car, si vous commettiez quelque négligence, vous en seriez ensuite repris. C'est le moment de montrer qui a faim ou non, et qui gérait sur ces morts que nous voyons privés de la vie de la grâce. Sollicitez avec courage et intelligence , avec des prières humbles et continuelles jusqu'à la mort. Sachez que c'est la voie pour connaître la Vérité et pour en devenir l'époux ; il n'y en a pas d'autre. Gardez- vous bien de fuir les fatigues, mais recevez-les avec joie , et allez au-devant d'elles par un saint désir j dites : Soyez les bienvenues ; et encore :
Quelle grâce me fait mon Créateur, en me faisant supporter ces peines pour sa gloire et l'honneur de son nom !
2. L'amertume ainsi deviendra douceur et consolation. Vous offrirez avec ardeur vos larmes et vos soupirs pour les malheureuses brebis qui sont encore entre les mains des démons. Ces soupirs seront votre nourriture, et ces larmes votre boisson. Ne finissez pas autrement votre vie , vous réjouissant et vous reposant sur la Croix avec Jésus crucifié. Je termine. J'ai appris que vous avez été et que vous êtes encore bien malade , et que vous désiriez à cause de cela me voir près de vous. Je ne le puis en ce moment ; mais je serai près de vous par de continuelles prières. Je ne veux pour rien au monde que vous soyez encore malade , afin que vous puissiez mieux travailler. Faites ce que je vous commande ; cessez toute pénitence, et prenez au contraire tout ce qui pourra vous fortifier. Je ne vous en dis pas davantage. Le pauvre Jean est venu me trouver (1)... Demeurez dans la sainte et douce dilection de Dieu. Noyez-vous dans le sang de Jésus crucifié. Doux Jésus, Jésus amour.
(1) 11 y a ici une lacune dans le texte manu.scrit.
-iÊi