‹ Lettres de Sainte Catherine de Sienne (volume 4)Chapitre 16 sur 115 · XCIV (48). — AU PRÊTRE JEAN DE PISE · texte numérisé non relu

XCIV (48). — AU PRÊTRE JEAN DE PISE

Le sang de Jésus -Christ embrase l'àme du feu de la vraie charité.

AU NOM DE JÉSUS CRUCIFIÉ ET DE LA DOUCE MARIE

Très-cher Père dans le Christ, le doux Jésus, moi, Catherine , la servante et l'esclave des serviteurs de Jésus- Christ, je vous écris dans son précieux sang, avec le désir de vous voir baigné, noyé dans le sang de Jésus crucifié, et caché dans la plaie de son côté. Dans le sang vous trouverez le feu , car il l'a répandu par amour; et dans le côté, vous trouverez l'amour du cœur , car tout ce que le Christ a fait pour nous a été fait avec l'amour du cœur. Alors votre âme s'enflammera du feu d'un saint désir, et ce désir est un effet de l'amour, qui ne vieillit jamais , et rajeunit toujours , au contraire , l'âme qui en est revêtue ; il la renouvelle dans la vertu, la fortifie, l'illumine et l'unit

(1) Cette lettre est adressée à Jean Pucci, chapelain de l'église de Pise, et disciple de sainte Catherine. Il contribua beaucoup à la fondation de la chartreuse de Pise , et il établit la confrérie des Sacrés- Stigmates par dévotion pour saint François , et sans doute en souvenir de sa mère spirituelle , qui avait reçu à Pise cette insigne faveur. Sa vie sainte lui fit donner, après sa mort, le titre de bienheureux.

avec son Créateur ; car dans Jésus crucifié elle trouve le Père, et elle participe à sa puissance. Elle trouve la sagesse du Fils unique de Dieu , qui éclaire son intelligence; elle goûte et voit la bonté de F Esprit- Saint, en trouvant le tendre amour que le Christ nous a montré dans le bienfait de sa Passion , lorsqu'il nous fit de son sang un bain pour laver nos iniquités , et de son côté une demeure , un refuge où l'âme se repose et goûte les douceurs de l'Horame-Dieu. Je veux que nous fassions toujours ainsi , mon très-cher Père. Que l'œil de notre intelligence ne se ferme jamais, et qu'il voie toujours, qu'il contemple combien Dieu nous aime, comme il nous le prouve par le moj'en de son Fils ; que la volonté aime toujours , et qu'elle ne cesse jamais ; que l'amour envers le Créateur ne se ralentisse ni par le plaisir, ni par la peine , ni par aucune chose qui aura été dite ou faite ; et lors même que toutes les autres œuvres ou les exercices corporels cesseraient, l'amour ne devrait jamais s'éteindre. Je ne vous en dis pas davantage. Demeurez dans la sainte et douce dilection de Dieu. Doux Jésus, Jésus amour.

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