‹ Lettres de Sainte Catherine de SienneChapitre 14 sur 78 · LXV. — AUX SEIGNEURS ET DIGNITAIRES · texte numérisé non relu

LXV. — AUX SEIGNEURS ET DIGNITAIRES

car toute œuvre juste doit procéder de la justice et d'une volonté pure. 0 mon très doux Frère dans le Christ Jésus, suivez l'exemple du tendre Agneau, qui a fait justice des péchés des autres sur lui-même. Ne devons-nous pas, à plus forte raison, punir nos péchés sur nous? Montez donc sur le tribunal de la raison, et faites que la mémoire accuse toutes les actions toutes les paroles, toutes les pensées mauvaises dont vous êtes coupable, et que la volonté gémisse de l'injure faite à son Créateur, et en demande justice. L'intelligence décidera la peine que doivent supporter le cœur et le corps ; elle l'appliquera avec zèle et ferveur, et alors s'apaisera le juste Juge : non seulement il pardonnera l'offense, mais il rendra celui qui s'est jugé avec justice le juge des autres; et nous deviendrons de bons administrateurs, en nous appliquant à nous-mêmes les lois de lajustice.

2. Je vous prie de vouloir bien vite terminer avec messire Mathieu ce que vous avez à faire pour votre salut. Ne tardez pas ; autrement il faudrait mettre la main à la barre, et payer avant de la retirer (1). Si vous n'avez pas d'autre moyen, confiez-lui la chose à lui-même ou à un banquier établi pour cela, et il fera ensuite le reste. Mes compagnes qui me servaient ordinairement de secrétaires, ne sont pas ici ; et il a fallu faire écrire par frère Raymond, qui

(1) Far mettere la mano alla stanga, signifie être condamné à payer. Le débiteur était obligé de mettre la main sur une barre, ou pièce do bois, et no pouvait la retirer qu'en payant. Dans les temps barbares quelques créanciers faisaient couper sur cette barre la main du débiteur insolvable.

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