‹ Lettres de Sainte Catherine de SienneChapitre 32 sur 78 · LXXIII. — AUX SEIGNEURS ET DIGNITAIRES · texte numérisé non relu

LXXIII. — AUX SEIGNEURS ET DIGNITAIRES

ébranler, ni par le démon, ni par les créatures qui sont pires que les démons, dont elles remplissent les fonctions. Leur mal ne leur suffit pas, et elles vont séduire et égarer ceux qui veulent être de fidèles enfants. N'ayez aucune peur de perdre la paix de votre état, et ne craignez pas les menaces de ces démons, qui ne peuvent vous atteindre ; mais prenez courage en remerciant pieusement Dieu, qui vous a fait grâce et miséricorde. Ne vous séparez pas de votre chef et de Celui qui est fort, et ne vous attaoJicz pas à un membre faible et corrompu, qui est séparé de sa force. Gardez-vous, gardez-vous bien de vous lier ainsi (1); choisissez plutôt la peine; craignez plus l'offense de t)ieu que toute souffrance, et vous n'aurez pas peur. Pour moi, je me réjouis et je tressaille d'allégresse, parce que jusqu'à présent vous êtes restés fermes et persévérants dans l'obéissance à la sainte Église. Je serais bien affligée d'apprendre le contraire, et je viens de la part de Jésus crucifié vous dire que vous ne devez le faire pour aucun motif que ce soit . Sachez bien que si vous le faisiez pour avoir et conserver la paix, vous éprouveriez des guerres et des ruines plus grandes que vous n'en avez jamais eu dans votre âme et votre corps. Ne tombez donc pas dans une telle erreur, mais soyez des fils véritables et fidèles.

(I) Sainte Catherine dissuade les habitants de Lacques d'entrer dans la ligue faite en 1375 contre les légats du Pape, outre la reine de Naples, Visconti de Milan, Florence, Sienne, Pise et Arezzo. Elle fit à cette époque le voyage de Lucques, et maintint cette ville dans l'obéissance au Saint- Siège.

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