LXXIV. — AUX SEIGNEURS ET DIGNITAIRES
excuseront pas devant Dieu et sa loi, et que vous encourrez la mort éternelle. Je ne veux pas que vous tombiez jamais dans cette infortune. Je vous le dis, et je vous en conjure, au nom de Jésus crucifié, ne vous mêlez plus de ces affaires. Conservez en paix vos villes, punissez vos sujets quand ils commettent quelque crime ; mais ne jugez pas ceux qui sont les ministres du glorieux et précieux Sang. C'est par leurs mains seulement que vous pouvez le recevoir, et si vous ne le recevez pas, vous ne jouirez pas du fruit du Sang ; et vous serez comme un membre gâté, retranché du corps de la sainte Église.
8. Ne le faites plus, mon Père, je vous le demande humblement. Appuyons la tète sur le sein du Christ qui est au ciel, par l'amour et sur le sein du Christ qui tient sa place sur la terre, par respect du précieux Sang, dont il porte les clefs. A qui il ouvre, il est ouvert ; à qui il ferme, il est fermé. Il a la puissance , l'autorité , et personne ne peut la lui retirer des mains, parce qu'elle lui a été donnée par la Vérité suprême. Parmi les choses qu'il punit, celle qui déplaît le plus à Dieu, c'est de voir toucher à ses ministres, quelque mauvais qu'ils soient. Ne croyez pas, parce qu'il nous semble que le Christ paraisse ne rien voir en cette vie , qu'il ne punisse pas dans l'autre. Quand l'âme sera dépouillée de son corps, il sera bien prouvé qu'il atout vu (1). Ainsi donc, je veux que vous soyez le fils fidèle de la sainte Église,
(1) Barnabe vit la vérité au moment de la mort, comme sainte Catherine le lui avait prédit. Il se repentit, et répétait sans cesse dans son agonie -. Cor mcum contritum et humiliatum, Deus meus, ne despicias,