‹ Lettres de Sainte Catherine de SienneChapitre 52 sur 78 · II. — SAINTE CATHERINE · texte numérisé non relu

II. — SAINTE CATHERINE

consumé, brûlé et détruit toutes nos iniquités sur le bois de la très sainte et vénérable Croix, et ce doux feu ne s'éteint jamais. Car si son amour pour nous finissait, nous finirions aussi, puisque ce qui nous donne Tètre finirait. C'est le seul feu de l'amour qui l'a porté à nous tirer de lui-mèm^e. Il semble aussi que l'ineffable charité de Dieu a pourvu à la fragilité et à la misère de l'homme; car, comme il était toujours prêt et incliné à offenser son Créateur, Dieu, pour le sauver, lui a procuré un remède contre son infirmité.

2. Le remède contre nos infirmités n'est autre que le feu de l'amour, et cet amour ne s'éteint jamais pour nous. L'àme le reçoit comme remède quand elle regarde en elle-même l'étendard de la Croix, qui y est planté ; car nous avons été la pierre dans laquelle fut fixée la Croix , dont le bois et les clous n'étaient pas capables de retenir le doux Agneau sans tache, si Tamour ne l'eût pas retenu. Quand l'àme regarde ce doux et cher remède, elle ne doit pas tomber dans la négligence; mais elle doit se lever avec amour et désir, et tendre les mains avec la haine d'elle-même, comme fait le malade, qui hait son infirmité, et qui aime le remède que lui donne le médecin.

3. 0 mon Fils et mon Père dans le Christ! Levonsnous avec le feu d'un ardent amour, avec la haine et l'humilité profonde que nous donnera la connaissance de notre néant, et mettons nos infirmités devant notre médecin, le Christ Jésus. Étendez la main pour recevoir la médecine amère qui nous est donnée* Oui, la médecine que l'homme reçoit est bien souvent amère. Ce sont les ténèbres , les tentations , le

trouble de l'esprit ou d'autres tribulations qui viennent du dehors ; elles nous paraissent d'abord bien amères , mais si nous faisons comme le sage malade, elles seront ensuite pour nous d'une grande douceur, en considérant la tendresse du doux Jésus, qui nous les donne, et en voyant qu'il ne lo fait pas par haine mais par amour, car il ne peut vouloir que notre sanctification. En voyant sa bonté, nous y verrons aussi le besoin que nous en avons; car. si nous n'avions pas ces épreuves, nous tomberions dans le mal, tandis qu'elles nous font connaître à nous mêmes; elles nous retirent du sommeil de la négligence, elles dissipent notre ignorance, qui nous fait pécher par orgueil.

4. La justice naît ainsi en nous avec une sainte et douce patience pour supporter les peines, les tourments, et pour nous trouver indignes de la paix et du repos de l'esprit; c'est ce que fait l'âme qui aime Dieu et qui a conçu une haine parfaite d'elle-même. Lorsqu'elle a ouvert l'œil de son intelligence, et lorsqu'elle regarde en elle l'ineffable bonté et charité de Dieu, toutes les peines lui paraissent si douces, si agréables, qu'il lui semble que rien ne pourrait lui plaire davantage, et elle pense toujours au moyen de souffrir quelque chose par amour et par haine. C'est ce chemin que mon âme veut et désire vous voir suivre. Que Dieu vous conduise et vous accorde la grâce de travailler et de donner votre vie pour lui s'il le faut! Que la barque de notre âme soit fournie du sang et du feu de la divine charité, que nous chercherons à acquérir par le moyen que je vous ai indiqué. Je termine. Ayez l'œil ouvert sur ceux qui

18i LETTRES DE SAINTE CATHERINE

VOUS obéissent, et ne le fermez jamais pour aucune cause. Demeurez dans la sainte et douce dilection de Dieu. Doux Jésus, Jésus amour.

XCVIII (52). — AUX RELIGIEUX DE CERVAIA, aux frères Jean de Bindo, Nicolas de Guida, et à ses autres fils dans le Christ, les religieux de Monte-Oliveto, près de Sienne (1). — Pourquoi noire Seigneur a voulu que son côté fut ouvert après sa mort, — Des trois sortes de baptême qui nous sont donnés par Jésus-Christ. — De la conduite de l'âme dans les tentations.

AU NOM DE JESUS CRUCIPME ET DE LA DOUCE MARIE

1. Mes très chers et bien-aimés Frères dans le Christ Jésus, moi, Catherine, la serv^ante et Tesela v^e des serviteurs de Jésus-Christ, je vous écris pour vous fortifier dans son précieux sang. Ce sang a été répandu avec un si grand feu d'amour, qu'il devrait attirer à lui tous les cœurs, toutes les affections dos créatures. Ce n'est pas étonnant si la mémoire du sang est dans les cœurs des serviteurs de Dieu, car il est mêlé avec le feu. Je me rappelle ce que la Vérité première répondait une fois à une de ses servantes (2).

(1) Cette lettre se trouve trois fois répétée sous des titres divers dans les éditions anciennes. Sainte Catherine, qui avait plusieurs secrétaires, adressa la même à des religieux diiférents.

(2) Dialogue, ch. lxxv.

Elle lui disait : « Puisque vous étiez mort, pourquoi vouloir que votre coté fût ouvert et répandît du sang en si grande abondance? » Notre-Seigneur lui répondit : « J'ai eu bien des raisons; mais je ne te dirai que les deux principales. La première, c'est que j'ai voulu que par l'ouverture de mon côté vous fût révélé le secret de mon cœur; car il renfermait plus d'amour pour l'homme que le corps ne pouvait en montrer pendant sa vie. La seconde a été le baptême qui, par les mérites de ce sang, était donné au genre humain. »

2. Vous savez qu'il sortit du sang et de l'eau; l'eau était pour le saint baptême que reçoivent les chrétiens, et qui donne la vie et la forme de la grâce. L'éternelle Bonté, par les mérites du sang de l'Agneau, a pourvu aussi aux besoins de notre ignorance et de notre misère. Et pour ceux qui ne peuvent recevoir le baptême de l'eau, il y a le baptême du sang et du feu, parce que leur sang répandu pour Dieu devient un baptême, comme il l'a été pour les saints Innocents. Cette efficacité vient du sang du Fils de Dieu; le sang des martyrs n'a de valeur que par son sang. Mais nous , pauvres misérables chrétiens, qui avons reçu la grâce, pourquoi notre cœur si froid et si plein d'amour-propre ne s'applicjuet-il pas à contempler ce feu d'ineffable amour et cette Providence infinie. Par le péché nous av^ions perdu la grâce et la pureté reçue dans le suint baptême, dont l'excellence est si grande qu'on ne peut le recevoir qu'une fois; et Dieu a établi un baptême de sang et de feu que nous pouvons recevoir sans cesse.

3. Courage donc, mes Frères, et ne nous laissons abattre ni par le péché commis, ni par aucune illusion, aucune tentation du démon. La route a beau ctre rude et fangeuse, le Christ, notre médecin, nous a donné un remède pour toutes nos infirmités, un baptême de sang et de feu, dans lequel 1 ame purifie et lave tous ses péchés, consume et détruit toutes les tentations et les illusions du démon, parce que le feu est mêlé avec le sang. Il est bien vrai qu'il brûle de l'amour du Saint-Esprit, qui est un feu. Car c'est l'amour qui frappa le Fils de Dieu, lui fit verser son sang, et l'unit avec le feu; cette union est si parfaite, que nous ne pouvons avoir le feu sans le sang, et le sang sans le feu. Et parce que l'homme, tant qu'il vit dans la prison corruptible de son corps, éprouve une loi perverse, qui l'invite et le sollicite toujours au péché, la douce bonté de Dieu lui a donné un remède continuel, qui fortifie sa raison et sa liberté. Ce remède continuel est le feu du Saint-Esprit, qui ne s'éteint jamais, et répand toujours sa grâce et ses bienfaits, tellement que chaque jour nous pouvons nous appliquer ce doux baptême, qui nous est donné par grâce et non par mérite.

4. Ainsi donc, quand l'âme regarde et voit en elle ce trésor et ce feu de l'Esprit-Saint, elle s'enivre tellement de l'amour de son Créateur, qu'elle se renonce entièrement, qu'elle vit morte à elle-même, et qu'elle n'a aucun attachement, aucun désir pour la créature. Sa mémoire est pleine de l'amour de son Créateur, son intelligence ne voit et ne considère aucune chose créée en dehors de Dieu ; mais elle voit et considère seulement son néant et la bonté de Dieu à son égard ;

elle voit que cette Bonté infinie ne veut autre chose que son bien, et alors son amour devient parfait envers Dieu. Elle n'a pas d'autre pensée, d'autre affection, et elicne peut retenir l'élan de son désir ; mais elle court sans fardeau et sans lien, car clic s'est délivrée de tous les obstacles qui pouvaient l'arrêter. Ceux qui agissent ainsi sont liés au joug du Christ, ot ils s'aiment pour Dieu ; ils aiment Dieu pour Dieu et le prochain pour Dieu.

5. Vous êtes appelés à cette perfection, mes très chers Frères ; vous avez été appelés par le Saint- Esprit, de la vie du monde à la vie religieuse; vous êtes liés par les Hens de la vraie et sainte obéissance, et vous pouvez vous nourrir de rayons de miel dans le jardin delà sainte Eglise. Je vous conjure donc, puisqu'ils sont si doux, de ne jamais tourner la tête en arrière pour aucune fatigue et aucune tentation du démon. Que la tristesse ne trouble jamais votre âme; car le démon ne désire pas autre chose. Souvent il vous suscite des ennuis, des combats ; il vous fait mal juger les ordres qui vous ont été donnés. Il n'agit point ainsi pour que nous tombions du premier coup, mais seulement pour que notre âme se laisse aller à une tristesse déréglée, qui trouble l'esprit. Lorsqu'elle en est arrivée là, et qu'elle est ennuyée d'elle-même, elle néglige et abandonne les exercices spirituels qu'elle faisait ; il lui semble que ses œuvres ne sont plus agréables à Dieu, et qu'elle les fait avec tant de ténèbres et de froideur, qu'elle est privée de l'ardeur de la charité, et qu'il vaut mieux s'arrêter que continuer. Alors le démon se réjouit, parce qu'il voit qu'il peut

la conduire par cette voie au désespoir, et qu'il ne pourrait la vaincre par un autre moyen.

0. Il ne faut pas agir ainsi ; car si tous les péchés imaginables étaient réunis dans un homme, et s'il conservait une espérance ferme et une foi vive dans la miséricorde infinie, rien ne pourrait l'empêcher de participer au sang du Fils de Dieu, et de recevoir le fruit dece sang que le doux Jésus a répandu pour accomplir la volonté de son Père et notre salut. Et parce qu'il n'avait pas d'autre volonté que celle d'accomplir la Volonté de son Père,lespeines, les affronts, les mépris et la mort lui devenaient d'une extrême douceur, comme il le montra quand vint la Pâque et le moment de souffrir. Aussi, pendant la Cène, disait-il à ses di:ïCiples : « J'ai désiré avec un grand désir célébrer cette Pàque. » C'était la Pâque qui amenait le temps si désiré, où il pourrait sacritier à son Père son corps pour nous sur le bois de la très sainte Croix. Je veux que vous fassiez de même; car c'est ainsi que fait l'àme qui aime bien Dieu. Elle ne refuse aucune peine, qu'elle vienne du démon ou de l'obéissance ; mais elle se réjouit autant qu'elle souffre, et sa joie augmente à mesure qu'elle est plus liée à son supérieur par l'obéissance, parce qu'elle voit que plus la volonté est ainsi liée, plus elle est libre et unie à Jésus-Christ.

7. Si vous me dites : Comment faire lorsque je suis dans les ténèbres, et que mon esprit aveuglé ne peut apercevoir aucune lumière où je puisse attacher mon espérance ? voici ma réponse, mes Frères et mes Enfants : Vous savez bien que le péché est seulement dans la volonté coupable et mauvaise. Ainsi, quand l'âme voit que sa volonté aimerait mieux mourir que

d'olfenser actuellement son Créateur, elle doit cesser de se troubler, et suivre la lumière que Dieu a cachée en elle, pour conserver la bonne volonté. C'est sur cette table qu'elle doit se nourrir en s'appliquant à toutes sortes de bonnes œuvres. Elle peut répondre au démon qui veut la troubler : Si la grâce divino n'était pas en moi, je n'aurais pas cette bonne volonté, et j'écouterais ta malice et mes mauvaises pensées. Mais je me confie en notre Seigneur Jésus-Chi'i?t, qui me conservera jusqu'au dernier moment de ma vie.

8. Je veux donc, mes Frères, que vous ouvriez l'œil do la raison, pour vous connaître vous-mêmes; car l'âme s'humilie dans cette connaissance de nous-mêmes. Elle reçoit cette connaissance au milieu des ténèbres et des attaques du démon, et elle grandit en zèle et en amour de Dieu, parce qu'elle voit que sans lui elle ne peut se défendre, et elle trouve Dieu en elle par une sainte et bonne volonté. Nous voyons donc comment nous trouvons Dieu au moment des ténèbres, et comment dans les choses amères l'âme ne trouve que douceur par un tendre et parfait amour. Cet amour l'âme leconcoit, etle trouve continuellementdanslebaptêmc du sang et du feu du Saint-Esprit, qui doit être pour nous le principe, la règle, le moyen et la fin, oii l'âme ne sera plus errante et exilée dans cette vie ; mais elle sera fixée pour toujours dans la vision éternelle de Dieu, où elle recevra le fruit de toutes ses peines. Oui, mes Fils bien-aimés, courons sans craindre et snns fuir aucune fatigue ; mais suivons notre chef le Christ Jésus. Je ne vous en dis pas davantage. Volez avec les ailes d'une humilité profonde etd'une ardente II. G*

charité. Demeurez dans la sainte et douce dilection de Dieu. Doux Jésus, Jésus amour.

XCIX (53). — AU VÉNÉRABLE RELIGIEUX DOM GUILLAUME, prieur général de l'Ordre des Chartreux (1). — Le sang de Jésus-Christ donne à l'àme la charilé, la patience, et les vertus nécessaires pour commander.

AU NOM DE JESUS CRUCIFIE ET DE LA DOUCE MARIE

1. Mon très cher et révérend Père dans le Christ, le doux Jésus, moi, Catherine, la servante et l'esclave des serviteurs de Jésus-Christ, je vous écris dans son précieux sang, avec le désir de vous voir baigné et noyé dans le sang du Fils de Dieu. Je vois que, quand la mémoire se remplitdu sang de Jésus crucifié, aussitôt Tintelligence se met à regarder dans la mémoire, où elle trouve ce sang ; elle voit le feu de la divine charité, l'amour ineffable mêlé et pétri avec le Sang, parce

(1) Cette lettre est adressée à Guillaume Rainaud, vingLcinquièrae prieur général des Chartreux, qui gouverna l'Ordre pendant trente-cinq ans, et mourut en 1402. Il avait refusé la pourpre romaine que lui offrait Urbain V, et avait empêché le Pape d'accorder aux Chartreux l'usage des aliments gras, en cas de maladie grave. Il se prononça pour l'antipape Clément VII en 1379. Il fut excommunié et remplacé, sous Boniface IX, par un visiteur général. L'Ordre se divisa alors en deux partis, et l'union n'y fut rétablie qu'en 1410, par les soins du bienheureux Etienne Maconi, disciple de sainte Catherine.

qu'il a été répandu et donné pour nous par amour. La volonté suit l'intelligence; elle aime et elle désire ce que l'intelligence a vu, et son amour s'unit aussitôt à l'amour de Jésus crucifié, qui se trouve dans le Sang. Alors l'âme se noie dans le Sang, c'est-à-dire qu'elle noie et tue toute sa volonté mauvaise et sensuelle, qui se révolte souvent contre son Créateur ; elle se dépouille de tout amour-propre et se revêt de l'éternelle volonté de Dieu, qu'elle trouve et goûte dans le Sang, parce que le Sang lui montre que Dieu ne veut autre chose que sa sanctification. S'il avait voulu autre chose, il ne nous aurait pas donné le Verbe, son Fils unique. Elle voit tout ce que Dieu permet dans la vie de l'homme, il ne le permet pas pour une autre fin. Tout ce qui a l'être vient de Dieu, et rien de ce qui arrive, les tribulations, les tentations , les injures, les violences qu'elle souffre, ne peuvent la troubler; mais elle s'en réjouit et les reçoit avec respect, en pensant qu'elles viennent de Dieu et qu'elles nous sont données pour notre bien, par amour et non par haine.

2. Elle ne peut et ne doit pas se plaindre, car elle se plaindrait de son propre bien, et ce n'est pas l'habitude d'une âme revêtue de la douce volonté de Dieu de se plaindre de ce qui arrive, si ce n'est de l'otrensc de Dieu ; elle en gémit, et doit en gémir, parce qu'elle voit que cette offense est contre sa volonté. Le péché est digne de haine parce qu'il ne vient pas de Dieu Tout ce qui a l'être, au contraire, vient de Dieu ;' l'âme passionnée pour le Christ l'aime et le respecte. Cette âme ne se voit pas pour elle-même, mais elle se voit pour Dieu ; elle voit Dieu pour Dieu, parce qu'il est l'éternelle et souveraine Bonté digne d'être aimée;

et elle voit le prochain pour Dieu, et non pour son propre intérêt. Elle ne choisit ni le moment ni la position qui lui plaisent, ni la peine, ni la consolation ; mais elle reçoit tout avec amour de la Bonté divine ; elle se trouve heureuse en toute chose, parce que celui qui aime ne peut trouver de peine qui l'afflige. Il se réjouit dans les combats et au milieu des persécutions du monde. S'il obéit, c'est avec joie et patience qu'il porte le joug de l'obéissance; s'il commande, il supporte avec douceur les défauts de ceux qui lui sont soumis, ainsi que les persécutions et l'ingratitude dont ils se rendent coupables envers lui ; il est prêt à mourir pour arracher les épines des vices, comme un bon jardinier, et pour faire naître des vertus dans leurs âmes, en se servant de la justice, toujours unie à la miséricorde. Il ne fait pas attention à sa peine, il ne craint pas la fatigue, mais il la supporte avec une grande joie. Il ne veut pas perdre le temps qu'il a pour celui qu'il n'a pas. Souvent il lui vient des pensées qui l'attaquent intérieurement ; il se dit : Si tu n'avais pas ce tourment et cette fatigue de ta charge, tu pourrais mieux posséder Dieu dans la paix et le repos. C'est le démon qui lui présente ainsi le moment de la paix pour le tenir dans une guerre continuelle. Celui qui ne soumet pas sa volonté dans la position que Dieu lui a donnée, est toujours dans la peine et se rend insupportable à lui-même. Il perd doublement son temps, parce qu'il n'emploie pas bien le temps de sa charge et le temps du repos qui ne lui est pas accordé ; il néglige ainsi le prosent et l'avenir.

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