‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 2)Chapitre 1 sur 108 · AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR

Donner une idée de ranteur dont on publie les ouvrages , faire connaître le genre et le mé-r rite de son travail , et signaler les lacunes pour les remplir , et les défauts pour les corriger ; tracer une courte notice des écrivains et des écrits dont on s^est servi pour compléter le recueil que Ton prétend offrir et à la foi des catholiques et aux incertitudes ^^ Phérésie , indiquer enfin brièvement le plan qu^on s^est proposé de suivre pour éclairer les uns et fortifier les autres , tel est , ce me semble , le devoir que nous avons à remplir avant de livrer au lecteur les savantes Lettres du profond docteur dont nous entreprenons de reproduire les pen-r sèes\ puissions-nous le faire avec assez d^étendue pour ne rien laisser à désirer à Tesprit , et avec assez de précision pour ne pas, le fatigqer,

Courte Notice sur le P. Scheffinacher .

Jean-Jacques Scheffmacher naquit à Kientzheim , dans la haute Alsace , de parents distingués, le 27 avril 1668. Appelé par la vocation divine dan^ la compagnie de Jésus , il fut

TI AYEanSSEMÉIfT

nommé y en 1 7 1 5 , à la chaire de . controverse fondée dans la cathédrale de Strasbourg par Louis XIV, et ensuite recteur du collège royal et de l'université catholique de cette ville. Ses prédications et ses écrits procurèrent la conversion d'un grand nombre de luthériens , qui , convaincus par la forcé et la netteté de ses raisonnements , eurent le bonheur d'abjurer leurs erreurs et de tentrer dans le sein de TEglise. Les plus célèbre^ de ses ouvrages sont les douze savantes Lettres adressées , les unes à un gentilhomme, et les autres à un magistrat protesr tant , et où , après avoir montré d'abord les obsr tacïes au salut des partisans de la nouvelle réforme , il détruit ensuite les obstacles qui pouvaient Sembler s'opposer à leur réunion. Psaff, chancelier de l'université de Tubingen , et Armand de la GhapeUe , pasteur à la Haye , tâchèrent d*y répondre; mais il parait que leurs réponses eurent peu de succès. Ces lettres , publiées d'abord successivement , jpurent ensuite rassemblées dans un corps d'ouvrage , et l'on en fit trois éditions en deux volumes in-^"* , la première en 1733 , la deuxième en 1747, et la troisième en 1 750 et 1 751 • Il en parut une quatrième , en deux volumes in-1 2 , à Rouen , 1769, à laquelle l'éditeur a ajouté une treizième Lettre sur la présence réelle , contre .le«

caltinistes : nom croybiu M>« ^liiMr à oas iMtenrs en !> laMant stArijMr dam «ttta éditton.

Excellence de ses lettres aux protestants.

Les Lettres du P. Scheffinacher ont obtenu on si éclatant succès , et acquis une répatatîo'n si méritée , qu'elles sont au-dessus de tous les éloges; elles ofirent àias. prottisttmt» égakv* de solides tnoli£i de rârctiir k l'ËgliBe « eu eatho- Hqnes fidèles de* |)renTes viclorieases pour cobsoUder leur foi , atix prètreb em^ajéa duis lâ imniatére des raisonnements efficaces pourcon* fbndre rËirear et ituttcaèr Au bercail les brebis rebelles à la coodoite du divin Pasteor. C'est oh livre pour aimi dire tuiîversel ^ un linr6 qui convient i toutes lefc conditions et à tons les étftti, un livre que rcclameM împôîensemsnt Ids bibliothèques catholit^es, et cependant un Ihre devenu si rare dans ces derniers temps , qu*on peut à ptine se le procnrer a^ec de longtxu r& cherches et des frais considérables. lUmettre dans le commerce on ouvrage si important' , en rendre Tacquisition facile et la lecture Sàmiliète , n'est-ce pas servir la religton et f B- B? n'est-ce pas préparer peut-^tre des consolantes et arracher quelques âmes

Tn ATBETISSEHENT

«m tODEments étemels pour les conduire par. le chemiii de la vérité à Tétemel bonhcinr 2 C^est là le bat de nos travaux: c^est le vœu de notre cœur : puisse le Seigneur Taccomplir dans son infinie miséricorde.

Défauts de cet ombrage; marche suivie pour

les faire 4^paraitre.

Quelque parfait que soU un ouvrage , il ne saurait guère être sans défauts ; les Lettres du savant jésuite , si recommandables par la solidité des pensées et la suite des raisonnements , ne présentent pas au lecteur ces charmes de style et cette pureté de diction qui délassent Fesprit delà fatigue dime application soutenue: des phrases interminables , des tournures moitié latines et moitié allemandes , des pronoms relatifs qui se succèdent et s^enchalnent jusqu'à IHnfini , des substantifs indéterminés qui expri« ment d^une manière vague et indécise des idées auxquelles il eût été facile de donner par le mot propre leur véritable couleur , ce n'^est là qu'un faible aperçu des défauts de' langage , qui àtent à cet excellent ouvrage une partie de son intérêt et des effets qu'il serait susceptible de produire. Nous nous sonunes efforcés dé reniédier à ces différents inconvénients « sans cepeiir/

DB L'ÉDITBUB. IX

dant rien ajouter ni retrancher aux pensées et anx phrases mêmes de Taotenr. Noos nom sommes contentés d^alléger nn pea la pesanteur da slyle , 1 " en coupant nn grand nombre de phrases dont Tétendne fatiguait l'esprit ; 2" en supprimant une partie des pronoms dont la répétition arrêtait à chaque pas la marche du discours ; 3° en substituant rexptession choisie anx termes vagues et confns ; 4* en rendant plus exactes certaines traductions des Féres , dont Taoteur donnait quelquefois le sens platât que le s^Ie lui-même. Ces changements qui paraissent légers an premier abord , mais qui ne laissent pas que de demander nn long travail, feront de cette édition de Scheflmacher un onr vrage tout à la fois ancien et nouveau , où Ton' retrouvera Tantenr tout entier, mais dépouillé en quelque sorte de la forme grossière dont il s^était revêtu. Nous ne prétendons pas cepenn dant offrir comme un modèle de diction littéraire , nn texte que nous avons seulement travaillé à rendre plus supportable ; que Tonvrage se laisse lire avec plus de facilité et d'attrait , et notre but sera parfaitement obtenu. Nous avions d'abord regardé comme nn défaut da temps oùle livre a été composé l'indication des témoignages |S Féres sur les anciennes éditions, moins exacs correctes que les récentes mises au

X ÂYERTISSBMEIfT

jour par les savants bénédictins ^ nous avions même commencé à corriger ce que nous regardions comme nn inconvénient, lorsqn^nne r^ûarqne da savant antenr noni a fait sonvenir (jnil levait fait à dessein ^ afiii de mieux convaincre les protestants en se servant des éditions les pins autorisées dans leur communion. Cette considération nous a retenus et fait prendre le parti de laisser les citations telles qu'houes se trouvent dans Toriginal. Dans les autres ouvragés nous avons toujours indiqué les meil^ kures éditions , à moins d^eli faire la i^emarque expresse»

Nous avons aussi observé que les Lettrés de SchefTmacher ne s^étèndaient pas à toutes les queistions controvet*sées avec les protestants., soit parce qu'ail ne s^est proposé que la conversion des luthériens , soit parce qu'il a cm devoir se borner aux points fondamentaux de la doctrine catholique. C'est une lacune qui laisse nécessairement au lecteur un besoin comme naturel d'aller plus avant , et d'embrasser d'un seul coup d'œil toutes les autres diffictiltés élevées dans la prétendue réforme par les sectateurs de Calvin , ainsi que par les partisans de Luther* Podr satisfaire un si juste désir , nous avons t^hoisi dans leê ouvrages les plus «stilïiés , et souvent les moins connus , des traités sur

DB L'ÉDtTEUa. XI

tontes les qaestions soulevées par les adver* saires de TEglise, et nons les avons gl^oapés, pour ainsi dire, autour des Lettres du savant jésuite pour en faire comme un seul corps de doctrine:, et un même faisceau de lumières.

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