‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 2)Chapitre 103 sur 108 · VII · texte numérisé non relu

VII

Avantages du célibat pour la société chrétienne.

Le mahométisme ayant pour principe de donner une entière et malheureuse liberté aux désirs de la chair ^ éemble tirer Thomme d'un prétendu esclaTage auquel d'autres s'imaginent qu'assujétit la pureté du christianisme ; mais Outre cet esclavage réel et cet abrutissement auquel l'âme est assujétie par les passions de la chair, l'on doit rèèonnaitre que Mahomet, sous cet appas trompeur d'une Caïusse liberté y a rendu l'homme yéritablement esclave des sens , et tellement dominé par ses passions y que par ce malheureux artifice il a donné en même temps un moyen plus facile *aux maîtres de ces infidèles de les subjuguer et de les assujétir à un honteux esclavage et à un tyranique despotisme. Mais le christianisme y en ne prescrivant que des règles prudentes et sages de continence et de chasteté , retire véritablement l'homme d'un esclavage auquel il était assujéti auparavant , pour l'élever au-dessus des sens impérieux^ l'établir dans un véritable empire de luimême , et lui donner plus de facilité pour connaître sans nuages les vérités les plus sublimes. Ainsi y bien loin de décrier ceux qui^ pour jouir de cette liberté et de cet avantage, se dégagent des choses sensuelles, l'on doit au contraire leur donner les plus grands éloges , comme dit Eusèbe de Pamphilie, admiratione omnium dignus est{i). Et on ne peut certainement les leur refuser, lorsque l'on considère les vertus singulières qui se trouvent plus communément dans ceux qui pratiquent cet état de perfection que dans les autres.

D'abord il n'est personne , témoin le grand apôtre saint Paul , ainsi que je Pai fait voir ci-devant , il n'est personne , dis-je, qui soit en état de parler avec plus de justesse et de sagesse , tant de l'honneur qui est dû au mariage que de la sainteté du célibat ; parce qu'étant moins dominés par les sens , ils envisagent avec plus de

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tranquillité , et dans l'exacte vérité , ce que demande la raison et la religion; parce que^ connaissant et les difficultés qu'il faut yaincre pour conserver la vertu du célibat chrétien » et les peines attachées aux engagements du ma^ riage, ils sentent mieux les règles qu'il faut prescrire aux uns et aux autres. Ainsi , dit l'Apôtre , chacun a reçu de Dieu sa vocation particulière ^ l'un d'une façon ^ l'autre d'une autre (i). C'est pourquoi il dit aux uns : il vaut mieux se marier que de vivre dans le dérèglement (2) ; il dit aux autres, qu'attendu les peines de cette vie, il est plus avantageux à l'homme de garder le célibat (3). En second lieu> le célibat chrétien forme des citoyens dont les mœurs sont plus parfaites , des hommes édifiants dans qui se trouve le trésor de toutes les vertus chrétiennes , civiles et politiques; la source de tous les grands exemples de sagesse^ de science y de tempérance , de douceur et de plusieurs autres perfections. En sorte que si le célibat parait enlever à la société quelques citoyens, ce n'est que pour l'en dédommager amplement , et l'en récompenser au centuple par un choix de sujets plus propres à enseigner les autres , à graver dans leurs esprits les grands principes de religion, de probité, de justice, de sagesse, de lumières, de science, de vertus, et donner aux hommes les règles les plus prudentes pour se conduire dans les différents états de la vie.

Que dirai-je encore de cette utilité infinie que retire la religion chrétienne de ses ministres célibataires ! Qui peut égaler leur zèle pour la propagation de la foi, leur ardeur infatigable pour l'enseigner , non-seulement aux fidèles, mais pour annoncer l'Evangile dans les pays les plus éloignés ? Quels seraient les prêtres mariés qui voudraient quitter leur femme , leurs enfants , leur patrie pour annoncer l'Evangile chez les hérétiques , les infidèles , dans les nations barbares , idolâtres , et s'y exposer , comme

(1) Unosqaisque proprium donum habet ex Deo, [alias quidem sic, alias vero sic. t . Corinth. 7.7.

(9) MeliusestDuberequamuri. TU. v. 9.

(3) Propter iostantem nccessitatem boaum est liomini sic esse. Id. v* #•

Dt GfiLlBAT C&RÉTIÊN. 465

M âptores> ani'phis cnielleb parsécmibns et au mafityre ? (Tmt ainsi ^ que cette religion, en prévenant lea incon- ▼énients dfVine inultiplicàlioti quelguefoid trop féconde, aait retirer dé là société publique etformer des dtoyoïa aussi édifiants par la sainteté de leurs mœurs, qu'utiles par les grands sertiœaqli'ils rendent à la république ehré<* tienne; et qul^ comme dit S. Eusèbe, donnent à Dieu des enfonts spirituels , en élèTént une multitude, les instmi-^ sentâe là loi sainte, et les fiïrment dans la voie du saliit(i). Que si cependant tous ces avantages spirituels que savent paràdtement apprécier tous ceu± qui sont zéléâ pour la religion, touchent faiblement ceiix qui h*ont pas pdtir elle le même attaciiement; joignons ici les avantages ttsibpbiréls qué^rAduitëncbre le célibat chrétien, et considérons iceux qid en reviennent & la société dvilè* Pôu^ cela je ne me ferai âùcuiie peine' de copi^ ici ce qu'en dit avec iànt ié justesse Fauteuir d'tin ouvrage intitulé : Mémoire poUHéoeriHçue, Sbhnè en 175Ô'j;>qtir cotifondi'e un éérft qui avait <»é-paràitre en faveur des protestants, bu plutôt deis'èalvitiiÉtes de France. Je renfermerai entre de petits crochets led notéi qu'il à miiMis au bad 4e 6on excéllëiit outrage.

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<c Uiie feusse philosophie (2) à gagfté lies esprits et éflkcé << des cœui^ ce respect que nos pèreii avaient' pour les chb- <t ses saintes ; dé là oh s'est accoutumé à're^àrder les ;ecclé- <i siastîques cotnme des citoyens inutiles oà à chargea la « société : Aé là ces mains et ces voil toûjouihsi prêtes' à « fondre sur cette pDriioà de l'héritage de Dieu : de là' ces

(I) Qoi ditiaà et iilcôrporeà sobûle propfg^idÂ. oocopati ten^niar , et innniberabilu maltitndinis edutiadonem , sanctamqtte discipUnam, ac reliquaeinstitaend» TÎt» curam snsceperintj Cap« 4. Art. 9. vel lib. i. de demonstrat. Ev. Cap. 9. — (l)Pig. W;- -

TDM. I. 30

é à to- coëdanikié à air^otéirlft iftrirè'ééWlv rtieUM : étai«di ^ tf jMUr lii'ildéaftItortifiëF/ tMifc éaicoreUMiaiée dtri'linin « bnnes; arUsonraéCridiéi iniM(É«|lp«BM«'VÉ^ifntft«Mié> «r Ak^pi»miî^ièecàéSkiaii}i ils ont ^élé^Jen cela ^pluBiitiles «'àl«riaatfdiii^<iae ifilsiMueiLliniâriét: ftattil''éliCiéÉ iui-'

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0) Pag. 77. — (i) fsg». 7^ .t

Pi Dieu; et qu'un reste de préjugés fait perdre encore, au a commerce.

<c Si de tous ces avantages généraux quf s'étendent sur « tous les individus ^ nous passons à ceux qui ne sortent « pas des {^milles y combien de maisons , je dis des plus (c grandes du royaume 9 doivent leur illustration et leurs a richesses à l'Eglise ! Combien d-autres retirent tous les « jours en détail et avec usure les biens que la piété de ce leurs ancêtres avait consacrés à Jésus-Christ! Combien a de braves guerriers seraient restés inconnus et oisifs , si <c des frères ou des oncles ^ membres de ce corps inutile , fc et 9 s'il en faut croire no^ mauvais politiques , si nuisible (c à la société; ne les avaient aidés à se produire et à se source tenir au service de leur roi ! La valeur est chez les Fran-^ ce çais la plus grande force de l'Etat , c'est donc un germe « qu'il faut conserver dans les familles \ mais comment « les transmettre à ses descendants , si on ne se marie pas^ (C et comment se marier si un nombre de frères et de sœurs « partageant un modique héritage le réduisent à rien ? ce C'est alors que la consécration à Dieu devient un sacri* Cl fice fait à la patrie ; si tous ces frères s'étaient mariés , ils ce auraient donné plus de sujets à PEtat ; mais à la seconde ce génération qu'aurait produit leur indigence? des enfants ce sans éducation'^; des hommes sans sentiments , des ou* ce vriers , des mercenaires , et c'était une bonne race perr « due à jamais pour le royaume , au lieu qu'une sœur relin ce gieuse met une autre sœur en situation de se marier ; un ce fi^re ecclésiastique aide ses neveux » et relève une mai-. « son qui tendait à sa ruipe. »

FIN DU TOUfi PREMIER.

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