VI
Inconvénient* gui résulteraient des Ecclésiastiques non
célibataires,
Quelques-^uns ^ pour soutenir jusqu'au bout leurs pré-^ jugés , n'ont pas craint d'avancer que les prêtres mariés feraient des ménages meilleurs que les autres , parce qu'ils sont par état, dit-on, mieux instruits des devoirs de la religion , qu'ils sont plus laborieux , plus vertueux , plus modérés , plus doux, plus appliqués à leurs obligations4 Mais l'on ne sait si on y a réfléchi en tenant un tel langage, et si Ton a cru que ce raisonnement pourrait séduire quelqu'un. Car qui ignore que toutes ces vertus qui se trouvent dans les ecclésiastiques ne sont qu'une suite du célibat chrétien qu'ils pratiquent; que plus ils l'observent , et plus toutes ces qualités éclatent dans leurs personnes , et que l'on ne lés y verrait plus de même dès qu'ils seraient, comme lés autres, obligés à s'occuper du soin d'une famille. Livrés à ces sollicitudes indispensables , ils négligeraient le soin de leur Eglise ; partagés entre les affaires ecclésiastiques et domestiques , ils n'auraient presque plus le temps de vaquer à l'étude, si nécessaire pour connaître les importantes fonctions de leur ministère. Les biens destinés aux indigents de leur troupeau seraient souvent détournés à celui de leur famille ; et si l'on reproche à quelques-uns d'enrichir des biens de l'Eglise des parents éloignés , que ne feraient«ils pas pour ceux qui leur appartiendraient de plus près ! Mais pour faire connaître d'une manière plus réelle en quoi les ecclésiastiques et les autres célibataires chrétiens sont véritablement utiles au monde même , entrons plus particulièrement dans quelque détail des avantages qui en reviennent , non-seulement à la société chrétienne , mais à la société politique ou civile.
DU CÉLIBAT CHBÉTIKN. 463