‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 2)Chapitre 22 sur 108 · MAXIMILIEN DE BETHUNE · texte numérisé non relu

MAXIMILIEN DE BETHUNE

DUC DB SOLLT , EN SES HBHOIRE8.

K Sire , a parlait à Henri IV ^ je me réjouis îoG- « nimeotde tous voir si bien intentionné envers ceux a de la religion : mou appréhension ayant toujours été v qns ù une fois tous vemez à ehanger de religion f K comme e''est ehose que je vois bien quHl tous faudra « ffure , l'on tous persuadât à haïr et maltraiter ceux ff de nous autres , tant des villes que de la noblesse , n qnî tous aimeront toujours cordialement et tous sern TÏront loyalement , desquels le . nombre se trouvera « incessamment si grand , que s^il se lève parmi eux <i quelques aTarieieox, ambitieux et fôcbeux, qui tou- K lussent (aire le contraire, ils seraient contraints par a les autres de se remettre en leur devoir , n'y ayant « rien, à mon aris, qui fût tant nécessaire de faire chaI^- « ger aux catholique zélés, que cette créance qu^ils té- N moignent aroir prise, et la Tondraient bien faire •( prendre à tous les autres , que ceux de la religion K sont tous damnés , et y a bien auui quelques ministres <( et autres impertinents esprits des huguenots qui toii> « druent aussi essayer de nous en persuader autant des K catholiques; ceque ponrmoi je necrois nullement; ' « maïs au contraire tiens pour infaiUible qt^eu quelque n sorte de religion dont les hommes fassent prolîesnAt 0 exlirienre , sMs meorenl en l'observance du Dé» « logue, créance anSymbole, aiment Dieu iV louil»

TOH. I.

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<( cœur , ODt charité envers leur prochain , espèrent en <c la miséricorde de Dieu et d^obtenir salut par la mort, (( le mérite et la justice de Jésus-Christ, qu^ils ne peu* (( vent faillir d^ètre sauvés, pour ce que dès lors ne sont- (( ils plus d^aucune religion ; mais de celle qui est la (( plus agréable à Dieu, de quoi j^ai autrefois discouni (( avec quatre ou cinq de vos ministres, à savoir Monsieur <f de la Roche-Chaudieu , de Vaux , Despérien , Garce desi et de Nord, lesquels se trouvaient bien empêchés à bl&mer cette opinion : Que s\ï vous plaisait de la prendre , vous résoudre de la mettre en pratique tout le temps de votre vie , et que Dieu vous en At la grâce , non*seulemcnt je ne douterais point de votre salut , quelque profession extérieure que vous fassiez de la religion catholique, mais demeurerais bien assuré , que ne nous regardant point comme des gens exécrables et damnés , vous n^entreprendriez jamais aussi la destruction , ni persécution de ceux de notrp religion , qui vous aimeront vraiment , et obéiront et serviront loyalement , ainsi que Dieu commande à tous ses sujets de le faire envers leurs rois et princes légitimes , voire n^nie à Tendroit de ceux qui se gouvernent désordonnément : concluant par tous ces discours quMl sera impossible de régner pacifiquement tant que vous serez de profession extérieure d'une religion qui est en si grande aversion à la plupart des grands et des petits de votre royaume. )> Celui qui donnait ce conseil à Henri-le-Grand , était n des plus forts appuis du parti, et si zélé pour le calvinisme que Dupleix, dans son Histoire de France, l'ap-

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pelle < calviaiste obstiné ; » il traite néanmoins i'etprit* impertinents tous le? ministres et tous les autres calvinistes qui soutiennmf que 'on ne peut point faire son salut dans l'Eglise romaine , et que tous les catfaoliqaes sont damnés.

LIS MiniSTRES DB LA COUR ET DE lVrHÉe DB BBIfRI* LE^RANO^TOH. IV DE L^HISTOIRB DE FRÀHGB, PAR DDPLBIX f PAG. A 1 9.

Il Le roi demeurant grandement sati^bit de ces raî- « soas, reçut une forte persuasion d^une proposition que « les ministres lâchèrent en sa présence : c^est à savoir If que l'on peut faire son salut dans, PEglise romaine , u par le moyen du caractère pris an baptême « et par n rapplication dn sang de Jésus-Christ répenda pour « toos ceux qui orolent en lui. Le roi entendant d*ail- H leurs que les catholiques soutenaieat que hors de n l'Eglise catholique , apostolique et romaine il n^ a 1 point de salut; comme c^était un prince très jndi- 1 deni , il lira de le œtte conclusion nécessaire : qu'il « valait mieux se ranger à cette Eglise , dans laquelle K tous demeurent d'aecordqn^ilpDuyùt&ire son salut, H que dans celle où la moindre partie l'assurait. »

n o^edt pas étonnant que HeurÈ-le-Grand, dont Tâme était d'une si haute élévation , placé entre ces deux propOMtioDS : la première, pour laquelle tous les •-' cliques sont prêts de répandre leur sang et ddlti' vie ,

1 l^on de TEglise calhotique , aposlollqi ^'ue

r ila'yapoinldesalul. «EtPaDtTC,'fl > ''

Y( avouent qne vivant et mourant dans la eréance de VE- (i glise romaine on peut parvenir au salut , » en tira tette conelusion : <( quMl valait mieux se ranger à eette f( Eglise dans laquelle tous demeuraient d^accord qu'ail (( pouvait faire son salut , que dans eelle où la moindre (( partie l'assurait. »

U D^est point d'esprit capable de raisonner , qui ne voie la nécessité de cette conséquence , et que dans le choix de religion , d^où dépend Téternité^ il n'y a point à délibérer pour préférer ce que tout le monde avoue itre un chemin assuré vers le ciel , à celle que la plus grande partie des hommes regarde comme le yraie chemin de la perdition et de Tenfer.

Et en eifet, quand on fait ces réflexions , les catholiques et les protestants sont d'accord que TEglise romaine a tout ce qui est nécessaire au salut , et que je fuis m'y sauver ; mais ils ne sont pas d'accord que je puisse me sauver hors de TEglise romaine ; au contraire tous les catholiques croient et soutiennent que vivre et mourir hors de cette Eglise , c^est se damner ; et les seuls protestants sont du sentiment quW peut faire son salut hors de TEglise romaine ; quand , dis-je , on fait ces réflexions, si Ton est d'ailleurs capable de raisonner et d^avoir quelque idée du sens renfermé dans ces grands mots du christianisme, paradis , enfer, damnation y salut , éternité bienheureuse , malheureuse éternité , pourra-t^on s^empécher de prendre le même parti que Henri-le-Grand .

Dupleix remarque encore que M, de Roquelaure disait à Marmet , ministre de Nérac : « Venez-çà , mal-.

rohaihb: QSi;.

« heureux que tous êtes,. mettez une partie des psaumes. « de Marot d^ua cdté sur une table , et dW antre la 1 couroDue de ïVanee; Tpudriez-Tous conseiller au r(M,. Cl notre maître , de quitter la courcmne pour les ptaa- « mes de Marot? »

Marmet , qui était trop habile homme, pour ne point être conTainitu que Tod peut faire son salut dans l'Eglise romaine, quoiqu'elle condamne d'hérésie, d'apostasie de la foi , et de fausse religion, celle où Ton fait profession de chanter les psaumes de Marot', ne répondit pas que le rm était obligé de quitter la couronne de France pour les psaumes de Marot.

Ce que M. de Roqaelaure disait de la couronne de France, nous pouvons le dire de la couronne qui est préparée dans le ciel à ceux qui meurent saintement dans la véritable Eglise- de Jésus-Christ. Mettons donc d^un câté les psaumes de Marot , et' de l'autre la couronne que le ciel prépare aux élus ; ud calvimste peut-il sans une extrême imprudence, ou plutôt sans commettre la plus grande de toutes les folies , préférer les psaumes de Marot \ la couronne du ciel ? Tout le monde , et catholiques et protestants , lui disent : « Si vous renonce» à eette religion , qui met toute sa dévotion â «hanter les psaumes de David , traduits en fraD<;ai5 par Marot , valet-de-chambre de François I", bouffon de- la cour i cette époque, et libertin public, qui pour avoir débauché & Genève la femme de son h6te, y flit fustigé par la main du bourreau , vous pourriez avoir dans te ciel la couronne de gloire , » mais il n'y a que eeux de son parEi qui lui disent que chanter avec eux les psaumes de

soQ parti ^^^ deMau^^^

et faire avec eux la cène» ne Tempèchera point de porter cette couronne. Peut-il sans se condamner lui-même d^aveuglement et de folie, préférer les psaumes de Marot à la couronne des élus.

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