‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 2)Chapitre 37 sur 108 · CAMERON · texte numérisé non relu

CAMERON

MINISTRE ET PROFESSEUR A SAUMUR , DANS L^OUVRAGË INTITUI4E : TRAITE AUQUEL SONT EXAMINES LES PREJUGES DE CEUX DE L^ioLISE ROMAINE, CONTRE LA RELIGION REFORMEE. Chap. XXXYII.

« A la vérité, TEglise romaine enseigne qu^t y a un Dieu, Père , Fils et Saint-Esprit; que dans la ré-^ demi^ion du genre humain , le Fils a pris à soi la nature de lliomme , et en elle a expié nos péchés par sa mort , a été enseveli , est ressuscité des morts , est monté au ciel, est assis à la dextre de Dien toutpuissant. Que la sainte Eglise nous a sanctifiés ; qu^il y a une Eglise, une Communion des Saints, une rémission des péchés, une résurrection de la chair, une vie étemelle ; qtfe par la foi il se faut reposer en « la miséricorde de Dieu , par Pcspérance attendre

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raecomplissement de ses promesses , par la charité Taimer. Cest là véritablement la substanee de la religion chrétienne ; qui demeure , quant à la doctrine et profession extérieure en l^glise romaine. Pour ce regard , nous ne Pavons pas quitté ; ainsi pour ces considérations , nous lui laissons le titre diEgUse , à laquelle jusque-là nous nous joindrons toujours. » Cameron était un des plus savants docteurs de la religion prétendue réformée ; il a été d^abord ministre i Bordeaux , et ensuite professeur à Saumur;

Or, il soutient que dans lès paroles rapportées pluA haut , « est véritablement la substance de la religioii chrétienne. »

Que cette substance c demeure quant à la doctrine « et profession extérieure en l^glise romaine. »

Cest donc Tesprit de mensonge et dWeur ^oi à dicté aux auteurs des articles contenus dans la confession de foi des calvinistes ces paroles : c Pourtant nous c condamnons les assemblées de la papauté. Vu que « la pure vérité de Dieu en est bannie , èsquelles les < sacrements sont corrompus, abâtardis, falsifiés on « anéantis du tout , et èsquelles toutes superstitions et « idolâtries ont la vogue. »

En effet , la substance de la religion chrétienne se^ rait-elle , quant à la doctrine et quant à la profession extérieure dans TEglise romaine , ainsi que Cameron vient de Tavouer , si c la pure vérité de Dieu en était « bannie ? < Se peut-il faire que la substance de la religion chrétienne soit là où n'est pas ki pure vérité ? Les sacrements ne sont-ils pas dé la substance du chris^

ROHAIKE. 129

lîaniunc ? Et y a-t-il une religion Vraiment chrétienne là où leis sacrements sont < ibfttardû , ialtifiés ou anéan- ■ lis du tout }» he cfaristianïsme , on la anbataoce de la religion chrétienne penvent-ils exister , là où ■ Tidoc latrie Rt re^et et où toutes les superstitions ont t TOgne ? >

Il dit que ce n^est pas « pour ce regard qu'ils ont « quitté l^glise romaine. > Le^r schisme donc nVst fondé sur aucun point essentiel de la religion chrétienne , mais sur des doctrines ou des pratiques qui , de leur aveu mime , ne sont que des accidents « ontlement nécessaires au salut. Or , pour des acddeuts et |)Our des différends dans lesquels il n^est question, ui de TesseDce , ni de la substance de la religion , peut-on faire un schisme dans l^glise ? peut-on et déclarer la {guerre à sa m«re> et à réponse de Jésufr-Christ ?

EnGn , ^meron proteste que lui et les autres préten-' lias réformés, laissent à TEglise romaine n le titre H d^glise, à laquelle jusque-là ils se joindront ton- » jours, u Pourquoi done s'en sont-ils séparés 7 Pourquoi n^ reviennent-ils pas , puisqu'elle a la substance de la religion chrétienne , et qu'elle est la véritable Eglise de Jésus-Christ ?

LE MÊME

£N SES PRÉLECTIOMS DE L-RGLIl

< Car nous, encore que nous aeoi ' temps du vieux Testament , TËglise TOM. I.

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ç fois même sans forme visible ; nous n^accordoos pas « néanmoins , qu^ii y ait eu une si grande désolation c sous le nouveau Testament ; car la profession du nom « chrétien y a toujours demeuré , et même les dogmes « que nous disons être les fondements de notre reli— « gion , quelque chose qu'ion ait ajouté dans la papauté c à ces dogmes, pour opprimer la vérité , s^il eut été « pôissible. »

Dans ees paroles, Camercm avoue trois choses : La première , que TEgUse a cet ivantage sur la syna-^ gogue, "d^avoir retena toujours sa forme visible, la désolaiioB qu^il prétend avoir été qaelquefois dans PaiHtienne iloi-^ ii'ayant jamais été si grande dans la nouvelle qu^on ne pftt , par des marques visibles et sen^ siUes , discerner la véritable Eglise d'avec les fausses.

La deuxièaie ^ que les points ou les dogmes fonda-* mentaux de la religion chrétieane , sont ^jours demeurés dans TE^lise romaine ; et par conséquent que Pou y a toujours trouvé les seoomns nécessaires au salut. La troisième , que n(Mi*seukBient la vérité n^y a point été opprimée par les additions qu^il prétend avoir été faites à ee$ dogmes dans la papauté , mais encore qu'ail a été impossible qu^elle y fCit opprimée. Ceux donc qui font profession de la religion catholique , où le pape est reconnu pour chef vistUeiie l^f^lise , n^ont-ils pas sujet de louer Dieu , dont la providence les a fait entrer dans une société où il est impossible que la vérité ne remporte toujours la victoire sur les erreurs , et ne triomphe ^es hérésies et -des superstitions qui lui font la

guerre.

LEONARD HUtrEa i

DANS ses LIKDX COHHCNS TB^LOGlQtlBS^ DBUXISMt! CONTROVERSE DE L^ÉGLISE LUTHÉRIERHE (1).

u La quatrième el dernière àssetnbtée -, ou corps de « la Traie Eglise est donc la papauté , composée de « ceux que Daniel appelle Moab , c^est-à-dire du Père . « Par lequel terme le Prophète dénote ces Gdèles , qui « par le moyen des principaux Cbeb du catéchisme ^ dé n Phistoire de la Pasùon de Notre-Sei^eur, des abré- [( géfl des Evangiles et des Epltres dominicales, ont c reconau que Jéius-CSirist était le Rédempteur, et ' par la simple foi mettant leur confiance en la miséii^ I corde de Dieu et aux mérites de Jésus-Christ, ont

< rendu I^rnb.

( tii véritable Eglise cotnposée de quatre corju, oii « de quatm assemblées, a donc été au milieu de U * papauté , mais misérablement pressée , et presque

■ oppressée (2)^

■ n y & bien de la différence entre ces deux choses ,

< assurer que la véritable Eglise a été sous la papauté, « ce que nous accordons volontiers, et assurer qw U

■ papauté a été cette véritdle. Eglise , ce que li « ntopa. »

^nfin Hatter se décltn si ootertement pour cette ? riU que l'Eglise romune aété tonfoora véritable i

(I) I%c. B30 , col, s. — (S) Pae* sxi.

432 l'église

de Jésu9»Clirist , qu^oa trouvera à la marge ces paroles (1) : Il est montré que la véritable Eglise a été au milieu de la papauté. En effet y il s^étend sur cette matière j et donoe plusieurs preufes de cette vérité,

JACQUES CAWON ,

«t^IVRE II. — DES CHOSES CHRONOLOGIQUES;

c %i je crois que dans ce changement des mœurs de l^^lise > auquel Ton donna et Ton confirma aux collèges 'ecclésiastiques leur domaine , arriva heureusement la naissance de François ^''Assise , de Dominique de Calagorfa , et des autres qui ont renouvelé les titres monastiques, dont la mémoire était déjà presque perdue , Fun prenant pour modèle Ëlie sur le Mont-Carmel , et l'autre les ermites. Car par leurs communautés, dans lesquelles chacun d^eux aftîra après soi un grand nombre de moines , Ton conseryà quelque ombre ou quelque apparence du ministère de 1 Eglise et de Tancienne discipline, dont il y avait longtemps qu^on ne trouvait aucune trace dans le royaume des collèges , si ces quatre ordres mendiants n^eussent point paru. Ett;e n^est pas sans raison qu^'ls okit eu ce dessein de faire reluire dans l^lise les exemples de leur vie. Ils savaient que la crainte des tyrans qui employaient le fer , le feu et les autres tourmeints , pour arracher Jésus-Christ du cœur des

(1) Ostenditur sub medîo Papatu fuisse veram Ecclesiam » pag. 5Î8.

ROMAINE. t33.

chpéliens , avait donné naissance à la première vte monastique ; et ils croyaient que cette seconde qu^ils

instituaient serait utile à PEgltse, parée qu^ils Toyaient que dans ks asseml)lées des Eglises, lies grands et les petits étaient également enlacée et esclaves de Tamoui^ des richesses et voluptés, et embrasés du désir de dominer. Us cr4>yaient que leur manière de vivre , qu^ils faisaient paraître sur ce^ théâtre de FEglise politique,, serait fort salutaire contre cette chaleur des esprits, et je pense que la vie et le salut des hommes en eussent retiré quelque avantage , si les Cénobites se fussent arrêtés dans ce mépris des vanités du monde, et dans cet ardent amour de la- rectitude , dans lequel nous apprenons que leurs premiers maîtres ont demeuré «ferme. François^ d^Àssise , pour preuve d'nn-extrëme mépris des choses mondaines , renonqa aux biens de fortune , dont il pouvait jouir, et s^abaissant jusqu'à I9 condition de la vie du peuple , il sVxerça teltement à sonffirtr les injures, les pôines du travail, et par les jeûnes, par les prières et par les méditation^ , fit si bien prendre d^autres sentiments à son esprit , qu^il a crû qu^tf n*y avait rien de plus naturel : que vivre frugalement , modestement , chastement et saintement , et nous ne devons pas porter un jugement peu favorable des trois autres manières de vivre^ Voyant que lé ministère était menacé de ruine- dans les Eglises des évoques, ils prêtèrent leurs épaules pour lé soutenir ; et leurs efforts furent , h ce que par leur soin TEglise eût derechef des prêtres qui ne regardassent que les biens

f véritakk» et éternels ; car tous ceux qui après s^é-n f taient jetés dans leur société, mirent tout l^apput ç de leur voca^om dans le mépris des honneurs 9 et f des biens de fortune ; et eertamemept on a? ait sujet « d^espérer que par le moyen de çfes quatre ordres menr c diants, Taneienne pndnté de nos pères, leur simpli-! c cité dans les habits | et leur frogahlé dans leur vtTre ^

< seraient der^ef raj^lées en Europe, M|ùs ! ô espér c ranees en ces inorts au mond^ et ruinées et trompées*

< Tout le monde voit de quelle manière ils ont réfotmé « le momde et TE^lise. Nous célébrerions , avee (ne « mémoire pleine de gratitude , ce gr^id courage avec f lequel 4e$^ en&n|s c|e hi pauvreté ont fou)é les délices^ c e^les richesses du mpiidei si révénement qui est un « témoin trop certfûn , ne criait que nous mentons ^ « quoique néanmoins , nous ne pouvons pas dissimu-? € 1er que parmi em^ il y en a eu quelques - uns qui ^ « ayant l'esprit attaché à Dieu , ont tenu en bride leur « chair , et ont donné leurs services pour la misère des « autres. Bernardin , qui a porté les armes sous Tét^n-f « dard de François , visita dans une peste très conta- « gieuse , avec douze de ses frères , les malades aban-* c donnée , les aida , les porta et ensevelit ceux qui en « étaient morts^ Il ne fout pas douter que cette piété « n^ait été trèsi^éable i Oieu , ni aussi qu^il n'y en ait « eu plusieurs autres qpe le désir des choses étemelles « a porté à p^ser la vie dans ces rigueurs. Mais parmi « tant de milUers , que peuvent faire ce peu de per- « sonnes pour réprimer la fureur du mondç et des Aé". <^ fiions, F^otre Albert de Laingi , Thomas d^Aquin ,

ROMAINE. t3a

« avec quelques autres leuns semblables, ont rendu leur <i nom illustre sous la^râgle de& mœurs que Dominique « a.prescrtte à ses sectateurs. »^

Après ces paroles de Carion » qui passe pour un des plus savants protci&ti^t il n^est personne qui ne soit persuadé qu^Û a cni^ non-seulement qne TEglise romaine est la. vécît^ihli Eglise de. Jésus-Christy etque Fon peut y£tira son salut pipais encore qu'yen faisant profession^d^ pratiquer tout ce qu'elle approuve ^ «t que les lutliériens et les.calvinistcs accusent d^erreur et de superstitîoo, Ton peut arriver h une haute perfection,, et devenir un grand saint.

Car un homme qui fait Téleige de saint François, de saint Dominique , et de ceux que Tordre des Carmes et celui de Saint^Augustin^reeonnaissent pour seconds fondateurs; qui admire saint Bernardin de Sienne, et les autres reUgieux attacbjés au même institut , et imitateurs de son lèle; <itii loue AlberMe-^^rand et saint Thomas dlAquin ; qui regarde ces grands hommes comme autant de flambeaux de l'Eglise ^^ et autant de modèles de la perfection tfvangélique , n^avoue^t^il pas que tous les écrits composés, par les pirotestants contre les v<£ux de religion , Tintercession des saints , Thonneur rendu à leurs reliques et à leurs images, la prière pour les morts, la présence réelle , la transsubstantiation ^ Tadpration de Jésus-Christ dans ^Eucharistie , le sacrifice de la messe et la souveraineté spirituelle du pape , sont les fruits non de la conviction et de la vérité , mais de Pemportement et de la passion. C^est Touyrage de personnes qui pour défendre leur schisme ont renoncé h rËvan{;iie, et aux plus belles lumières de la foi*

1 36 l'églisb

Saint Dominique , saint François , saint Bernardin de Sienne, Albert-le-Grand , saint Tliomas d^Aquin ne disaient-ils pas chaque jour la messe ? Ne croyaient-r ils pas la présence réelle et la transsubstantiiation 2 N^ont-iis pas prêché et écrit en faveur de la vérité de ces mystères ? FTont-ils pas exhorté les peuples , par leurs exemples et par leurs prédications en chaire , et dans leurs livres , à adorer Jésus-Christ sous les voiles eucharistiques , à invoquer les saints , à faire vœu de pauvreté , de chasteté et d^obéissance dans les ordres religieux ; à dompter la chair par les austérités , et h se soumettre à Tévèque de Rome, comme au successeur de saint Pierre y et au vicaire-général de Jésus-Christ î rTont-ik pas tenu pour hérétiques tous ceux qui niaient ces vérités? Carion néanmoins les reconnaît pour de grands saints ; il en parle comme de personnages vénérables qui ont inspiré la piété aux peuples y et les ont portés à vivre dans la perfection évangélique. Il a donc cru qu^ils étaient dans la véritable Eglise de Jésus-Christ, et que avec la profession de la même créance on peut être dans la voie du salut ? Il a donc cru qu^un religieux de saint Dominique , de saint François , de l'ordre du Mont-Carmel , de Finstitut de saint Augustin , fidèle à garder la règle donnée par les fon-: dateurs , était non-seulement sauvé • mais encore élevé à une haute sainteté.

romaihe. 4 37

JEAN-HENRY ALSTEDIUS,

b:! son encyclopédus. tom. III f uv. xxy de ^a

THÇOLOGIE. SECT. 53 , LIEU 24.

a Et poùriant PEglise n^est pas en cette vie exempte f de toute erreur. Car encore que TEglise catholique « n^erre pas au fondement de la foi , et qu^elle ne perde « pas tout-^-fait la foi , elle a néamnoins en celte vie

« ses taches Les marques de TEglise visible,

« quant au fondement de la religion , conviennent éga* « lement à toutes les Eglises qui paraissent, et qui <( sont connues* Quant aux accidents , ils conviennent u à Tune moins , et à Vautre plus; il ne faut pas donc <c pour quelque erreur , ou pour quelque abus que ce « soit , douter de la yérité d^une Eglise particulière. »

Ainsi , selon le sentiment de cet auteur protestant , tontes les Eglises chrétiennes, et par conséquent PErgltse romaine , à qui ses ennemiis n^ont jamais contesté la qua ité de chrétienne , peuvent se vanter dVoir, quant aux fondements de la foi , les marques dISglise visibe de Jésus-43irist, et d'être en ce point égales, quoique, à raison des accidents , il y ait de Tinégalité.

Toutes sortes d^erreurs et d^abus n-ôtent pas à une Eglise la qualité de véritable Eglise , ou d^ïlglise en laquelle chacun peut faire son salut.

En effet, si elle retient tous les fondements de la foi , si en ce point elle a les mêmes avantages que les autres, 61 les erreurs et les abus qui y régnent , ou que Toq

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prétend y régner, n^y renversent pas ces Lndemenfs y, elle aura tout ce qui est uécessaire pour ie salut..

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