‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 2)Chapitre 38 sur 108 · JEAN DE SERRES · texte numérisé non relu

JEAN DE SERRES

DANS SON INVRNTAIRE DE L^HISTOIRfi DE FRANCS.. Loaîs IX, dit saipt Loui» ,. XLIV* roi.

< Vi^Ûh noire Louis extrêmement malade.. Se sen-«. a tant mortel , il fit appeler aoa fils aâné Philippe ^ a lequel Tàge et la terta destinait à. la. couronne , lui « ayant foitjle belles remontrances pour Texhorter h, « servir EKea , vivre vertueusement y gouverner son. « peuple paterneilement sous robéissanee de ses lois ^ <« auxquels il devait obéir kii^mème le premier : Et « lui ayant reoommandé Tamitifide ses frdnes, et à tous « tes seigneurs qui se tenaient près de hii , d^obéir à

< Philippe , rendit son Ame à Dieu , pour prendre son <« vrai repos au eiel : laissant un extrême regret à tous « ceux qui le survivraient , et un autant notable exem<. « pie aux bons rois , qu^on en pourrait trouver eu « histoire quelconque. La lumière de quelque bel es-. « prit lui a seulement défiiilli : bien que ces petites.

< Muettes que nous voyons en Técrit du sieur àd Join-. <« ville , nous rendent sa vertu du tout admirable. Prince- « né en témo^age à ce sièele^là ténébreux , et au « notre corrompu ; pour être patron à tous rois et <f princes I de religion, d^équité, de clémence, de pni- « dence , dq valeur , de magnanimité , de patience : « pour aimer la piété, la justice, I ordre, la paix, et

« joindre Tamour des choses saintes et la modestie des « mœurs, avec les armes et Tétat, Ayant iQontré être « fort compatible en un roi , d^ètre docte , bon chré- « tien, bon guerrier, bon mari, bon père^ bon mé- « nager , bon justicier , pour savoir faire et la guerre « et la psMX. Etre fort compatible, de joindre* en la « majesté royale la piété, la clémence , Tautorité , pour f acquérir envers tous amitié , révérence , obéissance , f( et ea somme i que la plus belle garde et le plus sûr « vevenu du prince est li^ bienveillance de ses sujets. f[ Digpa donc du vénérable nom de saint , duquel la fc postérité Ta honoré à fort bon titre. Il avait douze f ansi quand il commença à régner, et régna qua- « ra^to-quatre ans. Il mourut, en rage de cinquantef six ans , ayant pris la couronne morteUeran mil deux < œnt vingt et six, et rimmortelle Pan mil' deux cent f soi;(ante et dix , le vingt-cinquième jour d'août. »

De Serres foisait profession ^ la religion pré4enâue réformée, et les calvinistes Tout ensi grande estjme,^ qu^ils le ùiettent au-4assus- de tous les historiens fran^. Or il n.'^ign^Nrait pas que du temps de saint {iOuis ^ il aV :^d!t ni rdigion protestante , ni religion lutbérieiine , ni i^eligion prétendue réformée , et que ce prince ne> fit jamais profession dWre rdigion que de la catholique, Sipostolique et romain^ , qu^il reconnaissait l&pape pour chef visible de tous les fidèles, et pour Punique pasteur visible de toutes les brebis ,, et de tons les agneaux de Jésus-Christ sur la terre. Il savait quVfi 1261 , aiiiit Louis ayant besoin des décimes sur les Eglises de son royaume pour le secours de la Tcrre-Saîntc, s^adrcssa

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pour cet effet au pape, qur les lui accorda, nonobstant les oppositions et les plaintes des provinces de Rheims ^ de Sens et de Rouen.

De Serres nous cite «k>invrtle , qu^l a dû Kre fort exactement, parce qu^il a écrit l'histoire de ce grand roi , qui Tavait en singulière estime , et lui faisait 11ion-r neur de s^entretenir souvent et familièrement avec lui ; il accompagna même et servit dans la guerre sainte, où il partagea son esclavage. Voyons donc ce que Joinville a écrit de la vie et de la mort de^ saint Louis , et ce que de Serres y a lu , afin que chacun puisse juger si effectivement la créance de saint Louis a été la même que celle des catholiques de ce temps ; voici donc les. propres fermes de Joinville ^ parlant de saint Louis :

« Son gouvernement Ait teh, que tous les jours il. « oyoit ses heures à mort ; et une messe basse de Re— « quiem , et puis PofBce du jour du saint ou sainte s^îl

< échéait à note. » Saint Louis croyait donc le Purga-> to>e, la prière pour les trépassés, la messe pour leur soulagement , Tinvocation des saints : et par conséquent il; notait pas de la religion de ceux qui en kur confession, de foi , déckrent qu^ils tiennent < le purgatoire pour.

< une illusion procédée de la boutique de satan (f )..

« Car à la fin de ses jours toujours réclamant Dieu.

< ses saints et saintes; et par spécial pour interces-

< seurs il avait souvent monseigneur saint Jacques , et « madame sainte Geneviève. > Il invoqua donc les maints , jusqu'au dernier moment de sa vie.

Il avait un légat du pape à sa cour et dans son armce«

(1) Arl. 24,

et dès que Damiette fut prise < La Mahomerie , cW->

< dédire la mosquée ou iemple des Tures^ et-SarrasinSf

< et Pavait fait dédier celui légat en Phonneur de ta

< mère de Dieu^ la glorieuse vierge Marier i II n^ eut point eu à la cour et dans Tannée , de légat du pape , si saint Louis n^eùt reconnu le pape pour successeur de saint Pierre , et unique visible pasteur de tous les fidèles; il n^eut pas souffert que la mosquée des Turcs devint un temple consacré à Dieu en Phonneur de sa sainte Mère, si la créance de toute TEglise nVùt été qu'il faut honorer les saints ) et qu'implorer leur intercession est une pratique salutaire et agréabj(,e à Dieu.

« Les amiraux des Turcs et des Sarrasins disaient c entre eux, que le roi était le plus fier chrétien qu^ils

< eussent jamais connu ^ et le disaient , pour ce quand « il partait de son logis , il prenait toujours sa croix en

< terre, et seignait tout son corps du signe de la croix. » Les calvinistes ne peuvent pas souffrir les croix, et font gloirede les abattre ; ils ne sont donc piais de la religion dans laquelle saint Louis a vécu, et est mort.

< Ck)nfesse-toi souvent, et eslis confesseur doine « qui preudliomme soit.

« Ecoute le service divin , et de notre mère sainte « Eglise , dévotement et de cueur, et de bouche, et par « spécial à la messe depuis que la consécration du « corps de not^re Seignïeur sera, sans bourder , ne « truffer avec autres.

« Et Ce supplie , mon enfant , que en ma fin tu aies « de moi souvenance , et de ma pauvre ftme , et me « secours par messes, oraisons, prières et aumônes. »

1 /f2 L^EGLISè

Ce sont les deroidres paroles que saint Louis dit à Phi'^ lippe son Gis , qui devait lui snecéder à la couronne.

c Quand le bon rôi saint Louis eut ainsi enseigné et « endoctriné monseigneur Philippe son fils , la maladie <r qu^il avait lui commença incontinent à croîtras dure^ < ment, et loi^ demanda les sacrements de s«nte « Eglise , lesquels lui furent administrés en sa pleîn^n « vie , et bon sens ^ et ferme mémoire j et Tàppanit ; « car quand on le mettait en onction , et qu^on disait « les sept Psaumes, lui-même répondait les versets des^ ^ dits sept Psaumes , et oui depuis dii^e à inonseigiieut « le comte d^AIenezon ^ son fils^ que ainsi que le bon « roi approchait de la mort , il se effort^ait d^appeler t les saints et saintes de Paradis pour lui tenir, aidet « et secourir à celui trépas , et par spécial évoquait-il « monseigneur saint Jacques en disant son oraison, qui « commence , Esta Domine ^ monseigneur saint Denis « de France appella4-il en disant son oraison^ qui valait « autant à dire : sire Dieu ^ donne-nous grâce de pou- « voir dépriser , et mettre en oubli la propreté de ce « monde, en manière que nous ne doutons nulle àdver- « site : madame sainte Geneviève réclamait^il aussi ; « et après il se fit mettre en un lit couvert de cendres, « et mit ses mains sur sa poitrine , et en regardant vers « le ciel , rendit Tàme à son créateur , à telle même « heure que notre Seigneur Jésus-Chri§t rendit Fesprit « en Tarbre de la croix , pour le salut de son peuple* » De Serres avait lu tous ces détails dans Joinville; il rous dit néanmoins que saint Louis < rendit son âme a « Dieu pour prendre son repos au Ciel. » L'ûmc done

ROHAINB. Ml^

3e ceui qui vivent dans h religion cathoUqut, aposto- Itqae et romaine , et qui y meurent comme y mourut Aaint Louis , va prendre son rt^i au Ciel.

Il nous dit que Dieu l'a donné li DOtre siècle corrompu * pour être patron à tous rois , «t ï tons princes « de religion. > Tous les rois donc et têtu les princes clofVMit ftire profession de la religion catholique , aposloliqse et romaine, dans laquelle saint Louis e v^u , et «st mort. Et slls font profusion de quelqii''autre religton , ils doivent avouer que saint Lonis n'est pas leur patron en ce point , quoique Dieu le lear ait donné pour Tètre. Il nous dit qu'en 122d ■ il prit la couronne « mortelle, et le jour qu'il mourut, Timmortelle. > Pouvait-il dire plus ouvertement , que l'on peut faire son salut dans la relî^n catholique , apostolique et romaine ?

Enfin, n soutient et avec raison, que ce grand roi « est digne du vénéraUe nom de saint, duquel la pos-

■ tér'tté Ta honoré à Tort bon titre; * non-seulement donc Ton peut faire son salut dans l^lise romaine , mais encore l'on peut y devenir un grand saint.

SOMUS ,

BH l'aPOLOGIB contre PBNBV.

< J'ai déjà BOBtré que tes papsites ne sont pas cji-

■ élus des promeasea de Dieu par le jugement j

■ de toutes les Elises riSrormées , l'Eglise est dan& l^

■ papauté , le iniDiatârc dç. la parole , [e férilabj

i 44 l'eglisb

« Christ.. ^•••« Croire que tous les papistes qui sout € morts dans TEglise papistique sont damnés , cela c est absurde et éloigné de la pensée de ceux des proc testants qui sont savants. »

Mais nous qui faisons profession de reconnaître le pape pour Tunique chef spirituel visible de TEglise, et pour Punique pasteilr universel de tous les fidèles ^ croyons que tous ceux qui meurent hors de cette Eglise, dont il eÀt le chef, sont damnés , comme mourant hors de la véritable Eglise de Jésus-Christ , dans laquelle seule Ton peut faire son saluti

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