‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 2)Chapitre 66 sur 108 · TROISIEME LETTRE · texte numérisé non relu

TROISIEME LETTRE

ÇïUME DE LA RÉVOLTE CONTRE LE PAPE ET SES ÉVEQUES.

C*B^ VOUS fiùre nn mauvais compliment, Monsieur , qne ^8 voos dire engagé àaps on ]jsi^ réTplté contre les sapériears légitimes. Je comprends qn^attaçfaé à votre devoir aptant qoe yços Têtes , voos éprouverez aa profond déplai- «jr de TOUS voir chargé d^an reproche qui vous g^^pe an rang des .rebelles , qui s^en sopt inQj^ment écartés. Mais fant-il vooy taipe poe vérité salataire , et qae je crois si propre à f^'re jpipression- sor vous? Si vous savez vous faire ^jadre ce qui vous est dû , voos êtes encore (4i}5 attentif à ne manquer à rien de ce qui f^jt dû aux antres. La modération qtii vons est Datnrel^e yoios rend trop emiemii de tonte entf^rise violepte y pour qae vons soyez disposé ^i^^ronver les foqgaes et les excès d'un esprit oati^ de dép^t,. qui a mis tont en œnvre poor I^cdererser l^aiûvers,en renversaift ^nta^t .qiçll a dépendu de lui Tordre établi par Dieu luimême.

304 TROISIÉIIB LETTRE

Oui , M. Luther , homme violent s'il en fut jamais , emporté par le chagrin de se voir humilié y a secoué le joug de Tobéissance qu'il devait aux supérieurs ecclésiastiques , et a entraîné ses adhérents avec lui dans la même révolte ; cette révolte , vous y persévérez aujourd'hui, et cette persévérance formera un obstacle infaillible à votre salut , si vous n'avez soin de le lever; car il est écrit: Celui qui vous écoute y ni écoute ; et celui qui vous méprise me mé" prise (1). Obéissez et soyez soumis à vos pas-leurs qui veillent^ comme datant rendre compte de vos âmes (2), Quiconque s"" oppose aux puissances j soit spirituelles , soit temporelles , s'^oppose à tordre de Dieu , et ceux qui leur résistent , s^attirent la condamnation sur euxmêmes (3). Ce sont là autant d'oracles du Saint- Esprit, que vous n'avez garde de contredire. Le point est d'appliquer ces règles salutaires , et de vous faire voir que vous êtes en effet dans le cas d'une désobéissance manifeste. Vous ne pourrez en disconvenir, si je réussis à vous prouver que le pape et l'évêque du diocèse sont vos supérieurs légitimes , et que Dieu vous a soumis à leur conduite. Or, il ne me sera pas difficile de fournir sur ce point des preuves convaincantes et capables de dissiper tous vos préjugés , quelque forts qu'ils puissent être , pourvu que vous ne vous armiez pas par avance de cette espèce de fermeté qui se détermine à ne convenir de rien , et à se roidir contre l'évidence

(I) Luc. X. 16. — (2) Hcbr. XIII, 17. — (3) Rom. XID. 8.

StfA LA PRIMAUTÉ tlU PAffi fiT i)BS ÉYÊQUBS. 30^

tnème. Mais non, vos dispo^tions sont bien différentes ; j^en ai pôor garant cet esprit plein de raison et d^éqoité , qni ne saurait méconnaître que le pins grand intérêt de Thomme est de ne pas s^abnser dans la recherche de la vérité , et de né s^écarter jamais de la voie tracée pai' Dieu même , potir le conduire an bonheur.

Je n^oublierai pas toutefois , en vous entretenant du sujet dont j'ai à vous présenter le développement, que j^écris une lettre et non pas un livre , cette pensée me rendra attentif à choisir mes preuves plutôt ({u^à les multiplier; car celles que je pourrais employer sont en assez grand nombre , pour faire la matière d'un juste volume , et afin de procéder avec ordre et clarté dans un sujet si important , je vous montrerai d^abord que votre désobéissance au pape est un premier obstacle à votre salut, et ensuite que votre salut est également compromis par votre désobéissance à Tévéque du diocèse.

Page 1