CHAPITRE QUATRIÈME
beaux secrets, qui ont le double avantage de satisfaire notre curiosité et de surprendre le vulgaire ignorant (i) P »
Si Christophe Colomb, Àmêric Vespuoe,et Fer nand Certes sont devenus justement célèbres parla conquête de*!' Amérique , ne devons-nous pas quelques éloges à celui qui le premier l'annonça, et montra, pour ainsi dire , le nouveau monde aux nations indolentes de notre continent? ■ On dominicain missionnaire, qui avait passé la ligne, dit un de
ri) Dana la rapport bit à F Académie des sciences, sur les expériences aérosti tiques , qui firent aujourd'hui l'attention du peuple et dea phi losft. phos également étonnés , MM. tes commissaires rappellent en peu de mots ce qu'on a tenté , on plutit proposé en ce genre avant MM. de Montjjolfier. Us ne font mention qne de trois physiciens , et par june singularité remarquable, ce sont trois religieux. Los circonstances nous autorisent A extraire ici ce qui les concerne.
« Nous nous contenterons de dire que l'on regarde en général Roger Bacon, ce génie si fort au-dessus de son siècle , comme le premier qui ail parlé d'une machine pour voler; selon ce qu'il nous en dit , cette machine portait un siège dans lequel un homme étant placé , il pouvait , par son action , se donner un mouvement progressif, étioler comme un oiseau. Le P. Lana , longtemps après , ou vers la fin du siècle dernier , imagina une machine qui détail aussi se soutenir dans l'air ; mais il Ta plus loiu qne Bacon , car il en indique le moyen. La machine consistait en quatre globes de cuivre rides d'air , qui dénient , par l'excès de légèreté réaultant de lenr capacité, élre en étatisa la faim flouer au milieu do ce fluide; elle était i voile* et a rames. On voit par-là qu'il avait sagement pensé à diviser eu dent parties l'action employée pour aller dans l'air : l'une , au moyen de laquelle on devait s'y soutenir ; l'autre, par laquelle on devait sj mouvoir.
« En 1755* ou prés d'an siècle après qu'eut para l'oumg* da P;Lam, «'imprima a Avignon,, un livre intitulé, l'ir» et Ttyçgf àaiuU*Ait*t ammtmuu pfyriese et yiamariqut. L'auteur de cet ouvrage, le P.fULlato-, paraît avoir bien senti en quoi consistait prinaipalcinent le moyen do surmonter la difficulté- d'élever de* corps creux dans l'ai judicieusement, que ce n'est qu'en augmentant considérablement la capacité de ces corps, qu'on pourra parvenir à les taire Aattor dans ce fluide, , en le* remplissant d'un air beaucoup phi* rue. ■ ■
432 iB l'état religieux,
nos historiens (4), adressa ses découvertes à Philippe do Valois. On ne peut attribuer qu'à l'espèce d'engourdissement où l'ignorance avait plongé les plus puissantes nations1 de l'Europe, le peu d'ardeur qu9on témoigna de suivre ces premières connaissances du nouveau monde* Ce religieux affirmait dans son ouvrage , De mirabilibw mundi, nonseulement que les peuples chrétiens ne formaient pas là vingtième partie des habitants de l'univers, mais encore que l'existence des antipodes n'était pas une fable. »
Si les arts ne peuvent se proposer de but plus utile que d'aider nos sens, quelle reconnaissance ne devons-nous pas à cet Alexandre Spina , dominicain , qui , faisant une heureuse application de la propriété des verres convexes, inventa les lunettes, communément appelées Besicles. Jusqu'à lui , les hommes perdaient la vue longtemps avant la vie. Avec le secours de ces lunettes, les objets que n'apercevaient plus les yeux affaiblis du vieillard, ou qui lui paraissaient confus et embrouillés, il les voit d'une manière claire et distincte. Depuis Spina , la vieillesse est moins triste et moins pénible pour l'humanité (2).