‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestantChapitre 19 sur 22 · ARTICLE V · texte numérisé non relu

ARTICLE V

Réponse aux objectionë contre le dogme des

Indulgences.

En pesant bien ce que nous avons dit dans les articles précédents, il est aisé de résoudre la plupart des difficultés qu'on a coutume de proposer contre te dogme des Indulgences : je ne veux pas néanmoins laisser à vos ministres le plaisir de nous reprocher de n'avoir osé me hasarder a y répondre. J'entre donc volontiers dans le détail des principales objections dont Calvin et vos ministres osent se prévaloir.

La première, et celle qu'ils mettent à la tète de toutes tes autres, est prise du prétendu défaut de textes de l'Ecriture pour établir le dogme des Indulgences. On n'y trouvé rien, disent-ils , qui appuie et autorise ce dogme- d'où ils concluent qu'il faut le rejeter.

Quand nous n'y trouverions rien, je vous dirais encore que nous sommes obligés de l'admettre , parce que nous le tenons par le Canal «t l'autorité dé l'Eglise universelle, à laquelle l'Ecriture sainte nous prescrit d'être inviolablement attachés. C'est la réponse que fit saint Augustin à Cresconius donatiste, qui prétendait que l'on devait réitérer le baptême conféré par les hérétiques. « Quand nous « n'aurions, dit-il, aucun texte de l'Ecriture pour appuyer « notre sentiment, nous nous conformons cependant aux «c saintes Ecritures; parce que nous pratiquons ce que juge m à propos l'Eglise universelle, à laquelle lés saintes Ecri- « turesnousrecommandentde nous conformer (1).» Je vous

(1) Quamvis hujus rei certé de Scripturis canonicis non profera tur exemptait) , carumdem tamen Scriplurarum etiani in bac re à nolis

576 DSS INDULGENCES .

rappellerais encore le grand principe de ce Père que je vottf ai cité plusieurs fois : « Tout ce que l'Eglise universelle ob- «, serve, et dont on ne trouve point l'établissement dans « les conciles , doit avec raison être regardé comme établi « par l'autorité apostolique (1).» Suivant ces sages maximes du grand saint Augustin, il est clair et évident que , quand bien même nous n'aurions aucun texte de l'Ecriture en faveur du dogme des Indulgences , nous sommes néanmoins obligés de le croire, non-seulement parce que nous n'en trouvons l'établissement qu'en remontant au temps des Apôtres, mais encore , parce que le croyant , nous nous conformons à l'Ecriture sainte qui nous recommande d'écouter l'Eglise , et que c'est par le canal de cette Eglise que nous a été transmis ce dogme de notre foi. Mais je ne veux pas m'en tenir à cette première réponse.

J'ajoute qu'il est encore appuyé et autorisé par la parole de Dieu. Ne vous ai-je pas montré par plusieurs exemples tirés des livres saints, et entre autres par ceux de Moïse et de David, qu'après le péché remis et pardonné quant à la coulpe , souvent néanmoins il reste encore à satisfaire à la justice divine par des peines temporelles et des satisfactions proportionnées au nombre et à la qualité des péchés ? Ne vous ai-je pas encore prouvé que Jésus-Christ ayant donné à ses Apôtres les clefs du royaume descieux, et leur ayant dit que tout ce qu'ils délieraient sur la terre serait délié dans les cieux, il leur a donné le pouvoir de lever tous lés obstacles qui pourraient non-seulement interdire, mais encore retarder l'entrée dans la gloire céleste; et par conséquent le pouvoir de remettre en tout , ou en partie, les peines temporelles dues à la justice divine pour l'expiation de nos péchés? Ne vous ai-je pas enfin fait voir par les

tcuetur veritas , cùm lioc facimus quod univers» janVplacuit Ecdesiac , quain. ipsarum Scriplurarnm commendat auctoritas. S. Au g. lib. 1. contra Çresconium , cap. 33.

(1) Quod universa tenet Ecclesia, nec concilias inslitutum , sed semper rctentum est, non nisi auctoritate apostolicA traditum reclissimè creditur. S. Aug. lib. 4. contra Donat. cap. 24.

Epitres de saint Paul, que cet Apôtre a usé de ce pouvoir en faveur de l'incestueux de Corinthe ? c'est donc évidemment contre toute vérité et avec la plus grande témérité, que vos ministres osent avancer que l'on ne trouve rien dans l'Ecriture sainte qui puisse autoriser le dogme des Indulgences.

Ces Indulgences, dit Calvin, au cinquième chapitre dir troisième livre de son Institution , numéro 2 , « sont une « pollution du sang de Jésus-Christ , et une fausseté du « diable , pour détourner le peuple chrétien de la grâce de « Dieu et de la vie qui est Christ , et pour le dévoyer dn « chemin du salut. »

L'accusation est certainement des plus graves. Mats voyons de quelles preuves ce prétendu réformateur l'appuie. « Comment , dit-il , pouvait être le sang de Christ « plus vilainement pollué et déshonoré , qu'en niant qu'il « suffise à la rémission des péchés, la réconciliation et « satisfaction , sinon que le défaut d'icelui soit suppléé « d'autre part ? La loi et les Prophètes , dit saint Pierre , a portent témoignage à Christ, qu'en lui doit être re- « çue la rémission des péchés. Les Indulgences octroient « la rémission des péchés par saint Pierre , saint Paul, et « autres Martyrs. Le sang de Christ nous purge despé- « chés, dit saint Jean ; les Indulgences font du sang des « Martyrs ablution des péchés. Christ, dit saint Paul, « qui n'avait connu aucun péché, s* est fait péché pour a nous, c'est-à-dire satisfaction du péché , afin qu'en lui « nous fussions faits justiee de Dieu. Les Indulgences « colloqnent la satisfaction dn péché au sang des Martyrs. « Saint Paul écrivit testifiant aux Corinthiens qu'un seul « Christ était crucifié et mort pour eux. Les Indulgences « déterminent saint Paul et les autres être mort pour eux. « Et en un autre passage , il dit que Jésus-Chrisl s'est ac- « quis son Eglise par son sang. Les Indulgences mettent « un antre prix: de Pacquisition au sang dès Martyrs. Christ, « dit l'Apôtre, a éternellement parfait par une oblation « ceux qu'il a sanctifiés. Les Indulgences y contredisent, « affirmant que la sanctification de Christ, qui autrement

578 DBS INDULGENCES.

« ne suffisait pas , çst parfaite au sang des Martyrs. Saint « J.ean dit quetotf* les Çaints ont lave leur? robe* au « #pw# de fAaneauj les Indulgences nous enseignent de « laver nos robes au sang des Martyrs. »

Vous vous imaginez apparemment , Messieurs , que tout ce que voire patrjarçhe ,met iqi sur Je compte des Indulgences , .est avoué de ceux qui les défendent ; peut-être m$me croyez-y.ous qn'U ne fait que .copier exactement les paroles des catholiques , ou du moins que tout ce qu'il leur impute est une suite naturelle et nécessaire de leurs sentiments; et moi, je vous le dis harçliment, et je ne crains nullement en cela d'être démenti : jamais catholique n'a pensé comme Calvin ose nous l'imputer; encore , ai pour appuyer ces imputations , lui,ou v.os ministres produisaient quelques textes de ,nos théologiens , ou de nos auteurs catholiques , qui eussent avancé quelque chose de semblable j c'esjt ce qu'ils avaient à faire , et à quo.i ils auraient 4" s'attacher ; mais ils sentaient bien qu'en s'engageait à cette preuve , ils n'auraient p?s manqué d'échouer, et que cette v^ine tentative n'aurait servi qu'à manifester davantage leur mauvaise (bi et leurs calomnies : ils. n'ont eu garde de s'y hasarder; comptant sur ^otre. confiance et voire crédulité , ils se flattent que la hardiesse et l'assurance avec laquelle ils avancent ces griefs, suppléera au défaut de preuves , et qu'on les croira sur le simple exposé qu'ils yen font»

Pour vous , Messieurs , je vous crois trop 4e candeur et de pénétration /pour vtfms [laisser duper par de pareils artifices. De tous les articles en «Set que Calvin met ici sur le compte des catholiques , il n'y en a pas un seul qui soit avoué d'eux : jamais ils n'ont dit ni pensé que «le sang « adorable de Jésus-Christ ne fut pas suffisait pour l'entière « rémission despiéehés^laréconciliaUouetlasatisfoction. » Jamais ils n4ont dit «que ce sang adorable ait flu besoin « d'être «suppléé d'autre part ; » tous, sans aucune exception ; croient «t confessent hautement que le sang précieux de ce divin Sauveur est d'une valeur infinie, et par conséquent suffisant , et plus que suffisant même pour satisfaire

DES Ï^DULGBNÇE». 5^#

à ta justi^ $*fw > p°ur *>m JP P*$# ds Vwtfyew > "«

qu^sna sa^g pft pu? besoin d#tre su,pp|é|$ d'autre par*. Je; ne crains pas dfi vpus défier, (vous et tops vos, mjnistrgs, de, prq^ire un g?pl4* n<* auteurs qui pekjfg. ^trje^, et

IfiWis parejtfeinen);, colique n'a .fttfliie «a çe«©fcpçr « WPt fter^, saint Paul , et les autres Mafàm* mW- « oçtrfltée lf rén^ss^nde^çs pécl^^ ej ferMfiM&i »£ « cfré foy^e. >\J,am^s tt^^e^toatf^^gi^iMm

vou* f**ffam (fit* m?™? <k 8w ?■ m a«c <* vtt !s «^

Jani^ catholique n> avancé que « l'ÇgJis^ & Jé^usrfitaifct; «. ^.ét<§ ppquise par l*,san$d«s, ^tyys, ^ qu£fe »tjs-

« parfaite par le sang de3 ^rj^r^ Het :qi;e npus, *fc?ops

Je m* imagine qyp jT?u£ ^ejppejne £ rp\# persuader que Cafti» «t. Tjos njlnjs^s a$n$ éjé ^s^t^én^^fi^, pqw n#m #!»*;> *a« preuve ej çpj^e ^utç 7&M4):rflgr4*

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enseignent ouvertement que ce n'est point par le sang des Martyrs que i Eglise a été acquise , mais par le précieux sang de Jésus-Christ, que c'est en vertu de sa mort et pas-

siôn que nous sommes sanctifiés , et que c'est dans le sang de cet Agneau sans tache , que , comme dit saint Jean , nous pouvons et nous devons laver nos robes.

Ce sont là , Messieurs , autant de vérités constantes parmi nous , et nous regarderions comme hérétique , injurieuse à Jésus-Christ , et blasphématoire , toute doctrine qui y serait opposée. Quelle est donc la mauvaise foi de Calvin oi de vos ministres, qui , pour nous rendre odieux à ceux dont la crédulité et l'imprudence sera assez grande pour ajouter foi à leur simple parole , osent nous prêter des sentiments que nous détestons , et que nous ne cessons de combattre ouvertement et de tout notre pouvoir 1

Pourquoi donc ajouter, me répliquerez :vous; aux satisfactions de Jésus-Christ, les satisfactions surabondantes des Saints, pour composer le trésor des Indulgences , sinon parce que , sans ce supplément , les satisfactions de Jésus-Christ ne sont pas suffisantes?

11 est vrai que, dans le trésor des Indulgences, nous ajoutons aux satisfactions de Jésus-Christ, quoique plus que suffisantes en elles-mêmes , les satisfactions surabondantes des Saints; mais sur cet article-là même, vous allez encore voir l'artifice de vos ministres* Ils veulent vous persuader que nous les y ajoutons comme un supplément nécessaire , sans lequel les satisfactions de Jésus-Christ ne seraient pas suffisantes et parfaites ; ce qui est une insigne fausseté et une noire calomnie. Je vous le répète ; nous le déclarons , avec tous les catholiques , que les satisfactions de Jésus-Christ étant d'un mérite infini , sont suffisantes et plus que suffisantes pour satisfaire à la justice divine , non-seulement pour nos péchés , mais encore pour ceux de tout l'univers, comme nous en assure l'apôtre saint Jean (1). Nous leur déclarons que , bien loin de regarder les satisfactions des Saints comme un supplément nécessaire à celles de Jésus-Christ , ce sont au contraire celles de Jésus-Christ qui donnent le prix et ta valeur à celles des Saints ♦ et que

(1) Ipse est propitiatîo ûostra pro peccatis nostrîs , foon pro iwstris autem lantûm , sed pro totius mu mit. 1. Joan. Ç. 2.

par conséquent c'est aux satisfactions de Jésus-Christ que doit, être attribué , et qu'est en effet attaché l'effet de* Indulgences. , , * . t . . . .

Pourquoi donc encore une fois avoir recours aux satisfactions surabondanles des Saints ? Cést pour les honorer, en nous rappellant les égards que Dieu, par une bon le ineffable, veut bien avoir à leurs satisfactions surabondantes : c-est pour exciter notre zèle, et entretenir ; dans le cœur des fidèles, ce feu sacré de l'amour divin que Jésus- Christ est venu apporter sur la terre, et qui nous rend sensibles à la gloire des Saints , et à tout ce qui peut intéresser notre salut :. c'est enfin pour foire éclater et admirer davantage le prix et l'efficace du sang adorable de ce di,viu Sauveur, qui est non-seulement par lui-même plus qu^t suffisant pour la rémission de nps péchés, mais qui a en-n core la vertu de communiquer aux satisfactions des Saints, le pouvoir de contribuer à la relaxation des peines temporelles dues au péché déjà remis quant à la eoulpe et à la peine, éternelle : est - ce là dire, , que les satisfactions de, Jésus-Christ sont insuffisantes sans celles des Martyrs ou des Saints. ...-,.

Que diriez- vous, Messieurs, si parce que vousreconnaissez que pour opérer son salut, ï\ faut faire de dignes fruits de pénitence, comme le prêchait saint Jean danB le désert, et que, suivant la doctrine de saint Paul, iï faut châtier son corps et le réduire en servitude , crainte d'être réprouvé; et que pour être couronné , il tant généreusement combattre,}* voulais inférer 4e là que vous regardez les mérites et les satisfactions do Jésus-Christ comme insuffisants j n'est^il pas vrai que vous rejetteriez ces conséquences, parce qu'elles ne sont pas avouées de voua, qu'elles ne suivent pas de vos principes , et que vous nous accuseriez en cela d'imposture et de calomnie P Je vous ai, de mon coté, dit et prouvé que toutes les idées, forgées par vos ministres et données par eux comme no* sentiments au sujet des Indulgences , n'ont jamais été avouées dus catholiques, et ne sont nullement des corollaires et des conséquences de leurs principes : c'est donc

5 82 DES Ift DULGEKCES .

avec raison que j'ai avancé qu'on ne peut nota* ici imputer saris ate rendre coupable de mauvaise foi et dé calomnie. .

Du moins, me direz -vous, doit -on croire GaJvih, lorsqu'il prend les catholiques eux-mêmes, {four témoins de ce qu'il met sut leur, compte ?>QuWre<toiinaissen t., « dit-il y si ce ne sont pas leurs conclusions^ Que les mar- « tyrs, par letfrméirt, ont plus servi. Difett; qu'il ncMenr » était besoin ; et Qu'ils 6nt eu telle abondance de mérites, « qu'il en peut redondér une partie au? autres; et. poniv *t tant, afin qu'un tetbieto hoseir vàif»£f perdu, 40e iedr * sang est mis avec ôélu* de Jéstïft-Cnristv ètc^ué dû tout « ensemble est fait et accumulé le trésor de râgluu^ peur « la rémission et satisfaction^ <tat pêches (1 ). * Seraifrft h\m possible que Calvin* prenant ifci Tes ttthéliqBé£ pour tém'oins des sentiinerits' qu'il leur attribua, vèûiùt etacerê è* inkoôser P ■ ■'•*•»• • *• •»•-/■■■ ■* ......«»•.;->* ...i. < ij wu.// .. v.j.

Je tfèn apffeUé qirô*bu*> MéssIéUr? s affecter dé «|n> fondre ce que leé catholiques ont toujours prié grand soiw dé dfetingiiér, pbur avoir oécasîon dé leû^ impiùer ce * quoi ils n'obt jamais pensé ; supprimer ce qui est essentiel à la doctrine que l'on attaque , afin de lui prêter des couleurs odieuses; mettre dans la bouche dé ses adversaires' ce qu'ils rejettent en termes, formels:, est-ce là agir de bonne foi et avec droiture? Voilà pourtant ce que foatnrécisémcnt Calvin et^vos ministres*. Nous avons.grànd soin de distinguer ce que Ton appelle, mérite ,, de Ce que Ton appelle satisfaction. : par œuvr^. méritoires» on entend les œuvres faites en état de grâce, qui sont agréées à Dieu, et dignes, des récompenses éternelles ; par œuvres satisfactolres, on entend les exercices pénibles de ht pénitence! et mortification évangélique* par lesquels on satisfait à la peine due à la justice divine pour expier les péchés déjà remis quant à la coulpe et à la peine éternelle. Nous convenons que plusieurs Saints ont offert & Dieu des satisfactions plus qu'ils n'en avaient besoin pour eux-mêmes, et nous disons qu'elles peuvent être appliquées aux fidèles , par le moyen

(1) Calv. Iiv/3.fosl. chaj». 5. n. 3.

DES INDULf.JKKCES. 583

des Indulgence*; mais jamais nous n'avons pensé de la sorte an sujet du mérite des Saints. Nous savons q est personnel que, comme dit saint Paul, en sa seconde épjirç aux Corinthiens^ chapilre cinquième, le Seigneur rendra à chacun téton 14s œuvre?, et que plus on mérite, plus in récompense est abondante : que fait Calvin et vos ministres.? lis confondent et brouillent toutes les idées ; ils prennent et donnent pour termes synonymes, c'est-à-dire, qui ont la même signification , les termes de mérite et de Satisfaction} il^ substituent dans nos propositions l'un à l'autre, afin de pouvoir vous persuader ce qui est, comme je viens de vous ledire , tout à fait opposé a nos sentiments et £ notra doctrine. .■;.,;.■ ;„,- y- ■ ■ ..,,>

Nous ne sommes pas moins, attentifs à distinguer la rémissiondiipéûhéquantàlaoouipeet à la peine éternelle, d'avec la reioise et relaxation de la peine temporelle due à la justice ^divine pouf L'expiation du péché déjà remis; ce n'est point par l'Indulgence que le péché est pardonné et le pécheur réconcilié avec Dieu, mais par le sacrement de Pénitence, ou par la contrition parfaite, comme je vous l'ai déclaré dans un des articles de cette dissertation. L'Indulgence suppose le péché remis quant h la coulpe , et n'a d'autre objet que l'a remisé de la peine temporelle due à la justice divine a causé du péché déjà pardonné : c'est ce dont il est aisé de, vous convaincre , en consultant les brefs d'Indulgences : c'est ce que nos théologiens et nos controverses tes né cessent de répéter; mais ces sortes de distinctions renversent de fond en comblé tontes les batteries de vos. ministres contre les Indulgences : ils font semblant de les ignorer ; et pour vous donner le change, ils substituent au terme de relaxation de la peine temporelle celui de remissîqn du péché, et dé réconciliation avec Dieu. Prononces maintenant, Messieurs , c'est vous-mêmes qffe j'en ai fait juges': est-ce là a'gîr de bonne foi eï avec droiture?

Je tarais tenté die mépriser et ,,dé passer sou* silepce.les autres objections de Calvin et de vos ministres > tant elles sont insipides et ridicules; mais il est important de vous faire une bonne fois connaître le gfriie et le caractère de

ceux que vous révérez comme les chefs de votre réformé , en qui vous mettez votre confiance , et que vous écoutez comme des oracles : ajouter aux satisfactions dé Jésus- Christ celles des Saints , « qu'est-ce autre chose, dit Calvin, a' sinon laisser le nom de Christ j au reste , le faire un petit « Saint vulgaire , qui ne se puisse $ grand'peine connaître « en la multitude des autres (<) ? »

Je ne puis concevoir comment Calvin n'a pas eu honte d'avancer une proposition si évidemment fausse , et dont i! ne pouvait ignorer la fausseté : dire en effet que lès satisfactions de Jésus-Christ sont d'un prix et d'une valeur infinie ; qu'elles sont non-seulement abondantes , mais même surabondantes , de telle sorte que ce divin Sauveur, indépendamment des satisfactions des Saints , a pleinement satisfait à tous les outrages faits à la Majesté divine par tous les péchés do genre humain : dire enfin que lés satisfactions des Saints empruntent leur valeur et leur verfci des satisfactions abondantes et surabondantes de Jésus-Christ; voilà nos maximes et nos principes ; Calvin et vos ministres n'ont pu l'ignorer, vu que tel a toujours été le langage et les sentiments de tous les catholiques dans leurs ouvrages sur ces sortes de questions; est-ce là « laisser le nom de « Christ, et en faire un petit Saint vulgaire, qui ne se puisse « à grand'peine connaître en la multitude des autres, » comme l'avance Calvin? n'est-ce pas au contraire l'adorer et le regarder comme le seul Médiateur entre Dieu et les hommes » comme le seul Sauveur et Rédempteur du genre humain P Jugez de là ce que vous devez penser de la proposition de Calvin.

En voici encore une que vous ne sauriez, j'en suis sur, vous dispenser de trouver ridicule : « Qui a , dit-il, tftfrf., « n° 5 , enseigné au pape d'enclore la grâce <Je Jésus-Christ « en plomb et parchemin, laquelle le Seigneur a voulu « être distribuée par la parole de l'Evangile? »

Que veut dire ce zélé réformateur par ce bizarre langage ? Prétend-il imputer au pape et aux catholiques d'attribuer

({) Calv. liv. 3. chap. 5. n. 3.

DBS INDULGENCES . 585

au plomb et au parchemin la vertu de conférer la grâce dç l'Indulgence P Celte idée est si extravagante, que je ne conçois pas comment on a osé la mettre au jour : personne n'ignore que les actes émanés et les grâces accordées par les puissances supérieures , doivent être revêtus de certaines formalités qui en constatent l'authenticité. Voilà la raison pourquoi les brefs d'Indulgences sont signés de la main du pape » scellés de son sceau de plomb , et donnés sur du parchemin ; c'est pour notifier et constater la vo* lonté qu'il a d'accorder, et les conditions auxquelles il accorde la grâce de l'Indulgence : qu'y a-t-il en cela cfç surprenant, ou s'il y a quelque chose de surprenant, n'est-ce pas l'étonnement que Calvin affecte de Caire paraître h cette occasion P car enfin est-il extraordinaire , ou

plutôt n'est-il pas naturel d'aller au devant de toute surprise » quand il s'agit de grâces aussi importantes que celles des Indulgences P la prudence n'exige-t-elle pas que l'on prenne toutes les précautions nécessaires pour constater l'authenticité des bulles accordées à cet effet* et que conséquemment elles soient revêtues de toutes les formalités requises pour en assurer la validité ? Ne voyez- vous pas tous, les jours ces mêmes attentions au sujet des arrêts de nos cours souveraines, et des déclarations et édits de nos rois P Et n'est-ce pas la raison et le bon sens qui dictent ces sortes de précautions P Que veut donc dire Calvin par son impertinent verbiage P Dira-t-on qne d'est une plaisanterie pour réveiller l'attention du lecteur P mais une plaisanterie si fade , et en matière de religion, sied-elle dans la bouche d'un auteur qui se donne , et que vous regardât comme suscité de Dieu, d'une façon extraordinaire, pour redresser i'Egliseî ;

Quevous dirai-je maintenant dé ce dilemme avancé avec tjfat âk confiance par ce prétendu réformateur? « Il faut , « dit-il , ou que la parole de Dieu soit fausse , ou que les « Indulgences soient mensongères (1). » Pour justifier ce dilemme , il faudrait montrer une opposition réelle entre

(t) Calv. liv. 5. Inst. chap. 5. n. 5.

5 $6 DBS INDULGENCES .

ta parole de Dieu et le dogme des Indulgences : c'esl ce que Calvin et vos ministres, n'ont pu et ne pourront jamais montrer ;' et nous au contraire nous avons fait voir , par ces paroles de Jésus-éhrist : Tout ce que vous délierez eut la terre ', sera délié dans le Ciel; et par l'exemple de saint Paul, à l'égard de ï'inceslîueux de éorihthe, dont il est parlé dans les deux épurés rfe cet Apôtre aux Corintniens ^ que le dogme dèilhdufgerices est appûtéet autorisé" pas rfecrïtiire sainte, et par conséquent nuire contradiction entre la parole de Dieu et les Indulgences .'c'eét au contraire la parole de Dieu qui nous atteste ce dogme; et' le dilemme de Calvin' est faux et hasarde* témérairement , en vue de vous en imposer par fa hardiesse avec laquelle il1 ose le proposer.

Sùivôhs ce réformât dur jùs^fu'ati bout, et voyons s'il sera plus juste et plus véifdiqué dàn'à sa recherche sifr Porïginè des Indulgences i « if me sémWe, dit-iry o^é KAus soit « venu de laf coutume o^é KôW avait jadils : c'est dPàntànt « que lès Satisfaction* que l'on imposait alors au* £értïtetits « étaient si dure* et si fâcheuses , que tous ne les pouvant « pas porter, eeux qui s'en sentaient trop gravés , deman- « daîent à l'Eglise quelque relâche : ce qu'on leur remettait « de leur rigueur, s'appelait indulgence. Depuis que l'on a « translaté lés satisfactions à Dieu , et que l'on a fait acte croire qu'elles sont des compensations et des payements « pour acquitter les hommes en son jugement , une erreur « a attiré Fàùtré : car on a pensé que les indulgences fus- « sent comme dés remèdes pour délivrer tés pécheurs dés « peines dont ils* sont redevables envers Dieu'. »

Ici , Messieurs » se présentent à mon esprit trois ou quatre réflexions trop sensibles , pour ne pas faire impression à quiconque voudra y prêter attention.

Je remarque i°que Caivin s'exprime à ce sujet d'iœe manière qui n'est aucunement nette et positive : il se contente de dire : « Il me semble que l'abus est venu de la coutume k qu'on avait jadis d'imposer des satisfactions si dures et « si fâcheuses , que tous ne les pouvant pas supporter , et o s'en trouvant trop grevés, demandaient à l'Eglise quelque

DE* HOUJLOBffCBS. 887

* relâche , C» x{ne Ucm appelait Induigeâce. » il ne <ke point lés première auteurs de cette coutume t il ^assigne peint le tfeinfls et les Heux où elle à d'abord été introduit*: cette expression même y il m* semble, màrqu^bkiaétflfc rement qu'il ne sait comment s'y prendre poàr frroi*tep que l'usage d'accorder des Indulgents ne Vient pas des1 Apôtres; et est une innovation ^eVhk^e«feélneonnue dans les premiers Gicles. •• • -•'•' ..-•' .-•* c u.ôj.;:*::;,

9* « Lrf ooutiimè jadis était d'imposer aux péniienuttdi

* satisfactions ^ » cette coutume qui *rtroj6utf<ét&(LW poser atfx pénitente dès satisfaction* ; 4*nsla çibunaè de lapênit^cè,i^e^dèn^pasuneirtnovati<^deèesaemiOT tem^ , inàië tin us*gèobl&t*é> <lès^ la naisfea«té du <*#itf, tiànismé,pcHir inspirer aine fidèles ftromàr^ufiàs. défiveqt avorr dà pëctfé, pôirr fessobierfir dans le temple -1» péri séctrtion y et pour fescmpêchtf r âe ret&mber danrffrdoMtrje} et ces ^rimé* énofrnés et Scandaleux qrâ étaient -alo»; if communs, et même, pour ainsi dire , divitt&èt parmi l«s

9e Jèj detoinde à Caîvîii si la sitififeëtîdtf 4«ié*iititfta«l irtrposà à rincëstnèui dé Corinthe , était tro|) dure è* tue* Ûétièuse F *ëut-on'pëiiser que cet Apôtre si plein d«[ chu* rite', qui avéé les infirmes était ihnrinè , et <fUî *e faùM iÔUt àiùxis , ptàr /à 0<#fi*f • tiWirJééus-Mrim rfgî* sant au nom et en la personne de Jésus- Christ , lé plds doux $iè ffieffietfr àe £ôus iW^htf?!ttttô'*éÛé dans seUéntirnén^ et sa conduite Pfl n^a^P^ierit Iqu'à Ctf>Vi» de éên¥uVër ainsi mi Àp^Ùiët qtf&**m*mi* dé larefigion dé trbutér S ?é«iri 5 ^a^nidèrtce et à !»c«x*itè<le rApÔtrë et de ceux que l'Esprit saint à i étâbtljpou* gif*

4* Je voudrai* filëti $ue' vos ministre* dous montrassent ou S ëit fdrfrqué que , dans la pritokfV<s Égfhe;on accordait lés indulgences à ceux dni se plalghaient^ifon le«r ihipbsait 1 dés iâtfsfaétïoiw s! dam *l èifâretoeuset^ufe « tous ne pouvaient pas les porter. » Est-ce dans quelque fragment de PHistoire Ecclésiastique , 4ans le& ouvrages des Pères, dans les canons des anciens conciles. f> Au «on-

traire, Ces précieux monuments de l'ancienne discipline nous apprennent qu'on les accordait seulement à ceux qui embrassaient, avec zèle et avec courage , les pratiques austères de la pénitence , et non & ceux qui ne s'y livraient qu'à regret et avec lâcheté. Donnez-vous la peine de lire le vingt-deuxième canon du concile d'Ançyre , que je vous ai communiqué dans le troisième article de la présente question , et vous y verrez l'ordre de prolonger le temps de la pénitence a ceux qui ne la font qu'avec tiédeur , et de le diminuer & ceux qui la font avec zèle et avec ardeur. Consultez pareillement le douzième canon du concile général de Nicée, et vous y trouverez ce même règlement , autorisé et confirmé en termes formels* Pour peu même que l'on ait i,e bon sens , peut-on s'imaginer que, dans les premiers siècles , si respectables par le souvenir de cet esprit de charité qui régnait parmi les chrétiens , les pasteurs aient; voulu imposer aux pénitents des fardeaux insupportables?

Que Calvin ait parlé de la sorte , je n'en suis pas surpris : ce n'est pas sa coutume d'épargner les oints du Seigneur, quand il les trouve sur son chemin ; vous avez dû le remarquer en plusieurs occasions. Pour nous autres , catholiques , nous nous faisons un honneur et un devoir d'avoir pour eux tout le respect et la vénération qui leur sont dus(l).

Je n'ai point relevé les invectives dont ce chef de yotre réforme , dans son préambule sur la question présente , charge le pape , pour prévenir les esprits contre son autorité : è en croire ce réformateur, le pape donne des Indulgences pour « tirer nouvel argent ; il taxe l'achat du « paradis a certains deniers , et , sous ce prétexte , il tire « de la bourse des fidèles des oblations qui étaient après « vilainement dépendues. » Tel est le langage qu'il tient au cinquième chapitredeson troisième livre d'Institution, n* 1. Epargnez-moi , Messieurs, la honte de vous citer le reste

(1) Nolile tangere diristos mcos ; et io prophetis mcis nolite malignari. Ts. 104. 15.

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de ces paroles : la bienséance m'empêche de les rapporter, et votre candeur ne pourrait en supporter le récit. Opposons la vérité au mensonge : le pape , en accordant des Indulgences , exigé que l'on fasse de bonnes œuvres f comme le jeune, la confession, la communion et l'aumône; mais à quelle fin ces aumônes ? quelquefois pour de pieux établissements, telle qu'est, par exemple, la construction d'une église, le soulagement de la misère des pauvres; mais dire que le souverain pontife s'empare de ces aumônes pour s'enrichir, ou « qu'elles soient vilaine- «. ment dépendues , » et dans les vues que Calvin a la témérité de leur prêter , c'est une noire calomnie dont je me ferais un reproche de vous croire capables, mais dont vos ministres rendront un terrible compte au souverain Juge 4es vivants et des morts* Non. Messieurs , le but des Indulgences n'est, et ne peut être d'enrichir les papes : il ne leur en revient rien* Il les accorde gratis, et toujours pour des causes légitimes et, utiles au Lien de l'Eglise et au salut des fidèles : c'est ce qu'ont enseigné, et ce qu'enseigneront toujours les catholiques ; et leur prêter d'autres sentiments, c'est les calomnier, et leur faire la plus grande injustice.

• Outre ces objections tirées des ouvrages de Calvin, en voici encore quelques autres que j'ai remarquées dans divers auteurs protestants et luthériens > auxquelles je yeux achever de répondre , pour vous prémunir contre toutes les difficultés que, l'on pourrait peut-être encore vous proposer.

Toute doctrine , disent-Us ♦ qui tend à effacer les grandes idées que la religion nous donné de Pénormi té du péché et Ûe la ' sévérité des jugements de Dieu ; toute doctrine qui ouvre la porte au relâchement et à l'abandon ies œuvres de pénitence , est certainement une doctrine affreuse et détectable; or telle est la doctrine qui établit les Indulgences : elle renverse. les justes idées que la religion nous donné de L'énormité du péché , et elle insinue que, ce n'est pas une offense infinie envers Dieu, puisqu'elle suppose que l'homme /néant et poussière par luir même, peut satislaiie à la justice divine pour son péché : cHc ouvre pa-

seulement la porte *u relâchement et à l'abandon des vertus chrétiennes et des exercices 4e la pénitence, en assurant le pénitent que toute la peine due a cause de son péché lui est remise; d'où ii suit qu'il nles*:pius obligé défaire de dignes fruits de pénitente, mais .seulement à ne plus pécher, et à vivre chrétiennement*, . •

Voilà certainement/ Messieurs , Fobjection dans tonte sa force , voici la réponse ': si nous étions assez téméraires et dépourvus de bon sens, pour avancer que Phomme peut satisfaire à la justice divine pour la coùlpe du péché et pour la peine étemelle qu'il mérite, ce serait, j'en conviens, avec grande raison que vous nous soupçonneriez d'affaiblir et d'effacer les grandes idées que la religion nous donne de l'énbrmité du péché* ce serait Je regarder comme une offensé bien légère qu'un pur homme pourrait réparer : mais que vos ministres nous rendent justice , ils confesseront que nous sommes bien éloignés de ces pensées téméraires» présomptueuses et absurdes : ils ne peuvent ignorer que , sefon nos principes , Fénormitédo péché est telle que Hiomme , ni même aucune pure créature lie pouvait offrir à Dieu une satisfaction digne dé cet Etre suprême, el capable de compenser l'outrage fait à son infinie Majesté , qu'il n'y avait qu'un Homme-Dieu qui pût opérer ce grand ouvragé , et que c'est en effet dans celte Vue que le Fils de Dieu s'est fait homme, et obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix. Ils savent pareillement cjfue c'est, selon nous, un article dé foi, que l'homme, avant d'être justifié, ne peut faire aucun acte méritoire pour le Ciel : ils savent donc que nous sommes* bien éloignés de penser que l'homme puisse satisfaire à la justice divine pour la coulpé du péché et pour la peine éternelle qu'il mérite. (Vous ajoutons que , même après la rémission du péché quant à la coulpë et à la peine' éternelle, Dieu exige encore que nous satisfassions à sa Majesté offensée, par des peines temporelles, soit en cette vie, par de dignes fruits de pénitence , soit en Vautre , dans le purgatoire. Peut-on soutenir que cette doctrine affaiblit et efface les grqndes idées" que nous devons avoir de Ténôrmité du pé-

ché et de (a sévérité 4es jugements $p Dieu à cet .égard ? Ce n'est pqint £ nous que l'on peut faire ce reproche j nuus à vou> au très qui prétendez que la foi seule justifie ; que Dieu ? en .nc^s remettant la coulpe , nous relâche aussï lQut,e lp punition que nous avions méritée, et qu'après la mort, il n'y a point de purgatoire à craindre.

f^çiofi £ p$u près le même raisonnement $u sujet o> <ct aut,re neprqçbe que les Indulgences ouvrent la porte au rel.àcheniçnt e$ £ l'abandon des œuvres de pénitence. Si nous o^sions que sans avoir recours à la-prière , au sacrement et aux exercices de pénitence, on obtient par les seules Indulgences l'absolution de ses péchés , et la rémission de toute satisfaction due à la majesté de pieu offensé , j'en conviens , notre doctrine conduirait véritablement au relâchement et à l'abandon des œuvres de pénitence. Mais vos ministres s^vçnt qu'au contraire nous disons , que l'Indulgence ne s'accorde qu'à certaines conditions ,' et qu'elle suppose et exige des exercices dfe piété et de mortification évangél^que. C'est une maxime certaine et constante , qu'on ne peut la gagner sans être en état1 de grâce. Le désir d'obtenir cette grâce de l'Eglise , excite le pécheur à rentrer en lui-même , à se détacher du péché «t ô se convertir. Ajoutons mêMe qu'ordinairement là confession /4a contrition , la com/ûtrttion , Taum^fté, et quelquefois raémelës jéfttnfes, sôftt le* conditions preSCrftéS parïcà buttes des knivënrfcis potiftfes ^fir gagner les Indulgences. Bien loin dôtfc rée portëf an relâchement et à Fébatldon des œn vrës dé ^ênitèhéê , -eWés r^VéiUerit Pattemiôn des 'fidèle, elfes lès excitent aux pratiques fle piété les pîirt Maintes <et les plus propres à entretenir pàrftiindws la teneur et Tes prit dënéUgioif. ' •'■ '■ ît-v-v: "./-■* '■-»••>••••• ■". •'> .-.'

D'où provient en effet ce zèle avec lequel on s'empresse de gagner les Jtidulgences? du désir ardent que l'on a d'être éh possession ihï royaume des dtëùx, è* de jouir de fa Vite $# pieu au moment du trépas. L'âme vraiment chrétienne/redoutant les jugements de Dieu, saisit avec joie le moyen que r^gjîsc }\\\ ' offre d'acquitter sejs { dettes eiiv'ers Dieu , afin qu'au moment de la mort, délivrée de ce qui

pourrait retarder sa félicité , elle puisse jouir incontinent après de la vue de Dieu, qui seul peut faire les heureux. Or, Messieurs, ne conviendrez-vous pas que le désir de posséder un si précieux avantage , est un désir saint qui suppose un cœur brûlant d'amour pour Dieu , une Ame saintement empressée de lui être réunie dans le séjour des bienheureux, et conséquemment disposée a pratiquer les vertus chrétiennes et les œuvres de pénitence qui peuvent lui procurer l'accomplissement de ses vœux et de ses désirs?

Comparez enfin la conduite et lestentflhents de ceux qui sont jaloux de gagner les Indulgences, avec les sentiments et la conduite de ceux qui s'en mettent peu en peine ; et vous remarquerez dans ceux-là une y raie dévotion, un goût décidé pour la prière , un attrait particulier pour les vertus chrétiennes et pour les pratiques de la pénitence que vous ne trouverez pas dans ceux-ci . Preuve sensible que les Indulgences, bien loin de ralentir la ferveur et le zèle du chrétien , ne contribuent pas peu à fomenter et à entretenir l'esprit du christianisme dans ceux qui ont déjà le bonheur d'en être remplis , et à le réveiller dans ceux qui auraient le malheur de s'être abandonnés au relâchement.

Puisque nous sommes enfin sur cet article , il faut que je vous fasse encore observer 9 que ce sont vos principes qui conduisent réellement au relâchement et à l'abandon des vertus chrétiennes et des exercices de la pénitence. Vos minisires vous enseignent , comme nous l'avons dit cidevant, que Dieu nous remettant la coulpe, nous remet aussi toute la punition que nous avions méritée, et qu'après Ja mort il n'y a point de purgatoire à craindre. D'un autre rôle, ils enseignent que la foi seule , sans les œuvres, justifie. D'où il s'ensuit qu'au moment de la mort, pourvu que l'on ait seulement la foi , on est sûr d'être justifié , et assuré d'être à cet instant sauvé et mis en possession du royaume des cieux. Cette conséquence est nécessaire et évidente ; mais ne faut-il pas être aveugle pour ne pas s'apercevoir .que ces principes conduisent naturellement au relâchement et à l'abandon des vertus chrétiennes ? Comment donc vos minisires ont-ils la témérité de nous faire des reproches qui

ne tombent nullement sur nous , mais directement et uniquement sur eux? Foderunt foveam, et inciderunt in eam.

Je ne tous parle point de plusieurs questions que l'on peut proposer au sujet des Indulgences , que traitent particulièrement nos casuistes; elles ne sont pas de foi , et je vous ai prévenu que je ne voulais m'attacher qu'à l'essentiel, et que Ton ne peut refuser de croire, sans perdre le précieux don de la foi ; bien convaincu que , si vous vous rendez une fois sur ce qui concerne le dogme, il ne sera pas difficile de nous concilier sur tous les autres articles.

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