ARTICLE IV
Du trésor qui sert de fondement au» indulgence*.
Tput le monde convient que le pénitent ne peut obtenir la rémission de la peine temporelle due à la justice divine pour son péché , que par une satisfaction proportionnée à la qualité de la foute* Que ce pénitent soit néanmoins » par le moyen de l'Indulgence , exempt en tout, ou en partie , des exercices de pénitence qu'il lui aurait fallu subir, eu égard à son péché ; c'est là ce que l'on appelle la grâce de l'Indulgence dont nous venons de parler. Reste à expliquer comment par cette Indulgence on satisfait à la justice divine : nous disons qu'on y satisfait en offrant à Dieu les satisfactions surabondantes de Jésus-Christ et des Saints dont l'Eglise fait aux pénitents l'application , par le moyen de l'Indulgence.
Pour bien comprendre ceci, nous allons établir d'abord, et poser pour principe, qu'il y a un trésor composé des satisfactions surabondantes de Jésus-Christ et des Saints A confié à l'Eglise ; et que , par le moyen de l'Indulgence , ces sortes de satisfactions surabondantes peuvent être appliquées , à certaines conditions , aux fidèles bien disposés.
Il n'est pas besoin de prouver que les satisfactions que Jésus-Christ a offertes à son Père pour réparer l'outrage fait à son infinie majesté , par les péçbls du genre humain, sont surabondantes , et composent , pour parler lç langage
de l'Eglise, un trésor inépuisable et infini» C'est maxime constante et universellement reçue * que le prix de la satisfaction se mesure par la dignité de la personne qui satisfait, comme la grandeur de l'offense se mesure par. l'élévation de la personne offensée. Or , , Jésus-Christ , esk 4 le Fils de Dieu fait Homme pour le salut. du genre hur main ; il est vrai Dieu consubstanljel à son Pire ; qui pour» rait donc douter que toutes les satisfactions qu'il a offerte*, à son Père pour réconcilier le ciel et la terre, ne soient d'unr> prix infini , et ne forment un trésor inépuisable* .>Y
Que ces satisfactions surabondantes de Jésus - Christ , offertes pour le salut du genre humain , puissent être appliquées aux vrais fidèles, c'est un autre principe non moins constant Jésus - Christ , dit l'apôtre saint Paul,, dans son épttre aux Romains , chapitre Ve, est mort pour nous (l). // est une victime de propitiation pour nos péchés , non-seulement pour les nôtres, mais pour ceux de tout le monde (2).
Il n'a donc rien plus à cœur que l'application de ses mé-j, j rites et de ses satisfactions nous soit faite. C'est par lui , ejt ; moyennant sa sainte grâce , que nous nous convertissons,; . par lui que nous méritons , par lui que nous satisfaisons.^ la justice divine. Voilà proprement la base et le fond du.,, précieux trésor des Indulgences.,
Sans m'arréter sur ces articles qui ne peuvent souffrir, aucune difficulté, j'ajoute que plusieurs Saints ont offert. | à Dieu plus d'oeuvres satisfactoires qu'ils n'en avaient be-v soin pour eux-mêmes. Cette proposition révolte vos mi-» nistres ; je me flatte cependant • Messieurs , que dans peu vous allez être obligés d'en convenir.
La très sainte vierge Marie , Mère de Dieu, n'avait certainement aucun besoin d'oeuvres satisfactoires pour elle "9 puisque, exempte de tout péché, elle n'avait pas besoin de '
venger sur elle aucune injure qu'elle eût faite à la Majesté '
(1) Christus pro nobis mortuu» est. Rom, 5.9. . : ,* .
(2) Ipse est propitiatio pro peocatîs noslris , non pro noslris aule» Uolàm, sed etiajp pro totius mun<U. f. Joan. 2, 2.
civine. Combien néanmoins d'oeuvres satisfactoires n\?r l-elle pas sans cesse offertes au Père des miséricordes penc ant le cours de sa vie, et surtout dans ce moment auquel, suivant l'oracle du saint vieillard Siméon , un glaive de douleur transperça son âme à la vue de son cher Fils attaché à la croix sur le calvaire ! Peut-on même douter , qu'animée du même esprit que son divin Fils , elle n'ait , à son exemple , présenté au Père éternel sa douleur , et le sacrifice qu'elle fit alors en faveur du genre humain ? Voilà donc des satisfactions surabondantes dont Marie n'avait pas besoin pour elle-même.
Saint Jean-Baptiste , sanctifié dès le venlre de sa mère a mené une vie toute sainte ; Jésus-Christ , lui-même , en a fait le plus bel éloge : Entre les enfant* des hommes, il n'en a point paru de plus grand que Jean-Baptiste (l). Il n'en est cependant peut-être point qui ait porté plus loin l'esprit de pénitence et de mortification. Quelles ont été ses austérités dans le désert , ses souffrances dans la prison , sa constance et son courage , lorsqu'Hérode lui fit trancher la tête ? En un mot , que d'œuvres pénibles et satisfactoires qui ne lui étaient nullement nécessaires ?
Disons-en autant des Apôtres et de tant d'autres Saints qui , après avoir passé leur vie dans les exercices les plus austères de la pénitence , ont enfin consommé leur course par un glorieux martyre. On n'a jamais douté que le martyre seul ne soit suffisant pour expier la peine temporelle, due à la justice divine pour les plus grands crimes.
Est-il à croire que ces satisfactions surabondantes soient inutiles , et que ceux qui les ont offertes à Dieu , n'en ayant pas besoin pour eux-mêmes , elles ne puissent être appliquées aux fidèles qui en ont un vrai besoin ? Je ne sais pas ce que vous, en pensez , Messieurs : pour moi , je ne conçois pas comment on peut concilier un tel sentiment avec les grandes idées que la religion nous donne de la bonté de Dieu. 11 est témoin de ces œuvres satisfactoires ; elles lui sont agréables, et elles tirent leur prix et leur
(^) Inter nates mulierum ; non surrc&il major Joanne Baptisa.
mérite des satisfactions de Jésus- Christ. Est-il vraisemblable que Dieu, qui est le Père des miséricordes 0t la bonté même, youdra les mettre en oubli, et les laisser sans récompense? Mais à qui peut être faite l'application ? Aux autres fidèles , qui sont membres du même corps de Jésus- Christ , c'est-à-dire de l'Eglise , et qui en ont besoin pour satisfaire là justice divine , et pour expier la peine temporelle due à cpùse de leurs péchés déjà pardonnes quant à la çoulpe.
Oui , Messieurs , je le dis, ces satisfactions surabondantes des Saints peuvent être appliquées aux fidèles qui en ont besoin ; et je le dis appuyé sur l'autorité des livres saints , et en particulier sur l'exemple de saint Paul. Je m'emploie volontiers, dit ce grand Apôtre, et je me consacrerai moimême tout entier pour vos âmes (1). Je souffre tout pour les élus , afin qu'ils obtiennent le salut qui est en Jésus-Christ, avec la gloire céleste(2).Je me réjouis dans mes souffrances pour vous > et f accomplis en ma chair ce qui manque aux souffrances de Jésus-Chrùtpour son corps, qui est V Eglise (3).
Tous ces textes marquent évidemment le désir que saint Paul avait de contribuer, aux dépens de son repos de sa saqté et même de sa vie, à la sanctification des âmes Les protestants en conviennent : ils marquent encore que cet Apôtre offrait à Dieu ses peines , ses travaux , ses souffrances, pour leur obtenir les grâces du Seigneur, et les moyens de salut. Vps ministres ne sauraient encore en disconvenir. J'ajoute que, par la même raison, ces textes prouvent que saint Paul désirait ardemment d'aider , par ses œuvres pénibles et satisfactoires , les fidèles à expier la peine temporelle qu'ils devaient à la justice divine pour
(1) Ego autem Ubentissimè impendam , et superimpendar ipsapro a ui inabus vestris. 2. Cor. 12. 15..
(2) Omuia sustineo propter electos , ut et ipti aatatem consequantur, qua? est ia Christo Jesu cum gloriâ cœleiti. 9. Tim. 2. 10.
(3) Gaitdeo in passionibus pro vobis , et adimpleo ea quae deaunt pas- *ioDum Cluisti in canic meà pro corporc ejus, quod est Ecclesia. C. i . 24.
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leurs péchés remis quant à la coulpe. Car je ne crains point d'avancer , que la charité et le zèle de ce grand Apôtre , s'étendait à tout : il souhaitait procurer aux fidèles tous les secours possibles ; ils les envisageait comme les membre* du corps mystique de Jésus-Christ, gui est f Eglise. Leurs intérêts étaient les siens, et son zèle n'aurait pas été satisfait, si, après avoir travaillé & leur conversion et à leur réconcilia, tion avec Dieu , il n'eût encore, par ses œuvres pénibles et satisfactoires, contribué à abréger le temps de leur pénitence , et à adoucir les peines temporelles, dont ils étaient redevables à la justice divine. C'est en ce sens que saint Augustin interprète les paroles de cet Apôtre. J'accomplis en ma chair ee qui manque aux souffrances de Jésus* Christ(i)f et de là il conclut que les satisfactions surabondantes des Saints , unies à celles de Jésus-Christ, dont elles empruntent tout le prix et le mérite , sont comme un bien commun qui appartient à la république chrétienne (S).
Rien en effet n'est plus conforme à l'esprit du christianisme. La marque à laquelle on vous reconnaîtra pour mes disciples , dit Jésus-Christ, c'est si vous vous aimez les unr les autres (3). Dieu nous a fait connaître son amour en donnant sa vie pour nous. Nous devons aussi donner la nôtre pour nos frères (4). Or, Messieurs, dès là que nous sommes animés de cet esprit de charité , nous prenons part à tout ce qui touche et intéresse nos frères- Nous sommes sensibles à leur bonheur temporel , et encore plus à leur bonheur spirituel ; nous nous faisons non-seulement un plaisir et un devoir de contribuer à leur bonheur éternel , mais encore de lever tous les obstacles qui pourraient le retarder. Non-seulement nous prions pour
(1) Adimpleo ea quae desont passionibus Cliristi in carne meâ.
(2) S. Aug. enar. in Psal, 61.
(3) In hoc cognoacent omnes quia discipuli mei estis , si dilectionem habueritis ad invicem. Joan. 15. 55*.
(4) In hoc cognovimos charitatem Dei , quoniam il le animant suam pro nobis posuit, et nos debemus pro fralribus animas ponere. 1, Joan. 3. 16.
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eux, mais encore nous jeûnons et nous faisons de dignes fruits de pénitence en vue de satisfaire pour nous , et en même temps pour eux à la justice divine. C'est ce que nous recommande aussi l'Apôtre saint Paul, en son épitre aux Gaiates, par ces paroles : Portez les fardeaux les uns des autres (1). Je conviens que, par ce texte, l'Apôtre a proprement et principalement en vue de nous porter à compatir aux faiblesses et aux défauts les uns des autre» ; mais embrasé , comme il l'était , des saintes ardeurs de la charité , je ne doute nullement qu'il n'ait encore voulu par là nous exciter à prendre sur notre compte une partie des dettes de nos frères envers Dieu , en satisfaisant pour eux, tant par nos prières que par nos exercices de pénitence , à la justice divine, et en leur aidant à obtenir la rémission de la peine due à cause de leurs péchés»
Au reste t ne vous imaginez pas que si nos théologiens vous parlent des. satisfactions surabondantes des Saints c'est qu'ils regardent les satisfactions de Jésus-Christ comme insuffisantes. Calvin et vos ministres ne manqueront pas de vous tenir ce langage ; mais c'est une atroce calomnie. Je vous l'ai déjà dit, et je ne me lasse point de vous le répéter; jamais parmi, nous on n'a pensé ni dit que les satisfactions de Jésus-Christ soient insuffisantes. Jésus-Christ étant Dieu, les satisfactions qu'il a offertes à son Père pour le salut du genre hjumain, sont abondantes et surabondantes. Elles sont d'un prix et d'un mérite infini, et par conséquent tin trésor inépuisable. Rendons ceci sensible par une comparaison aussi juste que naturelle. N'est-il paq vrai que saint Paul a prié pour les Thessaloniciçns (S) , et qu'il s'est lui-même recommandé.aux fidèles dans [son épltrè aux Romains (3). N'est-il pas d'usage, même dans votre pré* tendue réforme de se recommander aux prières les uns des autres ?
(1) Alter alterius onera portote. Gai. 6. 9. r
( J) Memoriam vestr* faciontea in orationibus vestrii* 1 • TJiew. i . *.
(3) Obre^ov^mwea^aTedaiooratïODibdf vçjttiipro meadDeum. flom, 15. 30. ,', ■ u
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Que diriez-vous , Messieurs, si je m'avisais de conclure de là que tous regardez et que saint Paul a regardé les prières offertes par Jésus-Christ à son Père pour le salut du genre humain comme insuffisantes? Vous vous récrieriez, et arec raison » contre nn pareil raisonnement. C'est cependant là précisément celui que vos ministres font au sujet des satisfactions surabondantes des Saints. Quoique les fidèles prient les uns pour les autres, il ne s'ensuit pas de là que les prières que Jésus-Christ a faites pour le genre humain ne soient pas suffisantes , et même plus que suffisantes ; de même aussi , quoique les Saints aient offert â Dieu des satisfactions surabondantes dont ils n'avaient pas besoin pour eux-mêmes , il ne s'ensuit pas que les satisfactions offertes Jpar Jésus-Christ à son Père pour nous , ne soient pas abondantes , et même surabondantes. Comme les prières que les fidèles font les uns pour les autres tirent leur prix et leur valeur des prières de Jésus-Christ > de même aussi les satisfactions que les fidèles offrent à Dieu pour eux et pour leurs frères, tirent leur frixet leur mérite des satisfactions de Jésus-Christ. C'est par lui que nous prions , par lui que nous méritons , par lui que nous satisfaisons à la justice divine pour nos péchés et pour ceux de nos frères.
Pourquoi , demanderez-vous peut-être , parler des satisfactions des Saints , puisque celles de Jésus - Christ sont abondantes et même surabondantes? Je n'ai , Messieurs t qu'un mot à vous répondre pour résoudre cette question. Pourquoi réclamer les prières des fidèles , puisque celles que Jésus-Christ a offertes pour nous à son Père sont suffisantes et plus que suffisantes pour obtenir toutes les grâces dont nous pouvons avoir besoin ? Cette comparaison seule est la réponse à yotre demande, et fait tomber toute objection que l'on pourrait faire à ce sujet.
Je n'en demeure pas là néanmoins ; car , je ne veux pas qu'on puisse me reprocher de reculer, quand il s'agit de répondre aux difficultés que vous, ou vos ministres, pouvez nous proposer. À quoi bon recourir aux satisfactions des Saints ? C'est que Jésus-Christ , par un effet de sa bonté
ineffable , veut bien y avoir égard, et en faire l'application aux pénitents qui, en ayant besoin, les réclament; comme il veut bien avoir égard aux prières de ses fidèles serviteurs, et accorder, eh vue de leurs prières, des grâces particulières à ceux pour qui on les demande , et qui en ont besoin. Mais pourquoi Jésus-Christ veut-il appliquer aux pénitents les satisfactions surabondantes des Saints ? C'est pour exalter et honorer, en quelque sorte, ses amis et ses zélés serviteurs (1). Cest, en second lieu, pour entretenir et cimenter de plus en plus cet esprit d'union et de charité qui (ait la beauté de l'Eglise.
ici, je me rappelle ce que nous lisons dans les monuments de l'Histoire ecclésiastique ; que plusieurs païens et idolâtres voyant cet esprit de charité qui régnait entre les premiers chrétiens, en avaient été tellement frappés et touchés , qu'ils s'étaient convertis et avaient embrassé la religion chrétienne. Sera-t-il donc dit, Messieurs, que ce qui a été pour les païens un sujet d'édification et un motif de conversion , soit pour vous un sujet de scandale , et un motif d'éloigneinent et de séparation d'avec l'Eglise ? Ah ! mes chers frères, mettez bas vos préjugés* Priez le Seigneur d'éclairer vos esprits , et alors vous admirerez avec nous ces intimes rapports et cette charité suréminente qni unit si étroitement tous les membres du corps mystique de Jésus-Christ , qui est l'Eglise.
Vous n'avez peut-être jamais fait cette réflexion; lesprin» cipes de votre réforme s'y opposent ouvertement ; elle n'en est pas moins digne de toute votre attention. Les fidèles sur la terre qui composent l'Eglise militante, ainsi appelée parce que la vie de l'homme est une milice continuelle, et qu'il faut sans cesse avoir les armes à la main pour combattre nos passions et les ennemis de notre saint; ces fidèles, levant les yeux aux ciel et admirant le bonheur des Saints, remercient Dieu des grâces qu'il leur a faites pendant le cours de leur vie mortelle , et de la récompense dont il couronne dans le ciel leurs vertus et leurs mérites. Ils féli-
(t) Nimis boDonûcali sunt amici tui Dcus. Psal. 138. 17.
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«tient ces Saints de leur zèle à correspondre aux grâces du Seigneur pendant le temps de leur exil, et du bonheur dont ils sont actuellement en possession. En même temps ils les invoquent, et pour mériter leur protection ils se les proposent pour modèles : ils imitent les vertus dont ils leur ont donné l'exemple , et ils les supplient de leur obtenir les secours nécessaires pour être un jour , comme eux et avec eux , citoyens de la céleste Jérusalem. :
Les Saints , de leur côté , dans le ciel , assurés, comme dit saint Cyprien, de leur bonheur» mais inquiets du nôtre; sollicitent le Père des miséricordes de nous accorder les grâces et les secours nécessaires pour être un jour participants de leur même bonheur.
Ce même esprit de charité s'étend encore à l'égard des âmes des défiants détenus dans le. purgatoire. Compatis» sant aux souffrances de ces illustres captifs, nous nous intéressons pour eux auprès de Dieu , nous offrons jios prières et nos œuvres satisfactoires en vue de satisfaire ajux peines dues par eux à la justice diyine , et de contribuer, par ce moyen , à en abréger le temps, et à hâter l'heureux moment où ils pourront être en possession du bonheur éternel, après lequel ils soupirent avec tant d'ardeur. Ces âmes délivrées de captivité , et placées dans le séjour et au nombre des Saints, se font , par reconnaissance , nos patrons, nos avocats auprès de Dien , et ils supplient le Seigneur de nous accorder les grâces et les secours dont nous avons besoin pour assurer notre vocation et notre élection par nos bonnes œuvres.
Le voyez - vous , Messieurs, comment , de quelque côté que l'on se tourne, dans la doctrine catholique, on admire et l'on voit partout régner cet esprit de charité , qui est , comme dit l'apôtre saint Paul, la plénitude de la loi(i). J'ose le dire» et j'en suis persuadé, vous-mêmes, malgré vous peut-être, mais intérieurement, vous penserez que Dieu seul a pu inspirer ces grands sentiments de charité, qui unissent ainsi tous les membres de l'Eglise , dans qucl-
(1) Plenîtudo ergè tegb est dilectio. Rom, iS. iO.
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qu'état et sous quelque rapport qu'on les considère. J'< père même que frappés ainsi de cette importante réflexion, vous admirerez et envierez le bonheur d'être associés à un commerce si saint , si avantageux et si divin.