‹ Lettres de Silvio PellicoChapitre 5 sur 103 · LU · texte numérisé non relu

LU

sorai mort, faites-vous mon interprèle auprès de toutes les âmes comi)atissantes qui vous parleront de moi. »

Quelques instants après , il avait cessé de vivre. — Toute sa vie, Silvio avait été pauvre. Quand on ouvrit son testament , il parut presque riche , tant il avait trouvé de choses à léguer à tous ceux qui l'avaient aimé, ou simplement assisté.

Ainsi vécut, ainsi mourut Thomme éminent et bon

dont on va lire enfin la correspondance, et dont je ne

m^excuse pas d'avoir si longuement parlé. L'Europe

entière a lu avec attendrissement le récit qu'il a fait

lui-même de dix années de sa vie : on devait désirer

d'en connaître la suite, et de savoir comment s'était

servi de la liberté celui qui avait fait de la captivité

un usage si admirable ; comment il avait pratiqué,

dans une époque et dans un pays si pleins d'orages, de

pièges et de tentations, ces maximes de l'Évangile qui

avaient brillé à ses yeux d'une si vive lumière dans

les ténèbres de la prison. Cette fin d'une belle histoire

est tout entière dans ces lettres , récit d'autant plus

attachant qu'il n'a rien d'apprêté et qu'il se continue

au jour le jour, et au fur et à mesure des événements,

dans les épanchements de la famille et de l'amitié.

Oubhons aujourd'hui le poète : il s'agit ici d'une àme

qui se laisse voir telle que Dieu l'a faite, telle que le

christianisme l'a achevée. La vie de Silvio PeUico, de

plus en plus ensevelie dans la souffrance , dans la

prière et dans les bonnes œuvres, ne cessait d'être,

par tout ce qu'on en savait , un enseignement pour

ses contemporains. Couronnée par une mort sainte,

elle a reçu de cette suprême épreuve la seule perfec-

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