CCCXXXVI
A LA COMTESSE OTTAVIA MASINO
DI MOMBELLO.
Madame la comtesse.
Que je suis heureux de savoir que, demain ven-
dredi , vous serez encore à Turin ! J'aurai ainsi le bonheur de passer une soirée de plus dans votre aimable compagnie et de me dédommager de n'avoir pu , vendredi dernier, vous rendre mes devoirs : ce sera avec infiniment de plaisir que j'aurai l'honneur de faire connaissance avec votre amie, madame la comtesse de Castellani. J'aurais obéi volontiers au désir, que vous avez l'amabilité de m'exprimer, de m'entendre lire quelques scènes du Corradino; mais pour mon malheur, j'ai, cette semaine, la poitrine un peu malade , et il ne me serait pas possible de lire à haute voix. Je vous prie donc de m'excuser, si je ne me rends pas à votre flatteuse invitation.
Que de choses encourageantes vous me dites! — J'en serais vain, si je pouvais m'en soupçonner digne : mais, par bonheur, je connais et la médiocrité de mon mérite , et votre suprême bienveillance , Madame la comtesse , et aucun autre sentiment ne s'éveille en moi que celui de la gratitude et de l'admiration, et le vif désir que vous veuilliez bien me conserver cette grande indulgence.
J'ai l'honneur d'être , avec le plus profond respect, etc., etc.