CCCXXXVII
A LA COMTESSE OTTAVIA MASINO
DI MOMBELLO.
Jeudi, 25 février.
Madame la comtesse.
J'admirai beaucoup, hier, les vers de Mamiani;
mais je ne me litàte pas de vous les rendre , voulant auparavant les relire à loisir pour les {goûter comme ils le méritent. J'ai jeté un coup d'œil sur le journal que vous m'avez aussi envoyé , et je vois qu'il est rédigé par de bons esprits; mais les passions politiques me font souffrir, et je plains ceux qui s'en repaissent.
Je n'ai pas les poésies de Cicconi ; il imprima ici sa Parisina improvisée, mais je ne l'ai point : c'est un jeune homme qui travaille, qui sait et qui compose avec grâce : je me réjouis de le voir en faveur.
Croyez, Madame la comtesse , que je vous suis dévoué de tout cœur, et que je suis votre bien affectionné serviteur et ami.
CCCXXXYIII
A LA COMTESSE OTTAVIA MASINO
DI MOMBELLO.
Samedi 19.
Madame la comtesse ,
En lisant , dans l'aimable lettre de P. Feraudi , l'éloge si exagéré qu'il fait de mon mince mérite , je demeurai confus. Je pris néanmoins sur moi de répondre à ce digne homme , parce que vous m'en aviez fait une obligation. Madame la comtesse.
Croyez , Madame, que si je suis reconnaissant des applaudissements dont m'honorent les personnes bienveillantes, je n'en suis pas moins humilié et troublé, sentant mille fois plus que je ne le dis la vanité de ce qu'on appelle réputation littéraire et ne pouvant me persuader d'y attacher aucun prix.
Mais j'en attache un très-grand à la bonté de mes semblables, et particulièrement à la vôtre, Madame la comtesse, vous vénérant comme je le fais.
Je vous baise respectueusement la main et suis votre très-humble serviteur.