XXII INTRODUCTION
Voiture mourut après quatre jours d'une fièvre ardente, qu'on attribua a un remède a la Purgon pris pendant une crise de goutte; mais nous croirions plutôt qu'il succomba, à la façon de François Ier, à la suite de ce mal galant que son père craignait si fort de lui voir gagner une troisième fois. Il expira, selon le mot de Mlle Paulet, « dans les bras de ses sultanes, comme le Grand Seigneur », car Mme deSaintot, dès la nouvelle de sa maladie, était accourue pour le soigner, et ne l'avait point quitté jusqu'au dernier moment, ainsi que la fille du gazetier Kenaudot, qu'il avait aimée assez publiquement pour la brouiller avec son mari. Lorsque la marquise de Sablé apprit la nouvelle de sa mort, elle s'écria : « Jusqu'à présent, je n'avois eu que la crainte de la mort, mais, puisqu'elle m'ôte Voiture, je la veux haïr jusqu'au tombeau. »
Voiture laissait deux filles naturelles : l'une qui se maria et reçut le nom de La Touche, l'autre qui fut religieuse; c'est de celle-ci, si nous en croyons Tallemant, qu'on a eu le portrait du poète. Par vénération pour la mémoire de son père, elle le fit habiller en saint Louis, parce que ses grands cheveux plats
corps resta déposé dans les caveaux de Saint-Germain-l'Auxerrois. La première éducation de Voiture avait été faite rue Saint-Denis, où son père s'établit vers i6o5. La paroisse de Saint-Eustache lui était familière; peut-être avait-il quelques parents inhumés dans cette église et a-t-il manifesté le désir d'y avoir sa sépulture.