‹ Lettres de V. VoitureChapitre 8 sur 101 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

pathies mutuelles et de goûts analogues pour les lettres et la philosophie courante. L'ami de Voiture voyait à Paris tout ce qui tenait assemblée, et ses relations étaient très étendues ; sans être libertin, il recherchait les plaisirs de son âge et courait volontiers les aventures galantes dans un monde honorable. Le comte résolut de présenter son camarade du collège Boncour dans les principaux bureaux d'esprit ; il s'efforça de mettre en relief de son mieux ses talents naissants ; pour le pousser encore plus hâtivement dans la société, il pensa que rien n'égalait la tendresse ambitieuse d'une femme, et il alla jusqu'à lui donner sa propre maîtresse , la jolie Mme de Saintot, la femme d'un trésorier de France, à ce que nous apprend Tallemant l.

Nous ne nous attarderons pas sur ces amours, qui furent constantes du côté de l'inconstance, c'est-àdire de la femme2. Voiture dès ce moment se révéla

i. Tallemant dit à ce sujet : « Voiture fît amitié avec M. d'Avaux, et cette amitié produisit ensuite l'amour de Mme Saintot. Il fut reçu chez elle, et peu de temps après le mari mourut. Il avoit déjà de la réputation et avoit fait imprimer en une nuit, au devant de l'Arioste, cette lettre qui avoit tant couru. » (Voyez : Lettre IV, tome ï, page 22.)

2. La passion de Mme de Saintot pour Voiture, avec ses ruptures, ses refroidissements, ses réconciliations, serait bien une des pages les plus intéressantes à écrire dans la vie de Voiture. Dans un portrait tracé par elle-même et que nous a conservé Conrart (Bibl. de l'Arsenal, Mss. in-f°, tome IX, p. 775), Mmede Saintot écrit ceci après la mort de son amant:

Page 1