‹ Lettres de V. VoitureChapitre 9 sur 101 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

galant au possible. Il fut l'un des mourants les plus à la mode, et fît profession d'en conter à toutes les belles, de quelque condition qu'elles fussent, « depuis le sceptre jusqu'à la houlette, depuis la couronne jusqu'à la cale ». // courtisa la fille du gazetier Renaudot, Mme Desloges, Mlk Paulet, la marquise de Sablé et bien d'autres. Il serait intéressant d'étudier tour à tour ces divers sentiments, qui tous formeraient de petits chapitres curieux} groupes autour du gros roman principal, personnifié par Mme de Saintot. Les attentions du poète se manifestaient le plus souvent par des petits vers musqués, des pointes enflammées, des bouquets à Chloris tout confits en douces choses, et quelquefois aussi par des madrigaux d'assez mauvais goût, tels ces vers qu'il adressa à Mme de Saintot, après une chute qu'elle fit de compagnie en carrosse, et où elle révéla des appas cachés :

Je m'estois gardé de vos yeux; Et ce visage gracieux, Qui peut faire pallir le nostre, Contre moy n'ayant point d'appas,

« La perte que j'ai faite est le seul malheur qui ne partira jamais de ma mémoire ; c'est une personne si parfaite et si accomplie que les mérites en sont estimés de tout le monde. Depuis cette infortune-là, ma vie est toujours languissante et je trouve partout à dire cette chère personne. Je sais bien que ma vie sera trop courte pour réparer une semblable perte, et qu'elle me semblera trop longue, après l'avoir soufferte. »

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