‹ Lettres de voyage [microforme]Chapitre 11 sur 51 · RAR PES MR PENSANT TEE · texte numérisé non relu

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Mont-Cavalier, ayant 114 mètres de hauteur, avec des allées formant une agréable promenade.

La Tour Magne qui en occupe le sommet, est une ruine romaine imposante, de forme octagone, ayant encore 28 mètres de haut.

C'était probablement un mausolée; mais on a voulu aussi y voir un trésor publie, un fanal, une tour à signaux, etc. Elle a été comprise dans les remparts sous les Romains. Il y a un escalier par lequel on peut monter au sommet pour jouir de la vue, qui est magnifique, et on aperçoit de là un superbe panorama des montagnes environnantes.

La cathédrale St. Castor passe pour avoir été construite sur les ruines d'un temple d'Auguste, mais elle a été plusieurs fois réédifiée et restaurée. La façade présente une frise très curieuse. L'intérieur, nouvellement restauré, se compose d'une large nef romane, ayant sur les côtés, entre les piliers, de petites chapelles, sans fenêtres, comme on en voit beaucoup dans les églises de ces contrées, et au-dessus, de belles tribunes qui font même le tour du chœur. St. Castor est richement aécoré de peintures modernes.

Voilà pour Nîmes qui, par ses monuments

antiques, mérite certainement d'être visitée par tous ceux qui se rendent dans le midi de la France. | Nous continuons sur Montpellier qui, pour être d'une origine moins ancienne, est certainement une des plus jolies villes de France.

C’est une ville de 56,000 habitants, le cheflieu du département de l'Héreault et du XVIe corps d'armée, sur une colline au pied de laquelle coule le Lez et d'où l'on a une belle vue, Son origine ne remonte guère au delà de 737 ou de la destruction de Maguelone par Charles Martel, et sa prospérité date seulement du XIle siècle, où fut créée son école de médecine, encore célèbre. L'évêché de Maguelone y fut transféré en 1536. Le calvinisme y forme un parti puissant, et Louis XITT l'assiégea et s'en empara en 1622. Elle revint bientôt à son ancienne prospérité, mais l'industrie et le commerce ne s'y sont pas développés de nos jours au même degré que dans les grandes villes voisines. Il y a une académie universitaire très en renom en France et qui a produit des hommes célèbres.

La faculté de médecine est un monument remarquable. On voit à l'entrée les statues

en bronze de deux médecins célèbres origi-

naires de Montpellier, la Peyronie (1678-1747) et Barthez (1734-1806), par Gumery et par Lami. L'école possède un musée anatomique, une bibliothèque de 50,000 vol. avec 600 manuscrits et une collection de 300 dessins.

Le siège du professeur, dans le grand amphithéâtre, provient des Arènes de Nîmes, et l'on prétend que c'était le trône de l'empereur, qui présidait aux combats des gladiateurs et aux autres fêtes publiques. Il y a aussi une antique dans la salle de réception, un buste d'Hippocrate en bronze. La salle du conseil et une salle voisine renferment des portraits de professeurs depuis 1239. Derrière la Faculté est un nouveau laboratoire de chimie. Montpellier a aussi une école de droit, depuis 1160, une école de pharmacie, etc.

La cathédrale a été fondé au XIVe siècle, mais en partie reconstruite après les guerres de religion, restaurée et agrandie de nos jours. Elle a un grand porche original, mais disoracieux, dont la voûte est très élevée et soutenue en avant par deux espèces de tourelles rondes. La façade a en outre deux tours, et il y en a deux au transepi, l'une d'elle reconstruite en 1856. L'intérieur se compose d’une belle et large nef, de chapelles latérales entre

les piliers, comme à la cathédrale de Nîmes, et d'un beau chœur moderne. On y remarque particulièrement, dans la quatrième chapelle de gauche, une vierge en marbre, par Santa relli, élève de Canova.

Le Peyrou, dans le haut de la ville, est une belle promenade datant des XVITeet XVIIIe siècles. Elle est précédée dela Porte du Peyrou, arc de triomphe dorique érigé en 1712 en l'honneur de Louis XIV, par d’Aviler, d'après d’Orbay. Les bas-reliefs rappellent les victoires de Louis XIV, l'union de la Méditerranée avec l'Atlantique par le canal du Midi et la révocation de l'édit de Nantes.

Des deux côtés de la grande grille du Peyrou, deux groupes exécutés depuis peu, l'Amour domptant un lion et l'Amour victorieux, en pierre, par D. Enjalbert. Au milieu de la promenade s'élève une belle statue équestre de Louis XIV, en bronze, par Debay et Carbonneau (1829). À l'extrémité, un château d'eau monumental, qui a la forme d'un pavillon hexagone, avec une porte à chaque face et des colonnes corinthiennes. Il est alimenté par un bel aqueduc qui amène l’eau d'une distance de 14 kilomètres et se termine au Peys rou par une double rangée d'arcades superpo-

sées, de plus d’un kilomètre de long et 21 m. 50 de haut.

Le musée Fabre, du nom de son fondateur, est très important, mais je n'ai eu que le temps de traverser les salles pour venir ensuite accepter la cordiale hospitalité du beau-père de notre concitoyen, M. Beullac, de Montréal, qui m'avait donné des lettres pour Montpellier. On a le cœur chaud comme la tête, dans le Midi, et c'est avec peine que je m'arrachai aux instances de M. Farrouch qui voulait absolument nous garder pour quelques jours. Je lui promis de revenir le voir. au printemps, à mon retour d'Espagne, et j'ai bien l'intention de tenir ma promesse, puisque je laisserai ma fillette au pensionnat, à St. Hippolyte-du-Fort, sous la protection de Mme Chartrand, l'épouse du lieutenant Chartrand, instructeur à l'école militaire de cette ville.

J'ai bien un peu fait un cours de géographie et d'histoire dans la présente lettre, mais je me rattraperai dans ma prochaine en vous parlant de choses plus personnelles. Mes lecteurs doivent d'ailleurs s'attendre à des descriptions géographiques dans le cours du

-voyage à toute vapeur que j'entreprends à

travers l'Italie, la Sicile, Malte, la Tunisie,

l'Algérie, le Maroc et l'Espagne. Je consulte tout ; traités de géographie, d'histoire, encyclopédies et guides de voyage, et je tâche d'en extraire les détails les plus importants et les plus frappants que je sers chaque semaine aux lecteurs de La Patrie,

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