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ecchymoses profondes. Il est probable qu'au moment où il a été renversé sur la bascule sa tête a heurté la partie inférieure de la lunette de la guillotine.
La peau de Mathelin était couverte de tatouages. Au bras droit, on remarquait un artilleur à cheval, au-dessus d’une trophée fait avec deux canons en croix, comme il y en avait autrefois sur les gibernes. Au bras gauche, une série de femmes à chignons très hauts. L'une d'elle manie un éventail. L’autopsie a fait reconnaître, dans le poumon, les tubercules de la phtisie dont souffrait Mathelin.
La journée d'hier, la Toussaint, a vu comme chaque année, les cimetières parisiens s’emplir de visiteurs. Rarement, le ciel s’est montré plus maussade et mieux en harmonie avec la funèbre solennité du premier novembre. La journée s'est passée sans soleil, presque sans lumière, dans une pluie lugubre qui semblait bien faite pour assombrir encore le tableau des pèlerinages annuels.
Le chiffre des entrées dans les cimetières de Paris et de la banlieue qui, l’année dernière, était de 350,000, est tombé hier à 188,000 environ.
Voici, nour chaque nécropole, le nombre des visiteurs :
35,000 personnes se sont rendues au Père- Lachaise ; 13,750 au cimetière du Nord; 20,000 à Montparnasse; 18,990 au cimetière de Saint-Ouen (nouveau), vulgairement appelé Cayenne ; 24,240 au cimetière d'Ivry- Parisien.
Pour les autres nécropoles, le nombre des entrées se décompose ainsi: Ivry-Parisien (ancien), 10,110; Bagneux-Parisien, 18,500 ; Pantin-Parisien 22,500 ; Clichy-Batignolles, 10,000 ; Bercy, 644; Grenelle, 310; Vaupgirard, 1,300; Passy, 1,570; Auteuil, 550; Montmartre (rue Saint-Vincent), 500 ; Montmartre (Saint-Pierre), 450; La Chapelle, 3,000; La Villette, 1,200; Charonne, 120; Belleville, 2,300 ; Saint-Ouen (ancien), 2,950.
Le terrible accident arrivé près de Taranowka au train dans lequel se trouvaient l'empereur et l'impératrice de Russie à causé dans toutes les capitales de l'Europe une très vive émotion. Pour ne parler que de Paris, le président de la République a adressé hier au tzar un télégramme de félicitations à l’occasion du danger qu'il a couru; à l'Hôtel Continental de nombreux visiteurs. sont venus
offrir leurs compliments au grand-duc Alexis; À l'ambassade de Russie il y a eu une véritable avalanche de cartes et de lettres des principaux personnages politiques : le président du conseil, le président de la chambre, le général, etc. A midi, à l’église russe de la rue Daru, on a célébré une messe d'actions de grâces pour la préservation de l'empereur et de l'impératrice.
Enfin, le gouvernement français a chargé M. de Laboulaye, son ambassadeur, d'exprimer ses félicitations au gouvernement du tzar.