DES MAIZEAUX
SOLOMÉ A MONTFAUCON.
A Ries, ce 2* sept^""^ 1723.
Mon Révérend père.
Votre belle et sçavante préface de la nouvelle édition de S* Jean Chrysostome étant parvenu jusques à votre serviteur, m'a fait souvenir d'avoir autrefois oui dire, qu'un prêtre de cette ville, et curé dans le diocèse d'Aix, avoit un beau manuscrit des oeuvres de ce grand
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saint, dont les sçavans de Marseille, à qui il Tavoit fait voir, lui auoint relevé le prix et le mérite.
Ce m^ nommé Constans, étant mort de la peste dont Dieu a affligé notre province, je m'informai dernièrement de m' son frère, qui est curé dans le dîocèje de Ries, si le Msc. auoit été brûlé avec quelques autres effets de feu m^ Constans. Il me répondit qu'heureusement on l'auoit conservé, et qu'il l'auoit même chez lui. Dans le dessein de le procurer à votre Rév^% à laquelle j'espérois qu'il pourroit être utile, je priai instamment ce m' de m'enuoyer le Msc. et de m'en faire l'histoire, telle qu'il l'auoit oui dire plusieurs fois à m' son frère. Il me l'enuoya, quelques jours après, accompagné d'une lettre, dont* j'insérerai cy-après la copie. —
Le Msc. est tout Grec, sur le vélin, en lettre rouge, et en deux colonnes. Il me paroît ancien, car le caractère est bien différent du Grec ordinaire imprimé, et les lignes y sont toutes réglées. Chaque page a cinq marges, c'est à dire une aux quatre cotez et une au milieu entre les deux colonnes, d'un bon pouce de largeur. Le titre de chaque homélie, ou plutôt le premier verset de l'écriture, que le saint se propose d'expliquer, est enrichi de petites miniatures: la première lettre du texte de chaque homélie est dorée ou peinte, et ordinairement en figure de poisson, d'oiseau, de serpent ou de fleur. 11 y a encore de semblables figures et de grosses lettres capitales à certains endroits, qui servent com[m]e de poses ou sections. Les dits titres et premiers versets dont j'ai parlé, sont en lettres capitales ou majuscules, de suite, sans séparation des mots, les uns d'auec les autres; ce qui m'a donné bien de la peine à les déchiffrer. Je vous en ai fait copier quelques uns par un ecclé[si]a[sti]que qui sçait mieux
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peindre que moi, afin que vous jugiez de l'ancienneté ou nouveauté du Msc, par la manière dont les caractères sont formez. V. g. les Alpha ^, les Delta -^, les Sigma C,. les Oméga tantôt w , tantôt w , tantôt 0 , ou approchant; car je peins mal, com[m]e vous uoyez. Il
y a souvent des abbréviations comme MHP, nPc, 0C,
KC, que le sens m'a fait comprendre signifier MHTHP, nATPOS, 0EOS, KTPJOS. Pour ce qui est du texte des homélies, il est bien plus difficile à lire que celui des titres; et je ne saurois en lire quatre mots de suite. Le Msc. est en deux petits tomes in folio, l'un de trois et l'autre de quatre doigts d'épaisseur, outre la relieure ou couverture qui est de basane et forte. Je ne sai, si M^ Constans les receut ainsi reliez ou s'il les fit relier à son retour à Marseille, comme il y a plus d'apparence; car le titre, mis au dos en rouge, est latin:
D. Chrysost.
opéra T. L
Le dos du premier a été un peu gâté et chifonné à la campagne où l'on l'a tenu longtems à l'air. II y manque tout au plus les trois ou quatre premiers feuillets, et les deux premiers qui suivent ont été gâtez par l'eau, apparemment lorsqu'on les a désinfectetz. A ces deux-là près, tous les autres sont bien lisibles, mais le caractère, qui étoit tout rouge, a presque perdu partout cette couleur, quand on l'a lavé. La titre de la première homélie manque, les trois suivantes sont sur Job; puis suivent les 25 premières homélies sur la Genèse.
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Le 2^ tome est mieux conditionné que le i\ n'y ayant que les deux dernières feuilles de gâtées par Teau, toutes les autres étant en fort bon état. Il contient la suite des homélies du saint sur la Genèse, depuis la 26^ jusqu'à la 48* inclusivement, numérotée
M H, Voilà toute la description que je puis faire de ce Msc, n'étant point connoisseur pour pouvoir juger ni de son ancienneté, ni de l'exactitude du texte. Il me paroît néantmoins devoir être précieux et correct, com[m]e étant sorti de la Bibliothèque patriarcale de Constantinople. Si j'en étois le maître, je m'estimerois heureux d'en pouvoir faire un présent à votre Révérence. Je prierai m' Constans de le faire porter à Aix et de vous le laisser à un prix raisonnable. Vous pourriez le faire visiter et examiner par quelqu'un de vos pères des monastères les plus voisins ou par le R. p. visiteur, lors qu'il viendra faire sa Visite à Aix chez les DD. Bénédictins de la celle. Sur quoi j'attens vos ordres pour déterminer ce m"" à y faire porter son Msc; je souhaite qu'il vous puisse être fort utile dans l'édition des Homélies. J'ai l'honneur d'être [etc.]
SOLOMÉ, supérieur du séminaire.
Mon frère aîné qui est prieur de votre mon* d'Aniane, vient de me marquer que V. R. a receu un magnifique présent de l'Empereur. Elle agréra, que j'aye l'honneur de l'en féliciter. —
Copie de la lettre de m' Constans, vicaire de la paroisse de S* Laurens:
»Je uous enuoye le Manuscrit que uous me demandés; et voici tout ce que j'en sçai. Vers l'an 1695, feu m^* Marc Antoine Constans, mon .frère, prêtre et alors Aumônier des vaisseaux du Roi, alla à Constan-
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tinople escorter m^ rambass'' de France, au nombre de quatre vaisseaux. Us séjournèrent dans cette ville environ six mois, pendant lesquels le patriarche de Cple, dans l'ordination du Carême, ayant voulu ordonner prêtre un puissant seigneur de ses amis, convia les aumôniers des dits vaisseaux à cette ordination, en laquelle le dit feu m*"' Constans fit la fonction d'Archidiacre; et après les avoir tous invitez à dîner, com[m]e aussi le nouveau prêtre, à la fin du repas, le Révérendissime patriarche les remercia, et leur fit à chacun des présens, surtout au dit m''' Constans, auquel il donna deux Tomes de s^ Jean Chrysostome en manuscript Grec, lui disant: » Voilà, Monsieur, un présent que vous ne sçauriez trop estimer. C'est un manuscript de mon prédécesseur s» Chrysostome, que j'ai toujours regardé comme une relique très précieuse, et que je vous donne de bon coeur, en reconnoissance du plaisir que vous m'avés fait de venir assister à l'ordination de mon ami que voilà, et pour nous marquer l'affection que j'ai pour la nation Françoise*. Mon frère revint ensuite et apporta son Manuscript en Provence. 11 le fit uoir à quelques sçauans, qui l'assurèrent qu'il étoit excellent et des plus anciens et d'un grand prix, ce qui l'obligea à le conserver chèrement. Je suis « Telle fut
sa réponse.
J'ai eu l'honneur de présenter votre belle préface à Messeigneurs de Ries et de Senetz, qui l'ont trouvée excellente et digne de nous. Comme Votre Révérence s'y loue fort de tous ceux qui lui ont communiqué des Msc. ou des remarques pour sa nouuelle édition, je suis persuadé qu'elle a de même une grande inclination à faire plaisir à autrui et à donner quelque secours littéraire à ceux qui en ont grand besoin, comme moi.
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C'est ce qui me fait prendre la liberté de lui addresser un mémoire, vous suppliant de le bien recommander à quelqu'un de uos sçavans, qui ait la patience et la bonté d'y répondre exactement, le plutôt qu'il pourra.
1® je demande les lettres Dominicales et les jours de pâque depuis l'an 449 jusqu'en 462 inclusivement.
2°. En quel mois de l'an 426 Patrocle, Évéque d'Arles, fut assassiné, et si le Diacre Tite qui fut aussi assassiné à Rome, et dont le Martyrologe fait mention au 16 d'Août, étoit député de l'Église d'Arles. Si cela n'est point éclairci dans le I. Tom. Novœ Galliœ Christianœ, il le sera peut être dans le VI. Tome de l'hist. des Emp" par m. de Tillemont, dont le manuscrit est, dit on, entre les mains des RR. pp. BB. L'Auteur y rapportera peut être quelque loi ou ordonance addressée au préfet des Gaules au sujet de ce meurtre, dont l'époque m'est nécessaire pour bien fixer le commencement de l'épiscopat de notre saint Maxime, qui fut sept ans entiers Abbé de Lérins, après que S^ Honorât eut succédé à Patrocle, ou même à un Eulale qui siégea fort peu, mais je ne sçai rien de positif sur celui-ci. Le commencement de l'épiscopat de S^ Honorât fixera l'époque de S^ Maxime.
3®. M'" de Tillemont, Tom. XV, vie de S^ Germain d'Auxerre, parlant do. premier voyage que ce Saint fit auec S^ Loup en Angleterre, dit que les actes du Concile qui auoit député ces deux saints, sont entre les mains d'une personne célèbre. Ces actes ont ils été publiez? pourrois-je au moins obtenir le date de l'an et du lieu de ce concile, auec les noms des Éuéques qui y assistèrent.?
4*^. On m'a communiqué un extrait au long de l'article des Éuéques de Ries, tiré du I. Tom. de la