F. F. FERRET, M. B
A S. lean d'Angéri le 23. May 1683.
le supplie V. R* de montrer cette Relation au R. P. Mabillon et à M. Blutteau.
RUINART A ?
Mon Révérend Père.
Vne maladie qui a tenu quelques jours Le R. P. D. Jean Mabillon au lict, ce dont il est à présent» Dieu mercy, convalescent, me fournit aujourdhuy l'occasion de présenter mes respects à V. R. et luy écrire celle cy. Il s'éstonne fort de ce que V. R. n'a pas reçu ce qu'elle luy a mandé touchant le livre de Singularitate clericorum, vous en ayant écrit ce qu'il en savoit, il y a déià quelque temps. Au reste, il m'a dit qu'on ne savoit point du tout quelle [sic] estoit Tautheur de cet ouvrage. Outre St. Cyprien, parmi les ouvrages duquel on le trouve, on l'attribue encor à Origène et à St. Augustin, mais on tient pour assuré qu'il n'est de pas vn de ces trois pères. On nous a donné tout nouvellement vne édition d'Angleterre, mais qui ne nous fournit pas grande lumière sur le sujet. L'autheur de cette édition, après avoir avoué qu'il n'avoit aucune conoissance de celuy qui avoii fait cest ouvrage, dit par conjecture, qu'il croit qu'il a esté fait dans le 7 ou 8 siècle; je veux croire qu'il a voulu dire le 9 ou
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dixième, comme il est clair par la raison qu'il en apporte, parceque, dit il, il y est fort parlé du célibat des prestres, etc., qui a commencé du temps de Nicolas i***. Vous savés que ce pape n'a vécu que sur le milieu du neuvième siècle. Cette raison là ne semble pas fort convincante pour assurer que cette pièce n'est que du neuvième siècle, ce pourquoy que le plus sûr est d'avouer: pour le temps on est tout à fait incertain, jusqu'à ce qu'on ait trouvé quelque chose qui nous donne plus de lumière là dessus. Voilà, mon R. P., ce que le R. P. Mabillon m'a dit sur ce sujet.
Pour ce qui regarde les livre[sj que V. R. demande, il n'y a point de difficulté, c'est à dire à ce que m'a dit nostre libraire. Biblia polyglotta. Lond. 6 volumes. Capelli Lexicon Heptaglotton 2 volum. Lond. Poli Synopsis Criticorum 5 volum. Francofurti, pour 285 >ff, et Wallon, Apparatus Biblicus 9. Ce qui fait tout ensemble 294 S. Nostre Imprimeur attend le PoliSinopsis Criticorum d'Angleterre, et en ôtant celuy de Francfort, rabatera 80 JB. V. R. aura la bonté de demander ce qu'elle souhaitte sur ce sujet.
Le Ms d'Évangile, dont V. R. parle, est apparement de St. Grégoire; mais on en a beaucoup de cette façon, c'est pourquoy V. R. n'aura pas besoin de s'y attacher. Car à moins qu'il ne soit de mil ans ou plus haut, on en est point en peine. Je prie V. R. de présenter mes respects au R. P. Du Buisson s'il est encor dans vostre monastère, et de croire que ie suis avec toute sorte de respect, (etc.)
FR. THIERRY RUINART, M. B. ind[igne].
De l'abbaye de St. Germain des Prés à Paris, le 11 Aoust 1684.
MARTINAY A MABILLON 4I
MARTIANAY A MABILLON.
Au Révérend Père Dom Jean Mabillon, Religieux bénédictin au monastère de
St. Germain des préz.
A Paris.
Mon Révérend Père.
Je me sers du premier tems que j'ay depuis que les fièvres quartes m'ont quitté, pour remercier encore une fois votre R*. de tous les éclaicissemens qu'elle me fit donner par le R. P. D. Jean Ruinard, au sujet de la pièce attribuée à S^ Cyprien, et pour luy demander en mesme temps qu'il lui plaise de m'ôter de peine sur un endroit de vostre Diplomatique. C'est au livre second, chap. 24, n. 2, où V. R*. parle de lepithaphe de Césarie, qu'elle prétend estre morte dans Arles. Ce qui cause ma difficulté, c'est que cet épitaphe est certainement celuy de nostre S** Cazarie, qui vivoit assés long-temps après S** Césarie d'Arles, comme l'a remarqué Baronius au lieu cité par V. R^ Je vous supplie donc très humblement de vouloir relire cet endroit et me faire connoître la pensée de V. R% et au cas qu'on n'ait pas donné de bons mémoires à V. R« de cet épitaphe et qu'elle en souhaite la vérité, nous l'avons icy sur un beau marbre gris, et elle n'a qu'à nous faire connoistre sa volonté là dessus.
J'écris au R. Père D. J. Ruinard pour les livres de la polyglotte, que le R. P. prieur de la Chartreuse de nostre ville neuve désire avoir. V. R* est trop occupée pour pouvoir avoir soin de ces sortes de comissions, voilà pour quoy je m'adresse au R. Père,
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qui a plus de loissir, quoyque j'espère que V. R« le priera de prendre cette peine et de nous faire réponse au plus tost. Je suis, (etc.)
F. JEAN MARTIANAY.
De S^ André, ce 5. novembre 1684.
*) F. J. F. offre ses très humbles respects au Rév. P. prieur et ses services à nostre fr[ère].
U. OBRECHT A MABILLON.
Au Révérend père
D. Jean Mabillon à l'Abbaye de S. Germain des prés.
Paris 17 9br. 1684.
Révérende atque Eruditissime mi Pater:
Cum nuper in Bibliotheca vestra inscriptionem lustrassem, quam Antiqvitatum Romm. Codex imagini D. Pétri adscriptam refert, eo animo exemplum ejus a R. P. D. Germano comiter oblatum mecum asportavi, ut inter ejus generis monumenta seponerem, qvorum laceros artus solum qvod vulnaverit tempus sanare potest. Postquam vero heri in museo tuo indicasti, duumviros Graecae eruditionis illi restituendae expli-
♦) D'une autre main.
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candasque manum admovisse, meam quoque iicet imparem plane symbolum collaturus, statim ut domum redii, flagitare schedam, et cum illa nusquam compareret, vestigia corruptae lectionis â memoriâ meâ cœpi exqvirere: quam dum acrius sollicito, pêne non sentientem ad genuinae, nisi plane fallor, scripturae confinia deduxit. Si recte memini, Codex vester ita scriptam exhibet:
In Icona S. Petri.
TON QEON AOrON &ENCEXPTC(a THN QEOrA TnTON HEPANENH BEBHKm COT KAONTM
Pluria, inquam, operae atque temporis constitit, hancce corruptam, quàm veram istam scripturam ex ingenio reproducere :
Deum verbum intuemini auro divini-
TOA^ eEON AOrON QEAC9E XPTCo} THN tus sculptam petram in qua firmiter collocatus
^OFATnTON UETPAN EN H BEBHKtaC
non concutior amplius.
TO KAONOTMai ?t«.
Ingenium Authoris déclarât to noLçddo^ov v^ç yvdfAijg: quod praecipuam inscriptionibus elegantiam conciliât. En enim! accedunt spectatores, statuant et in ea opus artificis contemplaturi : quid inopinatius, quam peripsam epigraphen, â statua mitti ad basin potius intuendam, cui statua imposita est? Intérim sustentatur hoc acumen gravitate sententiae tw ^aw Xoyov ^sâa^s. Qvid in me oculos defixos habetis? illum potius intuemini qui me titubantem erexit, et in qvo firmiter collocatur non vacille amplius ut olim, cum meis pedibus incederem. Inseritur im^^aiç plane divina, qvae et inventionis acumen et sententiae gravitatem connectit, et simul
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totius operis pretium commendat. Aureae nimirum basi vel inauratae certe impositam D. Petri imaginem apparet. Qvid poterat aptius dici, quàm: istanc auro divinitus sive à deo sculptam caelatamque petram intuemini, in qva etc. Positam hanc statuam conjicio illo puriori aevo, cum adhuc inter Christianos veluti solenne proverbio symbolum hoc freqventaretur :
Cujus vel ipsam pêne memoriam postera tempora aboleverunt, qvibus spes suas arenae super aedificare mundus didicit. Si tibi, Révérende vir, aut amicis tuis melius qvid succurrerit,
candidus imperti, si non his utere mecum,
Tuo ex animo