‹ Lettres des Bénédictins de la Congrégation de St-MaurChapitre 120 sur 197 · ABR. GRONOVIUS A MONTFAUCON I · texte numérisé non relu

ABR. GRONOVIUS A MONTFAUCON I

litati Tuae paria facere nequeam, devotionem meam erga tôt ac tanta Tua in me mérita quà publiée, quà privatim declarare nitor, atq[ue], dum venerabilis oris Tui conspectu me infelicitas mea privaverit, quod solum possum, mente in virtutes Tuas semper defîxâ te, vir summe, colam, eoq[ue] majori cum voluptate in Historia Francica perlegenda versabor, quo magis persuasum habeam, Francos omnium populorum, qui in Europa Regum ex sua natione certâ et continua successione gubernantur, esse antiquissimos, sed etiam quod, veluti legitimus haeres t& (laxaçky Avi mei, devotâ mente prolixam erga domum nostram munificentiam Ludovici Magni, qui vel primas inter eos, qui vicem Dei in Francia gesserunt, tenuit, totiens agnoscam, quotiens epistolas ab Avo meo ad Serenissimum illum regem, et vere regum regem, datas vel manibus vel oculis tractem. Ceterum de versione Syrâ N. T. quid sentias, vir eruditissime, scire aveo, siquidem ipse alio Ms. Codice Syro quatuor Evangeliorum usus fuerim, atq[ue] ex eo, postquam integrum fere D. Joannis Euangelium excusseram, didicerim, versionem Syram, quae totius édita est, meram esse paraphrasin, et quidem ineptam; eam vero quam praeferebas [?] Ms. Graeco contextui examussim respondere, sed et infinitis in locis vulgatae versioni Latinae suflFragari. Vale, Vir Maxime, et Reverendissimos DD. Martinum et Quienium meis verbis saluta, et festinanti calamo ignosce.

Dabam Leidae A. D. XIV. Kal. Octob.

MDCCXXXII.

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A Dijon, ce lo Avril 17)}.

J'ai été, Mon R. Père, si incommodé depuis quelque tens de la Goûte, qui ne m'a pas même encore tout à fait quitté, que je n'ai pu faire plustost réponse à vostre dernière lettre. Il ne faut pas douter que nostre Ville, quoiqu'oubliée, je ne sçais pourquoi, par les anciens Géographes et par les Historiens qui ont précédé Grégoire de Tours, est néantmoins beaucoup plus ancienne. La preuve en résulte des Monumens qu'on y a découverts, et qui paroissent manifestement estre du tems des premiers Empereurs. Quelques personnes l'ont déjà fait voir, et j'espère en donner encore quelque jour de plus amples preuves. Pour ce qui est de l'inscription dont je vous avois demandé des nouvelles, je n'avois pas pris garde qu'elle fût dans vos Antiquitez, quoique je les aye eues des premiers, comme vous pouvez bien penser. Mais il échape toujours quelque chose. De la manière dont le bon M' Charlat vous l'a envoyée, je ne suis pas surpris qu'elle vous ait paru suspecte. Car on n'en peut tirer en effet aucun sens raisonnable. Mais il faut qu'il l'eût tirée de quelque mauvaise Copie, que peutestre aura-t'il encore altérée. Il en étoit assez capable, ayant plus de zèle pour les antiquitez que du sçavoir nécessaire pour les entendre. Ce Monument étoit, dit-on, autrefois chez feu M^ Du May. Mais il a disparu depuis longtems. Heureusement j'en ai déterré tout nouvellement une Copie faite par feu M' le Con[seill]er De la

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Mare, témoin oculaire, sur le Marbre même. On n'y trouve point sur le côté droit: O AVPEAlANOC CE- BACTOC, comme dans vostre copie, mais seulement: O ATPEA . . . CTOC, et au bas, TnHPETH, et non TriHPETHC. Sur ce pied, je croirois qu'on pouroit lire ainsi le tout: TSl TEPENTJ^ TUHPETH TQ Ml&PA {Dor.pro TOT MI&PA) FENETHOATPEAJANOC TIOC. On trouve pareillement ATPEAIOC pour ATPHAIOC dansGruter, DCCVIII. 7., et en divers monumensMITRAS et MITRES pour MITHRAS et MITHRES. Dans la Copie de M' De la Mare, on ne voit point le bâton augurai, mais comme une espèce d'aigrette qui sort du bonnet. Je voudrois fort que nous fussions en état d'examiner nous mêmes ce Monument Car il y auroit peutestre encore bien des observations à faire. Quoi qu'il en soit, je ne vois pas de raison pour regarder cette inscription comme supposée. J'en dis autant du Chyndonax, contre lequel feu nostre ami M*" de la Monnoye s'étoit trop prévenu. J'ai des preuves incontestables qu'il a existé; et a été 30 à 40 ans dans nostre ville depuis sa découverte. Et quant aux raisons qu'on allègue contre, il est aisé d'y répondre; j'espère bien vous en faire convenir quelque jour.

J'ai l'Histoire d'Autun, dont vous me parlez. Mais elle n'est point d'Aubry. Son Auteur s'appelloit Edme Thomas, Chantre et Chanoine en l'Église d'Autun. Cela paroît par le plan de cette Histoire, qui fut imprimé à Autun du vivant de l'Auteur in 4*^ et qui est ici chez les Jésuites. 11 avoit commencé à faire imprimer son ouvrage à Lyon en 1660, chez Guill« Barbier, lors qu'il mourut. Je ne sçais pour quoi l'imprimeur n'acheva pas. Car le reste du Manuscrit, du

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moins pour la i*'* Partie, est demeuré chez un des petits neveux de l'Auteur, qui me Ta communiqué. J'ai fait copier ce reste à la suite de l'imprimé. Mais il n'y a aucuns Monumens antiques dans cette suite, qui est peu de chose.

Il est vrai que nous avons ici un Ingénieur, qui a ramassé beaucoup de desseins des Antiquitez d'Autun; il s'appelle Thomassin. Je l'ai vu même y travailler, il y a onze ans, pendant le séjour que je fis alors à Autun. 11 avoit envie de faire graver ces desseins, et par cette raison n'en a jamais voulu laisser prendre des copies à personne. Depuis il est venu s'établir ici, et il est tombé dans une humeur noire et bourrue, qui lui a fait renoncer à voir même ses meilleurs amis. Comme il est fort vieux, il n'y a plus rien à espérer de lui, et il est à craindre qu'à sa mort ses papiers ne se perdent.

J'avois vu dans vostre dernier vol. des Monumens de France vos plaintes contre M. MaflFéi et contre les Journalistes de Trévoux. Le i*"" m'a paru ici très fâché d'y avoir donné lieu, rendant justice à vostre mérite et à vos travaux immenses. Mais vous connoissez ses préventions sur les Amphithéâtres. Véritablement ce qui reste de celui qu'on dit avoir été à Autun, ne donne point ridée d'un tel Édifice. On peut seulement y reconnoître les vestiges d'un ancien Théâtre. Encore faut-il un peu deviner pour cela. Thomas pouvoit en avoir vu des restes plus marquez. Mais assurément il n'en avoit point tiré le dessein de Ligorio. Je ne blâme pas les contestations littéraires et les crois même nécessaires pour la découverte de la vérité. Mais en soutenant qu'vn sçavant a pu ce tromper sur quelque

point, ce qui est très excusable dans un Ouvrage aussi vaste que vos Aqtiquitez et où vous n'avez pu juger par vous même dVne infinité de choses, on ne doit pas perdre de vue les services infinis q[ue] vous avez rendus à la Rép. des lettres, par ce travail et par tant d'autres, dont un seul homme semble ne pouvoir pas estre capable, sans compter ceux que nous attendons encore de vous. Les Connoisseurs vous rendront toujours justice et sçauront bien distinguer, quid distent œra lapinis. Cela doit vous consoler de vous voir attaquer par les Auteurs d'un Journal, qui depuis quelque tems a bien perdu de son crédit.

M' le Bret, P[remier] Président de Provence, à qui je n'ai pu refuser l'Explication de quelque Inscriptions Grecques, dont les Marbres lui ont été envoyez du Levant, la fait actuellement imprimer à Aix, et j'espère que je ne tarderai pas à vous envoyer cet Écrit. Vous y trouvères par tout les justes louanges qui vous sont dues. Il y a un de ces Marbres que M. Mafféi a expliqué dans sa lettre latine Ad Bimardum, que vous aurez vue apparemment. Elle m'étoit encore inconnue, quand j'ai travaillé sur cette Inscription. Mais nous avons cheminé par des routes différentes. Je compte d'en envoyer aussi un Exemplaire au R. P. dom Martenne, à qui je vous prie de bien faire mes complimens, en lui marquant ma reconnoissance du présent qu'il a bien voulu me faire de sa dissertation sur une de vos Abbayes. Je suis toujours, [etc.].

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