‹ Lettres des Bénédictins de la Congrégation de St-MaurChapitre 129 sur 197 · L'ABBÉ DE MARSAN A LA TASTE · texte numérisé non relu

L'ABBÉ DE MARSAN A LA TASTE

Monseigneur.

L'exprès que vous m'envoyés, ne prévient point ma sensibilité à ce qui vous regarde; j'aurois eu l'honneur, dès votre nomination, de vous en faire mon très humble compliment pendant mon séjour en Province, si je ne m'étois proposé de vous le faire moy même à Paris. Je fus pour cella, ces jours passés, à Fabbaye St. Germain. Vous étiés à Saint Denis, et je ne puis aujourd'huy que vous souhaitter une nouvelle année des plus heureuses, et que votre première Prélateure ne soit que les prémices des bienfaits de l'Église et de l'état.

Mr. Martin me fit voir, il y a peu de jours, une lettre qui vous a été écrite à l'occasion du miracle

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prétendu, opéré en la personne du nommé Lero. Je crois que c'est pour cella que vous voulés me parler. Je viendrois aujourd'huy, s'il m'étoit possible, mais j'effectueray mes sentiments là dessus samedy prochain. Je suis extrêmement surpris que le s^ Forget soit capable de se démentir. Vous sçavés ce qu'il a souffert de la part des gens du parti et les pertes qu'ils luy ont causées. S'il est vray qu'il ait été capable de faire la démarche qu'on vous a marqué qu'il a fait, il y a apparence que c'est un effect dé sa crainte des nouveaux effets de la vengeance et de leur indignation. Je crois qu'il ne seroit pas hors de propos que M' Martin l'envoyât quérir; il loge près les Morilles, rue de la grande Truanderie. Il n'y a qu'à le rasseurer, si c'est un effet de crainte, par la protection que ne manque pas de trouver la vérité, et il faut qu'il la soutiene hautement. Ce qu'il y a de constant c'est que je ne connois les sieurs Rablate et le Guet que par ce qu'il m'en a dit, comme il vous l'a dit à vous même, suivant ce que vous marqués dans votre lettre théologique. Si cependant le s^ Forget avoit été assés malheurenx que d'en imposer à ces Prêtres, il faut qu'ils soint blanchis d'une telle imputation. Dans la déposition qu'il a fait touchant le prétendu miracle de Lero et ses circonstances, on n'a demandé de luy que le témoignage dû à la vérité; mais encore un coup. Monseigneur, si c'est un effet de crainte de la part de Forget, il n'y a qu'à le rasseurer, et qu'il confesse hautement la vérité; s'il a avancé une imposture touchant ces Ecclésiastiques, il faut qu'il la désavoue. Je viendray très seurement à Paris samedy, etje le fairois plutôt, si M^ De la Roque n'étoit parti aujourd'huy pour y aller. On ne peut être plus

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empressé que je le suis, à vous convaincre du respect avec lequel j'ay l'honneur d'être, [etc.].

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