‹ Lettres des Bénédictins de la Congrégation de St-MaurChapitre 131 sur 197 · L'ABBÉ DE MARSAN · texte numérisé non relu

L'ABBÉ DE MARSAN

Ce 15* février lyjç.

Copie de la déclaration faite par le s^ Forget à M** Hazon.

M'' Forget s'est donné la peine de venir le }* janvier à 8 heures du matin chés moy, où il a eu la bonté de m'expliquer ce qu'il dit s'être passé au sujet du miracle de Lero, par rapport à ce qui me regarde. En conséquence, il m'a déclaré qu'il avoit bien dit à M^ L'archevêque, que c'estoit par mon conseil, que sur l'ordre d'aller trouver M'^ L'archevêque, luy, s' Forget,

avoit été en personne, au lieu d'écrire une lettre à M*' L'archevêque, comme on le luy avoit conseillé, mais non pas, comme dit Dom la Taste, que je luy ay conseillé de rétractation en aucune sorte, ne pouvant à mon égard donner un conseil au sujet d'une chose dont je n'étois pas instruit. Hazon. p: c: Forget (ainsi signés).

A Monseigneur

Monseigneur L'évèque de Bethléhem

ii Paris.

Monseigneur.

Vous étant proposé de répondre à l'écrit fait contre ce que votre Grandeur a publié dans la dernière lettre sur le pr[étendu] Mir[acle] de Moisi, j'ay l'honneur de vous écrire pour vous demander si vous avés vu la Relation et les certificats imprimés de ce pr. M.; comme il est important que vous ayés ce Recueil, je m'offre de vous l'envoier. Vous y verres la preuve de la suppress[ion], cause de la Maladie, les indices du Retour des Reigles apperçues le 2' jour de la guérison lorsqu'il fallut changer la Malade de lit et de linge, la Malade avouer dans le certificat du S^ le Mercier qu'elle avoit senti des picotements dans l'estomac quelques jours avant la guérison (ceque des chirurgiens regardent comme la cause du changement arrivé). Vous verres l'usage des béquilles, le besoin d'être soutenue par deux personnes le dimanche 27 8*^^' pour aller

entendre la messe pour la i* fois, vous verres qu'on la trouve le 21 S^^ après midi dans son lit, et plusieures circonstances qui, malgré toutes les précautions prises pour donner à cet événem[en]t un air de miracle, ne présentent rien que de naturel. A considérer la manière même dont la maladie est décrite, on voit que les uns disent que le bras s'étoit déséché, que l'oeil étoit pourri; les autres radoucissent les termes, en disant seulem[en]t que le bras étoit roide, que l'oeil étoit retourné et qu'en ouvrant les paupières on ne voioit que les filaments rouges. Enfin, ce qui est caché et afFoibli par les uns, est développé par les autres. Les Réflexions et ravertissem[en]t qui précèdent cette Relation, contienent des expressions qui font frémir. Vous y passés. Monseigneur, en Revue. Les catholiques désireroient bien que Mr. de Blois ne gardât pas le silence, comme il fait, sur cet événem[en]t; la Religion en souffre. Ce silence est regardé comme l'effet de l'impuissance où Ton est de répondre. Tout le Monde avoue qu'aucun de ceux qui ont signé les requestes ne reviendroit de leur égarem[en]t, car ce sont des gens pervertis de longue Main, et qui mourront dans leur entétem[en]t. Il n'y a d'espérance que pour les chancelants et le peuple.

Une lettre circulaire, signée des curés catholiques de ce diocèse, addressée à ceux qui ont signé les Requestes, feroit, à mon sens, un merveilleux effet, si elle étoit remplie de charité. Il y faudroit rappeller vos principes. Monseigneur, sur les miracles, ces beaux passages de S^ Aug[ustin], l'usage de l'église au sujet des miracles des hérétiques, l'impossibilité des miracles pour constater des sentiments notoirem[en]t faux et hérétiques, condamnés par l'église en tant de différentes

occasions, la bévue de ces Messieurs, les égarem[en]ts aux quels on se livre en suivant leur parti, etc. J'ay déjà proposé cette idée à mgr Notre évêque, mais il a répondu que cela ne serviroit qu'à se donner des démentis et que le tout n'aboutiroit qu'à un galimatias, qui deviendroit . . . ,% que cependant, s'il y avoit quelque chose de fait là des[sus] **) pourroit passer l'ouvrage si on le trouvoit bon.

J'aurois encore bien des éclaircissem[en]ts à donner à votre Grandeur sur la pr[étendue] Mir[aculée], à qui les Jans[énistes] ne laissent manquer de rien. Mais je finis cette lettre, déjà trop longue, et suis, [etc.].

BERNARDET, prieur de Vilbelfol.

A Blois, le i*' may 1739.

A Monseigneur Monseigneur L'évêque de Bethléhem, i l'abbaye de S< Germain des prés

i Paris.

Monseigneur.

L'ouvrage dont j'ay eu l'honneur de parler à votre Grandeur dans ma dernière lettre, a pour Titre: RéfIex[ions] importantes sur le miracle arrivé au mois d'octobre dernier, etc., avec les déclarat[ions] par devant no[tai]re de la v[euve] Mercier, de sa famille, et la lettre

•) Déchirure.

••) Item.

de m^ le curé de Moisi, etc., et la Requête présentée à m'' révêque de Blois par 12 curés et i vicaire 1738.

L'avertissement commence ainsi: »Nous ne prétendons pas«, etc. II contient 6 pages in 4^. Les Réflexions) en 24 pages, commencent ainsi: » L'éclat du Miracle«. Les pièces justificatives contiennent 64 pages; à la page 54 est le certificat du S*" Zacharie Louis le Mercier, dont j'ay eu l'honneur de vous parler dans ma lettre. Vous êtes cité à la page $ des réflexions, avec m" de Sens, de Montpellier et de Montgeron. Voilà tout ce que je connois de publié. La 2« Requête est aussi imprimée, à ce que l'on dit. II n'est pas aisé aux catholiques d'avoir ces sortes de pièces.

Votre dernier ouvrage, Monseigneur, et la lettre que vous me fltes l'honneur de m'écrire au Mois de février dernier, me faisoient douter que vous eussiés vu l'ouvrage cydessus; puisqu'il est entre vos mains, votre Grandeur voit mieux que personne les extravagances qu'il renferme. Je me contenteray de vous faire remarquer que les filles et femmes de Blois qui ont donné leur certificat sont des personnes séduites de longue Main; la Selleron, son mari, la Vasseur, ne font qu'une même famille. Tout ce Monde là a l'esprit renversé, ainsi que m^* Collet de la Pré. Pour son vigneron, apellé Joli, il n'est certainem[en]t pas autheur des certificats qu'il a signé. M}^ Duflot est la nièce de la D'* Lapré. Toutes ces filles et femmes avec la Bélinger, la Sadié, tiennent le bureau d'adresse du parti. M^^ Petit du Château est connue dans la ville pour une folle. Rouillon est un libertin. Comme tout ce détail ne peut servir à rien, je me contenteray d'assurer votre Grandeur que nous ne remarquons pas que le pr. Mir. aye perverti personne dans cette

ville ny dans le clergé du Diocèse. Le mal est ancien et est venu à un tel point qu'il n'y a plus de liaison entre les ecclésiastiques catholiques et les ecclésiast[iques] Jans[énistes].

Il seroit à souhaitter. Monseigneur, que .votre Grandeur voulût entreprendre le projet de la lettre circulaire dont j'ay eu Thonneur de luy parler. Quelle plume plus habile pourroit on trouver? Je prie le Seigneur de tout mon cœur, qu'il daigne vous y déterminer, et

suis, [etc.].

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